Impossible de regarder Le Temps d’un week-end sans être happé par la puissance d’Al Pacino. Le film repose entièrement sur lui, et il le sait. Sa performance lui a valu l’Oscar et, pour une fois, la statuette semble presque en dessous de ce qu’il accomplit. Il transforme un rôle qui aurait pu sombrer dans la démonstration théâtrale en un portrait bouleversant d’un homme brisé, arrogant, drôle, révolté, et pourtant profondément humain. Chaque scène avec Pacino possède un poids émotionnel qui dépasse le simple numéro d’acteur.
Chris O’Donnell, souvent oublié dans les discussions, apporte pourtant une vraie justesse au duo. Il joue la retenue, l’écoute, la gêne, et ce contraste rend Pacino encore plus incandescent. Le récit, sous ses airs de fable morale, prend alors une dimension intime qui fonctionne mieux que les grands discours du film. Car c’est bien là la limite de cette œuvre, une tendance à l’emphase, à la tirade lourde, à la symbolique trop clairement affichée. Certaines scènes appuient trop fort, et on sent parfois la volonté de produire un “grand moment” plutôt que de laisser le naturel s’installer.
Martin Brest filme tout cela avec une mise en scène discrète qui ne cherche jamais à voler l’attention. Les séquences new-yorkaises sont soignées, la scène du tango reste iconique sans être tapageuse, et le rythme, malgré quelques longueurs, tient le spectateur par la relation entre les deux protagonistes.
C’est un film généreux, parfois trop, en longueur mais également pour quelques excès mélodramatiques, mais difficile de ne pas se laisser atteindre par une sincérité rare.