Au moins on peut pas dire qu’on a pas de variété avec les Hellboy, qui ont chacun leur type bien arrêté ! Ici on a le droit à la version de Brian Taylor, un réalisateur dont je ne suis pas du tout fan, même si je reconnais qu’avec Neveldine ils avaient un style bien à eux. Je partais d’autant moins enthousiaste que les retours globaux étaient pourris et que la bande annonce faisait vraiment fauché. Je me lance, et la scène d’ouverture m’inquiète. Les effets visuels sont assez médiocres, la mise en scène est assez peu lisibles, ça sent le truc fauché ! Heureusement, cette scène ne résume pas le film. Très sincèrement, j’ai apprécié mon visionnage ! Déjà, le film mise sur son ambiance. Jouant clairement la carte gothique-épouvante, on est dans un film à l’atmosphère sombre, aux cabanes dans les bois, aux églises décrépies, aux manoirs lugubres, aux souterrains obscurs, aux trognes patibulaires d’individus louches ! Plus on avance dans le métrage, plus cette ambiance s’installe avec succès, bien aidé de surcroît par le choix de recourir surtout à des effets pratiques. Les maquillages sont plutôt corrects même si Hellboy n’est pas aussi bien fait que dans les films précédents. Je regrette quand même que le film ne soit pas plus gore, plus violent, plus sombre. La réalisation de Taylor est parfois en délicatesse, notamment avec un recours abusif au flou « artistique » et à des effets improbables dont il a le secret (on a une accélération Benny Hill ridicule !). Heureusement, ça ne domine pas le métrage qui par ailleurs est assez bien fichu, notamment dans les scènes d’épouvante réalisées dans un esprit « à l’ancienne ». C’est aussi dans ces scènes, notamment dans les séquences nocturnes que la photographie du film gagne en élégance, là où le filtre un peu bleuté pour le jour tend à donner un côté cheap au métrage.
Côté intrigue, pour ma part j’ai trouvé la proposition assez soignée. L’histoire est simple, efficace, le choix d’un antagoniste plus folklorique fonctionne. Ok, on sent l’ambition du film diminuée par rapport aux autres films, mais le budget était plus faible, le choix de jouer sur l’aspect huis-clos, avec un méchant moins mégalomane était astucieux (on notera qu’il y a en vérité plusieurs antagonistes). Le rythme du métrage tient la route, avec une entrée assez rapide dans l’action, puis une tension qui s’installe progressivement. Je ne me suis personnellement pas ennuyé, même si la dernière partie donne un sentiment de redondance et de « tournage en rond ».
Côté casting, globalement les acteurs font le travail. Bon, ça manque un peu de charisme, les personnages ne sont pas forcément très bien dégrossis et il est évident qu’il manque la puissance et l’excentricité que l’on avait pu croiser dans les autres films concernant les acolytes d’Hellboy. Néanmoins Jefferson White et Adeline Rudolph ne déméritent pas comme acteur, ni Leah McNamara et Martin Bassindale. Joseph Marcell, un poil cabotin, m’a semblé par moment être un hommage aux films d’horreur religieux des années 70-80, on pourrait le croire sorti d’un Carpenter ! Quant à Jack Kesy, sans avoir la présence d’un Perlman ou même d’Harbour, il tient son rôle et reste convaincant.
A noter, parmi les très bons points du film, une ambiance musicale très soignée, qui recourt à des sonorités folk dissonantes fort à propos pour créer une ambiance de malaise certaine.
Ma conclusion est que Hellboy 4 va avoir du mal à exister avec son petit budget, ses ambitions limitées, son manque de gore. Il a fait le choix d’une épouvante à l’ancienne, dans un quasi huis-clos, avec un rythme lent et peu riche en action au profit d’un travail d’atmosphère gothique. Il va clairement déplaire à beaucoup, mais les amateurs d’horreur d’ambiance trouveront évidemment plaisir à visionner ce métrage franchement pas mal du tout ! 3.5
Vu au cinéma en Belgique