Partant d'un synopsis de départ plutôt intriguant, ce long métrage de Pier Paolo Pasolini s'avère au final bien décevant. Car mise à part la belle photographie et le bon jeu des comédiens - notamment en ce qui concerne les performances de Terence Stamp et de Silvana Mangano - je ne peux pas dire que j'ai pris plaisir à suivre cette histoire d'un jeune étranger qui bouleversera la vie sexuelle d'une famille. En effet, l'histoire est rarement captivante et le tout manque cruellement de séquences marquantes, ce qui fait que l'on a souvent tendance a s'ennuyer devant ce film. Une relative déception en ce qui me concerne.
Entendons-nous bien, j'adore Pasolini, il fait partie de mes cinéastes favoris, pour des films aussi beaux et forts que Salo, Edipo Re, ou Il Decameron. Simplement, je me lançais dans Teorema avec appréhension, une peur d'être déçu, et en effet, quelle déception ...
Pasolini prend un malin plaisir à faire imploser une famille bourgeoise, à les ramener à un statut animal, vraisemblablement pour rappeler que tous les hommes sont égaux, une fois dépossédés de leur patrimoine matériel. Propos politique relativement intéressant, pas fondamentalement original, mais intéressant dans la manière dont il est traité. Autant dire que c'est à peu près la seule qualité que je trouve à Teorema, en dehors d'un final assez spectaculaire, d'une mise en scène audacieuse (quoique largement inférieure à ce que j'ai pu voir de Pasolini), d'une capacité manifeste à filmer le sexe même si le film est beaucoup moins démonstratif que la Trilogie de la Vie, à ce niveau.
Mais la force, la beauté, la vigueur, la brutalité magnifique des autres oeuvres de PPP a ici disparu au profit d'une austérité absolument déprimante, et surtout extrêmement lassante. Rarement je me suis autant ennuyé devant un film, qui plus est de Pasolini.
Une énorme déception donc, j'espère un accident de parcours dans la filmographie du maître italien.
Ne connaissant pas trop le réalisateur, je m’attendais pas du tout à un film aussi cérébral qui entre autre se réfère souvent à la Bible. Théorème raconte l’histoire d’un homme très attirant qui s’immisce dans une famille bourgeoise comprenant le père, la mère, le fils, la fille et la bonne avec laquelle il entretient avec tous une relation charnelle et spirituelle puis après son départ chaque membre de la famille se retrouve dans le désarroi et la cellule familiale se désagrège . Le fait qu’une personne révèle l’autre par la sexualité peut est vrai par contre c’est assez culoté de la par du réalisateur de présenter le séducteur naturel qui couche et révèle la vérité par la sexualité comme un ange divin à partir de la métaphore biblique « Et le verbe s'est fait chair.. » Pasolini prend la religion à contre sens puisqu’elle est souvent dans l’interdit par rapport à la sexualité et compare la transcendance de la foi mystique avec l’extase sexuelle. En plus d’être très hermétique par ses discours sur la lutte des classes, l’art, le mysticisme, le vide etc., le film est d’un réel ennui par sa forme rebutante et le manque de dialogues.
Au delà des nombreux messages allégoriques sur l'amour, le désir, le sexe, la religion, la lutte des classes, on ne peut qu'être frappé par l'expressivité authentique des acteurs, soutenue par le requiem de Mozart. Un chef d'oeuvre.
Une œuvre poétique et émouvante, parfois difficile a cerner mais toujours fascinante du début a la fin ! Un film fort, sensible et puissant qui joue avec nos sentiments avec autant de précision que Pier Paolo Pasolini joue avec sa caméra... bien qu'on soit au-delà du jeu, car c'est de l'expression artistique pure. Le film est tres émouvant, les acteurs incroyablement touchants et une histoire subtile qui se montre simple et tres complexe a la fois... le film est vraiment indescriptible, on ne saurait y répondre par des mots, après tout lui, il nous parle avec des images, alors même avec de la bonne volonté, on peine a lui faire des éloges par écrit... Un film étrange, tres prenant, avec des scènes passionnantes (le cri final m'as donné de sacrés frissons !). C'est de l'art simplement, ce n'est pas un film a comparer avec un autre, c'est juste un film qui ne ressemble qu'a lui-même et dont on ne peux parler avec exactitude..
