166 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
33 critiques spectateurs
5
1 critique
4
9 critiques
3
9 critiques
2
5 critiques
1
6 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Cinephile6759
36 abonnés
90 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 9 novembre 2024
Vu au festival Fantastique de Strasbourg en 2023. Ce fut un choc pour tout le monde je crois. Les gens étaient recroquevillé dans leur fauteuil. Bourré d'humour noir le film est sanglant mais dramatique à souhait. Il ne laissera personne de marbre. À voir absolument sans savoir de quoi ça parle !
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + Accident Domestique" sur YouTube ! Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !
ls sont là, tous les deux, aussi médiocres que terrifiés. Lui est un animateur de télé au bout du rouleau, le genre qui croit que l'audimat est un absolu moral, elle est une femme au bord du gouffre – ou déjà dedans, avec des fleurs sur le balcon comme seules alliées. Ils s'aiment, sans doute. Mais on s’aime mal, quand on se hait autant. Dès l'ouverture, l'accident est là : brutal, grotesque, à la frontière du cartoon et du drame grec. Et tout le reste du film, c’est la tentative dérisoire de recoller un monde qui ne voulait plus tenir.
Caye Casas, dont le nom pourrait aussi bien être celui d’un tueur à gages que d’un artisan du malaise, manie le genre avec une précision sadique. Il filme comme on pointe un doigt sur une plaie mal refermée, il s’amuse du malaise, le tord, le laisse s’infiltrer entre les répliques, les cadres, les silences, les pleurs étouffés et les cris contenus. Son couple principal, de plus en plus coincé dans un mensonge improvisé, devient le théâtre d’une dissection de la lâcheté ordinaire. Et ce qui devait n’être qu’un mensonge de quelques heures devient une nasse qui se resserre, lentement, méthodiquement, délicieusement.
C’est noir, bien sûr. Mais un noir qui ne cherche pas la profondeur métaphysique. Ce n’est pas Bergman, c’est plutôt du Chabrol sous acide. Une méchanceté assumée, qui renonce à toute rédemption. À mesure que les décisions s'enchaînent – toutes mauvaises, toutes humaines – le film se transforme en cauchemar de velours, où chaque action empirique semble être la meilleure jusqu’à ce qu’elle devienne la pire. Il y a du vaudeville dans ce jeu de cache-cache avec la vérité, mais un vaudeville sans portes qui claquent : ici, les portes s’entrouvrent et laissent passer l’odeur du sang.
Casas filme l’échec moral comme un sport de combat. C’est frontal, mais jamais bête. Cruel, mais jamais cynique. La mise en scène, faussement sage, cadre au millimètre des visages qui se décomposent avec une beauté presque picturale. Le rythme, lui, avance sans secousse mais sans répit. Il n’y a pas de crescendo, seulement un glissement. Une pente. Une descente. Et en bas : un néant familier, celui qu’on connaît tous un peu, mais qu’on préfère ignorer.
Accident domestique, c’est la preuve qu’un film peut être impitoyable sans être lourd, qu’il peut être drôle sans jamais chercher la blague, et que parfois, ce qu’il y a de plus terrifiant, ce n’est pas la mort. C’est d’avoir voulu vivre à tout prix.
Maria & Jesús sont jeunes parents et décident d’acheter une table basse. Ce qui devait être en apparence qu’un banal achat va se transformer en objet de la discorde et surtout, lors de la phase de montage, une simple vis manquante va transformer à tout jamais leur banale existence…
“La Mesita del comedor” est sorti en Espagne à la fin de l’année 2023 (dans un tout petit circuit de salles) et n’aura eu de cesse de faire la tournée des festivals à travers le monde sans jamais parvenir à trouver de distributeurs (le film a été exploité dans 2 ou 3 pays à peine, ce qui n’est jamais bon signe). Si bien qu’il débarque enfin dans l’hexagone, près d’1 an ½ plus tard, qui plus est, en sortie technique (tout juste 60 écrans, c’est dire l’absence d’intérêt suscité).
Le second long-métrage de Caye Casas est lourdement handicapé par des problèmes de rythme. C’est très long à se mettre en place, d’autant plus qu’il n’y que très peu de protagonistes et que l’intégralité du film se déroule dans une seule et même unité de lieu et de temps. Si bien que l’ensemble finit rapidement par tourner en rond. Tout est étiré en longueur pour maintenir le suspens (de la découverte par la mère), sauf qu’à force d’étirer l’intrigue, on finit par se lasser. Le film aurait gagné à être resserré, quitte à n’en faire qu’un court-métrage.
Humour noir et intensité à chaque instant, font du film de CASAS, un moment aussi étrange que particulièrement amusant, une œuvre qui nous hérisse le poil, qui nous mets mal, qui nous amuse pour autant, bref, une jolie et surprenante pépite de genre
Avec Accident Domestique, le réalisateur espagnol Caye Casas confirme son goût pour un cinéma grinçant et dérangeant, où l’horreur surgit au détour des gestes les plus ordinaires. Maria et Jesus, jeunes parents usés par le quotidien, achètent une table basse. Mais au moment de la monter, il manque une vis. De ce détail insignifiant naît un chaos implacable : leur vie va basculer dans une spirale absurde et cauchemardesque.
