Théorème
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Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

146 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 août 2016
Œuvre culte de Pier Paolo Pasolini, Théorème – tiré de son propre livre éponyme – est l'histoire fascinante d'un jeune homme qui débarque pour une raison mystérieuse dans une riche famille italienne, et qui va exercer une fascination absolue, tant physique que morale, sur l'ensemble de ses membres, depuis la bonne jusqu'au père de famille modèle. Cette rencontre modifiera profondément et radicalement la vie de chacun d'entre eux, qui rejetteront leurs logiques antérieures. Ce film-poème qui traite du thème de la figure christique, et qui questionne l'essence de l'existence elle-même, est surtout un formidable exercice de destruction des codes d'une classe sociale – ici la bourgeoisie – en exposant la fragilité et la subjectivité de la construction personnelle, et du poids des conventions dans celle-ci. Les interprètes – Terence Stamp, Silvana Mangano, Massimo Girotti, Laura Betti en tête – sont superbes et l'extrait du Requiem de Mozart obsédant. Mystique et magnétique.
 Kurosawa

677 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 février 2016
À la vision d'un des films les plus célèbres de Pier Paolo Pasolini dominent les sentiments contraires de découragement et de stupéfaction. On peut être découragé devant une lenteur désarmante et le refus d'explications mais on peut également être stupéfait par le geste radical et jusqu'au-boutiste du cinéaste, qui refuse les compromis pour aller au bout d'une démonstration à laquelle il semble illusoire de tout comprendre mais qui ouvre des pistes de réflexions assez passionnantes. Si "Théorème" est un film aussi déroutant, ce n'est pas parce que ses images sont vides de sens - on saisit les actions qui se succèdent - mais parce qu'il est impossible de savoir pourquoi les personnages agissent de telle sorte. Un homme arrive dans une famille, possible figure d'envoyé de Dieu qui ferait prendre conscience à une famille bourgeoise ses véritables problèmes existentiels (découverte de l'amour pour la fille - frustration sexuelle et prostitution pour la mère - rapport complexe à l'art dans le sens où le fils voudrait créer une oeuvre qui serait incomparable - le père chef d'entreprise dont la volonté d'abolition de lutte des classes trouvera sa réponse à la fin) et détruirait en quelque sorte le conformisme de leur quotidien. Seule la servante est positivement liée à cet "ange" (appelons-le comme cela) puisqu'elle se retrouve dotée de pouvoirs surnaturels, capable de réaliser des miracles. Cette dimension mystique est d'autant plus perturbante qu'elle est filmée à égalité avec le réel, comme en témoigne ce simple champ-contrechamp sur la servante et un petit garçon, d'abord couvert de pustules avant d'être guéri. C'est bien la puissance du cinéma que Pasolini interroge dans ces images, l'impossible auquel on peut croire par la seule force de la mise en scène, laquelle relève ici de l'expérimental. Car "Théorème" est une expérience à part, malaisante et fascinante, qui ne procède pas par associations d'idées ou d'images mais par une suite d’événements, clairs dans les faits et obscurs dans leurs motivations. Un film hanté !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 février 2016
Difficile de juger cette oeuvre, il faut dire que comme toutes les oeuvres à essence mystique, elles peuvent susciter des réactions d'adoration comme de rejet. Je balance entre les deux. En effet, ce film est très marqué historiquement, essentiellement une critique ouverte de la bourgeoisie d'après-guerre qui se consolide (un matérialisme et un vide spirituel grandissant) et que l'on retrouve dans la famille bourgeoise, qui ensuite se fait punir de son état par la visite d'un individu représentant allégoriquement le Christ et leur fait ouvrir les yeux suite à son départ sur leur décrépitude. Mais quitte à faire dans la provocation et la satire politique et sociale comme Pasolini l'a si souvent fait, je préfère nettement la plus aboutie d'entre toutes, Salo, bien que tout ne soit pas à jeter et que cet objet reste intéressant à étudier
Mephiless s.
Mephiless s.

