Avec Mon crime, François Ozon retrouve le ton léger et pétillant de la comédie à l’ancienne, tout en y injectant son sens aigu de la mise en scène. Le film, inspiré d’une pièce des années 1930, mêle élégance visuelle, satire sociale et humour enlevé, dans un Paris reconstitué avec soin et fantaisie.
Le réalisateur s’amuse ici à pasticher le cinéma de studio d’autrefois : décors soignés, costumes éclatants, lumière feutrée, dialogues rapides et pleins d’esprit. Cette esthétique, volontairement stylisée, donne au film une atmosphère de théâtre filmé assumée, où chaque scène se savoure comme un petit numéro. Les échanges entre les héroïnes sont particulièrement réussis, portés par une écriture vive et spirituelle, souvent teintée d’ironie.
Ozon s’appuie aussi sur une distribution solide : Nadia Tereszkiewicz et Rebecca Marder forment un duo attachant, complémentaire et juste, tandis qu’une brochette de seconds rôles savoureux – de Fabrice Luchini à Dany Boon, en passant par Isabelle Huppert, irrésistible en actrice oubliée du muet – apporte une touche de fantaisie et de rythme à l’ensemble.
Cependant, le film souffre parfois d’un rythme inégal. Après un début enlevé et plein de promesses, le récit s’essouffle légèrement au milieu, avant de retrouver son ton comique dans la dernière partie. De plus, le choix d’un jeu très théâtral – voulu par Ozon – peut dérouter : les dialogues appuyés, les mimiques exagérées et le ton surjoué donnent parfois une impression d’artificialité qui freine l’émotion.
Malgré ces réserves, Mon crime reste une comédie légère et sympathique, menée avec élégance et humour. On y retrouve le plaisir du verbe, du jeu et de la mise en scène millimétrée. Le film amuse, divertit et offre un moment agréable, même s’il ne laisse pas une empreinte durable.