Libertate
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Bruno Gentereau
Bruno Gentereau

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3,0
Publiée le 22 mai 2025
Quelques longueurs et pas de film. Un film roumain normal quoi.
Mais l'ambiance pesante et la confusion générale est bien rendue. On ne sait plus qui est qui et qui a fait quoi.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 novembre 2023
Et soudain le chaos régna dans la ville roumaine de Sibiu, comme dans tout le pays, en ce mois de décembre 1989, synonyme de révolution et de déchéance du dictateur Nicolae Ceaușescu. Liberate nous immerge immédiatement dans les affrontements sanglants qui impliquent la population, l'armée et la trop célèbre Securitate. Avec une caméra qui s'agite dans tous les sens, le film choral de Tudor Giurgiu capte le capharnaüm ambiant avec un sens du réalisme impressionnant. Néanmoins, il est difficile de s'y retrouver dans cette confusion qui s'atténue quelque peu dans la deuxième partie du long-métrage où un certain nombre d'ex-affidés de Ceaușescu se retrouvent prisonniers dans une piscine (vide), qualifiés sous le terme générique de 'terroristes", sans que l'on sache précisément s'ils sont coupables ou non de violences. Le propos du cinéaste n'est pas de juger mais de montrer une situation de désordre extrême dont se sortiront sans doute en premier lieu les plus roublards, davantage que les éventuels innocents. Quoi qu'il en soit, Libertate a valeur pédagogique mais son absence de commentaire sur les faits peut aussi sembler frustrant, tout comme le refus de s'attacher à un ou deux personnages en particulier, qui aurait eu le mérite de nous éclairer un tant soit peu sur cet imbroglio inextricable.
velocio

1 538 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2025
On regrette un peu que, dans ce film dont la réalisation est très nerveuse, on ne soit pas conduit à s’attacher un peu plus, en bien ou en mal, à 2 ou 3 personnages, même si on retrouve souvent à l’écran Viorel Stanese, un capitaine de la Securitate, membre du Parti Communiste, et qui ne cesse de supplier ses gardiens de le libérer afin qu’il puisse assister au baptême de son fils, le 7 janvier. Par contre, l’impression qu’on a dès le début d’être immergé dans cette révolution, parfois dans un camp, parfois dans le camp opposé, au milieu de gens qui ne comprennent pas très bien ce qui se passe, est au bout du compte une expérience intéressante à vivre, d’autant plus que, fort heureusement, on vit cette expérience sans risquer de faire partie des 99 personnes tués à Sibiu durant cette période, ou des 212 blessés, ou des 522 personnes retenues illégalement dans la piscine. Et comme on est en Roumanie, dont le cinéma est coutumier du fait, des situations tragicomiques sont parfois évoquées, comme cet homme qui dit avoir été frappé deux ans auparavant par un membre de la Securitate pour avoir écrit une lettre à Radio Europe Libre, une lettre pour se plaindre de … la présence de « Walk like an egyptian », le succès des Bangles, dans leur top musical. Particulièrement subversif, ce courrier ! Pour lire l'analyse complète il faut aller là où vous savez.
Cinememories

583 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mai 2025
Tudor Giurgiu revient sur un épisode trouble et méconnu de la révolution roumaine avec Libertate, mêlant reconstitution historique et tension dramatique. Si le film séduit par son réalisme brut et son ambition mémorielle, il souffre parfois d’une narration éclatée qui affaiblit l’intensité dramatique. Reste une œuvre courageuse, qui interroge avec acuité les zones grises de l’histoire et le prix d’une liberté arrachée dans la confusion.

Un mois après la chute du mur de Berlin, plusieurs pays de l’Est ont renversé les régimes communistes mis en place. La Roumanie fait partie de ceux qui ont opéré cette métamorphose dans le sang et la confusion. Que ce soit à travers un thriller juridique (Why me?), une comédie sociale (Des escargots et des hommes) ou un documentaire sur le joueur de tennis Ilie Năstase (Nasty – More than just tennis), la vocation de Tudor Giurgiu et de son cinéma est de tendre un miroir vers le patrimoine et l’héritage roumains. Il rouvre ainsi les plaies d’un épisode traumatique qui s’est déroulé à Sibiu, lors de la révolution de 1989. Un épisode que de nombreux citoyens, abusés par l’autorité martiale mise en place à la destitution puis à l’exécution du chef d’État, souhaitent pourtant oublier. Libertate sert ainsi de socle mémoriel et d’outil pédagogique précieux, afin de conjurer la terreur qui a accompagné les morts et qui hante encore les vivants.

