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Alexis G
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5,0
Publiée le 11 juillet 2023
Catherine Corsini renoue avec la comédie-dramatique dans ce film qui fait la part belle à la jeunesse. Suzy Bemba et Esther Gohourou sont impériales - tout comme Aissatou Diallo Sagna. Un film d'été, de soleil, de secret et d'émancipation. Un film qui réconcilie.
Au-delà des polémiques et des embrouilles liées à son tournage, le film de Catherine Corsini présente l'histoire d'une mère et ses deux filles qui reviennent en Corse après un drame survenu quinze ans avant. Sur fond de secret de famille, ce séjour en Corse va être déterminant pour chacune des femmes, mais aussi pour le lien qui les unit. Le film présente trois beaux portraits de femmes, noires. Les actrices sont justes et sensibles, avec une mention spéciale pour Esther Gohourou dont Catherine Corsini a détaillé ce soir le grand talent de comédienne et d'improvisation. Le scénario écrit par Naïla Guiguet est percutant et brillant, les paysages corses superbes. L'humour est également très présent, ironie et critique ne sont jamais loin, et la scène du lavabo, irrésistible, est à déposer directement dans les annales du burlesque ! Un beau film qui touche juste avec finesse, à voir !
Le film débute avec douleur, sur le fond comme sur la forme, d'abord dans les larmes, puis pour nous après quand il faut supporter deux ados, dont une absolument insupportable. Farah jouée par Esther Gohourou est un personnage horripilant à chaque instant. Les indices sur le passé familial sont d'abord semé avec parcimonie, on attend donc logiquement le twist, le ou les secrets dévoilés, le pourquoi du départ il y a 15 ans... Mais le passé devient vite accessoire, le récit se focalise vite sur les deux ados qui vivent leur vacances d'ados, à la différence près que c'est en Corse. On a donc d'un côté deux filles qui vont vivre comme des ados en vacances dont connaître leur idylle estivale éculée, qui vont se confronter à tout ce qui fait le cliché d'une Corse insulaire avec ses insinuations mafieuses ou le racisme plus ou moins latent. Mais la caricature va aussi plus loin, avec les patrons gentils bobos gauchos en apparence mais qui restent légèrement condescendants. Le scénario reste une succession de scénettes plus ou moins intéressantes, qui tentent d'aborder finalement trop de sujets sans vraiment les traiter à fond. Seule le dernier quart d'heure offre un peu de finesse et d'émotion. Dommage. Site : Selenie.fr
Le Retour rentre dans la catégorie des films que l'on sait pertinemment qu'ils sont imparfaits, dont on perçoit tous les défauts, mais que l'on apprécie malgré tout et que l'on prend du plaisir à regarder.
Comme dans la plupart de ses films, Catherine Corsini s'attache à délivrer un discours éminemment politique, ici sur le rapport de classes et ce que l'on appelle le racisme ordinaire. Le problème est qu'elle s'y attelle avec un peu moins de subtilité que d'habitude. Les personnages de la famille bourgeoise frôlent malheureusement un peu trop la caricature. C'est sans doute celui joué par Denis Podalydès qui est le moins bien écrit et qui vient ternir l'impression globale sur le film.
Les interprétations des autres actrices, toutes formidables, viennent largement compenser tout ça. Le naturel et l'émotion de aissatou.diallo.sagna étaient déjà sidérants dans la Fracture. Elle ne fait que confirmer son immense talent ici, avec un jeu tout en retenue, pudeur et finesse. La jeune actrice qui interpète sa fille ainée, @suzybemba, démontre des qualités de jeu tout à fait prometteuses alors que la personnalité de celle qui joue sa soeur, @esther_ghrr, crève l'écran. La relation qu'elle noue avec @h_orsoni2a est aussi surprenante que touchante. Enfin, une mention spéciale également à @lomanededietrich, dont le jeu et le physique ne sont pas sans rappeler ceux d'Adèle Haenel, qui décidément nous manque beaucoup.
