En 1958, quatre atomistes yougoslaves, gravement irradiés alors qu’ils travaillaient à l’institut Vinča de Bucarest à un projet secret d’arme nucléaire, sont soignés en France par le professeur Mathé (Alexis Manenti) qui les sauvera en pratiquant la première greffe humaine de moelle osseuse.
Ce film serbe est inspiré d’une page méconnue de la guerre froide, à l’époque où la Yougoslavie titiste, en froid avec l’URSS, avait essayé de renforcer son autonomie stratégique en essayant de se doter de l’arme atomique. L’épisode est l’occasion d’un thriller tourné quasiment en huis clos dans l’hôpital francilien où les quatre scientifiques yougoslaves sont soignés en secret.
Son sujet n’est pas tant la bombe atomique que la course contre la montre menée par les médecins français pour soigner les malades irradiés. Le professeur Mathé travaillait sur les leucémies, mais n’avait jamais osé tenter une greffe humaine de moelle osseuse. La réussite de son opération (pardon pour le spoiler) allait permettre à l’avenir de sauver des milliers de malades atteints par la leucémie.
"L’Affaire Vinča Curie" est un film volontiers austère, qui refuse ostensiblement de céder aux modes du temps. Sa mise en scène rappelle celles du siècle dernier, sans pour autant qu’il s’agisse d’une figure de style ou d’un projet revendiqué. "L’Affaire Vinča Curie" a ainsi un aspect démodé, has been. Loin de l’handicaper, ce défaut-là le rend d’autant plus attachant.
Cette production des Balkans (mais tournée essentiellement en français) revient sur une affaire méconnue. L'irradiation massive d'un groupe de scientifiques yougoslaves en 1958, victimes d'un accident de criticité alors qu'ils travaillaient au développement de la bombe atomique. Ils furent expédiés dans un hôpital à Paris, et servirent de cobaye pour tester la greffe de moelle osseuse sur les humains. L'originalité du film est qu'il mélange le drame médical avec l'ambiance paranoïaque de la Guerre Froide. On verra ainsi en parallèle la recherche de solutions pour les soigner, et des flashbacks expliquant ce qui les a conduit à l'hôpital. Bon, il faut avouer qu'il y a peu de surprise sur la partie flashback, qui génère un suspense relativement artificiel. Mais l'intérêt est plutôt dans le développement des personnages. Que ce soient les victimes ou le professeur Georges Mathé, dépeint comme médecin à fond humaniste mais très sec (Alexis Manenti, dans son éternel rôle de taciturne froid). Le film évoque également un joli message sur la solidarité humaine. Ou malgré les différences de culture et de régime politique, les humains s'entraident naturellement. Le tout avec pas mal de sobriété, sans verser dans le mélodrame.
Un fond historique oublié dans ce scénario. Des scientifiques Yougoslaves accidentellement irradiés au cours d’une expérience secrète dont le spectateur devinera facilement et rapidement la nature. Quoique la scène reconstituée autour d’un réacteur nucléaire fera appel à des données absconses pour le non-scientifique. On retiendra l'accident mais sans trop savoir pourquoi ni les liens de cause à effet sauf à être rompu à la physique nucléaire. Mais peu importe, il ne s’agit pas de vulgarisation scientifique. Nous sommes en 1958, les Traités de non-prolifération des armes nucléaires, interdisant aux « petits » pays de venir jouer dans la cour des grands n’ont pas encore cours. Mais il y a quand même une certaine morale blâmant ces recherches qui prendra ici les traits du professeur de médecine de l’Institut Curie, une référence en la matière, qui aura la charge d’engager un traitement pour sauver les irradiés. Les techniques médicales de l’époque (surtout le prélèvement et la transfusion de moelle osseuse) apparaitront barbares au spectateur d’aujourd’hui. Le traitement, avec d'autres moyens, est devenu celui de certains cancers. Outre ce thriller médical sera posée la question des limites, morales et médicales, de l’expérimentation humaine de traitements tentés seulement auparavant sur la souris avec des résultats balbutiants. Au final, une allégorie. Le parallèle entre la réaction en chaine (celle du nucléaire, dont l’objectif est de la maitriser) et les décisions que chacun prend dans sa vie face à ses responsabilités et ce qu’il croit juste, utile ou nécessaire à un moment T. Une évocation de « l’effet papillon ».
