“La Taverne de la Jamaïque” marque la fin de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Il ne retournera dans son pays natal que dans les années 70. Fait rare dans sa filmographie, “La Taverne de la Jamaïque” est un film d’aventure et à costumes qui se déroule au début du XIXème siècle. A la mort de sa mère, la jeune Mary part sur les terres de Cornouailles pour retrouver sa tante et son mari. Ce dernier est le tenancier de la Taverne de la Jamaïque, un repaire de brigands. Dès son arrivée Mary sauve la vie d’un homme accusé d’avoir volé un butin. Ensemble, ils vont s’échapper et trouver refuge chez le juge de l’île, qui est en fait le chef des bandits. On a beaucoup reproché au cinéaste d'offrir un film sans suspense. Il est vrai que les traîtres sont présentés très rapidement. Pourtant, l’histoire reste plutôt bien menée avec ses ambiguïtés et ses plans nocturnes efficaces. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Inconditionnelle du grand Alfred Hitchcock, j'ai été très déçue par cette "Taverne de la Jamaïque", inspirée par le superbe roman de Daphné du Maurier "L'auberge de la Jamaïque"(que j'ai lu et relu). Si Hitchcock reprend le thème principal de l'histoire (les naufrageurs), et quelques personnages clés du roman, il dévoie totalement la ligne du roman, qui aboutit à un suspense bien plus intense que dans le film. Bien sûr, les scènes de naufrage sont intenses, mais les personnages bien fades. Un conseil: lisez plutôt le livre! Et (re)voyez entre autres, Rebecca. Atmosphère implacable!
Un beau film d'aventure, entre piraterie, complot et folie. La mise en scène est intéressante, le jeu des acteurs convaincant et la réalisation superbe. On se laisse entraîner par l'histoire de cette taverne, son poids dans la région, ses habitants si particuliers et l'arrivée de Mary qui va tout chambouler. Personnellement j'ai été captivée du début à la fin, notamment par le personnage d'Humphrey. J'ai également tenté de trouvé le caméo du maître sans succès, normal il ne semble pas en avoir fait. Un très beau film, devant lequel j'ai passé un bon moment.
Entrer dans La Taverne de la Jamaïque c'est partager une fois encore la noirceur humaine qu'Alfred Hitchcock affectionne et narre si bien. De très beaux plans extérieurs rendent le cadre environnant lugubre et malsain, à l'instar de cette calèche maudite qui accélère à mesure qu'elle passe devant le lieu de toutes les débauches, évoquant au passage Nosferatu. Malgré une linéarité scénaristique, le film parvient à ménager une tension qui jamais ne décroît. On regrettera toutefois le manque de profondeur des protagonistes principaux, notamment cet espion infiltré qui ne parvient jamais à être attachant, ainsi que la faible iconisation de la fameuse taverne réduite ici à une succession de pièces mal reliées entre elles. Reste une œuvre intéressante et divertissante.
Si on met de côté la mauvaise qualité d'image et le jeu de certains acteurs, voilà un film intéressant d’Hitchcock. Le sujet n'est pas habituel et le scénario n'a rien à envier au thriller moderne, L'ambiance est bien rendue, les scènes nocturnes sont magiques quoique souvent floues, l'histoire est prenante, l'interprétation de Charles Laughton est excellente, Maureen O'Hara est superbement photographiée. On le trouve également sous le titre de "L'auberge de la Jamaïque"
Formidable film d'aventures du Maître, son dernier film anglais avant plusieurs décennies. Laughton y est magistral tout comme la jeune Maureen O'Hara, grande actrice à qui John Ford offrira ses plus beaux rôles. L'ambiance de la taverne, peuplée de brigands sans foi ni loi, est particulièrement bien rendue, tout comme celle de la demeure opulente du richissime notable, qui, comme il le dit lui même, "vit comme un prince"...
