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Martin P
11 abonnés
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5,0
Publiée le 12 janvier 2026
Un film qui m'a cueilli immédiatement par son ambiance, son univers si singulier, son récit, l'époque, les personnages, les dialogues, tout aurait pu être casse-gueule et pourtant c'est l'inverse, tout y est incarné, juste et "spectaculaire" au sens inédit, avec des choix de mise en scène affirmés qui relèvent de l'audace. Un film en tous points audacieux. A voir, à découvrir, une cinéaste à suivre pour son audace précisément !
Format 4:3, absence d'éclairage artificiel, musique introductive à base d'onomatopées : dès les premières images on sent que le voyage proposé sera de type "auteuriste, âpre et sans concession ".
Et ce sera effectivement le cas.
Si le film commence comme une plongée naturaliste dans une micro-communauté d'altitude en 1899, il évolue progressivement vers un fantastique lo-fi, bizarrement sexuel (utiliser une stalactite comme godemiché, vraiment ?) et comme sabordé par une mise en scène peu imaginative (l'avalanche comme métaphore du plaisir sexuel féminin).
Le manque d'impact, le casting hasardeux (on ne croit pas un instant à Samuel Kircher en montagnard du XIXème siècle), la fin approximative et la longueur excessive du film (1h37) rendent cette variation brouillonne sur le thème de la sorcière plutôt antipathique.
Récemment, le cinéma italien a proposé des portraits de jeunes femmes confrontées à la nature dans les siècles passés autrement plus enthousiasmants : je pense au splendide Piccolo Corpo de Laura Samani dans un genre fantastique, ou dans une veine plus réaliste au beau Vermiglio de Mauro Delpero.
Un premier film d'une immense beauté, une plongée immersive dans la vie d'un hameau perdu eau coeur de la montagne majestueuse. A la fois contemplatif, mystérieux et captivant. L'image est magnifique et j'ai adoré la bande son. On sent parfois la montagne trembler dans son corps, comme si on y était, et c'est assez fou. La réalisatrice manie l'art du subtil et du suggéré à tous les niveaux et offre au spectateur un espace de liberté et d'appropriation qui fait beaucoup de bien. Une oeuvre cinématographique unique à voir absolument!
Mention spéciale à l'actrice principale Galatéa Bellugi qui incarne à la perfection le personnage complexe et énigmatique d'Aimée!
Vu en avant première au max linder panorama Très beau film avec des scenes exterieures tournées dans le froid et la neige rappelant les plus belles scenes de western enneigé ("le grand silence" de Corbucci), et des scènes intérieures de toute beauté en clair obscur dignes d' un Caravage. Porté par une actrice exceptionnelle et la musique d'Emile Sornin. On est vite "englouti" dans ce huit clos montagnard. Courez -y !
Magnifique film, envoûtant, sensoriel et magique. Les acteurs sont tous incroyables. Les paysages époustouflants et la musique totalement enivrante !! Un grand moment de cinéma. Pour un premier film c’est assez impressionnant, Réalisatrice à suivre !! Je conseille fortement !!
Un film super fort, avec une actrice impressionnante. On sent la montagne, le froid et le souffle de chaque personnage à chaque scène. Une image magnifique !!
Une jeune institutrice, Aimée Lazare (Galatea Bellugi), est missionnée en 1899 dans un hameau reculé des Hautes-Alpes pour y faire la classe aux rares enfants qui y passent l’hiver. Elle se retrouve coupée de la vallée par la neige, au milieu de paysans qui parlent à peine le français. Trois bergers lui prêtent une attention qui la flatte et l’inquiète.
Ce premier long-métrage d’une réalisatrice venue du documentaire a été tourné in situ dans les vallées reculées de la Clarée et de la Vallouise. Louise Hémon a poussé l’authenticité au maximum. Même si elle a dû renoncer à son intention de tourner exclusivement, comme Robert Bresson ou Alain Cavalier avant elle, avec des amateurs, elle a demandé à ses acteurs d’utiliser un patois quasiment oublié, l’occitano-alpin, qui se parlait encore au début du siècle dernier dans les Alpes du Sud. Pour magnifier les paysages enneigés, elle a tourné en éclairage naturel, même la nuit à la lumière de la nuit et, dans les intérieurs, à la lueur de l’âtre.
"L’Engloutie" hésite entre plusieurs genres. Ce pourrait être, façon "L’Arbre aux sabots", un film naturaliste documentant les heures et les jours d’une communauté paysanne montagnarde au tout début du XXe siècle. Ce pourrait être, façon "Mission", l’histoire d’une entreprise de civilisation hasardeuse menée dans un décor sauvage et hostile. Ce pourrait être encore le roman d’initiation d’une jeune fille en fleurs. Ce pourrait être aussi un film fantastique voire un thriller autour de la mort inexpliquée de plusieurs paysans emportés par une avalanche ou bien ensorcelés par un rite satanique.
