Nefarious
Note moyenne
2,3
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81 critiques spectateurs

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Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2025
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Nefarious, sous ses airs d’exorcisme tardif, appartient à cette lignée de récits qui troquent le cri contre le verbe, le démon contre le discours. Un condamné à mort, un psychiatre sceptique, une cellule : voilà le théâtre. Tout le reste — le sang, la possession, la damnation — se joue dans la langue. L’horreur devient dialectique, le mal se raconte. C’est là la première réussite du film : transformer le face-à-face en liturgie de l’ambiguïté. Dès la première scène, la lumière trahit. Elle découpe les visages, réduit le monde à deux présences. Le jaune blafard du néon se mêle au gris de la pierre ; le plan, d’une fixité presque ascétique, semble attendre la chute d’une parole. Chuck Konzelman et Cary Solomon filment comme on confesse : frontalement, sans échappatoire. La caméra ne cherche pas le spectaculaire, mais le tremblement intérieur. Chaque silence pèse. Chaque respiration devient prière. Sean Patrick Flanery, visage émacié, regard incandescent, incarne le démon avec une précision troublante. Ce n’est pas la performance d’un acteur d’horreur : c’est celle d’un prêtre inversé. Il parle avec douceur, puis lacère. Il rit comme on s’étrangle. Sa bouche devient confessionnal, son regard une fracture. Face à lui, Jordan Belfi joue le médecin rationaliste, l’homme qui veut expliquer. Et c’est là que le film s’élève : le dialogue n’oppose pas croyance et raison, mais deux formes de foi — celle du visible et celle du gouffre. La mise en scène s’inspire du théâtre filmé : le cadre fixe, les rares mouvements de caméra, les sons étouffés. On pense à The Exorcist III pour la sécheresse du dispositif, à Prisoners pour la lumière sale, à Calvary pour la lenteur métaphysique. Mais Nefarious garde sa propre tonalité : une rigueur presque janséniste. Le montage, discret, refuse le choc ; il préfère l’érosion. L’effroi vient par usure. Ce qui fascine, c’est le verbe. Les répliques ont le tranchant d’une homélie. On croit entendre . Lewis retourné contre lui-même : un démon qui ne ment pas, un médecin qui doute, et le spectateur pris dans cette spirale logique. Le film devient tribunal moral, huis clos spirituel. À mesure que la discussion avance, le psychiatre perd son rôle d’observateur. Il devient l’objet du diagnostic. Et nous, spectateurs, sommes déjà contaminés : à quel moment avons-nous cessé de juger pour écouter ? La photographie, volontairement dépouillée, épouse la démence : teintes ocres, ombres mouvantes, quelques éclats de lumière qui percent le noir comme une grâce hésitante. Le grain du film évoque le béton, la sueur, la chaleur carcérale. Le son, lui, se glisse dans les interstices : chuchotements, cliquetis, murmures métalliques. Rien de trop, tout juste assez pour faire trembler. On pourrait reprocher au scénario sa ferveur, sa volonté d’évangéliser le spectateur sous couvert de thriller psychologique. Oui, Nefarious prêche. Il croit à la damnation, au mal comme entité, à la faute comme choix. Mais le film ne se réduit pas à une propagande religieuse. Il parle, plus profondément, de notre besoin de hiérarchie morale dans un monde sans repères. Et s’il choque, c’est peut-être parce qu’il ose replacer la théologie dans le champ du cinéma d’horreur. Reste une impression tenace : celle d’un film rugueux, anachronique, sincère. Nefarious ne cherche pas à plaire, mais à peser. Il ressuscite la lenteur du dialogue, l’effroi de la parole. On sort secoué, non par les effets, mais par la conviction. Il y a dans ce duel un parfum de tragédie grecque : deux hommes, une cellule, un choix. Le diable n’y crie pas. Il raisonne. Et c’est peut-être cela, le plus terrifiant. Note : 14 / 20

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Tatiana Lapenne Merlo
Tatiana Lapenne Merlo

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2025
A voir absolument
Vu en avant première
Excellente interprétation
Dommage qu’il n’y ait qu’une séance unique
Louis P.
Louis P.

