Hamnet
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2026
Dans un petit village du centre de l’Angleterre, entouré d’une épaisse forêt, le fils d’un gantier endetté (Paul Marcus) se lie avec Agnes (Jessie Buckley) la fille des propriétaires auprès desquels il donne des cours de latin. Contre l’avis de leurs parents respectifs, le couple se marie. Il a bientôt trois enfants : une fille aîné, Susanna, et deux jumeaux, Judith et Hamnet.

"Hamnet", c’est d’abord un roman à succès de Maggie O’Farrell, publié en 2020. L’écrivaine nord-irlandaise y avance une proposition qui a fait frémir d’effroi les plus éminents bardolâtres : le grand Will aurait puisé l’inspiration de "Hamlet" en 1603 dans le chagrin causé par la mort de son fils, dont on sait simplement qu’il se prénommait Hamnet (un boulanger, ami du couple, portait le même prénom) et qu’il est mort à onze ans en 1596 peut-être de la peste bubonique.

Le roman a inspiré Chloé Zhao qui a co-écrit avec Maggie O’Farrell le scénario de son adaptation. La réalisatrice chinoise, révélée par "The Rider" en 2017, a atteint la célébrité avec "Nomadland", meilleur film et meilleure réalisation aux Oscars 2021. Golden Globe du meilleur film dramatique et de la meilleure actrice, "Hamnet" est nommée huit fois aux Oscars.

Autant dire que sa sortie en France était attendue avec impatience et que je me suis glissé avec délice hier soir dans l’immense salle 1 de l’UGC Ciné Cité des Halles, remplie à craquer d’un public étonnamment juvénile et où j’ai eu le plaisir de retrouver par hasard mon fils aîné (comment ne pas se féliciter, en ces temps où il est de bon goût de se plaindre de tout, de l’engouement auprès du jeune public d’un film en costumes sur la genèse d’une pièce de théâtre vieille de cinq siècles ?).

Hélas, pendant une bonne partie du film, c’est la déception qui l’a emporté. Certes, les images de la campagne anglaise et de ses sombres sous-bois sont magnifiques. Certes, la musique de Max Richter, qu’on a déjà pourtant si souvent entendu ("The Last of Us", "Miss Sloane", "Ad Astra", "Bridgerton", "The Crown", "Black Mirror", "Peaky Blinders", "The Leftovers"…) est envoûtante. Certes le jeu enflammé de Jesse Buckley en sorcière chthonienne mérite la pluie de récompenses qui s’abat sur elle. Certes enfin, l’agonie du fils d’Agnes a de quoi faire arracher des sanglots aux âmes les moins sensibles. Mais, à mon goût, cette histoire, aussi dramatique soit-elle, n’avait rien d’exceptionnel. Ma critique était presque déjà rédigée : j’allais bille en tête pourfendre du « sous-Malick » (référence au grand réalisateur américain qui aime bien, lui aussi, caresser de sa caméra les épis de blé en friche) et pouvoir m’enorgueillir de ne pas suivre le flot bêlant des admirateurs transis de ce film passable.

Oui… mais….

… c’est là que commence la dernière demi-heure. Elle se déroule à Londres, loin de Stratford-upon-Avon où jusque là nous étions cantonnés. À Londres où William Shakespeare – dont le patronyme est prononcé pour la première fois par son beau-frère à ce moment-là du film – est parti se noyer dans le travail, oublier son chagrin et écrire l’œuvre dramaturgique la plus riche, la plus féconde, la plus puissante jamais conçue. À Londres où vient pour la première fois Agnes, intriguée par la pièce qui va s’y donner, qu’a écrite son mari et qui porte le prénom de son fils si douloureusement arraché à sa chair.

On connaît tous "Hamlet" et son intrigue. Et on sait, comme Agnes lorsqu’elle en découvre les premières scènes, qu’elle n’a rien à voir avec la mort d’un gamin fauché à onze ans par la peste bubonique. Pourtant, sous les yeux ébaubis d’Agnes, des correspondances se tissent entre sa propre histoire et ce roi danois empoisonné par l’amant de sa femme. Agnes comprend, et nous avec elle, que l’indifférence apparente de William, son éloignement cachaient en fait un insondable chagrin qu’il a combattu en accouchant d’une oeuvre cathartique.

