La force de Niki tient à sa contrainte intrinsèque, celle qui régit ses conditions de production : interdiction de figurer les œuvres de l’artiste, alors même qu’il s’agit d’un biopic consacré à lui ! En résulte une réflexion menée sur la création, regardée par notre protagoniste comme une nécessité, par son entourage direct comme une curiosité, par les médecins enfin comme autant de symptômes d’un « délire » ou d’une « hyperthyroïdie ». Dès lors, l’achèvement importe peu, et le long métrage s’attache aux mouvements d’un corps au sein d’un cadre aussi serré et figé que la société dans laquelle il se doit d’évoluer : Niki est tiraillée entre son incapacité à insérer l’art dans sa vie quotidienne, contrainte de s’exiler pour créer, et la problématique consistant à « vivre de son art » au sein d’un monde où la consommation de masse se développe. Il s’agit alors de « sortir de son moule », et c’est ce que capte très bien Céline Sallette, composant une forme à la liberté tonale appréciable – mention spéciale à la drôlerie des aveux d’infidélité réciproques – qui s’échappe parfois de sa maîtrise pour expérimenter la vision par kaléidoscope ou le split screen. Une belle réussite portée par l’interprétation magistrale de Charlotte le Bon, qui trouve ici son meilleur rôle.
Céline Sallette passe derrière la caméra pour livrer un portrait intime et romancé de l’artiste "Niki" de Saint Phalle. Le biopic cherche à capturer l’énergie créative et les tourments intérieurs d’une femme résolument libre, mais il peine parfois à trouver son équilibre entre la rigueur biographique et une approche plus poétique.
Interessant biopic sur la tourmentée artiste Niki. Une introduction modeste, d ambition qui semble aussi très modeste cinématographiquement parlant, néanmoins cela donnera peut être envie d en savoir plus. Dommage que l on ne voit pas plus de son art.
Des qualités techniques (image, lumières, musique...) correctes. Un jeu d'acteur qui tient la route même si tout repose sur une Charlotte Le Bon omniprésente. Mais à l'arrivée un film irrespectueux. Irrespectueux parce que la personnalité de cette grande artiste qu'était Niki de Saint Phalle en sort réduite à ses seuls problèmes psychologiques et son passé douloureux. Pas une seule de ses œuvres n'est montrée comme si elles n'étaient que des choses secondaires et anecdotiques, sans fondement artistique et seulement issues d'un esprit torturé. Le tout teinté d'un "féminisme" (?!) manichéen, malheureusement trop dans l'air d'aujourd'hui. S'il est salutaire et utile de dénoncer des choses inadmissibles telles que l'inceste, la violence ou une psychiatrie déshumanisée, il devient malsain et dérangeant de ne vouloir montrer que celà.
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3,0
Publiée le 11 janvier 2025
« Ce n'est pas parce que t'as des problèmes que t'es quelqu'un d'important. » En dépit de cette vacherie injuste, Niki de Saint Phalle ne s'est jamais prise pour ce qu'elle n'était pas. Par contre, elle a toujours cru qu'elle avait quelque chose à raconter à travers son art. Un moyen pour elle d'extérioriser ses nombreux problèmes et ses souvenirs douloureux. Un exécutoire, une façon de guérir à travers l'art plutôt qu'avec des électrochocs... De l'angoisse à l'illumination, Céline Sallette dresse le portrait d'une femme complexe et forte qui a beaucoup subi avant de devenir une artiste en avance sur son temps. La réalisatrice se pose rarement avec de nombreux sauts dans le temps, mais elle revient sur l'essentiel à travers un récit libérateur d'émancipation. Une structure fragmentée qui ne m'a pas dérangé, car l'essentiel y est à mes yeux à savoir la résilience de cette femme. Le seul bémol, c'est l'absence de ses œuvres dans le film, mais ce sont les ayants droit qui ont décidé ainsi... En somme, c'est plutôt pas mal.
J’avoue m’être ennuyé pendant le film, un peu déçu de ne pas avoir eu la possibilité de voir les œuvres de Niki de Saint-Phalle sur qui le biopic porte. Cependant, des belles images et des plans intéressants qui sauvent la mise.
«Créativité» Biopic sur Niki de Saint-Phalle revenant sur 10 ans de sa vie jusqu’au fameux « coup de fusil », vie abimée par l’inceste qu’elle a subie enfant . La réalisatrice n’a pas eu le droit de montrer les œuvres, que l’on voit « de dos » ou pas du tout, ce qui est à la fois frustrant et en même temps qui permet de se concentrer sur la psychologie et l’inspiration créatrice. Un peu dommage quand même. Belle interprétation par Charlotte Le Bon.
Quel dommage que les œuvres n’étaient pas été accessibles pour traiter le sujet de la création un peu plus profondément que n’est la névrose de l’artiste Très belle interprétation néanmoins
Ce film réussit le tour de force de parler d'art sans montrer aucune oeuvre. C'est probablement pour des raisons de droits mais le résultat c'est qu'on s'ennuie car les affres de la vie privée de Niki sont peu intéressants et l'actrice principale pas si bonne qu'on le lit partout.
Dès que j’en ai vu la bande-annonce, j’ai eu envie de voir le film de Céline Sallette. Il faut dire que je suis un admirateur de Niki de Saint Phalle depuis un bon moment déjà. J’ai découvert cette grande peintre et sculpteure au Musée d’art contemporain de Nice, auquel elle a laissé de nombreuses œuvres. J’ai eu aussi l’occasion de m’émerveiller à plusieurs reprises devant sa fontaine Stravinsky, près du centre Pompidou à Paris.
Pourtant, ce biopic m’a laissé un peu sur ma faim. Pas au point de regretter de l’avoir vu. Mais il y a dans cette réalisation quelque chose qui cloche. Quoi donc ?
Ce n’est certainement pas l’interprétation de Charlotte Le Bon, que j’ai trouvée impressionnante de justesse. À la fois fragile et lumineuse, la Québécoise incarne une Niki très crédible. En revanche, les rôles secondaires m’ont paru faibles, sans véritable densité. C’est peut-être ce qui explique que l’émotion ne soit pas souvent au rendez-vous, même si la vie de Niki ne manque pas de malheurs : séjours en hôpital psychiatrique, inceste, séparation, etc.
J’ai regretté aussi que la réalisatrice se concentre trop sur les problèmes psychologiques de son personnage et pas assez sur sa dimension créatrice. Car après tout, Niki de Saint Phalle est devenue une des grandes artistes du XXe siècle. Est-ce parce que Céline Sallette n’a pas obtenu les droits de reproduction des tableaux et des sculptures de Niki ? C’est bien possible et c’est bien dommage, car, sans œuvres, son « Niki » m’est apparu plus comme un joli mélo que comme le récit inspirant d’un salut par la création.
J'ai beaucoup aimé ce film. J'ai trouvé Charlotte Le Bon Bon excellente et son jeu très juste, on se laisse prendre par ses moments d'égarement et par sa fièvre de création. Heureusement toutefois que j'avais lu au préalable que Céline Salette n'avait pas eu l'autorisation de montrer les oeuvres de l'artiste, j'ai donc été moins frustrée. A recommander
Comprendre une artiste sans voir ces œuvres, c'est une gageure...malgré cela l'interprétation est plutôt réussie et l'histoire bien menée. Bref la prochaine fois, ne pas faire un film sans négocier les droits..... Une demi-réussite ou faire payer moitié prix.