28 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 décembre 2024
Vraiment très bon, le jeu de l’acteur secondaire est de très haute volée ! Malgré le faible budget du film, le résultat est cohérent et théologiquement très juste !
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mai 2024
Voilà un petit film sorti de nulle part qui s’avère être une belle petite surprise si l’on omet deux points fondamentaux. D’abord, il est clair que « Nefarious » ne brille pas particulièrement par son aspect visuel. La mise en scène du duo Konzelman-Solomon est, au mieux, basique et illustrative voire, au pire, pauvre. Mais on est dans un huis-clos psychologique et carcéral ou cela a peut-être moins d’importance que dans bien d’autres genres. Le second point est davantage d’ordre moral car le film semble faire lointainement partie de la mouvance de films religieux à la mode aux USA depuis une petite décennie (et qui ne sortent quasiment nulle part ailleurs, hormis le faussement polémique « The Sound of Freedom » sorti l’été passé et qui a battu tous les records). Des œuvres traitées sous le prisme de la religion chrétienne (et américaine) peu importe le genre, du drame familial au feel-good movie en passant par le thriller. Cela a donné des films puants sur le fond, entre message anti-avortement et anti-euthanasie ou prêchi-prêcha frôlant le fanatisme religieux. Ici, même si ce n’est pas une société de production dédiée et que le message est moins insistant, il y a tout de même une morale « pro-life » et fortement axée sur la foi et ses bienfaits ainsi que le combat perpétuel entre le Bien ou le Mal. Ce n’est pas assommant mais tout de même bien présent et cela pourra en rebuter quelques-uns.

Ces petites (ou grandes pour certains) réserves mises de côté on est face à un petit suspense très bien troussé qui est vendu comme un film d’horreur à tort. Certes le surnaturel n’est pas bien loin mais sans scènes gores ou véritablement effrayantes. « Nefarious » joue plutôt dans la cour de l’affrontement psychologique (ici entre un condamné à mort et le psy chargé d’évaluer s’il est sain d’esprit ou fou) à base de d’échanges verbaux où plane de loin l’ombre du fantastique avec le combat entre Dieu et Satan. Le prisonnier étant visiblement possédé, il dévoile deux personnalités : celle de l’entité et celle du possédé. Un switch permanent qui fait un peu penser au travail de James McAvoy sur « Split » avec ce psychopathe aux multiples personnalités. Et pour cela il fallait une prestation de qualité pour éviter de sombrer dans le ridicule. Sean Patrick Flanery assure totalement : de ses mimiques à sa voix et plus simplement son jeu en général, il nous impressionne. En face, l’inconnu Jordan Belfi campe parfaitement un golden boy qui n’est pas au bout de ses surprises.

« Nefarious » fait lointainement penser à « L’Avocat du Diable » mais s’en éloigne par le coté huis-clos et ses longues scènes de dialogue. Celles-ci sont au cœur du long-métrage et sont passionnantes. Le débit de paroles est intense et les sujets évoqués sont multiples mais c’est très bien écrit et on est fasciné par la puissance des discussions entre les deux protagonistes, entre bon sens et analyse d’un monde en décadence. Deux points de vue s’opposent et se complètent dans des joutes véritablement obsédantes. Quand vient le temps de l’exécution, on est rivé par la dureté du passage de la chaise électrique comme au bon souvenir de « La Ligne verte ». Et le scénario a l’intelligence d’être rondement mené nous réservant quelques bons rebondissements bien amenés. Si le film ne fait pas peur, il peut mettre mal à l’aise par instants. Au final, c’est une petite bobine qui ne paye pas de mine et qui se révèle bien plus maline que ce que son synopsis laissait présager. À voir si on n’est pas allergiques aux convictions conservatrices distillées dans la morale.

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 mai 2024
Une rencontre avec le diable somme toute intéressante!
L'acteur est incroyable, le ton et la dynamique est juste. Les plans extérieurs ont un côté rétro des années 2000, assez simples. On peut en revanche, reprocher certaines longueurs et des répétitions du champ contre champ. Heureusement que c'est plutôt bien joué et correctement écrit sinon on pourrait s'ennuyer!
Pas mal :)
Victoria G
Victoria G

4 abonnés 22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 avril 2024
Beaucoup plus profond et plus profond, mais celui qui apparaît à la première vue... La personne superficielle de placer quelques minutes en solo est neuve, chaque fois, chaque fois, elle ne crée pas l'intellect pour déterminer et analyser le fond de ce film tan incroyable.


Very deep and forceful, more than it seems.... The superficial people of pleasures of just minutes and something new, every time, every time, I don't think they have the intellect to stop and analyze the background of this incredible movie.
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