Musulmane très modérée, Amal enseigne le français dans un lycée bruxellois. Elle est choquée par la campagne de harcèlement menée par un groupe d'élèves musulmans radicaux contre une camarade lesbienne. Elle tentera de rappeler ce qu'est la liberté et le respect de la foi, mais ses actes engendreront de violentes conséquences. Il se trouve que des films français sur le collège ou le lycée, j'ai ai vu un paquet ces derniers mois. Ceci dit, dans "Amal" il y a une originalité : ce n'est pas un film français, mais belge. Qu'est ce que ça change, me direz-vous : et bien l'école publique belge n'est pas laïque ! Ainsi, l'islam est intégré dans l'école, notamment par des cours de religion. Un sujet qui intéresse beaucoup Jawad Rhalib, celui-ci évoquant régulièrement le rapport entre éducation et religion. Situation des cours d'islam, rôle des parents croyants, etc. Le hic c'est que le film est assez dur dans son propos. La moitié de la classe est radicalisée, et les parents ne sont pas mieux. Tandis que le prof de religion est clairement présenté comme le méchant du film, un salafiste qui cherche à promouvoir la charia. Celui-ci est au passage incarné par Fabrizio Rongione, le gentil vendeur de gaufres 25 ans plus tôt dans "Rosetta" ! Alors que je connais pas bien le système belge. J'ignore à quel point on est près de la réalité. Je me dis que les filières djihadistes bruxelloises ne viennent pas de nulle part (notamment celle de Schaerbeek, qui a fait couler de l'encre il y a une dizaine d'années). Mais dans "Amal", c'est un peu présenté à l'excès. Vu les origines du réalisateur, on peut difficilement l'accuser de racisme, mais avec quelqu'un d'autre la pilule serait probablement moins passée. S'il on excepte ce point... et une caméra à l'épaule trop tournoyante pas moment, le film est bien ficelé. Représentant le harcèlement scolaire (en ligne et en classe), et disposant d'une protagoniste bien vue. Amal (Lubna Azabal) est une professeur déterminée, cherchant à écarter le radicalisme religieux, néanmoins elle manque de sens politique et de mesure, ce qui se retournera contre elle. On aura ainsi plusieurs séquences difficiles qui prennent aux tripes. Ou le final, sec et inattendu.
Un drame scolaire intense, percutant et très courageux (malgré un côté téléfilmesque) qui prend une résonance douloureuse dans l’actualité, porté par une grande actrice Lubna Azabal.
Film coup de poing, réellement glaçant par son propos et son jusqu'au boutisme, qui offre une fois de plus un personnage fort à l'excellente Lubna Azabal, investie dans le rôle d'une prof de lycée sans concession face au danger de l'islamisation dans les écoles. La séparation entre religion et école laïque est un bel exemple et le film, même s'il a tendance parfois à schématiser un peu trop le propos, reste un bel exemple courageux du travail dans l’enseignement, nous renvoyant à des drames comme celui de Samuel Paty. Traumatisant...
Une claque ce film, on dirait un documentaire tant il est réaliste et bien interprété. Très actuel, angoissant et dérangeant. Lubna Azabal est sensationnelle dans ce rôle pas facile.
Quand le communautarisme gangrène l'école, il ne reste plus grand monde pour défendre les Lumières et la laïcité. Difficile d'en blâmer le corps professoral tant il est si peu soutenu (on le voit bien ici). Mais il reste des héros : la professeur incarnée par l'immense Lubna Azabal essaye de faire jaillir l'intelligence et sortir l'obscurantisme dans sa classe, au péril de sa vie. Un film parfois maladroit mais ô combien utile.
C est un film capital. Magistralement interprété par Lubna Azabal. On en ressort marqué. C’est un film au sujet puissant. S’il est UN film à voir, c’est LE film à voir. Faites le déplacement si nécessaire, il n’est pas largement distribué et pourtant il le devrait. Vous allez être pris aux tripes.
C'est franchement à reculons que je suis allé voir ce 3ème film sorti en un mois et demi sur la thématique : "l'école est au bord du gouffre, plus rien ne va, il n'y a plus rien à sauver chez nos élèves et donc plus aucune foi à avoir en l'humanité" .
Ce film a finalement été une bonne surprise. La grosse différence avec Pas de Vagues (dont la représentation pleine de préjugés et sans nuance des élèves m'avait mis très en colère), Amal, un esprit libre, un peu moins manichéen, a l'intelligence d'offrir un contre champ plus égalitaire, en immisçant sa caméra chez tous les protagonistes, permettant ainsi au spectateur de s'interroger sur les causes possibles de certaines dérives.
Certes, tout ne respire la subtilité... l'on peut déplorer une caméra à l'épaule à l'instabilité exagérée ainsi qu'une caractérisation des personnages pas très nuancée (d'un côté les musulmans sectaires, incapables d'évolution, de l'autre la professeur musulmane "intégrée" qui tous les soirs boit un verre de vin en regardant son homme cuisiner), mais le récit est suffisamment efficace pour capter l'intérêt et c'est avec beaucoup de tension que l'on observe la situation s'envenimer et le danger infuser partout.
Le plus gros problème du film est de ne pas suffisamment contextualiser son sujet et d'attendre le générique de fin pour nous expliquer les spécificités de l'enseignement en Belgique (les cours de religion obligatoires et l'absence de contrôle sur leurs contenus), qui auraient permis une compréhension plus aisée du début du film et des rôles de chacun.