Le film d'aventure et de pirates, genre inhabituel pour Hitchcock, est contrairement à la comédie romantique (Mr and Mrs Smith) ou au film de romanesque à costume (Les Amants du Capricorne) un genre qui sied bien mieux au maître. Si la Taverne de la Jamaïque n'est pas un des meilleurs Hitchcock, il se regarde sans déplaisir grâce au scénario bien narré et la réalisation plutôt réussie. Hitchcock maintient son rythme jusqu'au bout et arrive même à garder un peu de tension et de suspens jusqu'au bout. S'il n'est pas majeur dans sa filmographie, le métrage n'est pas indigne du nom de son réalisateur même s'il faut bien reconnaître que sans son nom, le film aurait certainement disparu de la mémoire cinématographique. Entre pas mal et bien !
La Taverne de la Jamaïque ne fait pas partie des Hitchcock les plus connus. Deux raisons à cela. D'une part, c'est le dernier film qu'il a réalisé en Angleterre avant de partir aux États-Unis. D'une autre, le long-métrage est bien en deçà de ce qu'on peut attendre de l'auteur. A part la caméra qui panote lors d'un dialogue, il n'y a aucun effet visuel audacieux. La mise en scène est réduite au minimum syndical mais reste propre. Cependant, j'ai été surpris de la façon dont le réalisateur présente l'espace à l’intérieur de la taverne, ça me paraît très maladroit. On sent qu'il y a quelque chose qui cloche au niveau de la répartition des pièces. Par contre les scènes en extérieur sont plutôt jolies, on retrouve le charme des vieux films tournés en studios dans les décors, notamment la scène du naufrage au tout début qui emploie une maquette. En outre, le fait que l'intrigue se déroule au XIXème siècle renforce cette ambiance d'une autre époque. Et puis un film à costume, ça change. Là où ça cafouille vraiment, c'est au niveau de l'intrigue. Pour commencer les personnages sont inintéressants, ce ne sont même pas des clichés ou je ne sais quoi, c'est juste qu'il n'y a rien à retenir d'eux. Enfin si, bien qu'il soit vu et revu, on peut sauver le juge. Il est orgueilleux au possible, il pense que "La Loi, c'est moi", il passe son temps à appeler son valet de sa voix aiguë insupportable (Chadwick !), bref j'ai adoré le détester. Mais bon, un bon personnage ne peut pas rattraper une intrigue aussi ratée. Les scénaristes ont fait le choix de tout établir dès le début, les événements de l'auberge, qui est la personne derrière tout ça, etc. C'est bien mignon, mais on est dans l'attente constante que le personnage principal (joué par Maureen O'Hara) progresse dans son "enquête", au point qu'on en vient à maudire ceux qui la ralentisse (Tante Patience, c'est toi que je regarde). Cette impression de ne jamais découvrir quelque chose de nouveau fait que l'on s'ennuie ferme une fois la première heure passée. Enfin, je sais que je ne peux pas imputer cela au film, mais il semble important de signaler le problème des sous-titres de la version restaurée, qui comportent des fautes et des erreurs de traduction dignes d'une fansub. Et sans vouloir être méchant, la déception est si grande que je me demande si au final le film n'a pas eu l'attention qu'il méritait.
