Empesé
Le 1er film du franco-italien Gianluca Jodice est donc un film en costumes. 101 minutes pour nous raconter par le détail les derniers jours de Louis XVI et Marie-Antoinette. 1792, L’Ancien Régime touche à sa fin. À Paris, Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette sont arrêtés et conduits au donjon de la Tour du Temple. Librement inspiré des carnets de Cléry, valet de chambre du Roi resté auprès de lui jusqu’à sa mort. Curieux objet cinématographique que cerre reconstitution des derniers jours du couple royal, librement inspiré des carnets de Cléry, valet de chambre du Roi resté auprès de lui jusqu’à sa mort. Lenteur, mélancolie, ennui… tout est réuni pour tenter de nous faire partager les sentiments de la famille royale déchue. Mais traduire « Lenteur, mélancolie et ennui » sans la provoquer chez le spectateur, me paraît être au-dessus des forces de ce cinéaste.
Ce film empesé, comme prisonnier d’un carcan – au point de souvent sonner faux -, véhicule un véritable paradoxe : faire le plus esthétisant possible avec une des pages les plus sordides de notre Histoire. Je n’ai pas une admiration sans bornes pour le couple royal qui sera guillotiné en 1792, loin de là, mais je ne peux m’empêcher de m’intéresser aux être humains et, en l’occurrence, - et c’est sans doute une volonté du scénario – de nous montrer les révolutionnaires voués à la garde du couple royal et de sa famille, particulièrement antipathiques et caricaturaux. Au cinéma, Louis XVI et Marie-Antoinette ont été interprétés à de nombreuses reprises. Vingt-six fois pour le premier et plus d'une quarantaine pour la seconde. Ce film a au moins le mérite de nous les dépeindre sous un jour totalement original. Mais, ici, tout est minimaliste, des décors, à l’action – le mot est un peu fort -, au jeu des acteurs et des actrices. Reste au crédit de ce moment d’ennui assumé, la photographie, splendide de bout en bout. Un film pesant, poussif et mortifère.
Ce drame historique traîte du moment où les masquent tombent. Eh bien, le pauvre Guillaume Canet est totalement prisonnier du maquillage outrancier, du costume rembourré et des prothèses qu’on lui a imposés. Bref, il n’a eu aucun mal à nous faire partager les souffrances du personnage qu’il incarne… au ralenti. Mélanie Laurent, seule personnage qui semble encore nourri d’un peu de vie, est assez étonnante dans un registre qu’on ne lui connaissait pas. Près d’eux, on citera volontiers Aurore Broutin, Vidal Arzoni, Hugo Dillon, et Fabrizio Rongioni. Bref, sans ce rythme volontairement très lent, cette autopsie du passage d’un diktat à un autre diktat aurait pu être passionnant. Ce n’est pas le cas. On peut le regretter.