74 abonnés 697 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 janvier 2016
Comme pour Salo ou les 120 jours de Sodome, je serais incapable de dire si j'ai aimé ou détesté le film... Cette situation est bizarre mais je n'ai pas détesté même si je me suis un peu ennuyé et j'ai trouvé le film à la fois audacieux et provocant... Je le conseille, c'est une expérience cinématographique assez originale à vivre
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 juin 2014
Pier Paolo Pasolini mit en scène son sulfureux "Théorème" qui sortit sur les écrans français en 1969.
Dérangeant, obscène, malveillant, glauque, tant d'adjectifs pour définir cette œuvre mystique et pourtant si magique, envoûtante.
Synopsis : un jeune inconnu s'introduit dans une famille bourgeoise italienne. Son départ va troubler l'équilibre familial... .
Sur un scénario implacable, écrit initialement pour le théâtre, Pasolini renforce l'aspect du huis-clos en première partie par une ambiance qu'il instaure en présentant les personnages un à un : le fils, la fille, la mère et le père. Au départ, on ne connaît pas l'inconnu, on s'immisce tranquillement dans cette bourgeoisie classe en tout point respectable. Ce qui fait le point d'orgue de Pasolini dans la maîtrise de son histoire ? Toute sa désinvolture de ne pas se prendre au sérieux (souvent, les dialogues restent courts), tout comme l'impression que son discours concourt à l'élégance du film dans la continuité la plus simple, la fluidité et l'avancement de sa narration, constructive et anxiogène au possible. J'ai déjà trouvé un antagonisme dans la façon de faire de Pasolini : ce ne sera pas le dernier ! Donc tous les personnages sont présentés et l'on rentre allègrement bien dans tous les rôles que Pasolini nous fait découvrir. Celui dans lequel on rentre sans aucun problème est sans conteste celui du visiteur énigmatique. Et pourtant, on ne le connaît pas. Tiens, encore une contradiction ! Ce visiteur (Terence Stamp) est de fait l'élément moteur et perturbateur du film. Il est d'abord le protecteur (l'ange) puis celui qui déclenche l'implosion et l'explosion de la famille dans toute sa splendeur (le démon). Terence, dans ce rôle énigmatique, fantomatique et déstabilisant, sert ainsi Pasolini à nous montrer le fil directeur de ce scénario cousu au fer rouge. Alors Terence, ange ou démon ? Ni l'un, ni l'autre. J'ai l'impression qu'il est le passage de témoin de Pasolini. Un peu comme Bunuel l'a fait dans son "Tristana" avec Deneuve : Luis reprend les codes et l'ambiance de "Viridiana" pour mettre à l'honneur Deneuve dans le final de "Tristana". Ici, Pasolini se fait protecteur ET persécuteur. En un seul film et sur un seul point (le scénario), Pasolini montre toute sa maîtrise et sa traîtrise quant à la façon qu'il a de nous présenter un individu correct mais en dehors des convenances sociales de la société traditionnelle italienne. Tous mes chapeaux Pasolini !
"Théorème", bien avant de parler casting en général, c'est une ambiance. Les premières images nous donnent le ton du film. Ennio Morricone, tout juste après ses dollars, nous assène ses partitions électriques appuyées d'un requiem de Mozart, le tout embaumé dans le regard bleu mi-ange mi-démon d'un Terence Stamp tout simplement royal dans son rôle. Ennio et Terence sont pour ainsi dire indissociable de "Théorème" car ils contribuent à l'atmosphère rendue par la mise en scène lente, onctueuse et totalement languissante de Pasolini. Et c'est pour ça que dès le départ de Terence Stamp, l'impression d'ennui nous gagne (pendant la dernière demie-heure). En revanche, cela ne fait que renforcer les subtils points scénaristiques et de montage que Pasolini a bien pris le temps de mitonner.
Toujours dans l'esthétique, l'image, bien que travaillée, ne nous conduit pas à l'admiration, mais plutôt à la découverte du cinéma du metteur en scène. Ambiance anxiogène donc, montage à peine cadencé, mise en scène languissante et envoûtante, d'où un faux rythme. Non pas que Pasolini n'ait pas voulu instaurer cette ambiance, mais je trouve que son cinéma est ainsi bien ancré dans la période italienne des 60's. Un cinéma à l'italienne que je ne rechigne pas mais qui a l'art de nous faire descendre de notre piédestal. Pasolini nous déstabilise alors que Visconti nous invite à prendre part des différentes histoires qu'il raconte ("Les damnés", "Mort à Venise"). En cela, Pasolini nous convie dans son cinéma expérimental et intellectuel. Avec "Théorème", je m'attendais plus à l'apport de la réalisation façon Risi (comme dans "Parfum de femmes") et une interprétation encore plus au sommet de Terence Stamp, malgré qu'elle atteigne des sommets inavouables.
Ce qui m’amène donc à parler casting. Donc, d'abord, l'inoubliable Terence Stamp habité par son rôle diaboliquement mis en valeur par Paso et Ennio. Une performance fascinante. Alléluia ! Il s'agit de son interprétation la plus célèbre. On le reverra dans "Priscilla, folle du désert" notamment dans les 90's.
Avec aussi la regrettée Silvana Mangano (inoubliable dans le "Mort à Venise" viscontien), sublimissible à souhait !, l’immanquable Laura Betti (elle fit des débuts felliniens ("La Dolce Vita")), formidable en lévitation et qui n'a pas volée sa statuette à Venise, Andres Jose Cruz (revu uniquement aux côtés de Johnny pour "Le spécialiste"), très bon lui-aussi, Anne Wiazemski (petite-fille de François Mauriac l'écrivain. Elle tourna en premier pour Godard ("La chinoise"), et on la retrouvera notamment aux côtés de Romy dans "Le train")), qui donne tout son talent dans une position catatonique, et Massimo Girotti (le même Visconti en fit une vedette pour les besoins de ses "Amants diaboliques"), impeccable face aux forces qui le frappent dans la gare de Milan.
Pour conclure, "Théorème" est bien un chef d’œuvre italien portant la marque de son metteur en scène. Et Pier Paolo Pasolini d'ouvrir un autre scandale après "L'évangile..." et "La ricotta". 1968 ou l'année de la censure.
Spectateurs, envoûtons-nous !
Henrick H.
Henrick H.

