Une chance sur cent
En 90 minutes, Julien Menanteau, pour son 1er film, parvient à nous dresser un tableau quasi exhaustif des beautés et des vicissitudes du monde des courses hippiques. Un tour de force, var le panorama est complet et l’histoire racontée très prenante. Ethan, 17 ans, devient apprenti-jockey dans une écurie d’obstacles, l’épreuve la plus violente du galop. Au contact des purs-sangs, il découvre le monde des courses, des paris et de l’argent. Sa passion grandit, sa frustration aussi. Courir pour gagner, mais toujours au service des autres. Bientôt il devra choisir : transgresser les règles ou sauver sa peau. Un sujet rarement traité au cinéma pour un film qui vaut d’être vu.
Les films sur le milieu des courses de chevaux, se focalisent très souvent, sur le côté de l’argent, c’est-à-dire des entraîneurs et des parieurs et rarement du côté des « ouvriers du galop ». Un oubli très bien réparé dans ce drame aux personnages certes un peu convenus, mais très bien caractérisés par le scénario. L’éventail des thèmes abordés est large et quasi exhaustif : mauvais traitements des jockeys et des chevaux, harcèlement, dopage, magouilles, courses truquées etc. – Peut-être, d’ailleurs, trop de sujets pour un seul film -. Le film est d’ailleurs marqué par un souci de réalisme, avec des dialogues authentiques, un aspect documentaire soigné et surtout une réalisation virtuose pour les scènes de courses tournées devant les 45 000 spectateurs d’un champ de courses en Belgique. C’est bien tout cet ensemble qui fait de ce film un joli moment de cinéma.
Même soin apporté au casting. Fils du célèbre cavalier et cascadeur Mario Luraschi, Marco Luraschi a reçu le Prix du Meilleur Acteur lors du dernier Festival du Film Francophone d’Angoulême, en 2024. Beaucoup de présence mais une diction minimaliste qui rappelle Magimel ou Duvauchelle à leurs débuts. Vous me direz, ça ne les a pas empêché de faire carrière. Souhaitons-lui la même réussite, il en a les moyens. Il est encadré par les formidables Jeanne Balibar et Marc Barbé, ainsi que de Phénix Brossard, Léon Vital et Ethelle Gonzalez-Lardued. Un film trépidant, à la mise en scène soignée et la découverte d’un nouveau talent, Marco Luraschi dont on eut dire : Chassez le naturel, il revient au galop.