Y2K ou l’art de perdre 1h52 de sa vie sans même un pop-corn pour se consoler.
Je vais être direct : j’ai vu cette chose en avant-première, et j’en suis ressorti avec cette sensation étrange d’avoir assisté à un brouillon de film, une sorte de projet de fin d’études qui aurait mal tourné… mais avec un budget, des costumes, et – ô ironie – une vraie actrice comme Rachel Zegler.
Le synopsis ? Un chef-d’œuvre de confusion. On dirait qu’un générateur IA a été chargé d’écrire le pitch avec les yeux fermés. À la base, on sent bien qu’il y avait une volonté de créer une aventure immersive, un récit initiatique ou peut-être même une fable moderne… mais tout ça reste désespérément à l’état de volonté. L’histoire peine à démarrer, refuse ensuite obstinément d’avancer, puis s’écroule sous son propre poids, comme un soufflé mal cuit. On ne s’attache ni aux enjeux, ni aux personnages, ni même à la bande-son (qui tente désespérément d’ajouter du relief à un désert émotionnel).
Et Rachel Zegler dans tout ça ? Habituellement solaire, ici elle semble coincée dans un rôle taillé sur-mesure… pour une autre actrice. Elle se débat, elle y croit, mais on sent qu’elle rame dans un scénario qui ne lui offre rien à défendre. À l’instar des autres membres du casting, elle évolue dans une sorte de torpeur narrative, comme si tout le monde s’était mis d’accord pour ne pas trop déranger le vide sidéral du récit.
Mention spéciale aux dialogues : creux, artificiels, parfois presque parodiques. On en vient à se demander si certaines répliques n’ont pas été écrites à la va-vite entre deux réunions Zoom. Quant au montage, il est aussi inspiré qu’un lundi matin pluvieux à la Défense.
Je ne suis pas fermé aux expériences lentes, contemplatives, ni même aux films “à atmosphère”… mais Waïtoukei ne propose ni rythme, ni tension, ni profondeur. Il ne se passe tout simplement rien. Ou plutôt : il se passe tellement peu de choses qu’on finit par soupçonner le film d’avoir été conçu comme une installation artistique post-moderne sur l’ennui.
En résumé :, film qui manque cruellement de souffle, de direction, et surtout de raison d’être. Un long tunnel narratif au bout duquel il n’y a ni lumière, ni surprise, ni même une petite satisfaction d’avoir tenu bon.
À fuir, sauf si vous tenez absolument à prouver que vous êtes capable de rester éveillé devant un scénario comateux.
Note : ★☆☆☆☆ (et encore, c’est parce que j’aime bien Rachel Zegler, même dans les mauvais jours)