5 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2014
Un jeune homme arrive dans une famille bourgeoise et tout le monde (la bonne, le mari
, la femme, le fils et la fille) tombe littéralement amoureux de lui. Le jour de son départ, chacun d'eux change radicalement et trouve sa voie. Un cinéma exigeant, difficile d'accès, avec très peu de dialogues. A l'époque, on imagine le scandale qu'il a pu provoquer en mélant la sexualité et la religion.
Santu2b

314 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 décembre 2013
Réalisé en 1968 et frappé à l'époque d'une interdiction aux moins de seize ans en France, "Théorème" semble incarner à lui seul le cinéma et l'idéologie politique de Pier Paolo Pasolini. Adapté d'un de ses romans, l'oeuvre conte l'immixtion d'un mystérieux et angélique personnage au sein d'une riche famille bourgeoise de Milan. A travers son séjour et les ravages qu'il causera, nous retrouvons ainsi tous les motifs et autres récurrences qui auront fait la personnalité du sulfureux auteur italien. Son entreprise se présente en effet comme un vaste giron érotico-marxiste trouvant en réalité son point d'orgue dans chacun des dégâts collatéraux légués par le Visiteur. "Libération sexuelle" d'une mère qui se prostitue, artistique d'un fils sublimant sa créativité ou encore marxisme d'un père songeant à offrir son entreprise à ses ouvriers. Passant la bourgeoisie au pilori, on y retrouve bien sûr en outre, la critique acerbe de toutes les institutions et en particulier l'institution catholique. Cette dernière se trouve muée en approche très personnelle, avec notamment le leitmotiv du désert et de l'homme nu venu en toute fin le peupler. Bien qu'assez difficile d'accès (certains seront peut-être rebutés par les longueurs...), "Théorème" n'en constitue donc pas moins une oeuvre-clé, sinon un incontournable absolu pour comprendre et saisir l'essence même de ce cinéaste.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 2 décembre 2013
Une référence. Un must. Terence Stamp dans son meilleur rôle. Un sujet intense, et...oh! combien de fois copié mais jamais égalé.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 19 octobre 2013
Ce film est un chef d'oeuvre... d'humour involontaire.
Pesant, pompeux, totalement daté, j'ai bien ri en le voyant.