L'Affaire Vinca Curie nous fait découvrir une page méconnue de l'histoire de la guerre froide, quand deux avancées scientifiques, l'une visant à détruire, et l'autre à guérir, se télescopent. C'est ainsi qu'un groupe de jeunes scientifiques yougoslaves et leur ambitieux professeur se retrouvent à Paris, où un autre ambitieux professeur va essayer de les aider après qu'ils ont été irradiés, afin de faire avancer ses recherches sur la moelle osseuse. Ces deux hommes brillants que tout oppose vont devoir compter l'un sur l'autre pour poursuivre leurs travaux et leur carrière. A leur côté, se joue une belle histoire de solidarité dans laquelle des hommes et des femmes de différents milieux vont mettre en danger leur vie par humanisme. Original et passionnant.
Le combat scientifique ici retranscrit procède par succession de clichés, du professeur visionnaire mais fuyant aux flashbacks pompeux sur l’exposition importante aux radiations, et passant par des sempiternelles expériences sur des souris et des hommes sur fond de musique pathétique. L’académisme de la mise en scène fige la reconstitution historique et dévitalise les personnages que l’on regarde comme si tous appartenaient déjà au passé. Enfin, l’interprétation approximative d’Alexis Manenti nuit beaucoup à notre immersion au sein d’un récit trop sage pour les enjeux qu’il représente pourtant. Čuvari formule ne vaut que pour sa mise en lumière d’un épisode méconnu de l’Histoire durant la guerre froide.
Avec L'Affaire Vinča Curie, Dragan Bjelogrlić signe un thriller historique captivant inspiré d'un épisode méconnu de la Guerre froide. Entre drame humain, suspense scientifique et tensions géopolitiques, le film raconte une histoire vraie où la médecine devient l'ultime rempart face à une catastrophe nucléaire.
En octobre 1958, plusieurs scientifiques yougoslaves sont victimes d'une irradiation massive lors d'une expérience menée dans le plus grand secret. Soupçonnés de participer au développement d'un programme nucléaire, ils sont transférés en urgence à l'Institut Curie, à Paris. Sous la direction du professeur Mathé, une équipe médicale se lance dans une course contre la montre pour tenter l'impensable : sauver des patients condamnés grâce à une technique encore expérimentale.
Le scénario impressionne par sa capacité à conjuguer rigueur historique et tension dramatique. Sans céder aux effets spectaculaires, le film met en lumière les dilemmes éthiques, les enjeux politiques de la Guerre froide et les avancées médicales qui ont marqué l'histoire de la radiothérapie et des greffes de moelle osseuse. L'émotion naît autant des relations entre les personnages que de l'urgence permanente qui rythme le récit.
Alexis Manenti livre une interprétation intense, apportant une grande humanité à son personnage confronté à une situation exceptionnelle. À ses côtés, Radivoje Bukvic et Jérémie Laheurte composent des personnages crédibles et profondément touchants, incarnant avec justesse la peur, l'espoir et la solidarité qui unissent ces hommes face à la mort.
La réalisation de Dragan Bjelogrlić privilégie une mise en scène sobre et élégante. Les laboratoires, les chambres d'hôpital et les salles d'opération deviennent le théâtre d'un suspense presque clinique, où chaque décision peut faire basculer le destin des patients. La reconstitution des années 1950 est particulièrement soignée et contribue à l'immersion.
Au-delà de son récit historique, L'Affaire Vinča Curie est un hommage aux pionniers de la médecine et à celles et ceux qui ont choisi de repousser les limites du savoir pour sauver des vies. Le film rappelle que certaines des plus grandes avancées scientifiques sont nées dans des contextes de crise, où le courage et la coopération ont prévalu sur les divisions politiques.
Un thriller historique passionnant et profondément humain, qui éclaire un épisode méconnu de la Guerre froide. Porté par une mise en scène maîtrisée et un casting convaincant, L'Affaire Vinča Curie allie intelligence, émotion et suspense avec une remarquable efficacité.
un film très bien joué et surtout très intéressant. ce serait dommage de ne pas aller le voir. on voit la progression de la découverte de la greffe de la moelle osseuse et les conséquences graves des irradiations. la mise en scène est très soignée ainsi que la réalisation.
