701 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
200 critiques spectateurs
5
94 critiques
4
27 critiques
3
35 critiques
2
24 critiques
1
12 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Matthieu RQR
1 critique
Suivre son activité
5,0
Publiée le 9 janvier 2026
Ayant lu récemment le plancher de Joachim, j'y allais pour voir comment était traité une communauté rurale isolée à la fin du XIXe siècle. Je n'ai pas été déçu, au contraire. Est-ce la formation documentaire de Louise ? Je trouve qu'elle traite excellement cette irruption de l'Institution scolaire, incarnée par une personne, étrangère, qui risque de déséquilibrer la communauté. L'introduction d'abord, avec une photo et une musique qui donne le ton : plus que Morricone, j'y vois Mark Korven, la BO de The witch. Premier regard sur la communauté, on se dit : "aïe, ça sent Délivrance, des prédateurs sexuels dégénérés". Et puis, on rentre progressivement dans cet univers qui se méfie de toute intrusion, et qui met l'intruse dans un sas (l"étable, voir Romain Bertrand). Et on se rend compte que ce sont des gens bizarres, mais respectueux, que les vieilles femmes, celles qui sont restées, sont celles qui dirigent, que la fascination pour le lointain, colonial à l'occasion, ou américain, rappelle l'émigration, la terre promesse d'une vie meilleure. On y voit la gestion de "l'anormal" psychologique au sein des communautés avant l'introduction de la psychiatrie moderne, le désagréable sentiment de ne pas maîtriser cet univers, avec la barrière de la langue, du patois - non traduit - qui fait que l'Ecole ne maîtrise pas tout. Il y a du Juge et de l'assassin de Tavernier dans l'étude des campagnes de la IIIe République, avec plus de gravité. Et le fantastique qui surplombe, comme le Prélude de Pan de Giono, dans ces fêtes dans lesquelles on se demande quand l'intrigue va basculer. Et puis le décor, immense, menaçant : "La Montagne nous le rendra au printemps", qui préside aux contes et au magique. Bien sûr il y a la fiction, et cette fin, mais il y a tout le travail derrière, de réalisme fantastique, qui offre un résultat que je trouve très réussi, d'un tableau d'un monde, d'une sociabilité, d'une rencontre aujourd'hui disparu. On n'est pas en Ingouchie, on est dans les Hautes Alpes à la fin du XIXe siècle.
Je viens de voir l’Engloutie à Forcalquier. Je suis estomaqué. C'est un film rare, unique. Un geste de cinéma à la fois beau et radical, qui assume pleinement sa part d’ombre, et qui fait le pari, aujourd’hui presque subversif, de l’intelligence sensible du spectateur. Ici, rien n’est prémâché, rien n’est offert sur un plateau: chaque plan est une matière à explorer, une zone trouble où le regard doit s’habituer, tâtonner, inventer. Dans un paysage de création de plus en plus standardisé, où la lisibilité immédiate tient lieu de valeur cardinale, ce film avance à contre-courant. Le film refuse les balises habituelles, préfère la suggestion à la démonstration, la densité à l’efficacité. Il a confiance dans la puissance plastique des images, dans leur capacité à produire du sens autrement que par l’explication, et dans l’imaginaire de celles et ceux qui les regardent. Les détracteurs du film - souvent les mêmes vieux bonhommes grincheux qui se plaignent de "ne rien comprendre" ou de "ne rien voir" dans les scènes obscures - passent précisément à côté de ce qui fait la beauté du geste. Ils confondent obscurité et vacuité, refus et paresse. Or L’Engloutie est magnifique parce qu’il ne montre pas tout, parce qu’il oblige à fouiller chaque plan, à accepter de ne pas maîtriser immédiatement ce qui se joue, à convoquer ses propres fantômes, ses propres sensations. L’obscurité n’est pas un défaut : elle est un espace de projection, un lieu actif où le film se termine dans le regard du spectateur. En ce sens, c'est un rappel salutaire que le cinéma peut encore être un art du risque, de la rétention et du trouble. Parfois, ce que l’on ne voit pas clairement ou ce qui ne nous est pas expliqué est précisément ce qui nous marque le plus durablement.
Voilà un film qui semble placé sous le signe de l'obscurité : obscurité des prises de vue et du décor, les scènes se déroulant parfois dans une totale pénombre, ce qui ne manque pas de provoquer quelques épisodes de sommeil ; obscurité des esprits de cette communauté villageoise, perdue dans les Alpes, ensevelie sous la neige durant les mois d'hiver; obscurité de l'intrigue dont on peine à tirer quelque chose. Je sais que pour un public intello, il est de bon ton de ne pas donner de solution, de laisser le spectateur se faire son propre scénario : Haneke a montré tout son talent pour ce genre d'expérience. Mais n'est pas Hanneke qui veut. Là, on reste tout de même fort dubitatif, d'autant plus que les dernières minutes ne font qu'obscurcir encore davantage une intrigue qui n'en avait certes pas besoin. La comédienne est remarquable, mais on s'interroge tout de même sur les intentions de la réalisatrice. S'agit-il de nous confronter à la vie difficile en zone de haute montagne ? En ce cas, le film manque de vraisemblance : je sais que, sous la IIIe République, l'Etat était, beaucoup plus qu'aujourd'hui, soucieux de l'école publique. Mais est-il vraisemblable qu'une institutrice soit envoyée dans un hameau de 10 habitants maximum pour s'occuper de 2 enfants (ensuite, ils sont 4, il est vrai, mais cela est tout de même assez peu vraisemblable)? Ensuite, les matrones du lieu parlant patois, un des jeunes hommes (qui ignore le sort qui lui est destiné), traduit pour Aimée, la jeune institutrice, le récit auquel elle ne comprend rien : ce garçon, qui est né sur les pentes de ces montagnes, qui a toujours entendu parler patois et le parle sans doute lui-même, fait une traduction en français digne de Léon Zitrone, sans aucun accent, dans une langue châtiée qu'un académicien du quai Conti ferait sienne immédiatement. Le souci de la cinéaste, en dépit de ses veillées au coin du feu de bois, du chamois que l'on mange au premier de l'an et des danses locales, n'est pas la vraisemblance.