Se révolter par choix

Les esprits s’échauffent dans un commissariat où s’entremêlent policiers et membres de la Securitate, la police politique secrète fidèle au dictateur Nicolae Ceaușescu. De nombreux civils affluent aux abords du bâtiment avec l’armée nationale comme arbitre de dernier recours. Il ne faut pas très longtemps pour que les premiers tirs résonnent d’un côté comme de l’autre. Le chaos et la confusion sont à l’image de la caméra à l’épaule qu’emploie Giurgiu, tremblante et révélatrice d’un jeu de massacre où l’on ne distingue plus qui est qui. Le camp choisi aura des conséquences déterminantes dans la suite des faits réels relatés par le cinéaste, car les uniformes et les convictions politiques laissés derrière soi peuvent se retourner contre les tempéraments individualistes. Et lorsque la fumée commence à se dissiper, les cendres à retomber et le sang à sécher, le récit nous emmène au fin fond d’une piscine asséchée, remplie de rescapés de tous les bords.

« C’est le peuple qui est souverain. C’est donc lui qui paiera. » C’est un constat que l’on peut entendre de vive voix lors d’une réunion au début du film. Il annonce à la fois l’emprise martiale qui s’ensuit et justifie, avec cynisme, les dommages collatéraux d’une telle manœuvre pour identifier les contre-révolutionnaires séquestrés comme du bétail. Le rigoureux travail de reconstitution assure une bonne immersion auprès des 500 hommes captifs, qui n’ont que d’épais tapis de sol en guise de couverture pour supporter les températures hivernales. Blessés, malades et paranoïaques à cause d’une guerre de désinformation et de manipulation, passant essentiellement par la télévision, les prisonniers sont à cran, si bien qu’ils croient l’eau courante empoisonnée. L’abus de pouvoir se fait sentir, mais la narration rompt avec la linéarité pour explorer, de façon chorale en faisant des allers-retours avec l’extérieur de la piscine, l’impact de la détention illégale par l’armée.

Le récit s’éparpille donc dans une seconde partie, marquée par des longueurs et des discussions mécaniques qui déroutent le spectateur venu chercher de la tension psychologique. Ce sera la douche froide pour cette attente, en opposition à l’adrénaline livrée dans la première demi-heure. Le choix narratif défait alors toute cette atmosphère pesante, en répartissant le temps de parole aux différentes « victimes ». Et bien que l’intrigue semble donner plus de corps au personnage de Viorel Stanese (Alex Calangiu), un officier de la police prisonnier, le film ne parvient pas totalement à rendre convaincante son étude humaine et psychologique. L’enchaînement des scènes et la multiplication de personnages, certainement le fruit de précieux témoignages que le réalisateur ne souhaitait pas filtrer, créent souvent plus de distance émotionnelle avec ces derniers, arbitrairement soupçonnés de terrorisme. Reste que cette tragédie a bel et bien eu lieu et la vérité historique rattrape en partie ces défauts.

La corruption et les trahisons vont de pair dans cette cruelle reconstitution, où l’on questionne la légitime défense du peuple ou de l’individu jusqu’au dernier plan. Il y a également une idée forte qui se dégage de Libertate et qui en résume les dilemmes moraux rencontrés. Comment les citoyens avides de liberté peuvent-ils en profiter ? Savent-ils seulement quoi en faire une fois acquise ? Les réponses sont aussi évasives que les souvenirs de ceux qui sont ressortis vivants de cette piscine. Qu’ils étaient vieux, jeunes, mariés ou pères de famille, ce qui compte réellement, c’est la prudence vers laquelle le film attire notre attention, avec l’espoir que la Roumanie n’ait plus jamais à retourner au fond de ce bassin rempli de violence et de tristesse. Pour autant, et à l’image du microcosme social illustré par la piscine, le pays continue de cultiver ses doutes et les relents d’une cohabitation entre citoyens et ex-fonctionnaires de l’État de Ceaușescu. Si le cauchemar n’est pas fini, ce film apaise néanmoins la conscience de celles et ceux qui cherchent encore des réponses sur le sens de la liberté.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 mai 2025
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
 Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + Libertate" sur YouTube !
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On entend d’abord les bruits. Des cris, des ordres, des pneus qui hurlent. On ne sait pas encore si c’est la guerre ou juste une répétition du chaos — mais ça claque sec, comme une gifle dans un couloir vide. Libertate, de Tudor Giurgiu, reconstitue les événements de décembre 1989 à Sibiu, mais il ne filme pas la révolution : il filme sa panique. Celle qui tord les nerfs, qui rend sourds aux ordres, qui fait tirer avant de comprendre. Ce n’est pas un récit, c’est une impasse. Et c’est peut-être là que ça se perd.

