C'est bien un film d'horreur, mais pas dans le sens où il fait peur (il n'y a que très peu de scènes horrifiques et elles le sont à un degré assez faible). L'horreur vient du tableau brossé d'une certaine partie de la jeunesse (j'espère que ce n'est pas la totalité) tel que la réalité, malheureusement, nous le montre régulièrement. Jeunesse désenchantée, dégoûtée de tout, qui, pour exister, se lance des défis (celui de la main est évidemment extrême, film d'épouvante oblige, mais chaque jour, professeurs et parents sont confrontés à ce genre de choses débiles) ; jeunesse totalement dépourvue de repères intellectuels et moraux : quand une situation inédite se présente, dangereuse en particulier, la première préoccupation est de filmer afin de faire le "buzz", comme on dit, sur les "réseaux sociaux" (comme on dit également), au lieu de tenter de porter secours. Cette indifférence aux autres n'empêche pas que l'on se fait des câlins, c'est-à-dire que l'on s'étreint jusqu'à s'étouffer pour se prouver à quel point on s'aime. Mais ce débordement affectif ne va pas jusqu'à préserver la vie de l'autre : l'héroïne n'a que faire quand le jeune garçon veut tenter l'expérience, elle la prolonge au-delà des risques encourus, car ce qui compte pour elle, dans son nombrilisme exacerbé - un nombrilisme censé être de l'altruisme, puisque, censément, elle adore la famille qui l'accueille -, c'est de rentrer en contact avec sa mère. Bref, ce film m'a profondément agacé. Vive L'exorciste du Vatican, avec le truculent Russel Crowe : on frissonne et on rit.