Un film retraçant une partie de l’histoire qui est méconnue du monde. C’est très humaniste, on est tenus en suspens avec les flashback. On a beaucoup d’attachement aux personnages et surtout aux jeunes scientifiques yougoslaves. Il y a une moralité, une amitié entre deux pays. Le film fait du bien tout en racontant une histoire vraie. Ca inspire et on apprend beaucoup de choses.
Histoire incroyable, personne ne peut y être insensible et ça donne clairement foi en l'humanité. Les critiques négatives ne sont que des avis subjectifs sur la réalisation. Étant donné la puissance du fond de ce film, la forme (à mon avis qui est quand même très bonne) importe peu.
Savez-vous comment et quand a été réalisée la première greffe de moelle osseuse sur des humains ?
Connaissez - vous ce que préparait un scientifique yougoslave ,en 1958, à Vinča en République fédérale de Yougoslavie ?
Avez-vous entendu parler de la synchronicité théorisée par Carl Gustave Jung ?
Pensez - vous aux réactions en chaîne nucléaire et à leurs conséquences ?
Affirmez - vous que tout système totalitaire ou dictatorial peut être évité ici et maintenant ? Et pour le futur ...........comment faire pour éradiquer du cerveau de certains homo sapiens sapiens érectus la volonté de toute puissance sur les autres ?
Approuvez - vous complètement cette citation : " science sans conscience n' est que ruine de l ' âme " ?
En allant voir, en salle de cinéma, " L' affaire Vinča Curie " peut - être que vous pourrez répondre et dialoguer en regard des questions précédentes...........
La mise en scène est sobre, distanciée et analytique. Le scénario alterne de nombreux retours en arrière ( Centre de Vinča) avec les péripéties, à l' Institut Curie en France, qui surviennent de manière toujours juste et judicieuse. La musique devient particulièrement dense et mélancolique et toujours en adéquation avec le fil du récit filmique.
Ce grand film nous conduit à penser les conséquences sombres de la volonté de toute puissance( état totalitaire ou dictatorial, personnage égocentré, etc..) face aux actes humanistes, au quotidien, réalisés par des femmes et des hommes solidaires et anonymes..........
Notre civilisation humaine, depuis Oppenheimer et compagnie, maîtrise les forces atomiques mais cette humanité mesure toujours aussi mal ses " nerfs" .........sauf que du temps des cavernes un coup de massue sur la tête d ' un individu est dangereux mais uniquement pour celui qui reçoit le coup .......... alors que pour les bombes A ou H, ect....cela en va différemment..........
La technologie n' a pas d ' idéologie évidemment et , par contre, c ' est l ' utilisation qui en est faite qui compte et raconte nos natures humaines toujours à jardiner et à améliorer individuellement et collectivement.
Un film racontant un accident nucléaire en 1958 dont je ne connaissais pas l'existence. Une super réalisation avec des flashs intelligents allant du passé au présent. Le cœur et la solidarité irradie l'écran pendant 2h, c'est bien interprété, on a l'impression d'y être. Les acteurs francais et serbes jouent très juste dans un rythme haletant et stressant pour arriver à guérir ces hommes. Un presque thriller glaçant sur fond de politique et de médecine à la pointe. Une belle réussite même si tout n'est pas parfait.
Un film absolument magnifique, des acteurs impressionnants, à partir d'une histoire vraie qui montre les rapports exacerbés entre les nations pendant la guerre froide, les relations de la France avec la Yougoslavie de Tito, le film démarre en 1958 lorsque des scientifiques yougoslaves irradiés arrivent pour se faire soigner dans le plus grand secret à l'Institut Curie. Très belle photographie, comédiens justes, inspirés, belle musique. On est pris de bout en bout, dans un univers politico-médical très marqué par les questions de l'époque, on y retrouve un Léon Schwartzenberg jeune dans une histoire méconnue, et des expérimentations complexes et dangereuses... J'en suis sorti quelque peu irradié, et satisfait d'avoir vu un vrai beau film, important et courageux.