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Un visiteur
4,0
Publiée le 4 avril 2025
Quelques scènes remarquables (celle du confessionnal, bascule et accélérateur du film, celle encore du curé tenant à Jérémy un discours de vérité sur la vie et la mort), enfin le travail des comédiens (citons la figure patibulaire de Jean-Baptiste Durand, connu pour avoir réalisé « Le Chien de la casse », ou encore le colosse David Ayala) achèvent d’emporter notre adhésion. À quelques réserves près, mais mineures. Ainsi peut-on trouver étrange, ou systématique, que chaque protagoniste éprouve quelque chose de l’ordre de l’homosexualité (le héros, le curé, le fils, le copain), ou regretter que deux ou trois scènes se terminent un peu abruptement (un échange interrompu ou non suivi d’effet, ce genre de chose), enfin ce qui, chez Guiraudie, ressemble parfois à un peu de complaisance à déplaire ou à mettre mal à l’aise. Rien de grave, rien de significatif, rien en tout cas qui suffise à nous retenir d’applaudir à ce beau film sombre, tellurique, d’une mélancolie parfois teintée de truculence, quand ce n'est pas d'une certaine bouffonnerie, et porté par quelque chose d’étonnamment métaphysique – métaphysique du désir, assurément, mais aussi du pardon.
Un film découvert par hasard qui se déroule dans un petit village de campagne. C’est assez violent et l’on côtoie un personnage principal cruel et nonchalant. Film assez dérangeant
En voilà un drôle de film! Nommé sept fois aux derniers Césars à la surprise générale (certains déploraient la place prise par « Miséricorde » au sein des nominations en lieu et place des sempiternels oublis propres à chacun), ce film rural et rare a pourtant bien du mérite. Il n’est certes pas forcément aimable de prime abord ni facile d’accès mais il demeure clairement bien plus accessible que la plupart des films de son réalisateur, Alain Guiraudie. Un cinéaste iconoclaste, adepte des récits champêtres et campagnards et du plaisir entre hommes ainsi que d’un réalisme souvent cru et d’histoires à dormir debout bien qu’elles demeurent ancrées dans le réel. Jusque-là son meilleur opus demeurait probablement « L’Inconnu du lac » mais par sa propension à être presque plus classique et visible par tous, son nouveau film nous a tout autant plu. Et, après le « Quand vient l’automne » d’Ozon, voilà un second film où la cueillette des champignons a son importance et qui les met à l’honneur pour une œuvre délicieusement bucolique.
Difficile de résumer un film comme « Miséricorde », une œuvre qui se ressent plus qu’autre chose, au gré des pérégrinations de son personnage principal incarné par un nouveau venu remarquable en la personne de Félix Kysyl, parfait. On a certes – et c’est l’un des petits défauts du film – du mal à comprendre et cerner ses motivations, envies et pensées mais il s’incarne, par ses errances dans ce petit village de l’Aveyron, comme le gouvernail narratif du film. On est plus étonné de voir la grande Catherine Frot chez Guiraudie; elle est la première grande comédienne francaise à s’illustrer chez ce cinéaste un peu en marge. L’actrice entre dans son univers avec une aisance naturelle qui prouve encore une fois qu’elle fait partie des plus grandes, même si on peut avancer que le rôle qu’elle joue ici lui ressemble. Et entre le curé ou Walter, les autres personnages de second plan (et leurs interprètes méconnus) sont tout aussi admirables. Guiraudie filme tout ce petit monde comme il l’a toujours fait, sans grande originalité formelle certes mais à sa petite façon à lui, nous réservant tout de même de très jolis plans sur la forêt, entre brumes matinales et tapis de feuilles orangé.