Résumé : un étranger christique met son hum hum prolétarien dans le tuuuuut d'une bourgeoise dominée, le pouet pouet de son mari patron bourgeois hétérocrate et apprend la lutte des classes au pieu avec les enfants dudit couple.

Pour les amateurs de nanards prétentieux : un régal, un plaisir de fin gourmet !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 octobre 2013
Presque 45 ans après, viens de revoir "Théorème" et suis retombé sous son emprise. Tout est parfait : lumière, plans, pas de dialogues mais de courts monologues, la caméra ne s'attarde pas, ce qui donne à chaque scène cette impression de coup de poing. La beauté d'un film à l'état pur qui se suffit à elle-même laissant à chacun le soin et le besoin d'intérioriser ses propres fantasmes, ses manques et le peu que la vie peut apprendre. Le regard de Pasolini sur la société italienne ne peut, aujourd'hui, que nous accabler, nous qui sommes encore là et devons supporter ce qu'il dénonçait déjà : l'absurdité et le vide de plus en plus contraignant, provoqués par un ultralibéralisme à l'échelle mondiale, mis en place et accepté de gré ou de force.
L'homme le plus classe du monde
L'homme le plus classe du monde

366 abonnés 450 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 septembre 2013
Wow... Je ne m'attendais pas à un film aussi expérimental. Théorème est un film bien trop mystérieux pour être totalement réussi à mes yeux. Un type, séduit tous les membres d'une famille bourgeoise avant de partir. Qui est-il, d'ou vient-il, depuis quand est-il là ? On ne sait pas. La première partie donne la désagréable impression d'avoir manqué lé début du film. Puis le type s'en va (pourquoi ?). Et là ça devient vraiment n'importe quoi. Les différents personnages régissent de manière incohérente et disproportionné. L'une se met à bouffer des orties et à planer dans les airs, pendant qu'un autre se déshabille dans une gare avec d'aller brailler à poil dans le désert ! La bizarrerie ne me dérange pas dans un film, quand elle est justifié. Si Pasolini a voulu faire passer un quelconque message, alors c'est raté. Si il a voulu choquer le bourgeois en filmant des braguettes en gros plan, alors c'est dépassé. Je suis peut etre trop terre à terre (ou trop con), mais difficile d'aimer un film que l'on a pas compris.
S M.
S M.

42 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 septembre 2013
Chef-d'oeuvre de Pasolini, "Théorème" est une brillante critique de la bourgeoisie italienne des années 60. Un film engagé avec une approche politique subtile. Une oeuvre à la fois belle, malsaine et dérangeante. La mise en scène est géniale, Terence Stamp aussi.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 3 septembre 2013
Ca pouvait être un beau court métrage certainement pas un film étant donné la pauvreté du scénario, quel ennui.
Space Jockey
Space Jockey

22 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2013
Ce film peut être regardé comme une protestation contre la belle image (photographie délavée, refus de la composition picturale) sous son apparente négligence (cadrages, liens...). "Théorème" de Pasolini, (1968) cache pourtant une structure de fer, rigoureuse et, finalement, « surcadrée ». Une boucle autour d'une famille bouleversée par la venu d'un homme magnétique qui change tout. Silvana Mangano est sublime !
Estonius

4 756 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 novembre 2012
Considéré à l'époque de sa sortie comme un chef d'œuvre par les Cahiers du cinéma, le film fit scandale, mais ce n'est pas parce que ça fait scandale que c'est bien ! Dieu (Terence Stamp) est un jeune éphèbe à la braguette saillante, qui transfigure chacun des membres d'une famille bourgeoise avec qui il couche successivement : la mère se suicide après avoir enfin connu le plaisir, le fils se lance dans la peinture gestuelle, la fille je ne sais plus, le père donne son usine à ses ouvriers et s'en va nu dans le désert, et la vieille servante devient une sainte, mâche de l'herbe et lévite au-dessus de sa maison. Les images sont belles, le reste est incohérent.
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