Florent Bernard signe avec Nous, les Leroy une comédie familiale qui, sans être déplaisante, peine à réellement se démarquer. L’histoire de Christophe (José Garcia), père de famille désespéré tentant de sauver son couple en entraînant femme et enfants dans une virée à travers leurs souvenirs, avait pourtant un beau potentiel. Mais si le film affiche une sincérité indéniable, il reste prisonnier d’un cadre trop balisé, oscillant entre moments touchants et humour trop sage, sans jamais parvenir à décoller complètement.
L’un des points forts du film réside dans son casting. José Garcia, toujours énergique, donne à son personnage une dimension attachante, bien que son jeu repose parfois sur des ressorts vus et revus. Face à lui, Charlotte Gainsbourg incarne une épouse plus en retenue, ce qui apporte un contraste intéressant mais ne suffit pas à donner une vraie intensité aux enjeux du récit. Quant aux jeunes acteurs, Lily Aubry et Hadrien Heaulmé, ils livrent des performances convaincantes sans pour autant parvenir à insuffler une vraie personnalité à leurs personnages. L’alchimie entre les membres de la famille est crédible, mais elle manque d’étincelles pour nous faire vibrer pleinement.
Là où le film aurait pu marquer des points, c’est dans l’émotion. Malheureusement, celle-ci reste souvent en surface. On sent une volonté de raconter une histoire sincère, de capturer quelque chose d’universel dans la vie de famille, mais le tout reste trop propre, trop lisse. Les enjeux dramatiques, bien que présents, ne parviennent jamais à susciter un réel attachement. On comprend les conflits, on devine où ils vont mener, et quand ils se résolvent, c’est exactement comme on l’attendait. Il manque cette petite dose d’inattendu qui aurait pu donner au film une saveur plus marquante.
L’humour, quant à lui, alterne entre quelques bonnes trouvailles et des ressorts comiques plus convenus. On sourit par moments, mais rarement aux éclats. Certaines scènes tombent dans la facilité, et si le film évite le piège de la lourdeur, il peine aussi à trouver un ton vraiment percutant. La mise en scène, bien que propre et maîtrisée, manque de relief et d’audace, se contentant d’accompagner sagement le récit sans jamais surprendre.
En définitive, Nous, les Leroy est un film qui se regarde sans peine mais qui laisse une impression mitigée. Il est suffisamment bien construit pour ne pas lasser, mais pas assez marquant pour réellement convaincre. On en ressort avec un sentiment d’agréable tiédeur : ni une franche réussite, ni un véritable échec, juste une comédie familiale qui fait le job sans transcender son sujet.