Un film qui me semblait jusqu’alors banal, noyé dans une esthétique envahissante, lesté de sentiments trop lourds à porter, m’est alors apparu pour ce qu’il est : une réflexion d’une rare profondeur sur le couple, la p/maternité, la mort, le deuil, la filiation et la création artistique.
Lucas LM
Lucas LM

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 janvier 2026
Ennuyeux, terriblement ennuyeux.
Plan vides, ambiance 15eme siècle complètement raté à mon goût, les enfants sauvent ce qui peut être sauvé en etant plus que crédible
Gentilbordelais

402 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 février 2026
Lyrisme contemplatif, musique sirupeuse, lumière austère, tout est lourdement souligné dans ce drame larmoyant. La caméra de C. Zhao met en avant l'épouse du dramaturge, alors relégué et la création d'une oeuvre inspirée par le deuil. C'est ainsi que le théâtre s'invite sur grand écran dans une longue séquence finale. Du classicisme trop peu subtil, pourtant clairement orienté pour les cérémonies de prix.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2026
Le parti pris de « Hamnet » est, sur le papier, passionnant : raconter la genèse d’une œuvre de Shakespeare non pas par la glorification du génie, mais par l’expérience intime du deuil qui la traverse. Ce déplacement du regard — de l’œuvre vers sa source affective — est sûrement l’idée la plus intéressante du film, et l’écriture, à ce titre, est souvent d’une grande finesse.

La performance de Jessie Buckley mérite d’être saluée : elle porte le film avec une intensité réelle et une présence habitée, donnant chair à une douleur qui se veut fondatrice. Pourtant, malgré cette justesse d’interprétation, on ne peut pas s’empêcher de ressentir un certain malaise face à la manière dont le film mobilise l’émotion tragique.

La mise en scène appuie sans cesse là où le texte pourrait suffire : musique envahissante, ralentis, silences sursignifiants… Tout concourt à un sentiment de grief-porn, où le deuil devient un objet esthétique presque programmatique, au risque de perdre sa complexité et son ambiguïté. Là où l’écriture cherche à explorer la perte comme moteur de création, la réalisation semble parfois enfermer le spectateur dans une émotion prescrite, lisible et sans doute fabriquée.

Il en résulte un film élégant et maîtrisé sur le plan formel, mais dont l’artificialité de la mise en scène finit par affaiblir la puissance du propos. Un brillant exercice de style, intellectuellement stimulant, mais émotionnellement moins libre qu’il ne le prétend.
vincent COLLIER
vincent COLLIER

67 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2026
Un beau film bien mis en scène.... Après il faut aimer Shakespeare mais c'est du bon travail et des acteurs parfaits dans des décors de ferme soignés. Une plongée assez intéressante dans l'Angleterre mystérieuse de cette époque...
Enki Dou
Enki Dou

9 abonnés 55 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2026
Tristesse et beauté, comme le titre d'un roman de Yasunari Kawabata. Le film sert admirablement bien ce diptyque - l'histoire de Shakespeare n'étant qu'un prétexte. Une tristesse plus profonde que toute tristesse, une beauté de tous les instants. Une actrice et un acteur magnifiques. Le combat sans fin de la vie contre la mort, des victoires, des défaites, la joie, la détresse. Et à la fin, par la magie du théâtre et la force de vie qui demeure, inexplicable, malgré tout, l'idée que la vie peut reprendre le dessus sur la douleur. Les âmes sensibles pleureront comme j'ai pleuré. Mais quelle beauté, quelle profondeur, et quelle force !
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2026
Avec Hamnet, Chloé Zhao adapte le roman de Maggie O’Farrell en s’emparant d’un événement minuscule dans l’Histoire, mais immense sur le plan humain : la mort de Hamnet, fils unique de William Shakespeare. Le film ne cherche jamais à expliquer ou à théoriser le dramaturge. Il le dépouille de son statut de monument pour le ramener à une condition profondément humaine, celle d’un père confronté à une absence irréversible. Cette approche intime irrigue chaque plan, chaque silence, chaque respiration du récit.

Située à la fin du XVIᵉ siècle, l’histoire suit un couple pris entre enracinement et éloignement. Agnes, figure centrale du film, est filmée comme une force organique, presque tellurique, en lien direct avec la nature et les cycles du vivant. Face à elle, William apparaît plus fragile, souvent absent, incapable de partager pleinement le même espace de douleur. Chloé Zhao refuse le pathos et préfère laisser le temps s’étirer, laissant au spectateur la place de ressentir plutôt que de comprendre.

