Cinquième retour du groupe de Woody, qui cette fois-ci, emmené par Jessie, va être confronté à une nouvelle menace de taille, la technologie. C'est une aventure rythmée, pleine d'énergie, d'empathie, d'humour et d'optimisme, réinterrogeant sans cesse les émotions de l'enfant à travers son rapport au jouet, objet d'histoire, de mémoire, qui ont toujours favorisé l'imagination de l'enfance, cherchant une connectivité de cœur, dans une réalité de plus en plus distante et fractionnée par les réseaux sociaux, avec la pression sociale, le harcèlement, l'addiction à ces jeux d'éveil, qui conduisent davantage à la perte d'identité, de créativité, et de sa propre capacité de réflexion.
L'évolution ne se joue pas sur l'obstacle d'un nouveau jouet, mais d'une nouvelle façon de vivre, de grandir, et tente de combiner et d'intégrer le nouveau dans l'ancien, à l'image de cette nouvelle génération de films.
D'un autre côté, même si l'on retrouve par instants fugaces cette touche d'autrefois, le film ne fait qu'évoquer, rappeler ce qui est connu, ce qui a déjà été vécu et résolu.
Le retour de Woody comme si de rien n'était annule la valeur des adieux du précédent, l'armée des Buzz est inutile et n'a aucun développement par rapport à Buzz lui-même, qui n'a d'intérêt que le mariage, et les autres sont délaissés, effacés, relégués au placard, devenant une sorte de masse dont on ne sait plus que faire, exprimant eux-mêmes dans le métrage leur inutilité. Il en va de même pour Woody, qui spécifie à sa bergère, le menant par le bout du nez, n'avoir eu qu'à suivre Jessie, validant, affirmant par ce héros vieillissant la reprise du flambeau par une femme moderne et dynamique, malgré qu'elle soit de la même collection, de la même génération que lui, tout aussi âgée.
Woody et Buzz n'interviennent jamais dans l'intrigue alors qu'ils en ont pourtant déjà l'expérience, se retrouvant plutôt dans un combat de coqs et d'ego qui ne fait que les rabaisser, les dévaloriser pendant que l'héroïne gère et s'occupe de tout, œuvrant seule pour l'avenir des jouets et de Bonnie. Des enfants considérés comme spéciaux, voire des élus, qui montrent que "c'était mieux avant".
On cherche l'émancipation, mais elle ne fait que prendre la place de Woody dans le premier opus, en reprenant la même trame, les mêmes phrases que lui, et tout ce qu'elle apprend et comprend ici était déjà limpide, son arc d'émotion devient répétition et surexplication.
Ce spin-off au girl power, féminisé à outrance, est obligé de détruire ce qui avait été construit, d'amoindrir le masculin, pour permettre à Jessie de briller. Cette étoile devient celle d'un nouveau guide, d'une nouvelle orientation, la femme au command, devant laquelle toute une armée de Buzz va s'agenouiller. Humiliées et ridiculisées, les figures emblématiques des précédents ne sont plus que des figurants, pour que le spectateur lui-même se dise qu'ils ne sont plus nécessaires à la saga, qui peut désormais parfaitement évoluer sans eux, sans Woody.
Toy Story est devenu une formule, celle que l'on répète, celle que l'on recycle, où chaque film n'est plus qu'un épisode de transition annonçant la suite, sans que plus rien ne soit définitif.
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