How to Train Your Dragon (2025) est l’illustration parfaite de ce que devient Hollywood quand il préfère ressasser plutôt que créer. Ce remake live action, censé faire redécouvrir un chef-d’œuvre d’animation à une nouvelle génération, n’est ni audacieux, ni touchant. Il est juste inutile.
Dean DeBlois, qui adaptait pourtant son propre film, ne semble jamais chercher à le réinterpréter. Ce n’est pas une relecture, c’est une copie conforme, mais sans la magie de l’original. Il n’y a aucun souffle nouveau, aucune proposition visuelle ou narrative marquante. On assiste à un fanfilm à 100 millions de dollars, incapable de justifier son existence autrement que par un effet d’opportunisme commercial.
Visuellement, le film a des qualités. Bill Pope signe de très beaux plans, notamment lors des scènes de voltige, et les décors naturels apportent une certaine authenticité. Mais cette beauté plastique ne suffit pas à masquer les défauts. Certaines scènes, notamment dans la brume, trahissent des effets spéciaux numériques criards, et les CGI deviennent trop visibles pour un film qui prétend à une forme de réalisme. Le Red Death, pourtant censé être le point culminant du film, n’a aucune présence : c’est juste un boss de fin sans danger réel.
Du côté du casting, c’est une autre déception. Mason Thames (Harold) et Nico Parker (Astrid) tentent maladroitement d’imiter les voix et postures de leurs équivalents animés, ce qui rend leurs performances artificielles, presque gênantes meme si les éléments inédirs avec Mason Thames sont les meilleurs éléments ou l'acteur joue très bien. Il manque une sincérité, une énergie. Stoick n’est pas à la hauteur non plus, ça fait trop excès – ni dans le physique, ni dans la voix. On ne sent ni sa puissance, ni sa gravité.
Le rythme général du film est précipité. La relation entre Harold et Crocmou, qui prenait le temps de se construire dans le film de 2010, est ici expédiée. Crocmou, bien qu’esthétiquement réussi, a perdu toute agressivité et mystère. C’est désormais une peluche interactive, pas une créature sauvage. Même la séquence de Test Drive, pourtant culte, souffre ici , avec une coupure qui casse l’élan émotionnel.
L’humour tombe souvent à plat. Ce qui fonctionnait dans le médium de l’animation semble déplacé en prises de vue réelles. Les blagues sont mal rythmées, les personnages secondaires deviennent des caricatures sans nuance, et l’ensemble donne une impression d’enfantillage mal assumé.
Reste une bataille finale légèrement plus lisible que dans l’original, avec une palette de bleus intéressants. Mais ce gain visuel ne compense pas les carences émotionnelles du film. Tout semble calibré, contrôlé, désincarné.
En fin de compte, How to Train Your Dragon version 2025 est un film qui ne croit pas vraiment en lui-même. Il reproduit les contours d’un classique, mais sans son cœur. Il est beau parfois, mais vide souvent. Un dragon sans flamme.