L’adaptation cinématographique se distingue par sa manière de traduire l’intériorité sans recours à l’explication. Les paysages, la lumière, les matières deviennent des vecteurs émotionnels. Le deuil n’est jamais formulé, il est éprouvé. Le lien supposé entre la mort de Hamnet et l’écriture de Hamlet n’est abordé que comme une hypothèse poétique, jamais comme une vérité historique. Le film assume pleinement cette liberté, préférant une vérité émotionnelle à toute démonstration factuelle.

L’un des gestes les plus forts de Hamnet réside dans la représentation du théâtre. La scène du Globe Theatre marque un basculement fondamental : la douleur quitte l’espace privé pour devenir expérience collective. Le public, filmé comme une communauté vivante, reçoit et partage l’émotion. L’art cesse alors d’être un refuge individuel pour devenir un acte social, presque spirituel. Le théâtre apparaît comme un lieu de transmutation, où l’amour et la mort coexistent sans se contredire.

Porté par des interprétations d’une grande justesse, notamment Jessie Buckley et Paul Mescal, le film trouve une force rare dans sa retenue. Chloé Zhao filme le vide, l’attente, l’indicible, et parvient à faire vibrer le silence. Hamnet n’est pas un film sur la naissance d’un chef-d’œuvre, mais sur la nécessité vitale de créer pour continuer à vivre. Une œuvre profonde, humble et bouleversante, qui rappelle que l’art n’efface pas la douleur, mais qu’il permet, parfois, de respirer à nouveau.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 869 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 décembre 2025
Voilà une proposition cinématographique qui risque de diviser et qui ne plaira donc pas à tout le monde. On ne pourra cependant pas lui enlever qu’elle va au bout de ce qu’elle entreprend et qu’elle compte de nombreuses qualités. Malheureusement elles ne nous ont pas assez convaincu et elle pêche sur des aspects essentiels. Néanmoins, elle confirme le talent de Chloë Zhao et la range dans la catégorie des cinéastes rares, essentielles et à la patte de plus en plus reconnaissable. Pour rappel, on lui doit le beau « The Rider », le magnifique et oscarisé « Nomadland » et, il ne faut pas l’oublier, le film issu du Marvel Cinematic Universe le plus original de récente mémoire avec « Thor : Ragnarok » dans un tout autre genre. Il s’agit du tout aussi clivant « Les Éternels » qu’on avait de notre côté littéralement adoré sur tous les points et dont on se désole de l’insuccès et de la haine qu’il a provoqué chez les gardiens/geeks du temple MCU. Ce qui ne lui a pas permis d’avoir une suite. Dans tous ses films (et même ce dernier pourtant un blockbuster calibré), elle insuffle le même parfum de poésie, un goût esthétique prononcé et son don inné pour filmer les décors naturels.

Ici encore, sa science de la mise en scène est présente à chaque plan dans ce registre pourtant nouveau pour elle. Avec « Hamnet », elle adapte le roman éponyme qui revient sur la supposée origine de la création d’une des plus célèbres pièces de Shakespeare : « Hamlet » (le changement d’une lettre est d’ailleurs expliqué en début de film). Et on retrouve toutes ses qualités de cinéaste avec de très beaux plans sur la nature (ici une forêt magnifiée) et des cadrages impeccables mettant en valeur une reconstitution d’époque campagnarde volontairement sobre. Pour rester dans les bons points qui fonctionnent en plus de cette cinématographie impeccable, on ne peut que louer les prestations viscérales du duo en tête d’affiche. Jessie Buckley est impressionnante dans cette incarnation presque animale d’Agnès, la femme de Shakespeare. Elle bouillonne et s’empare de ce rôle de mère meurtrie avec une puissance inouie. Paul Mescal qui incarne le tragédien est presque occulté par cette prestation monstre et plus en retrait, bien que sa sobriété soit une gageure adaptée aux tourments qui habitent sa partenaire.

Et, comme un orgasme cinématographique qui tardait (beaucoup trop) à venir ou une acmé cathartique, le final est d’une force émotionnelle et visuelle incroyable. Comme si tous les astres s’alignaient pour un bouquet final de toute beauté, évident et aussi beau que tragique. La manière dont Zhao le met en scène est comme une évidence. Et elle a le bon gout de s’être entourée de l’un des plus grands compositeurs de ce siècle – si ce n’est le plus grand : Max Richter. Quand débutent les premières notes du sublime morceau « On the Nature Daylight » pour emballer ce final bouleversant, c’est un torrent de frissons qui nous traverse le corps. « Hamnet » se clôt donc de manière admirable et avec une cohérence et une maîtrise rare.