Je ne connais pas assez l’intégralité Hitchcock pour déceler dans cette œuvre de « jeunesse » les prémices du futur grand maître. Mais il est évident qu’il filmait déjà avec beaucoup d’intuition (voir ses cadres –gros plans- sur un suspect potentiel) au cœur d’une œuvre macabre et fiévreuse : massacre des naufragés, pillage des bateaux, et la peur qu’inspire la taverne nichée dans une nuit tempétueuse. Les méchants sont bien méchants, les gentils bien naïfs, mais les choses peuvent évoluer de manière inattendue, surtout quand le loup que l’on n’attendait pas, sort du bois. C’est à la fois simpliste et jubilatoire cette confusion des esprits qu’Hitchcock dresse avec un plaisir tout aussi jouissif. Les caractères sont grossièrement dessinés, gros traits et surlignage, mais la manière dont il traque ses suspects, c’est bien déjà du Hitchcock. Pour en savoir plus
S'éloignant des thrillers pour lesquels il commençait à se faire connaître, Alfred Hitchcock réalise avec "La Taverne de la Jamaïque" un film d'aventure en costumes qui se découvre avec plaisir. Évitant le romanesque, le cinéaste préfère nous offrir une ambiance inquiétante et bâtir un suspense en dévoilant seulement au spectateur l'identité du chef de la bande de brigands qui pillent les navires qu'ils font échouer. A revoir le film aujourd'hui, c'est d'ailleurs le truculent Charles Laughton qui tire son épingle du jeu dans le rôle du juge n'hésitant pas à faire massacrer des marins pour entretenir son style de vie extravagant. A ses côtés, la débutante Maureen O'Hara est très belle mais trouve un rôle bien fade dans une histoire finalement classique que l'on retiendra surtout pour l'immense composition de Laughton.
Une très agréable surprise pour le dernier film anglais d’Hitchcock avant sa découverte du nouveau monde, considéré comme très mineur dans sa filmographie mais dont on aurait tort de s'en priver. Il mélange habilement policier et film d'aventure, arrivant à rendre l'histoire, ainsi que les personnages, intéressant et captivant. Les scènes d'extérieurs, notamment nocturnes, sont superbes, à l’image des naufrages, auxquels on peut rajouter une prenante atmosphère, tendue et intrigante à souhait, ainsi qu’une belle photographie en noir et blanc et quelques réflexions subtilement dosées. De plus "La Taverne de la Jamaïque" est porté par d'excellents interprètes, la magnifique Maureen O'Hara et le cynique Charles Laughton en tête.
On aurait grand tort de considérer ce film comme mineur. Certes c'est davantage un film d'aventure qu'un film à suspense, et alors ? L'ambiance est bien rendue, les scènes nocturnes sont magnifiques, l'histoire est prenante, l'interprétation de Charles Laughton est fabuleuse, Maureen O'Hara est superbement photographié. Ajoutons quelques réflexions inattendues, comme celle de nous dire qu'après tout la vie n'est qu'un spectacle (le suicide de Laughton, et le cynisme de ce pirate se réjouissant que des femmes viendront assister à sa pendaison). Bien sûr Alfred a fait beaucoup mieux, mais ce film n'en reste pas moins un chef d'œuvre.
Avec L'Auberge de la Jamaïque, Hitchcock signe sa première adaptation d'un roman de Daphne du Maurier. L'écrivain lui inspirera deux autres oeuvres : Rebecca et Les Oiseaux. L'Auberge de la Jamaïque est aussi le dernier film de la période anglaise du cinéaste. Un dernier contrat qu'il remplit sans grande passion pour le projet, avant de migrer vers Hollywood. Pendant le tournage, seul l'aspect "Dr Jekyll et Mr Hyde" du personnage du juge intéressa Hitchcock, mais les relations avec Laughton furent tendues. Que retenir de cet opus de sir Alfred ? De beaux paysages tourmentés. Les débuts de Maureen O'Hara dans un premier rôle. La composition de Charles Laughton. Voilà pour les points positifs. Malheureusement, le scénario romanesque n'a rien de très exaltant. Les critiques de l'époque ont eu la dent dure : "une petite chose sans intérêt" selon Film Weekly ; "étonnamment terne et peu inspiré" selon le New York Herald Tribune...
Si on met de coté la mauvaise qualité d'image et le jeu de certains acteurs voilà un film intéressant de Hitchcock. Le sujet n'est pas habituel et le scénario n'a rien à envié au thriller moderne, personnage dans l'ombre, élément infiltré, prise d'otage...
Même le maître de l'angoisse est capable d'ennuyer! décidément le plus mauvais Hitchcock que j'ai pu voir... Charles Laughton est convainquant mais le doit il à son physique ou à son jeu? Je ne sais que dire si ce n'est que les réconstitutions n'est pas le point fort d'Hitchcock.