Emmanuel Mouret poursuit son exploration des méandres du sentiment amoureux avec 3 amies, un film à la croisée du drame et de la chronique sentimentale. On y suit trois femmes – incarnées par Camille Cottin, Sara Forestier et India Hair – qui naviguent entre désirs, doutes et relations floues, dans une quête affective où l’amour ne rime pas toujours avec bonheur.
Le film se distingue par sa lucidité parfois désarmante : ici, pas de romance idéalisée, pas de passion flamboyante, mais des existences ordinaires traversées par l’incertitude et le besoin d’aimer, sans toujours savoir comment ou pourquoi. Les trois amies cherchent, tâtonnent, se heurtent à leurs propres contradictions – et à celles des autres. On ressent cette errance affective, presque existentielle, comme un écho à notre propre quotidien.
India Hair livre une performance particulièrement marquante. Touchante de sincérité, elle incarne avec finesse une femme entière, tiraillée entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle croit devoir ressentir. Son jeu, tout en nuance et en vérité, donne au film une humanité rare, presque fragile.
Mais si le propos est juste, le film peine à tenir la distance. Le rythme, souvent lent, manque de souffle, et les intrigues s’essoufflent parfois sans offrir de réelle envolée narrative. Le spectateur peut rester sur sa faim, espérant un peu plus de rêve, de surprise ou de lyrisme. La mise en scène, élégante mais discrète, n’arrive pas toujours à élever les scènes au-delà de leur banalité.
3 amies est un film honnête, sincère et parfois poignant, mais qui souffre de son ancrage trop réaliste pour réellement faire vibrer. On y trouve des instants de vérité, mais peu de magie. Un portrait juste, mais un peu trop sage, de ces femmes en quête de sens.