L’Engloutie est tout à la fois. Il souffre de son indécision et de son incapacité à opter clairement pour l’un de ces choix. Son ultime scène, dont je ne suis pas sûr d’avoir compris le sens, porte le poids de ces incertitudes. Je lui ai néanmoins donné deux étoiles pour l’interprétation de Galatea Bellugi, qu’on vient de voir il y a deux semaines à peine dans "La Condition". Ce film-là se déroule à quelques années près à la même époque et je l’ai trouvé beaucoup plus intéressant que ce film-ci.
Après avoir suivi le cursus documentaire à la Fémis, Louise Hémon a réalisé un certain nombre de documentaires avant de se lancer dans la réalisation de son premier long métrage de fiction. Elle ne s'attendait peut-être pas à tous les titres de gloire que "L'engloutie" a déjà enregistrés : présence à Cannes 2025 dans la sélection de la Quinzaine des cinéastes, Prix Jean-Vigo 2025, Prix André-Bazin 2025 des Cahiers du cinéma. Reste une étape à franchir : la réception du public. Le prix Jean-VIgo est certes une récompense prestigieuse mais, contrairement au Goncourt auquel il est parfois comparé et qui est toujours un énorme succès de librairie, il n'est pas toujours synonyme d'un très grand nombre d'entrées dans les salles. "L'engloutie" entre dans la catégorie des films dont on dit qu'ils se méritent, sous entendant par là qu'ils ne sont pas faciles d'accès. La distribution ne compte pas de noms susceptibles à eux seuls d'attirer les foules, mais elle n'en est pas moins très solide, avec, tout particulièrement, Galatea Bellugi très convaincante en institutrice envoyée faire la classe dans un petit village montagnard des Hautes-Alpes. On est en 1899 et on y parle davantage le dialecte septentrional de l'occitan que le français. Le coeur du film réside dans les rapports que Aimée, cette jeune institutrice, va entretenir avec les habitants du village. Cela va de l'incompréhension entre Aimée et une vieille femme en ce qui concerne les soins corporels au sentiment qui s'impose très vite comme quoi cette citadine porte malheur. En tout cas, Aimée a un problème personnel qui handicape ses rapports avec les autres : elle se sent coupable chaque fois qu'elle prend du plaisir. Lorsqu'un film est tourné dans les paysages grandioses qu'offrent les montagnes, le choix le plus fréquent est l'utilisation du scope. Louise Hémon a fait le choix contraire, celui du format carré, afin de mettre l'accent sur l'enfermement de la communauté. Par ailleurs, on ne manque pas de se montrer étonné par le français parfait, sans aucun accent, parlé par les enfants et les jeunes adultes. "L'engloutie" est un film qui peut engendrer de longues discussions à la sortie du film, tellement les interprétations qu'on peut avoir de certaines scènes sont variées, surtout en ce qui concerne ce qui se passe à la fin du film.
Intéressant de se plonger dans un village français au tout debut du 20 eme siècle. Par contre il ne se passe pas grand chose et surtout , on ne comprend pas la fin.
Issue d'une lignée d'institutrices du pays du Dauphiné, la réalisatrice s'est nourrie des témoignages de leurs expéditions enneigées. Dont l'histoire des "Hussardes noires", un projet républicain de la fin du XIXe qui se voulait émancipateur et civilisateur. Un premier long métrage prenant. Elle a aussi puisé dans « La vie d’hiver dans le Haut-Vénéon » d’Aimée Bigallet (1922) et « La bière sur le toit » de Jacques Chevallier (1998) Le résultat est fascinant puisque de toutes ces traditions, de toutes ces légendes, elle filme une histoire réelle ( l’arrivée d’une institutrice dans un village perdu , enneigé, dans les Alpes ) qui au fur et à mesure de ses pérégrinations devient un conte envoûtant. Aux secrets entretenus par la population, se mêlent des mystères conséquents. Galatea Bellugi endosse la pelure étrangère qui devient sauvageonne avec conviction et témérité. Mais n’est-elle réellement qu’une institutrice ? AVIS BONUS Deux courts métrages dont un remarquable sur les morutiers ...
Arte, Cannes...ça aurait du être des red flags suffisants pour me dissuader de tenter un film noté avec... 18% de recommandation... "mais quelle oeuvre magnifiiiiique" (alors que tout le monde s'ennuie ferme). Époque 1900, retranché dans des maisons de montagne isolées en plein hiver, autant dire que niveau austérité on a la dose. Là dedans une tentative de mélanger la vie à la dure avec un peu d'érotisme du personnage principal. Rien de très passionnant.
Film vu à Cannes en mai, pendant le Festival, mais sorti en salles le 24 décembre dernier.