Vu lors du festival de Cabourg. La photographie est soigneusement travaillée et très belle, la musique envoûtante, l'histoire - inspirée des récits de famille de la réalisatrice - invite des légendes et des coutumes ancestrales dans une narration fragmentée qui pose un climat étrange et fascinant. Ce film demande du temps, pour y être prêt avant, et pour y penser après...
Totalement déconcertant ce film, dans le bon sens du terme. Un climat jamais vu, un récit simple et mystérieux, un travail sur l'image et le son audacieux. Une cinéaste qui se révèle sans concessions.
Louise Hémon signe avec L’Engloutie un premier long qui ne se contente pas de dépeindre un village alpestre isolé. Au tournant du siècle, l’arrivée d’Aimée dans les hautes montagnes oppose la lumière rationnelle de l’école républicaine à une langue des ombres, des légendes et des corps qui se défient des certitudes. Ce que le film “engloutit”, c’est moins une intrigue nette qu’une sensation, une langue des profondeurs où désir, corps et neige fondue convoquent autant le réel que l’invisible. La réalisatrice ne cède jamais à l’illustration facile du fantastique, mais laisse le monde filmé vibrer à la lisière du palpable et de l’implicite, faisant de chaque plan fixe, du format carré et des clairs-obscurs une poésie de l’enfermement et de l’ouvert. L’Engloutie ne se raconte pas tant qu’elle se ressent, comme un paysage qui vous regarde autant que vous le regardez. Une entrée en cinéma rare, ambitieuse et véritablement singulière.
Je ne poste qu'exceptionnellement une critique ,mais cette fois je ne résiste pas . Je suis arrivée dans cette œuvre en même temps que l'institutrice ,je me suis laissée prendre par la montagne magnifique personnage, essentielle et tellement bien mise en scène ,je me suis intégrée à ce groupe si touchant, si authentique...un moment hors du temps bouleversant ,allez y sans aucun à priori ou références juste pour vivre ! Merci Louise Hemon, une cinéaste à suivre assurément.
Je me souviendrai d'être allé voir l'Engloutie par un soir de forte neige sur Paris. J'étais raccord avec ce film se déroulant dans un hameau de Haute Montagne. L' histoire est intéressante et bien construite. Il y a un aspect historique enrichissant spoiler: (les institutrices venant essayer d'éduquer les enfants des hameaux perdus pendant l'hiver) La réalisatrice a souhaité évoquer les propres souvenirs de sa famille dans les Alpes de Haute Provence et Haute Savoie. Au générique, on voit que l'équipe technique est trés féminine, y compris les électriciennes et la cheffe opératrice (trés beau travail sur les lumières douches des cheminées) Bien sûr, le rythme est lent, mais l'intrigue est bonne et pleine de mystères. Pour le côté sensuel, il est bine présent et c'est trés bien filmé et / ou suggéré.
Magnifique film avec un réel plaisir à retomber dans le passé pour retrouver les choses essentielles. Les scènes lentes sont prenantes, les acteurs simplement formidables. Bref, film à ne rater sous aucun prétexte.
Vu en avant-première au Cannebiere festival, ce film au décor enneigé et immaculé prend des allures mystiques dans un quotidien rudimentaire. Des plans magnifiques à la direction d’acteur•ices tres juste, ce long métrage nous engloutit au bon sens du terme !
On se retrouve plongé en 1900 dans un bourg en plein hiver avec le poids des traditions ancestrales et une institutrice qui essaie d'inculquer de nouvelles valeurs Galatea Bellugi joue tb. Le film est lent. De belles images une musique oppressante Je n'ai pas bien compris la fin
Une histoire haletante, en haute altitude ! Très grands acteurs et actrices. Galatea Bellugi irradie sous la neige et le vent glacial. Je l’ai vu deux fois, et toujours un plaisir renouvelé ! Un huis clos à ciel ouvert, un western en 1900 dans les Hautes Alpes : merveilleux !
Oui, il y a de belles images mais c'est tout. La musique est stressante, le scénario est inexistant, il doit tenir sur deux pages pour tous les acteur reunis. Serieusement !!! Cette histoire est incomprehesible??? Dans la salles nous etions tous dubitatifs. Aucun d'intérêt !
Film vu en avant-première en présence de la réalisatrice Louise Hémon
C’est un plaisir de voir un film d’une si grande qualité être tourné dans les Hautes-Alpes. Les paysages sont à couper le souffle, le travail de la lumière et du son est parfaitement maîtrisé et les acteurs - pro comme non pro - sont géniaux. Louise Hémon est une personne brillante qui offre à son public plusieurs grilles de lecture vraiment stimulantes. Son film nous embarque entre réalisme et imaginaire. C’est beau, c’est féministe - et on adore ça