Remake d'un film italien, "Scent of a Woman" nous fait suivre durant quelques jours Charlie, étudiant boursier dans une école préparatoire américaine prestigieuse. Mis dans une mauvaise posture par des camarades ayant préparé sous ses yeux une farce que le recteur n'a guère apprécié, il doit en sus travailler le week-end de Thanksgiving pour gagner quelques dollars. Sauf que le travail en question consiste à veiller sur l'irritable colonel Slade, aveugle à la retraite, qui va l'embarquer pour une virée surprise à New-York ! Le cœur du film sera cette jolie histoire d'amitié entre les deux hommes, qui vont mutuellement s'apporter beaucoup. Chris O'Donnell, qui était alors un acteur montant des 90's, surjoue parfois le jeune ahuri inexpérimenté, mais incarne de manière touchante cet étudiant candide qui va rappeler au colonel que le monde n'est pas totalement pourri et que certaines valeurs existent encore. Al Pacino se déchaîne quant à lui en aveugle acariâtre, vulgaire, et agressif, qui cache toutefois une personnalité sensible, un désire d'émotions, un potentiel bon compagnon, et surtout la figure paternaliste dont Charlie aura besoin. Une prestation haute en couleur, dont quelques scènes valent amplement le coup d’œil (la dernière séquence, certes hollywoodienne, fait toujours son effet), et qui permettra à l'acteur de recevoir le seul oscar de sa carrière (!). Pour le reste, le film est parfois un peu longuet, les 2h30 auraient sans mal pu être amputées. Le ton est changeant, entre vrai drame et feel-good movie, et la réalisation tient la route mais se veut sans éclat. Autant dire que l'ensemble se laisse suivre, mais que sans la présence de Pacino, "Scent of a Woman" serait sans doute tombé peu à peu dans l'oubli...