On navigue entre quelques pointes d’humour savamment dosées, une étude du microcosme campagnard qu’affectionne tant le cinéaste et une part de suspense suite à un meurtre. L’avantage avec « Miséricorde » c’est qu’on ne sait jamais comment cela va se terminer et le caractère imprévisible de ce script à la frontière des genres est donc l’un de ses plus beaux atouts. Les dialogues sont écrits avec beaucoup de soin et les diverses situations entre les personnages permettent une dynamique qui décortique le désir de manière peu commune. Même si on a un peu de mal à cerner les réelles intentions du cinéaste qui ne s’embarrasse encore une fois pas d’une quelconque morale dans son film, le mystère fonctionne et nous capte. À la lisière de l’étrange, filmant des situations réalistes de manière parfois proche du surréalisme et ne lésinant pas sur les chemins de traverse (notamment l’excellente dernière partie avec les gendarmes et le curé), le long-métrage plaît par sa liberté de ton, son aspect bucolique rare et ses digressions inattendues. Petit plaisir.
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Peut-être le film le plus accessible et le plus riche d'Alain Guiraudie. Magnifique relecture de Théorème avec des acteurs qui s'éclatent, tous magnifiques. L'abbé et Catherine Frot sont formidables, mais le film doit beaucoup à la présence étrange et vénéneuse de Félix X, qui porte le film. Des surprises tout le temps, de la cocasserie, du bizarre attachant, j'ai adoré ! Beaucoup aimé la mise en image sobre, comme un cocon automnal qui fait écho à celui du dernier film d'Ozon, en plus chic.
Passion, crime & châtiment. Alain Guiraudie éblouit dans ce film noir. Je redoutais un film d'auteur lent et froid et c'est prenant et chaud. Dans la premiere partie, on est fasciné par les troublants désirs des personnage et les malaises qu'ils suscitent. Dans la deuxième partie, on assiste à un virage entre film noir, fable philosophique et comédie qui captive et qui se savoure par le plaisir qu'on éprouve à suivre les personnages et son parfait équilibre entre suspense et moments de calme.
Comme souvent chez Alain Guiraudie, l'action se déroule dans le terroir, ici l'Aveyron, non loin de Millau. Comme souvent chez ce réalisateur l'histoire est alambiquée avec ici un jeune homme retournant à Saint-Martial pour l'enterrement de son ancien patron et qui va y rester plus de temps que prévu sans que l'on sache trop pourquoi et qui va se frotter à la population locale dont on ignore les intentions des membres à son égard. Et comme souvent chez Guiraudie, des hommes en aiment d'autres et sont filmés de façon frontale, ce à quoi on échappera pas ici, même si c'est moins que d'habitude ! Après, ce qui tient le spectateur en haleine, c'est le jeu des acteurs (mention spéciale à Félix Kysyl au physique atypique mais qui gagne à être connu !) tout comme le fait que l'on ne sache pas trop où se dirige le film qui trompe bien son monde avec ces protagonistes cachant bien leur jeu ou leur passé jusqu'à un final totalement inattendu. Un long-métrage surprenant donc, mais pas désagréable à visionner en définitive !
Long, ennuyeux, images moches, sans intérêt, inintéressant, tout le monde se fout de la victime, seul le personnage du curé est un peu intéressant. Guiraudie, depuis l'inconnu du lac n'a jamais transformé l'essai.
Avec « Le Roi de l’évasion », ovni cinématographique aussi foutraque qu’hilarant qui le fit sortir de la confidentialité, Alain Guiraudie nous emmenait déjà dans les bois de son Aveyron natal où les hommes étaient pris d’une furieuse envie de coucher ensemble après avoir mangé des champignons hallucinogènes. Dans « Miséricorde », dans les mêmes bois, les morilles poussent hors saison sur les restes humains. Jérémie (Félix Kysyl) revient dans le village de Saint-Martial pour l’enterrement de son ancien patron boulanger. Sa veuve, Martine (Catherine Frot), lui offre l’hospitalité pour quelques jours, ce que désapprouve fortement son fils, Vincent (inquiétant Jean-Baptiste Durand). Survient alors une disparition mystérieuse avec dans les parages un voisin menaçant, un curé libidineux, des gendarmes intrusifs.