La première partie du film est bien écrite et se suit avec plaisir. La seconde est plus laborieuse et moins réussie, la longue scène de la soirée est même assez ratée.
La force du film reste le regard sociologique intéressant porté sur les différentes voies possibles pour les personnes issues de classes défavorisées : se résoudre à sa condition avec fatalisme (la mère), chercher par tous les moyens, notamment l'Education, à s'en extirper (la fille ainée), se laisser happer par les maux qui les gangrènent (la fille cadette).
Avec optimisme ou naïveté, le scénario du film, bien que souvent trop prévisible, a le mérite de permettre à chacune de ses héroïnes d'évoluer vers un avenir plus radieux.
Un nouvelle comédie de Catherine Corsini, au palmarès éloquent et 25 films à son actif. Ce dernier présenté à Cannes, peut sembler fouillis, de part les thèmes proposés ( deuil, recherche de ses racines, recherche de son enfance, découverte de son corps, de ses sentiments, du racisme, de l'importance de la famille, aussi de la fête, de l'alcool, de la drogue, de la sexualité.... ) vous voyez cette liste non exhaustive, et l'art d'organiser tout ceci relève du défi. Le plus fort est de surpasser les clichés, le vocabulaire énervant des jeunes filles, il faut le dire, pour noter le parcours semé d'embuches qu'elles découvrent finalement, pour mieux se retrouver dans les valeurs premières de la "Famille". C'est ce regard objectif sur cette jeunesse, constamment piquée au vif, sollicitée, malmenée, que propose remarquablement C Corsini, offrant trois portraits de femmes fascinantes : Aïssatou Diallo Sagna, ( Khédidja )Maman si bienveillante, Suzy Bemba ( Jessica ) et Esther Gohourou ( Farah ). Excellente opposition d'angle familial à travers Virginie Ledoyen et Denis Podalydes, employeurs de la maman. Film intense, vivant, regorgeant d'émotions, à découvrir en ce début de vacances...!!**
Avec Le retour, Catherine Corsini signe un film bouleversant sur le retour aux sources, aux racines familiales. Khedidja est nounou dans une famille aisée parisienne. Elle les rejoint durant leurs vacances en Corse et revient donc sur l’île de beauté, 15 ans après l’avoir quitté avec ses deux filles. Cet été va délivrer ses secrets, tensions, tentations. C’est magnifique, juste, social et même drôle. La réalisatrice parvient à mêler tout un tas de questionnements et problématiques traversant la société : la place assignée, le racisme, la sexualité… Catherine Corsini parvient aussi à faire à nouveau émerger de nouveaux visages avec Aïssatou Diallo Sagna déjà vue dans la fracture mais aussi avec Suzy Bemba et Esther Gohourou.
Un film doter d'une sensation d'attachement que l'on à pas envie de quitter et qui prend tout son sens à la fin du film.
Les acteurs sont touchants et vrais, une vraie mise en scène intéressante et une image sublime (la scène de soirée et de danse est une vraie pépite) mais en plus de tout ça, les messages sont forts et importants.
En somme, une vraie bonne découverte qui marque l'été cinématographie de cette année...si ce n'est pas l'année tout simplement.
Après une fuite et une absence de 15 ans, Khédidja revient en Corse en compagnie de ses filles, adolescente et jeune adulte, pour travailler. Plongée dans cet environnement nouveau relié à leur père, elles expérimentent de nouvelles choses, font des rencontres et apprennent plus sur leurs origines. Malheureusement, certaines vérités blessent. En salle le 12 Juillet.
spoiler: Le Retour, comme son nom l'indique, montre un choc entre le passé et le présent pour la petite famille d'une mère et ses deux filles. La quête des origines est abordée avec beaucoup de sobriété et leur "tombe dessus* plus qu'elle n'est vraiment déclenchée. Le film a comme grand atout d'analyser subtilement les questions d'appartenance sociale, (famille VS sciences PO) de domination par le mérite (toi tu es méritante contrairement à elle donc tu as droit) et une bonne grosse dose de patriarcat (mais mongole, idiote, laisse moi faire). Dommage que la fin aille un peu vite et que l'on ai pas toutes les réponses.