Il y a, dans le décor, tout ce qu’il faut : la ville quadrillée, les immeubles percés d’ombres, les militaires débordés par l’Histoire. Et il y a cette caméra mobile, souvent plaquée aux corps, qui cherche la vérité dans les interstices — dans les doutes, les tremblements, les hésitations. Mais à force de suivre tous les fronts, le film s’épuise. Il crie fort, mais ne dit pas grand-chose. Il montre l’erreur, le quiproquo, le feu qui se croise entre amis — et cela suffit peut-être à dire la folie de ces heures, mais pas à la faire ressentir autrement qu’en surface.

Les comédiens tiennent leur partition, parfois trop bien. Alex Calangiu, Andi Vasluianu, Ionuț Caras : des visages connus, crédibles, qui font le job. Mais on cherche un regard, une faille, un point d’ancrage — quelque chose qui dépasse l’archive. Le film documente, il ne transcende pas. Et la tension finit par ressembler à une routine : on court, on se planque, on hurle encore. Il manque un silence, une respiration, un vertige.

La reconstitution est honnête, précise, appliquée — presque scolaire. Les flashs de violence sont réels, tangibles, mais ne laissent pas de trace, ou si peu. Tout se vaut, tout s’écrase. Et quand le film tente de ralentir, de prendre un peu de hauteur, c’est souvent trop tard : l’émotion est restée coincée entre deux portes. On comprend la volonté — faire mémoire, sans fioriture, sans mythe — mais le style étouffe. C’est sec, c’est brut, mais c’est aussi un peu vide.

Libertate aurait pu brûler. Il aurait pu fracturer l’image figée d’une révolution fantasmée. Il choisit la poussière, le béton, les tirs amis. C’est un choix. Mais il manque de souffle, de chair, de trouble. Et il repart comme il est venu : en feu croisé.
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 mai 2025
Décembre 1989, Sibiu en Transylvanie. Le régime autoritaire de Ceaucescu vient de tomber. La foule en colère manifeste et exige l’arrestation des anciens communistes. Les forces de l’ordre ne savent comment réagir ni à quel saint se vouer. Les militaires sont les premiers à retourner leur veste et à arrêter les policiers accusés d’être les exécutants des basses oeuvres de l’ancien régime. Ils sont entassés pêle-mêle dans une piscine vidée de son eau.

Trois semaines seulement après "Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé" sort sur les écrans français un nouveau film roumain. Il a le même thème, la révolution roumaine de 1989, preuve s’il en fallait qu’elle a marqué les esprits. "Libertate" commence exactement au moment où "Ce Nouvel An…" se terminait : l’un racontait les hésitations de Roumains ordinaires avant la chute du régime, l’autre décrit le chaos qui s’en est suivi. Il faudrait, si ce n’est pas déjà fait, écrire un article ou un livre sur la révolution roumaine vue à travers son cinéma.

"Libertate" a une grande vertu historique. Il décrit ce moment précis où le pouvoir vacille, s’écroule et change de main, laissant les acteurs dans le brouillard. Les livres d’histoire en rendent rarement compte, qui rationalisent et éclairent a posteriori une succession d’événements rapides et confus. Ici, les catégories morales traditionnelles volent en éclat. les policiers de la Securitate deviennent les victimes d’un ordre inique qui au nom de la purge anticommuniste les accusent de « terrorisme ». Faute de certitudes, on se raccroche aux rumeurs les plus fantaisistes qui circulent : la police a tiré sur la foule, l’eau est empoisonnée…

Le problème est que cette ambiance là n’est guère cinématographique. Tout est flou dans Libertate, surtout dans sa première moitié où on peine à comprendre qui est qui, à distinguer les bons des méchants, à reconnaître les personnages principaux aux pas desquels on va s’attacher tel ce policier, père de famille, qui veut à tout prix être relâché pour le baptême de son fils le 7 janvier. Un oeil plus familier de la Roumanie identifierait peut-être les protagonistes ; mais le spectateur français que je suis s’est perdu dans ce jeu de dupes illisible (je n’ai pas compris qui était la femme à toque qui sillonne la ville avec sa fille : l’épouse d’un prisonnier ? une policière elle-même ?).
lionelb30