Réalisateur militant chantre d’une homosexualité décomplexée, Alain Guiraudie a fait de sa marque de fabrique le genre érotico-gay rural provocateur. Ancré dans le terroir, son cinéma fait la part belle au fantasque et au grotesque. Au centre de « Miséricorde » on retrouve un héros pasolinien qui, tel celui de « Théorème », suscite la concupiscence de son entourage (rustique). Sans dire qu’il n’a ni tête ni queue (puisqu’il y en a, comme chaque fois…), le film manque de folie et d’humour, l’histoire piétine, tourne en rond et l’ennui s'installe. La provocation incarnée ici par la figure (voire plus) du curé ne convainc pas. (Il faut dire que dans le crescendo Guiraudie a placé la barre haut avec une méthode d’euthanasie très osée dans « Rester vertical ».) En haut de la montagne, par l'intermédiaire du curé qui s’érige en autorité morale supérieure tout en étant prêt à négocier son absolution, le réalisateur finit par nous servir un discours pseudo-écolo-philosophique comparant responsabilité individuelle et responsabilité collective (que pèse un meurtre isolé face aux actes criminels de masse dont la destruction de l’environnement ?). Depuis « L’Inconnu du lac » Alain Guiraudie a la « carte », en témoigne la moisson de nominations de « Miséricorde » aux César 2024 qui laisse perplexe. Gageons que le film fera décoller la carrière du méconnu Félix Kysyl comme ce fut le cas pour Pierre Deladonchamps avec « L’Inconnu du lac » et Damien Bonnard avec « Rester vertical » qui ont su opportunément exhiber leur anatomie.
On ne cherche pas trop à comprendre ce que suit le réalisateur dans ce petit village et les bois environs de l’Aveyron, là où les champignons poussent hors saison. Une première bizarrerie autour de la disparition du fils du boulanger , qui ne s’entendait pas vraiment avec l’ancien commis revenu pour l’enterrement de son père. Il en profite d’ailleurs pour revoir le voisinage, s’installer chez la veuve, et beaucoup fréquenter le curé qui surtout se trouve toujours sur son chemin. Dans ce dédale bien troublant, Alain Guiraudie conjugue chaque personnalité à l’aune des attentes, des espoirs, des autres protagonistes, tous plus ou moins concernés par la disparition du fiston. C’est filmé assez naturellement, dans une absolue miséricorde, effectivement, quand le suspect évident coupable bénéficie d’une parfaite impunité. Le spectateur en ressort donc rassuré et conforté par ce curé indulgent . « Ce n’est pas un crime qui doit empêcher la vie de continuer » dit-il. Ainsi la messe est dite. AVIS BONUS Alain Guiraudie raconte simplement ce qu’est la miséricorde appliquée à son histoire . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
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3,5
Publiée le 6 mars 2025
N'en dèplaise à Matthieu Delaporte, Alexandre de la Patelliere ("Le Comte de Monte-Cristo") et Gilles Lellouche ("L'amour ouf"), Alain Guiraudie pour "Misèricorde" est bel et bien le grand perdant des Cèsar 2025! 8 nominations pour 0 rècompense! On laissera au spectateur le plaisir de dècouvrir la chose, aussi drôle que l'aventure amorale qu'elle va dèclencher dans les zones boisèes aveyronnaises! spoiler: Une enquête plus buissonnière que policière avec un humour sardonique et une forêt qui rappelle certains gimmicks du cinoche fantastique! spoiler: Quand on connait le style de Guiraudie, on ne s'attend vraiment pas à voir une telle surprise party qui oscille entre le cinèma de Pasolini et celui de Mocky! C'est joliment filmè et pleinement ancrèe dans l'univers du cinèaste qui mène tambour battant cette comèdie forestière qui fait la part belle à des comèdiens parfaits, en particulier Jacques Develay dans le rôle de l'abbè Grisolle! Et si on n'allait maintenant cueillir des champignons ?