Mais – et ce mais est de taille – que de détours laborieux pour y parvenir. Certaines aimeront ou se plongeront dans ces deux très longues heures pour arriver à ce beau dénouement. Mais d’autres verront le temps passer. La première heure s’étire pour pas grand-chose et on tarde à rentrer dans le vif du sujet. La partie romantique de la rencontre versant dans les silences et le contemplatif abuse des non-dits et de la suggestion, surtout que personne ne peut confirmer la véracité de cette rencontre. Ensuite, le rythme est (un peu) plus soutenu mais la manière dont « Hamnet » se complait dans le dolorisme est excessive et contre-productive à tel point qu’on a du mal à être ému parce qui devrait l’être. Ces moments de douleurs sont étirés, presque acharnés. On a donc un film beau sous toutes les coutures et avec une note d’intention claire mais qui pourra rebuter durant les trois quarts de son déroulement singulier. C’est notre cas et le chemin pour arriver à ce final si marquant est pénible, ce qui occasionne frustration. À tel point qu’on se demande si on n’aurait presque pas préféré que tout le film soit de cet acabit pour éviter ladite frustration

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Yann C.
Yann C.

31 abonnés 74 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2025
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. Avant tout pour les 2 acteurs fabuleux. Et pour ses messages sur l'influence et l'impact de l'art. certains diront que c'est trop larmoyant, j'ai trouvé ça juste et puissant sur l'émotion générée.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2026
"Être, ou ne pas être."

La cinéaste Chloé Zhao (The Rider, Les Éternels et la future nouvelle série Buffy) adapte le roman de Maggie O'Farrell et nous replonge dans l'Angleterre de la fin du 16e siècle pour nous conter l'histoire, belle et tragique, d'Agnes et de William Shakespeare.

Produite notamment par Sam Mendes et Steven Spielberg, une œuvre à taille humaine et aux accents Malickiens (période «Le Nouveau Monde»), nous parlant du désir et de la douleur, de la création et du deuil.

Un film pouvant compter sur une photographie en clair-obscur, des décors soignés et bien sûr un casting très impliqué (mentions spéciales à Jessie Buckley, Paul Mescal et au jeune Jacobi Jupe dans le rôle d'Hamnet).

Un mélodrame historico-fictionnel où tout est à sa place. Un peu trop sans doute. Comme si le film fonctionnait selon une mécanique bien huilée dont on peut percevoir les ficelles, nous poussant à ressentir telle ou telle chose à tel ou tel moment de l'histoire (ce qu'il peut faire de manière trop appuyée, surtout dans son 2nd tiers).
Et disons que j'ai du mal à vraiment me laisser porter par une œuvre qui me répète où je dois aller.

Et pourtant, malgré cet aspect mélodramatique trop surligné qui ne m'a pas véritablement convaincu, je ne me suis jamais ennuyé devant cette chronique familiale, traitée avec une certaine justesse dans ses moments de vie comme dans ses moments de silence. Et le portrait de cette mère-sorcière s'étant fait la promesse qu'il n'arrive jamais rien à ses enfants, et portée par une actrice talentueuse et habitée (et que j'ai hâte de découvrir dans le futur «The Bride» de Maggie Gyllenhaal).

Mais c'est surtout dans ses dernières minutes, spoiler: quand le chagrin palpable et la résilience scénique se prennent main dans la main, comme pour défier la mort (tout ça sur le morceau «On the Nature of Daylight» du compositeur Max Richter, qui fait toujours son petit effet au cinéma depuis «Shutter Island»)
, qu'un lâcher-prise s'opère, presque naturellement, et que l'émotion, la vraie, parvient enfin à émerger. Un peu tard certes, mais enfin.

Un segment final qui m'a pas mal rappelé celui du très beau «Ghostlight» (dont le cœur du film était la pièce «Roméo et Juliette») : spoiler: le théâtre permet de poser des mots sur ce que l'on ressent, de dire au revoir à ces fantômes tragiques qui occupent toutes nos pensées (sans pour autant les oublier, parce que c'est impossible), et enfin d'avancer à nouveau.