C'est en effet un superbe film rythmé par le Requiem de Mozart et des musiques de Ennio Morricone. C'est un film plus fascinant que soporifique, le temps passe incroyablement vite. Malheureusement n'ayant aucune culture religieuse je n'ai pas pu tout assimiler. Ici encore des plans sont, si ce n'est pas mythique, inoubliable. Je parle évidemment de la scène finale qui est très impressionnante et de la scène où la bonne est en "lévitation". La boite de Pandore une fois ouverte ne peu plus se fermer et c'est la catastrophe, la folie en tout cas.
Voilà la réalisation marxo-freudienne de pasolini. En effet nous sommes dans une famille bourgeoise italiene praticante ayant fortement intérioriser les interdits moraux bourgeois. Le jour où arrive un superbe jeune Homme dont l'ensemble de la famille tombe amoureuse père et fils compris. Chacun réalise à sa manière son désir et l'intériorise. Au départ du jeune homme le surmoi de chacun des memeb de la famille s'extériorise et devient alors insoutenable à chacun pour sa morale et sa conscience. C'est alors un long requiem qui se déclenche pour l'enemble des membres de cette famille dont le désir a brisé ses interdits moraux intériorisés. C'est une réussite intellectuelle totale, comme d'habitude, mais est-ce une réussite cinématographique. La réponse est oui. Pasolini film à merveille et sans retenue le déclin de chaque personnage en montrant des comportement pour chacun de démence totale. L'intensité de la scène ou la jeune fille tombe dans la folie avec le requiem de Mozart en relief est terrifiante. La scène finale étant l'apothéose du film qui se termine dans un cri extériorisant toute la frustration morbide des personnages nous glaçant le sang. Ce film est un crescendo de démence qui fini dans la boue et les larmes qui symbolisent le délitement de la conscience de chacun des bourgeois.
Il y a près de 50 ans, ce film, vu alors en salle, m'avait profondément ennuyé. Eh bien, aujourd'hui, le verdict est toujours le même. En fait, ce film n'a pas mal vieilli : il était déjà vieux lors de sa sortie.
Réalisé en 1968 et frappé à l'époque d'une interdiction aux moins de seize ans en France, "Théorème" semble incarner à lui seul le cinéma et l'idéologie politique de Pier Paolo Pasolini. Adapté d'un de ses romans, l'oeuvre conte l'immixtion d'un mystérieux et angélique personnage au sein d'une riche famille bourgeoise de Milan. A travers son séjour et les ravages qu'il causera, nous retrouvons ainsi tous les motifs et autres récurrences qui auront fait la personnalité du sulfureux auteur italien. Son entreprise se présente en effet comme un vaste giron érotico-marxiste trouvant en réalité son point d'orgue dans chacun des dégâts collatéraux légués par le Visiteur. "Libération sexuelle" d'une mère qui se prostitue, artistique d'un fils sublimant sa créativité ou encore marxisme d'un père songeant à offrir son entreprise à ses ouvriers. Passant la bourgeoisie au pilori, on y retrouve bien sûr en outre, la critique acerbe de toutes les institutions et en particulier l'institution catholique. Cette dernière se trouve muée en approche très personnelle, avec notamment le leitmotiv du désert et de l'homme nu venu en toute fin le peupler. Bien qu'assez difficile d'accès (certains seront peut-être rebutés par les longueurs...), "Théorème" n'en constitue donc pas moins une oeuvre-clé, sinon un incontournable absolu pour comprendre et saisir l'essence même de ce cinéaste.