535 abonnés 2 903 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 juin 2025
Pan d'histoire qui touchera forcement plus les roumains meme si cette revolution reste intéressante historiquement. Le gros bémol est le scenario un peu brouillon et surtout les personnages assez mal définis.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2025
Moins d’un mois après le très réussi « Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé » sort « Libertate » de Tudor Giurgiu qui revient sur les troubles qui ont éclaté dans la ville de Sibiu, une grande ville de Transylvanie, la ville d'Emile Cioran et aussi, mais c'est moins glorieux pour elle, celle dont Nicu Ceausescu, le fils de l'autre, était premier secrétaire, c'est-à-dire potentat local. Lors de la révolution roumaine de décembre 1989, la confusion des évènements et la psychose envers de prétendus terroristes ont conduit de jeunes recrus de l’armée, à tirer sur la police, puis à boucler prés de 500 hommes dont des blessés laissés sans soin, dans le bassin désaffecté d’une piscine...ces prétendus terroristes qui sont même accusés d’avoir empoisonné l’eau de la ville, sont en fait des policiers, des membres de la Securitate... des fonctionnaires et même de simples quidams qui avaient eu le malheur de passer par là . L’armée, fidèle soutien du régime a brutalement retourné sa veste pour devenir plus révolutionnaire que le peuple...Ceausescu mort, la Roumanie demeure le royaume de l’arbitraire et de l’absurde...Caméra à l’épaule, Tudor Giurgiu reconstitue avec force le chaos de ces folles journées, où personne ne savait vraiment qui était dans le bon ou le mauvais camp...La piscine, voit brutalement surgir des bagarres entre « prisonniers », certains reconnaissant les autres...les anciens de la Securitate en premier...sous l’œil des militaires l’arme au poing...mais à force de vouloir reconstituer le chaos ambiant, « Libertate » brille surtout par sa confusion et son absence d’analyse, s’inspirant de l’esthétique des images documentaires de l’époque...cela reste obscur...confus...et il est parfois difficile de s’y retrouver. De loin j’ai préféré ce « Nouvel an qui n’est jamais arrivé...N’oublions pas cependant, comme c’est rappelé à la fin du film, que la révolution de Sibiu, c’est : 2 000 000 de balles tirées, 500 tirs de canon, 650 missiles tirés depuis des hélicoptères, 99 personnes décédées, 272 personnes blessées et 522 personnes qui ont été détenues illégalement dans cette piscine pendant plusieurs semaines.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mai 2025
La face sombre de l'autre film roumain sorti simultanément autour de ce noël fatidique 1989 en Roumanie.
Autant "Le nouvel an qui n'est jamais arrivé" garde un parfum de situations comiques par leur coté ridicule de fin de règne, ici c'est la confusion totale, la violence aveugle, le chacun pour soi, le coté pile ou face sous la menace de tirs non identifiés.
On ne comprend rien pendant vingt minutes, qui est l'armée, qui sont les activistes, ou sont les membres de la police secrète!
Et puis le caractère documentaire et visiblement l'inspiration autobiographique du metteur en scène, originaire de cette petite ville de Sibiu nous font comprendre et ressentir -avec violence- que la réalité a probablement ressemblé à ce chaos total.
Comment trier le bon grain de l'ivraie pendant cette période? Dans la piscine-prison les clans se resoudent, les masques cachent des règlements de compte personnels.
On sort désemparé, mais qu'un tel film existe est indispensable.
Avant-première - cinéma AFCAE - mai 25
mat niro

462 abonnés 2 156 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 décembre 2025
"Libertate" est un drame politique se déroulant pour les 2/3 du film dans une piscine vidée où opposants et sympathisants au régime de Ceausescu sont cloîtrés. L'action se déroule au début de la chute du dictateur, dans un brouhaha terrible où la tension ne retombe jamais entre prisonniers. Seulement voilà, on a du mal à s'attacher à cette multitude de personnages et c'est seulement quand le cinéaste, Tudor Giurgiu s'attarde sur un policier que l'on se questionne sur sa probité. Les masques tombent un peu tard dans cette oeuvre dont le point fort est de montre la paranoïa ambiante règnant lors de cette période charnière de la Roumanie. Instructif mais un peu brouillon.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2025
Sorte de suite de " ce nouvel an qui n' est jamais arrivé" ( on y suivait le parcours de plusieurs personnages pendant les quelques jours qui précèderent la révolution roumaine de décembre 1989), " libertate" ( autrement dit liberté en roumain ) est un film choral qui se déroule à Sibiu ( ville située au centre de la Roumanie à 350 kms de Bucarest ) pendant les premiers jours de cette révolution.

Certains commentaires évoquent la difficulté à situer les personnages ( ce n'est pas totalement vrai, même si une connaissance des uniformes de l'armée d'une part, des agents de la securitate et de la police d'autres part permettent d'être immédiatement dans le bain ; si on peut dire ! ).