Faisant partie des grands favoris aux prochains Oscars (avec 8 nominations), ce «Hamnet» s'avère donc être un bon film, surtout grâce à sa distribution et sa partie théâtrale, sans pour autant être à mes yeux LE bouleversement de ce début d'année.
Un peu plus de simplicité et un peu moins de "représentation" n'aurait peut-être pas fait de mal pour donner à cette fresque profondément humaine toute l'authenticité qu'elle méritait.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2026
Adapté du roman éponyme de Maggie O'Farrell (2020), ce long-métrage nous entraîne dans l'Angleterre des années 1580-1590, entre Londres et sa proche campagne, au coeur du couple Shakespeare frappé par un drame intime qui nourrira l’élan créatif de papa William.
Le regard de la caméra se centre essentiellement sur Agnes, femme libre, solaire et instinctive, élevant quasi seule les 3 enfants du ménage, tandis que l'absence de son mari, travaillant beaucoup à Londres pour ses pièces de théâtre, creuse peu à peu une distance entre les deux époux.
La mise en scène est soignée, le rythme est lent mais délicat, précis et plutôt prenant.
Ce film américano-britannique est vraiment bon, mais la dernière 1/2 heure tutoie carrément le sublime ! Ou quand l'art permet d’élever nos âmes au-dessus de notre propre réalité de simple mortel...
Je ne m’attendais pas à être aussi touché, quelle émotion sur le final !!
Bouleversant et magnifiquement interprété par deux comédiens talentueux (Jessie Buckley et Paul Mescal), accompagné de l'épatant jeune Jacobi Jupe dans le rôle du petit Hamnet de 11 ans.
Une oeuvre sensible et réussie, et même brillante sur certaines scènes !
Site CINEMADOURG . free . fr
tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 février 2026
L’esthétique est remarquable mais l’émotion elle est quasi absente, sauf dans le final qui est certes d’une grande puissance. C’est trop peu et frustrant.
Sundayscale
Sundayscale