Lubna Azabal livre une performance assez époustouflante en professeur révoltée, confrontée à la censure des extrémistes, mais qui refuse de baisser les bras au nom de ses idéaux et des valeurs qu'elle défend.
C'est dans sa façon de souligner le rôle capital de l'école pour construire des futurs citoyens éclairés, tolérants et responsables, et la nécessité de ne jamais fléchir face aux tentatives de déstabilisations, que le film est le plus intéressant et qu'il finit par toucher.
spoiler: Ayant exercé en collège et en école primaire dans un REP+ dans un quartier à 99,9% musulmans, je peux témoigner que le film de Jawad Rhalib « Amal : un esprit libre » correspond à une réalité indécrottable au grand dame de ceux et celles qui manifesteraient un doute spoiler: ou s’emporteraient en traitant de facho un tel commentaire pour un tel film. Il est vrai que le sujet est sensible et ne répond pas à des esprits obtus comme les radicaux. Et c’est super usant que ce sujet soit toujours sensible. spoiler: Cela en dit long sur cette religion malmenée par des groupes (minoritaires ? pas sûr !) qui ont une interprétation malsaine de leur Coran : celle qui refuse de s’inscrire dans le vivre ensemble pour reprendre la réflexion d’Amal, professeur de français, à des parents venus contester son cours de littérature. Un comportement insupportable qu’a su restituer avec gravité, réalisme et objectivité Jawad Rhalib : réunion des parents, attitude des élèves réfractaires.
Voilà pourquoi l’école de la République et laïque peut être un moyen ou une chance d’élargir leurs horizons, les amener à réfléchir pour développer leur esprit critique et à terme faire preuve de tolérance. Mais cela demande au préalable une disposition intellectuelle que la grande majorité des élèves n’ont pas en raison de leur schéma familial.
Ce film est pour moi d’utilité publique ; il m’apparaît essentiel ; une piqûre de rappel indispensable pour rester debout, pour remuer les vagues et peu importe que ça éclabousse, pour ne jamais céder devant ces esprits fermés spoiler: qui dénaturent leur propre religion et font du mal à tous les musulmans qui prônent la paix et le vivre ensemble.
Revendiquer « un esprit libre » pour Amal et pour tous ceux et celles qui enseignent spoiler: ne doit pas être une condamnation à mort. En tout cas, pas dans nos républiques laïques…
Un film très courageux.. Un film fort… Un film d’un réalisme bluffant grâce entre autre à de très bons acteurs, adultes comme jeunes À la fin de la projection : un silence « religieux » …pas un mot , pas un bruit , pas un geste…chacun dans la salle comme scotché dans son fauteuil…à ne pas oser se lever… Ce film se déroule en Belgique…mais évidemment ne peut oublier Samuel Paty et ne pas penser à lui tout au long du film.. À voir !
Un choc! L’illustration de ce que nous entendons au quotidien de la violence rencontrée par les enseignants face à la montée des communautarismes. Dur et stressant mais parfaitement réalisé et joué. On est complètement dedans.
Loin d'avoir trouvé ce film transcendant... Mais, à défaut, j'ai trouvé le sujet d'actualité - même parfois too much dans son traitement notamment de la religion, il met tout de même en avant, en Belgique la dominance de la pensée religieuse (musulmane ici) dans les salles d'écoles. L'histoire de cette professeure, Amal qui encourage les élèves à s'exprimer librement. Mais lorsqu'une élève est prise à parti pour sa supposée homosexualité, la professeure ne peut laisser faire et notamment face aux propos insultants de la part d'élèves musulmans. Ca monte rapidement dans les hauteurs qui effectivement peut arriver dans une salle de classe mais je trouve le récit particulièrement agressif et trop appuyé parfois - certaines scènes sont particulièrement violentes et elles restent dans la tête. Dommage que la fin soit si prévisible...
Ceux qui critiquent le film le trouve trop manichéen, les gentils sont très gentils et les méchants très méchants. Effectivement on peut lui reprocher ça mais je trouve que ce film montre bien le mécanisme du communautarisme à l'école et la pression qui va avec sur les musulmans non pratiquants ou non rigoristes. Ça paraît assez réaliste et en plus les acteurs sont tous formidables. Un film qui correspond bien à son époque.
“Amal - Un esprit libre” est un excellent film belge qui mérite d’être vu. Lubna Azabal, récompensée par le Magritte de la meilleure actrice, est tout simplement saisissante dans son rôle. Elle crève l’écran et nous captive du début à la fin.
Ce film engagé aborde un sujet brûlant : la montée de l’extrémisme religieux dans le milieu scolaire. Il rend un hommage poignant, bien que tragique, aux enseignants qui se battent en première ligne pour défendre nos valeurs démocratiques. Le réalisateur réussit à décortiquer avec brio les mécanismes de l’extrémisme et de l’endoctrinement, ainsi que le harcèlement qui peut en découler.
Avec une atmosphère proche du thriller psychologique, “Amal - Un esprit libre” est une œuvre intense et nécessaire. C’est un film qui pousse à la réflexion et qui mérite toute notre attention. 9/10
Au côté d'Amal, une professeur engagée qui prône la liberté d'expression et encourage l'ouverture d'esprit on va faire face à une véritable montée en tension après l'agression d'une de ses élèves. Un cri d'alarme dans une société dépassée par les prosélytes de la pensée haineuse, colporté par l'influence des réseaux sociaux. D'un réalisme presque documentaire et d'une puissance narrative intense, ce drame porté par une interprétation exceptionnelle de Lubna Azabal dans le rôle principal est une onde de choc qui mettra à mal votre esprit libre.