Construit comme une farce noire, le film détourne la banalité du quotidien pour en faire un terrain d’angoisse et de malaise. Les dialogues crus, les silences pesants et l’interprétation habitée d’Estefanía de los Santos et David Pareja donnent chair à un couple à la fois réaliste et monstrueux, piégé dans une mécanique infernale.
Entre comédie grinçante et horreur psychologique, Accident Domestique joue sur l’inconfort du spectateur, rappelant par moments l’esprit cruel de certaines œuvres du cinéma espagnol contemporain, de Alex de la Iglesia à Álex de la Iglesia ou Paco Plaza. Le rire se coince dans la gorge, la tension s’installe, et le quotidien se transforme en enfer domestique.
Un film corrosif et inattendu, qui prouve qu’il suffit parfois d’une table basse et d’une vis manquante pour faire trembler l’équilibre fragile d’une vie ordinaire.
Difficile de dire qu'Accident domestique n'est pas un film de qualité : il est bien interprété, réalisé avec précision, prend très rapidement un tournant inattendu puis maintient une hypertension continue insoutenable. Et pourtant c'est un film que je ne pourrai jamais revoir car l'histoire est un cauchemar absolu, intense, radical et extrêmement éprouvant. Pour spectateurs avertis uniquement, empathiques et coeurs tendres, passez votre chemin sans regret.
de l'humour noir mais toujours très premier degré. Un film avec un dispositif intéressant, une caméra hyper empathique et une scène finale qui tarde à arriver mais qui vaut vraiment le coup. à découvrir sans en savoir trop sur le film.
L'humour noir nécessite un talent que ce film n'a pas. L'argument de départ est limite et racoleur, mais je pense que ça aurait pu passer si le reste du film n'était pas aussi peu inspiré, incapable de captiver avec son huis clos.
Non seulement le film est nul sans oublier le scénario mauvais. Comment peut-on faire face à une telle situation. Quant aux acteurs, je n'en parle même pas. Cela ne mérite même pas 1/2 *. Stupide....
Un film d'humour noir espagnol, allons-y ! Et il s'avère plus noir que humoristique, me mettant mal à l'aise et ne comprenant pas trop pourquoi le réalisateur est parti dans cette direction de traitement scénaristique... Un résumé sur un sujet quotidien pouvait ouvrir la porte à pas mal d'idées, mais je n'ai pas adhéré à celle-ci. Si le début avait l'air prometteur, la suite tourne en rond, nous provoquant sentiment de malaise et incompréhension face à l'évidence. J'en ressors en ayant la sensation d'avoir fait un mauvais rêve.
Maria, nullipare vieillissante, et Jesus ont enfin réalisé le rêve de leur vie : avoir un enfant. Ils déménagent et équipent leur nouvel appartement. Pour ce faire, ils achètent une table basse après d'âpres discussions avec un vendeur bonimenteur. Mais, revenus chez eux, au moment de l'assembler survient un accident dramatique.
"Accident domestique" ("La Mesita del comodor" dans son titre original, qu'on peut traduire par "la petite table à manger" ou "la table basse") joue sur deux registres : le drame et la comédie. Le drame qui en constitue le moyeu est le plus horrible qui soit, dont le lecteur avisé aura déjà eu le pressentiment à la lecture de ces lignes et dont la cruelle réalité est d'ailleurs dévoilée dans de nombreuses critiques. Pourtant, ce drame est traité sur un mode comique, pas celui de la grosse blague qui tâche, mais plutôt du rire nerveux qui constitue le seul exutoire au malaise.
Cette atmosphère très particulière imprègne déjà la toute première scène filmée en très gros plan. Elle se déroule dans un centre commercial sordide et bizarrement désert. Elle met en scène Maria, Jesus et un vendeur bedonnant qui s'évertue à leur vendre une table basse hideuse qu'on croirait tout droit sortie du showroom - aujourd'hui désaffecté rue Faidherbe - de Claude Dalle.
"Accident domestique" est organisé comme une pièce de théâtre. Après son premier acte, les trois ou quatre suivants se déroulent en huis clos dans le nouvel appartement de Maria et Jesus. Des personnages secondaires y passent : une voisine, son chien et sa fille adolescente qui fantasme une idylle impossible avec Jesus, puis le propre frère de Jesus et sa nouvelle compagne invités à déjeuner.
Le problème du scénario est qu'il est construit sur une attente : l'attente du moment où Maria découvrira l'accident intervenu pendant sa brève absence. Ce moment est sans cesse repoussé - sans quoi le film se réduirait à un court métrage. Quand il survient enfin, le chaos qu'il suscite a beau prendre des dimensions dantesques, il n'en reste pas moins très prévisible.