D'autres commentaires évoquent la difficulté à comprendre ce qui se passe pendant une bonne partie du début du film. C'est justement le but. Le réalisateur veut sans doute placé le spectateur dans la position des personnages.

Qui dit vrai ? Qui est avec qui ? Les rumeurs sont elles fondées ? Faut il y croire ? Qui a tiré ? Que faire pour sauver sa vie ?

C'est finalement le chaos d'une révolution que nous montre " libertate". L'armée veut sauver sa peau et ne pas être associée au régime qui s'écroule. Même si les cadres sont membres du parti, on abandonne (. momentanément ?) ses anciens relais.

Les agents de la securitate, de la police, de la gendarmerie vont être les boucs émissaires et sont abandonnés à leur sort. Jusqu'au 21 décembre 1989, ils avaient le pouvoir, deux ou trois jours plus tard, ils comptent les jours que peut-être, il leur reste à vivre. Leurs femmes évidemment s'inquiètent pour eux.

Il y a tout de même les amitiés d'il y a peu, dans une société où tout le monde jouait un rôle. Les réflexes de survie reviennent et on imagine que le recyclage de presque tout le monde ( certaines figures trop connues paieront évidemment) se fera moyennant des petits arrangements.

" Libertate" c'est au delà de ce moment historique précis, ( selon moi) le portrait pas très reluisant de certains traits de la condition humaine, ou placé dans des conditions extrêmes, les convictions de beaucoup sont juste à l'image de la défense de ses intérêts personnels. L'instinct de survie sans doute.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 mai 2025
Film politique mais sans que soit esquissé la moindre opinion. Tous ces gens là se valent, partisans de Ceausescu, révolutionnaires. En fair le nouveau pouvoir apparaît aussi criminel que l'ancien. Pas très sensible à la mise en scène qui accentue le désarroi dans lequel ce film nous confine.
Jylg
Jylg

55 abonnés 492 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2025
Un film important pour le peuple roumain dont l’histoire contemporaine d’eMate par cette année 89 et dont on voit toujours les suites aujourd’hui. C’était le début de la fin du communisme à l’est, en direct sur toutes les Tv du monde .
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2025
Une réussite intégrale parce que le film nous immerge d'emblée dans l'immédiateté et le vivant du début de la "révolution" roumaine.
Devant le bâtiment de la police d'une ville de province, proche d'autres institutions ( la terrible securitate, l'armée, les services juridiques, etc) des émeutes populaires font le siège et très vite tout bascule.
Retournements de veste, confusion totale, tirs à bout portant et rumeurs assassines , rhétorique de la langue de bois réversible, vont nourrir un scénario aussi violent que distancé.
Sans aucun parti pris mais avec une sacrée perspicacité, ce film est en somme une leçon d'histoire loin des propagandes et des occultations de tout bord.
Miami_Chorize
Miami_Chorize

23 abonnés 285 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mai 2025
Je pense que ce film n'est pas tout public, mais pas en raison de scènes insoutenables. Pour bien le comprendre, il faut d'abord avoir une petite idée de ce qu'il s'est passé en Roumanie au tournant de 1989-1990 : le renversement de la dictature communiste de Ceausescu et spoiler: son remplacement par des personnes qui, bien que se présentant comme des opposants, étaient en réalité de vieux partisans du régime
.

Le début présente l'effervescence révolutionnaire... mais vue du côté de ceux contre lesquels elle s'exerce : des policiers, des militaires et des membres de la redoutable police politique, la Securitate. C'est confus, à l'image de ce que fut cette période, où l'on ne savait pas exactement quel jeu jouaient les intervenants... sans compter que certains "civils" croisés dans la rue, dans une manifestation, spoiler: pouvaient être des mouchards au service du régime
.

Ce n'est pas très agréable à suivre à l'écran : il faut supporter l'excessive mobilité de la caméra. De plus, le réalisateur ne cherche pas, dans un premier temps, à expliquer ce qui apparaît à l'écran. Les choses deviennent plus claires par la suite. Le film prend presque la forme d'un polar, puisqu'on ne sait pas vraiment qui a commencé à tirer sur les manifestants. Les anciens agents du régime s'accusent mutuellement et la population "ordinaire" a tendance à mettre tout le monde dans le même panier, utilisant à tout propos le terme de "terroristes".

C'est donc aussi un film dérangeant, affirmant spoiler: d'une part que des personnes qui prétendent agir au nom du peuple trompent en fait celui-ci, d'autre part que ce même peuple n'est pas exemplaire (notamment fortement porté à la violence)
.

Je trouve que c'est un bon film politique, mais pas facile à suivre.
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