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 janvier 2026
L' un des problèmes majeurs d' Hamnet est son incohérence interne.
Lorsqu'il écrit Hamlet, Shakespeare a deja composé ses grands chefs d' oeuvres: Roméo et Juliette, le Songe d' une nuit d' été, Richard III, Henry IV, Jules Cesar. Son genie est formé et reconnu et sa langue est une des plus inventives et riches de son temps. De plus c' est un homme avec un des parcours d' érudition les plus denses qui soient avec un esprit non seulement tragique mais audacieux, burlesque et comique.
Or dans la première moitié du film,même s' il est présenté comme un precepteur de latin dans les premiers plans, il est ensuite montré comme un homme simple, mi-professeur, mi- artisan, au physique de robin des bois romantique qui part "fabriquer des gants pour une troupe de théatre".
On comprend l' idée d' en faire un homme total, charnel et physique, mais ce choix ridiculise totalement son rôle de créateur et d' esprit imminent de son temps. Son langage est aussi plat que possible , et sa stature de grand intellectuel et erudit disparait complètement. Pas de livres, pas de genie intellectuel ou comique. Paul Mescal incarne un Shakespeare sportif et viril plûtot qu' un ecrivain traversé par la pensée et le langage. On n' entends ni ne voit un esprit exceptionnel , ni même un homme travaillé par la langue. Autant filmer Mozart sans musique.
On peut choisir de laisser le travail intellectuel hors champ pour des raisons de point de vue narratif. Mais ne pas le montrer du tout, ne pas en suggerer les traces donne l ' impression que le personnage n' a pas de pensée, de discipline, ni de génie.
Si on a tenu jusque là, on découvre dans la troisieme partie que c' est un genie du théatre. Il semble écrire un chef d oeuvre comme par magie mais sans aucune progression crédible. On a l' impression que le film ne sait pas comment représenter le genie créateur de Shakespeare et tente de compenser par une transformation instantanée, artificielle et spectaculaire.
Le film semble en tout cela donner l impression qu' il est bien plus petit que son sujet.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 février 2026
Avant toute chose, il est important de préciser que je ne suis pas un grand fan du travail de Chloé Zhao. J'ai eu beaucoup de mal avec "The Rider" dont je n'ai d'ailleurs gardé que le souvenir de m'être ennuyé et "Les Éternels" n'était pas franchement mémorable (bien qu'il soit tout de même un des meilleurs Marvel de ces dernières années... oui j'ose parler de Marvel ici) et je n'ai pas vu "Nomanland". Mais devant des critiques si dithyrambiques, la curiosité m'a quand même piqué et... bah je suis pas fan quoi !
Adapté du roman éponyme de Maggie O'Farrell, le film explore la vie de couple de William Shakespeare et d'Anne Hathaway. Mais ici renommée Agnes puisque tout cela est fictif, d'ailleurs le nom de Shakespeare n'apparait à aucun moment dans le bouquin. Eh oui puisqu'Anne n'était pas une étrange sorcière des bois bercée par le mysticisme de la nature et des animaux sauvages contrairement à Agnes.
Et centrer le récit principalement de son point de vue est franchement une bonne idée puisque c'est un personnage déjà très absent de l'Histoire qui se traine en plus une réputation de mégère ou du moins de légende racontant qu'elle était soit-disant détestée de son époux de huit ans son cadet. Bref, tout ça pour dire qu'il n'y a de "réel" que la mort d'Hamnet et l'éloignement des deux époux (l'une restant à la campagne pendant que l'autre écrit à Londres). Et d'où le fait de forcément s'intéresser davantage à un point de vue qu'un autre. Et le sien, encore une fois, est particulièrement et intéressant ici puisqu'on vit le deuil du point de vue la mère, exclue de la société et étant finalement très éloignée ou indifférente des activités de William.
Simplement, nous sommes face ici à un mélodrame bien trop appuyé. Ce qui fait que c'est lourd en permanence. La mise en scène est lourdingue en surlignant toujours le propos, les silences "qui en disent longs" sont lourdingues, les personnages sont lourdingues et la photographie est lourdingue, de même que l'étalonnage d'ailleurs. Chloé Zhao sait pourtant maitriser sa caméra, nous avons plusieurs fulgurances avec dans plans très soignés mais, encore une fois, c'est au service d'une mise en scène qui surligne toujours tout. Alors oui, le deuil ce n'est jamais joyeux mais même avant la mort d'Hamnet, le film semble toujours vouloir nous assommer avec du larmoyant et du pathétique qui flirte presque quelques-fois avec le sensationnalisme, comme les scènes d'accouchement qui sont épuisantes pour le personnage mais surtout pour les spectateurs.
Seule la fin est sacrément bien maitrisée. Et quand je dis "la fin", je parle plus précisément de la représentation d'"Hamlet". Là, c'est beau, on y croit, la représentation qui rentre tout de suite en résonance avec le deuil que les deux parents gèrent d'une manière très différente mais pourtant ici, leurs émotions peuvent enfin se rencontrer par le prisme de l'acteur qui joue Hamlet et donc, par extension, la projection qu'avait son père d'Hamnet adulte. Et franchement, la scène est très touchante, même si Max Richter ose ramener son sempiternel plaintif (mais très beau, je l'admet) "On the Nature of Daylight" avec lequel on atteint le paroxysme du mélodrame mais paradoxalement, on accroche car, pour une fois, c'est bien exécuté.
Bref, hormis une excellente performance d'acteurs et quelques bonnes idées çà et là, "Hamnet" restera pour moi une grosse déception.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2026
Insistons sur le fait que le film est à l'image du roman, une fiction, la grande majorité de ce qui est raconté tient du fantasme. Pour être plus clair, la passion au sein du couple Shakespeare n'est pas évidente, le dramaturge est déjà connu à la mort de son fils ayant déjà écrit entre autre "Titus Andronicus" ou "Roméo et Juliette", et les causes de la mort du fils restent inconnues. Ainsi le film invente, on réécrit l'Histoire, on imagine parfois autre chose que les faits... etc... Mais le plus gênant dans le film c'est son scénario, qui est en fait une tragédie familiale super classique dont la seule "originalité" est de faire croire à un biopic sur Shakespeare. Le récit reprend un canevas universel sur la perte d'un enfant. La partie artistique est donc quasi inexistante, à peine exploitée pour un drame familial tout ce qu'il y a de banal, ce qui pourrait être déjà très bien si on n'avait pas l'impression d'avoir été berné sur la réelle thématique du film. Heureusement, on apprécie la reconstitution, la jolie photographie, les personnages et surtout le couple Shakespeare merveilleusement incarné par Paul Mescal et Jessie Buckley au diapason. Note indulgente
Site : Selenie
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