Clairement, "Miséricorde" ne plaira pas à tout le monde. Que ce soit en terme de ton, d'intrigue, ou de rythme. Le film démarre par l'arrivée de Jérémie dans son village d'enfance, revenu pour assister à l'enterrement du boulanger, son ancien patron. Très rapidement, le malaise s'installe. Une relation mêlant menace et désir s'établit avec quelques locaux. Les intentions de l'abbé sont difficiles à déchiffrer. Et la veuve accueillante qui accueille notre héros change de braquet dans son dos. Tout ceci va partir en sucette... L'intérêt n'est pas ici le récit, tournant autour d'un cadavre. Mais plutôt l'ambiance et les relations entre les personnages. Pour cela, Alain Guiraudie s'appuie sur une ambiance automnale de bel effet, se plaisant à filmer les forêt jaunâtres de l'Aveyron. Sur une lenteur calculée, qui évolue grâce au jeu fin des acteurs (petits regards, non-dits, expressions discrètes...). Et sur ce ton qui mêle un quasi-thriller avec des touches d'humour absurdes. Etrange fusion entre Jean-Louis Borloo et Riccardo Scamarcio (!), Félix Kysyl est un excellent choix pour ce protagoniste ni jeune ni vieux. Qui attire inexplicablement autant la sympathie que l'antipathie, selon les gens. Et qui semble porter le poids du monde sur ces épaules. A noter qu'il m'a fait penser à plusieurs reprises à "Tom à la ferme" (lui, et l'homosexualité refoulée de plusieurs personnages), néanmoins je précise que les deux films sont bien différents dans leur traitement et thématiques. Face à lui, un très bon Jacques Delevay en abbé énigmatique, qui révèle peu à peu des objectifs et des méthodes des plus troublantes ! Un film étrange, mais loin d'être déplaisant.
Je me suis ennuyé ferme dans les épisodes en forêt trop nombreux, les personnages m'ont paru peu crédibles tout le monde est amoureux de Jérémy qui n'a pourtant rien d'extraordianire, On ne sait rien de ses propres sentiments.Le personnage du prêtre est incongru pour le moins ! Je pense que ce film est bizarre, trop bizarre. Meme pas comique ou burlesque comme certains le disent.
On peut aimer ce film sobre pour sa lenteur, en rapport avec la vie de campagne, son atmosphère mystérieuse, et ces quelques personnages charismatiques... Mais l'étrangeté vire bien trop vite à la déception : on comprend bientôt qu'on ne nous fournira jamais aucune explication sur les nombreuses références à l'homosexualité, ou sur les liens qui animent les personnages avant le début de cette histoire, c'est à dire leur passé. Restent beaucoup de questions, mais aussi quelques réflexions ou phrases intéressantes du curé, qui donnent son titre et son ampleur à ce film ... très particulier.
Un film à l'atmosphère spéciale. L'intrigue est difficilement cernable cependant on ne s'ennuie pas grâce à une belle réalisation et un casting de qualité.
Film tourné en Aveyron et en plus réalisé par un réalisateur aveyronnais : je retourne à mes racines et j'en suis ravie ☺️
On sent une ambiance pesante autant dans le village que dans cette famille qui a l'air de cacher des secrets.
Ce film est original dans son traitement car on ne sait jamais sur quel pied danser : le réalisateur s'amuse à éparpiller les indices sur les liens des personnages tout en laissant planer un doute. Entre le personnage principal qui revient se confronter à son passé mais se heurte à des réticences violentes, le gendarme qui se permet des intrusions nocturnes illégales, le curé qui n'est pas si catholique que ça et une Catherine Frot qui est plus mystérieuse qu'il n'y paraît : on a pas le temps de s'ennuyer !!
Tout s'entremêle joyeusement et ingénieusement dans un enchaînement de situations plus abracadabrantes les unes que les autres et des situations autant cocasses que déroutantes.
Ne pensez pas avoir toutes les clés a la fin de film : vous aurez au contraire plus de questions après le visionnage que vous en aviez pendant
Mais qu'importe j'ai passé un bon moment. Même si je ne connaissais pas la filmographie de ce réalisateur, j'ai eu plaisir à être la petite souris de ce méli-mélo tradico-absurde délicieux !!
PS : vous ne mangerez plus des girolles avec le même appétit qu'avant la séance 藍