Les paysages de la Corse dans ce film permettent partiellement de remonter le niveau de ce film : scénario décevant et guère crédible, avec une approche de la jeunesse corse et continentale sur fond de fêtes qui tournent à la beuverie et à l'utilisation banalisée des drogues! Vous pouvez rester chez vous, film bien décevant.
Après un film très politique et sur une durée bien déterminée, c’est un virage complet pour la cinéaste avec cette plongée initiatique dans l’intime d’une histoire familiale. Ce qui peut fonder la réussite d’une telle entreprise dans ce registre du récit d’initiation est entre autres la profondeur des sentiments, qui passe par le potentiel empathique de la narration. Et c’est un peu tout le problème du Retour. L’histoire est difficile à accrocher, tout d’abord car le sentiment d’avoir vu ce récit des dizaines de fois prend toute la place d’emblée et ne quitte que très peu le sentiment du spectateur, ce qui est un vrai problème. Les transgressions sont là mais donnent parfois l’impression d’avoir été plaquées pour hériter des galons du transgressif.
Car autant on les voit totalement venir, notamment l’érotisme fiévreux entre Jessica et Gaia, autant on est un peu abasourdis de l’excès pour l’excès, qui vient comme en surimpression, et pas un dans un fil narratif sincère qui amène à l’esthétisme et à une forme de vérité. Le film est comme dissocié, et en devient finalement sage en comparaison de ce qu’il aurait pu nous raconter et nous montrer.
Pour autant, quoique servi par une histoire totalement oubliable, il n’est évidemment pas inintéressant une fois devant le grand écran de suivre les deux frangines dans leur velléité de vivre, de comprendre, de transcender. Y compris car les actrices débordent d’une très belle énergie et offrent des présences assez électrisantes. La carte postale de la Corse est jolie. Mais c’est à peu près tout sur l’harmonie visuelle du Retour. Ou à la limite, l’orgie d’alcool, de drogue et de sexe dans la villa au bord de la piscine est assez pop, contemporaine et offre un jeu de couleurs déjà vu là aussi, mais plaisant. On l’a dit, le casting fait tout ce qu’il peut et le fait plutôt très bien. Et ce sont les jeunes qui sont à la fête.
Au final, Le retour ne se démarque ni sur le fond, ni sur la forme. Le moment n’est pas désagréable, mais il est quand même très balisé et ne surprend jamais.
Émouvant et rafraîchissant. Une histoire de retrouvailles avec un passé douloureux de mort et de rejet. Ce film aborde les problèmes de racisme et d'identité si cruciaux au cours de l'adolescence. on est en empathie avec cette mère qui a élevé seule ses deux filles en se mettant au service des autres.
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1,5
Publiée le 27 novembre 2023
Alternant belle rèussite ("Les amoureux", "Partir") et triste dèconvenue ("La fracture"), Catherine Corsini porte avec "Le retour" (2023) un regard sur la jeunesse contemporaine! Un terrain inconnu pour la cinèaste avec le dèsir profond de filmer une règion mer-montagne très photogènique à l'ècran : La corse! Dans cette histoire devraient s'entrecroiser racisme et deuil, rencontres et tentations, famille et secrets de famille! Sur ses terres d'origine, Corsini n'a rèussi qu'à rèaliser une oeuvre balisèe et proche de la caricature, sur fond de silence et de mensonges, où la polèmique qui a èmaillè la sortie du film ne sont au fond que des beaux pètards mouillès! Et ce malgrè le très joli travail sur la lumière et tout le talent de Aïssatou Diallo Sagna dans le rôle de la mère mutique! A part ça Virginie Ledoyen et Denis Podalydès sont aussi consternants que la sèquence du lavabo...