J’ai trouvé A Different Man aussi intriguant que frustrant, ce qui explique sans doute ma note de 3/5. Le film part d’une idée forte (le rapport au corps, au regard des autres, à l’identité) et Aaron Schimberg sait créer un malaise réel, presque palpable. On sent une vraie singularité dans la mise en scène et dans le ton, quelque chose d’assez rare dans le cinéma américain récent. Mais cette originalité ne suffit pas toujours à porter le film sur la durée.
Sebastian Stan est clairement l’un des gros points forts. Son jeu est engagé, parfois même dérangeant, et il s’investit totalement dans ce personnage en quête de reconnaissance et de transformation. Certaines scènes fonctionnent très bien émotionnellement, notamment dans la manière dont le film interroge la frontière entre ce que l’on est et ce que l’on projette. À ce niveau-là, A Different Man pose de vraies questions, sans être totalement manichéen, et c’est appréciable.
En revanche, j’ai eu plus de mal avec le rythme et certaines intentions du scénario. Le film semble parfois se regarder penser, étirer ses idées au lieu de les approfondir. L’humour noir, pourtant prometteur, ne fait pas toujours mouche, et j’ai ressenti une forme de distance qui m’a empêché d’être pleinement impliqué. À vouloir trop brouiller les pistes, le récit finit par perdre un peu de sa force émotionnelle.
Au final, A Different Man est un film intéressant, imparfait, mais qui mérite d’être vu pour sa proposition atypique et son audace thématique. Je ne peux pas dire qu’il m’ait totalement convaincu, mais il m’a marqué, et c’est déjà beaucoup. Un film qui divise, qui dérange parfois, et qui laisse matière à réflexion (d’où ce 3/5, honnête, entre admiration et réserve).