Avec L’Engloutie, Louise Hémon signe un premier long métrage tout à fait singulier, osant mêler film d’époque, conte et fantastique.
La force la plus immédiate du film tient à sa mise en scène : paysages enneigés écrasants, intérieurs sombres éclairés à la bougie, sensation physique du froid et de l’isolement. Louise Hémon prend le temps d’observer les gestes, les silences.
Après une mise en place très naturaliste, le film glisse petit à petit vers quelque chose de plus dérangeant, dans une atmosphère de mystère permanent.
Galatéa Bellugi impressionne par un jeu tout en retenue. Elle fait sentir, avec beaucoup de justesse, comment l’éveil du désir de son personnage suffit à déranger un monde patriarcal qui n'est pas prêt à se remettre en question.
S'il fascine par la beauté et l'âpreté de ses décors et paysages, et par son atmosphère envoûtante, la lenteur et l'austérité du récit peuvent aussi laisser le spectateur à distance.
Au final, L’Engloutie apparaît comme un premier film radical et sensoriel, qui séduit par sa mise en scène mais peut laisser à distance par son opacité et son austérité.
Dans les hauteurs enneigées de 1899, "L’Engloutie" installe sa fable à la lisière du réel et de l’inexpliqué. Dans la lumière crue du jour et les ombres dansantes des braises, la démarche de l’institutrice venue transmettre le savoir s’entrelace peu à peu avec un mystère aussi profond que la montagne qui l’entoure. Ce premier long ose un pacte entre naturalisme rugueux et souffle presque fantastique, porté par des décors vivants et un jeu dense et plutôt remarquable.
Difficile de ne pas aimer Aimée, la jeune instit débarquée de la ville dans ce hameau enneigé et perdu à la frontière italienne. Tentant de ne pas ostraciser cette Aimée, qui veut faire parler français les gamins, ne connait pas les remèdes de "bonne femme" contre les maladies, spoiler: et qui pourrait devenir une sorcière qui porte malheur aux hommes du village.
On est plongé dans une atmosphère "Arbre aux sabots", alors que la République des Lumières tente d'éduquer la jeunesse des lointaines provinces. Louis Hémon a décidément une patte pour reconstituer la vie rurale de l'époque! les danses locales, la musique lancinante de le vielle, le mélange de patois et d'italien, le braconnage et l'arrière-plan des familles qui émigrent en Algérie, car la vie ici est sans avenir. Elle s'appuie sur de récits d'une grand tante de sa famille, qui ont vécu quelques épisodes similaires à l'intrigue. Les atmosphères sont souvent sombres - on peut craindre un passage ultérieur en vidéo sur petit écran- mais ce choix est pleinement assumée pour reconstituer au mieux dans quelle pénombre vivaient les familles rurales à l'intérieur des maisons en hiver. spoiler: A l'extérieur, les avalanches menacent, les commérages vont beau train.
Le film est tourné dans la vallée étroite, italienne jusqu'en 45, et située au-dessus de la vallée de la Clarée dans les Hautes-Alpes: quel choix pertinent et réussi. Le choix du format 4/3 renvoie pertinemment aux films muets de l'époque A côté de la mutine Galatea Bellugi, corsetée dans ses tenues de ville, Hémon a choisi une série de "gueules" d'hommes, burinées, qui n'auraient pas déparer dans Le nom de la rose! Un premier long-métrage pas banal, dans lequel le vent souffle fort, et où les légendes et sorcières, tapies dans les écuries adjacentes aux chambres à coucher, viennent titiller les envoyés de l'Education Nationale! AP Comoedia Lyon avec L. Hémon - décembre 2025
Mystère alpin aux élans mi fantastique mi naturalistes, une fable féministe sur le désir abstraite surtout portée par une sublime BO, entre Gialli à la Goblin et choeurs de western à la Morricone, dans le décor brutalement doux des hautes alpes au tournant du siècle. Huis clos bourru en format 4:3 qui contraste avec les vastes paysages contemplatifs, direction de la photo tout aussi contrastée passant de la nuit noire ponctuée de par les flammes de torches lointaines à la neige aussi belle et immaculée qu’étouffante, le film de Louise Hemon a bien des qualités esthétiques et ses partis pris tranches ne plairont pas à tout le monde mais ont su captiver le jury du prix Jean Vigo, qui l’a récompensé du précieux prix du meilleur premier film français cette année 2025. Un cadeau de noel pour les cinéphiles qui adhèrent au style hybride des cinéastes françaises contemporaines qui cassent les codes, parfois au prix de la progression dramatique mais jamais aux dépends de proposition sincère dans un paysage cinéma de plus en plus étroit. Une œuvre sœur de l’abstract neo-noir des cinq diables de Léa Mysius, qui sans atteindre les sommets Malickiens revient à un fort désir de cinéma indépendant héritier du vent de liberté des 70s.