Certes la forme de « Théorème » mérite que l'on s'y attarde quelque peu. En dépit de nombreuses maladresses, sa poésie est indéniable et justifie que l'on puisse parler de ce film en des termes élogieux : oui il s'agit certainement d'une des œuvres cinématographiques les plus abouties de Pasolini. Toutefois la qualité formelle de « Théorème » reste relative : le montage est bancal, les prises de vues ne sont pas toujours très inspirées ni toujours bien maîtrisées, l'interprétation est plus qu'inégale... Je suis peut-être le seul à penser une telle chose à propos de Pasolini : autant sa qualité d'artiste est difficile à remettre en cause, autant sa qualité de cinéaste me laisse un peu dubitatif (une fois encore c'est bien sûr relatif !)… Surtout que si l'on s'attarde sur ce qu'il a à nous dire dans le présent long métrage, la perplexité est de mise... Le fameux « théorème » à la base de son film tient plus du paralogisme que d'une approche bouleversante de la « vérité » ! La rédemption par le sexe ? Moui, pourquoi pas, mais l'on ne s'étonnera pas de rire aux dépens du réalisateur italien devant ces élucubrations capillotractées, débitées avec un sérieux imperturbable et un sens de l'emphase assez désarmant (Pasolini massacre allègrement le « Requiem » de Mozart, réduit à une simple rengaine soutenant des images en manque de puissance). Par ailleurs le problème est que Pasolini développe son « théorème » selon un schéma très convenu, tout en usant d'un symbolisme désuet et pas toujours très subtil. Sans parler de cette vision marxiste pour le moins rétrograde... Alors bien sûr on pourra soutenir qu'il faille garder à l'esprit l'humour du cinéaste italien, ce qui permet d'avaler plus sereinement la pilule, il est vrai. Mais regardons les choses en face : Pasolini met plus en scène son désarroi face à l'existence qu'autre chose, il s'agit avant tout d'un « cri » maladroitement exprimé, avec les réponses qu'il croit pouvoir y apporter. C'est bien sûr un geste émouvant, mais limité. Un film digne d'intérêt donc, mais à mon sens pas un chef-d’œuvre du 7e art, loin de là. Critique à retrouver sur mon blog : https://artetpoiesis.blogspot.com/
Théorème est un très bon film de Pier Paolo Pasolini. Le scénario de ce long-métrage est original et parfaitement bien ficelé. Le film vous vide littéralement et possède un petit côté dérangeant. La mise en scène du réalisateur est irréprochable. En effet il réussit à nous transporter dans une ambiance particulière et on ne perd pas une miette du film. De plus, les acteurs comme Terence Stamp, Silvana Mangano ou encore Massimo Girotti sont très convaincants dans leurs rôles. Bref, c’est à voir…
Grâce à "Theoreme", Pasolini peut donner libre cours à ses délires artistiques et mystiques. Dans son film, il met en scène un homme mystèrieux, figure divine (d'après Pasolini lui-même), qui va s'inviter au sein d'une famille bourgeoise et réveiller chez chacun des membres, des aspirations sexuelles et extatique. Son départ (au milieu du film) provoquera un vide chez chacun des protagonistes; vide (perte de la foi?) qui se traduira différemment pour chaque personnage. Le mesage que j'en retire se résume à l'inanité d'une vie hors de la croyance de Dieu. L'Art ne peut trouver d'inspiration sans Dieu comme le montre l'image du fils-peintre perdant toute créativité après le départ de l'inconnu. L'inassouvissement sexuel de la mère prouve qu' il n'y a de vrai amour que l'amour de Dieu. Autre exemple : le père qui offre son entreprise à ses ouvriers pour effectuer une marche mystique dans le désert (lieu de rencontre avec le Divin dans la religion chrétienne) marque la primauté du monde spirituel sur le monde matèriel. Le propos est bizarre venant d'un athée comme Pasolini mais c'est une interprétation personnelle. Si tout cela est alléchant sur le papier, "Théorème" et auteur souffre du syndrome de la "Nouvelle Vague" (française), à savoir bousculer les codes du cinéma en tombant toutefois dans une forme de pédantisme et prétention. Le scénario et le propos qui s'en dégage sombre dans la redondance et l'ennuie arrive très vite. De plus, la réalisation de Pasolini n'encourage pas à aimer son long métrage. Ses cadrages et sa photographie sont d'une incroyable laideur. Cette réalisation médiocre ajoutée à une masturbation intellectuelle insipide rend le visionnage de ce "Théorème" insupportable.