Comédie policière coécrite et coréalisée par Hugo Benamozig et David Caviglioli, Sentinelle est un film peu fameux. L'histoire se déroule sur l'île de la Réunion et nous fait suivre François Sentinelle, un policier aux méthodes brutales, qui mène en parallèle une carrière de chanteur de charme. Alors qu'il prépare un nouvel album dont il tente de faire la promotion, un groupe armé menace une politicienne se présentant à sa propre succession pour une élection à venir très prochainement. Sentinelle se retrouve chargé de l'affaire, mais n'a pas vraiment la tête à enquêter, étant surtout préoccupé par sa musique. Ce scénario s'avère hélas pas très réjouissant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue décalée et loufoque, aux rebondissements peu palpitants. Celle-ci donne lieu à des scènes d'action à base de courses poursuites et de fusillades comportant tout de même une petite dose de violence, même si elle tout le temps désamorcée par des gags. Ces derniers ne sont pas très originaux et le tout manque de créativité. Surtout, la double vie menée par le flic n'est pas assez prononcée. En effet, on s'attendait à voir d'avantage de clips et entendre d'avantage de titres de l'artiste raté. L'humour lui ne vole pas haut et peine à être drôle. S'il arrache quelques sourires à certains moments, il ne parvient pas à faire rire aux éclats. L'ensemble est porté par des personnages saugrenus, à commencer par le principal intéressé joué par un Jonathan Cohen à l'apparence ringarde et à la personnalité arrogante et débile. Le reste de la distribution comprend Raphaël Quenard, Emmanuelle Bercot, Gustave Kervern, Ramzy Bedia, Laurent Evuort-Orlandi ou encore Ken Eind. Tous ces individus entretiennent des rapports idiots soutenus par des dialogues parfois marrants. Sur la forme, la réalisation du binôme de cinéastes français s'avère correcte. Leur mise en scène n'est pas très élaborée mais elle à le mérite de ne pas se contenter que de champs-contrechamps. Surtout, elle évolue dans un cadre paradisiaque plutôt bien exploité et bien mis en avant, qui lui confère sa singularité et son ambiance tropicale. Ce visuel dépaysant est accompagné par une bande originale décevante. Les compositions auraient clairement dû être plus raccord avec le lieu en nous faisant entendre des notes propres à la culture de l'île. Surtout, on aurait aimé entendre beaucoup plus de titres du flic chanteur. En l'état, c'est vraiment avare. Reste une fin attendue venant mettre un terme à Sentinelle qui, en conclusion, est un long-métrage clairement dispensable et vite oubliable.