Louise Hémon a puisé son inspiration dans son propre héritage familial pour développer le personnage d'Aimée. Issue d'une lignée d'institutrices envoyées dans des zones reculées, la cinéaste a utilisé cette toile de fond historique et personnelle pour nourrir le récit du film.
L'idée de L'Engloutie est née en écho aux récits et écrits de sa famille, conférant au film une profondeur narrative ancrée dans des souvenirs réels et imaginaires, hérités "du côté de [sa] mère".
L’Engloutie a été tourné dans des conditions d'isolement à près de 2000 mètre d'altitude, avec une utilisation limitée de l'électricité. Cela a poussé l’équipe à exploiter la lumière naturelle, notamment celle de la lune qui, en se reflétant sur le manteau neigeux, produit des "nuits américaines" naturelles.
Ce choix a non seulement renforcé l’authenticité visuelle des scènes nocturnes, mais a également permis d’éviter l’utilisation massive de projecteurs, rendant hommage à la beauté de la neige des Hautes-Alpes, qui servait de réflecteur géant.
C’était "la physicalité de son rôle" qui intéressait particulièrement Galatea Bellugi dans ce film. L'actrice, choisie pour incarner Aimée, s’est distinguée par sa présence singulière et sa capacité à transmettre des émotions par son seul regard.
Louise Hémon raconte avoir été convaincue par la "présence hors-norme" de Bellugi lors des essais. Alors que l’écriture du rôle ne visait initialement aucun acteur en particulier, l’association entre le personnage et l’actrice s’est révélée parfaite.
Louise Hémon avait initialement envisagé une distribution composée exclusivement de non-professionnels aux côtés d'une seule actrice pour incarner Aimée. Son objectif était de capturer "l’occurrence de véritables montagnards" pour assurer une authenticité sans faille. Pourtant, en collaboration avec Marie Cantet, la directrice de casting, la réalisatrice a revu sa stratégie, intégrant des acteurs expérimentés pour apporter "une dynamique fertile".
Cette hybridation visait à créer "une rencontre qui fasse des étincelles", permettant une fusion unique entre ceux qui avaient "la connaissance des tournages" et ceux "de la montagne".
Louise Hémon savait qu'elle avait besoin d'acteurs conscients de leur métier pour collaborer avec Galatea Bellugi dans des scènes d'intimité. Elle souligne l'importance de "la confiance" dans ces moments, car "ce ne sont pas des scènes qui s’improvisent un beau matin".
Cette ligne directrice s'est beaucoup matérialisée dans le choix des acteurs Matthieu Lucci et Samuel Kircher, sélectionnés pour leur sensibilité et leur capacité à naviguer dans ces eaux délicates avec assurance et professionnalisme.
Sur L’Engloutie, Louise Hémon a fait appel à la directrice de la photographie Marine Altan, qui a signé l’image de la majorité des films de la cinéaste. Cette dernière se rappelle : "Elle savait que je voulais utiliser le format 4/3 pour accentuer la sensation de verticalité. Concernant la lumière, j’avais émis un souhait très précis : je voulais que l’on voie comme les gens de l’époque voyaient. Ainsi, à l’intérieur des maisons, on économisait les chandelles trop coûteuses et l’on se pressait autour du feu de la cheminée. Très peu de sources de lumière donc. On ne voit jamais tout."
Le film a remporté de nombreux prix :
- Prix de la critique au CEFF
- Prix du Jury au Festival nouvelles vagues de Biarritz
- Prix Jean Vigo
- plus la sélection à la quinzaine des cinéastes
- PRIX JEAN VIGO 2025
- PRIX ANDRÉ BAZIN, CAHIERS DU CINÉMA 2025
- PRIX DU JURY, BIARRITZ FILM FESTIVAL, NOUVELLES VAGUES
- PRIX DE LA CRITIQUE, CHAMPS ELYSÉES FILM FESTIVAL
- PRIX PIERRE CHEVALIER (MEILLEURE PRODUCTION)
- PRIX DU PUBLIC, CANEBIÈRE FILM FESTIVAL (MEILLEUR DÉCOR)
- MENTION SPÉCIALE DU JURY, CHICAGO INTERNATIONAL FILM FESTIVAL
- PRIX DU MEILLEUR PREMIER FILM, THE AMERICAN FRENCH FILM FESTIVAL, LOS ANGELES
- PRIX DU SCÉNARIO, CORK INTERNATIONAL FILM FESTIVAL, IRELAND
- SELECTION A LA QUINZAINE DES CINEASTES