Fantaisie immobilière
Moi, on m’annonce une nouvelle comédie signée Bruno Podalydès, j’en salive d’avance. Faut dire qu’après Versailles-Rive gauche, Dieu seul me voit, Liberté Oléron, Adieu Berthe, Comme un avion, Les 2 Alfred, a priori je ne risque pas la déception. Et même si ces 90 minutes ne sont pas les meilleures du cinéaste, ça reste un excellent moment. Catherine et Oracio sont conseillers immobiliers et enchaînent les visites de deux biens : une grande maison bourgeoise « piscinable, vue RER », et un petit appartement moderne situé en plein triangle d'or de Bougival. Malgré des visites agitées, ils ne perdent pas de vue leur objectif : provoquer le coup de cœur chez les potentiels acheteurs, le vrai, l’unique qui leur fera oublier tous les défauts. Celui qui leur fera dire « Wahou ! ». Une intrigue insignifiante, un film qui peut sembler bâclé, mais que de talents à tous les étages, à l’écriture et dans le casting. Vaut franchement la visite.
Décidément, rien de plus révélateur que la visite d’une maison, du côté des acheteurs comme de celui des vendeurs. On entre dans l’intimité des gens. Cela peut être insupportable : parfois c’est triste et d’autres fois ça peut être bouleversant. C’est le filon du nouveau film de Bruno Podalydès finement exploité out au long de ce film à sketchs, C’est main, écrit en un mois et réalisé dans l’urgence. Donc pas d’esbroufe, deux décors, l’intrigue quasi inexistante, mais des prétextes à des scènes savoureuses avec des dialogues ciselés et une interprétation de grand luxe. Le tout est parfaitement « dans l’air du temps » comme on dit, mais voilà, il y le talent d’écriture et beaucoup d’humilité pour un film qui sait nous dire beaucoup de choses avec une légèreté unique. Bon sang, que ça fait du bien !
Peut-on rater un film en réunissant Karin Viard, Bruno Podalydès, himself, Sabine Azéma, Eddy Mitchell, Agnès Jaoui, Manu Payet, Isabelle Candelier, Ligardès, Roschdy Zem, Félix Moati, Denis Podalydès inévitablement et la nouvelle génération de la fratrie avec Jean et Nino. On n’éclate pas de rire, on sourit intérieurement, et on salue de bout en bout la finesse de propos. Une comédie facétieuse qui parle de doute et dont on savoure la douce folie qui plane en permanence sur ce film entièrement consacré à des visites immobilières. Qui l’eût cru ? Podalydès l’a fait. Wahou !