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On aurait pus espérer une fresque aérienne enivrante ; au lieux de ça, on se retrouve avec un biopic qui hésite entre la contemplation pseudo-poétique et l’ennui pur. Hélas, ce film ne s’envole jamais et reste cloué au sol comme un pigeon fatigué.
Louis Garrel, dans le rôle-titre, semble croire que marmonner à demi-mot suffit pour retranscrire la grandeur du personnage. ... ce n’est pas le cas. Son Saint-Exupéry ressemble davantage à un poète maudit en pleine dépression qu'à l'aventurier intrépide qu'on attendait. Diane Kruger, condamnée au rôle de l’épouse qui soupire à longueur de scène, tente désespérement d’apporté un peu de relief, en vain. Quand à Vincent Cassel, qui cabotine dans un rôle de pilote fantasque, il semble avoir confondu Saint-Ex avec une comédie burlesque.
Le scénario est un étrange assemblage de morceaux de vie sans lien logique, comme si le film avait été monté par un monteur allergique à la cohérence. On passe d'une séquence aérienne vaguement impressionnante à une discussion interminable sur le sens de la vie, le tout agrémenté de dialogues qui se prennent bien trop au sérieux. Ajoutez à cela une direction artistique qui hésite entre un réalisme poussiéreux et des élans surréalistes mal maîtrisés, et vous obtenez un film qui ne sait pas sur quel pied danser.
La mise en scène, censée capturer la beauté des paysages et la poésie de l’aviation, ressemble plus à une succession de cartes postales fades. Même les majestueux décors argentins finissent par sembler monotones sous la caméra d'Agüero. Les rares envolées visuelles sont plombées par une photographie qui hésite entre le gris morne et l’ocre délavé, rendant l’ensemble aussi vibrant qu’un documentaire sur la fabrication du linoleum.
Quand à la bande originale, elle semble avoir été composée sous sédatif. Plutôt que d'accompagner l’émotion, elle se contente de souligner lourdement chaque scène déjà trop appuyée, ajoutant une couche supplémentaire à l’indigestion générale.
Bref, Saint-Ex est une tentative ratée de donner vie à l’un des plus grands écrivains-aviateurs français. Plutôt qu’un vibrant hommage, on assiste à un biopic qui oscille entre le soporifique et le maladroit, incapable de capturer la grandeur d’un homme dont la plume et le courage méritaient bien mieux. Si vous cherchez à redécouvrir Saint-Exupéry, relisez Terre des hommes ou Vol de nuit, vous y trouverez plus d’émotions en quelques pages que dans ces deux longues heures de film.