Hamnet
Note moyenne
4,1
4421 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

438 critiques spectateurs

5
112 critiques
4
161 critiques
3
86 critiques
2
46 critiques
1
20 critiques
0
13 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Sophie
Sophie

11 abonnés 59 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 janvier 2026
Une torture. C'est grandiloquent, tout est porté à son paroxysme : le jeu est excessif, de nombreux plans sont excessivement étirés en longueur, la musique vient tout souligner de manière pompeuse... C'est à un point que parfois ça en devient risible, quand bien même les actions sont dramatiques. Rares sont les temps de respiration. En outre la majeure partie du film montre en long et en large deux accouchements et la mort d'un enfant, ces faits sont trop anecdotiques pour être intéressants dans le contexte (n'oublions pas que tout est censé converger vers la pièce "Hamlet", mais ça tarde, ça tarde, ça digresse...). Le personnage d'Agnès est un stéréotype de la sorcière, et aussi de la femme hystérique, voire manipulatrice (elle demande à son mari de partir à Londres, elle refuse de l'y rejoindre pendant des années puis finalement lui reproche lourdement son absence). c'en est pénible. Le récit prend le contre-pied des connaissances admises sur la vie de Shakespeare (on sait par exemple qu'il avait délaissé son épouse et sans doute la méprisait) pour construire une sorte de romance idéaliste bien cliché. Sans parler du côté mystique là encore beaucoup trop appuyé. Bref je n'ai pas adhéré du tout, sauf que la reconstitution du XVIe s dans les décors et costumes est réussie.
Flower 0478
Flower 0478

106 abonnés 440 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2026
Pour moi c'est un chefs d'œuvre ouah quel prestation de Jessie Buckley c'est une actrice talentueuse elle est attachante, émouvante dans son rôle j'ai versé ma petite larme à la fin et le jeune acteur qui interprète leur fils quel prestation chapeau bas il a beaucoup de talent c'est un grand acteur en devenir il m'a fait verser ma petite larme je conseille fortement ce film.
Totoloinloin
Totoloinloin

13 abonnés 469 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 février 2026
C'est artistique, c'est poétique, c'est historique,c'est théâtral, c'est sans décors, c'est long, c'est chiant.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2026
Il y a des films qui vous attrapent par le col, et d’autres qui vous prennent par la main. "Hamnet" appartient clairement à la seconde catégorie : il avance à pas feutrés, comme s’il avait peur de réveiller quelque chose en vous. Chloé Zhao y filme moins une “grande histoire” qu’un espace intérieur, et c’est ce qui frappe d’emblée : la sensation de traverser un drame à hauteur de peau, de souffle, d’habitudes minuscules. On est en Angleterre à la fin du XVIᵉ siècle, dans un monde de boue, de tissus rêches, de bois qui craque, où l’amour n’est pas un concept mais une organisation quotidienne — et où la perte, quand elle arrive, ne se contente pas d’être un événement : elle reconfigure la lumière, le silence, la place de chacun dans la pièce.

Ce qui rend le film particulièrement singulier, c’est son refus du biopic à la chaîne. Zhao ne court pas après le prestige “Shakespeare” à coups de tirades ou de reconstitution muséale ; elle préfère le détour, la pudeur, la sensation. Le récit, adapté du roman de Maggie O’Farrell et coécrit avec elle, ressemble à une longue mise au point : le génie, ici, n’est jamais une statue, plutôt un homme, un couple, une maison, des enfants, des saisons — et surtout une femme, Agnes, dont le film épouse la perception du monde. Cette focalisation change tout : au lieu d’une œuvre qui expliquerait “d’où vient Hamlet” comme un exercice scolaire, le film cherche ce que le chagrin fait au langage avant même que les mots existent, ce que l’amour devient quand il ne sert plus de protection, ce que la création peut — ou ne peut pas — réparer.

Dans cette perspective, Jessie Buckley est le cœur battant du film, un cœur pas toujours aimable au sens classique, mais intensément vivant. Elle joue Agnes comme un mélange de solidité terrienne et de nervure à vif : quelqu’un qui sait lire les autres, parfois trop, et qui paie cette lucidité par une fatigue profonde, presque animale. Face à elle, Paul Mescal a l’intelligence de ne pas imposer sa présence : il est là, attentif, parfois fuyant, traversé par une douceur qui peut tourner à l’absence. Leur couple n’est pas idéalisé ; il est crédible, donc parfois irritant, souvent bouleversant. Et quand le film met leurs corps dans le même cadre, il y a cette alchimie rare où l’on comprend tout sans qu’on vous le dise : la tendresse, la friction, la peur de se perdre, la tentation de se faire mal sans le vouloir.

Techniquement, Zhao retrouve une forme de grâce tactile. La caméra observe, attend, capte les gestes ordinaires comme des fragments de rituel. La photographie de Łukasz Żal donne au film une texture de mémoire, avec des intérieurs qui semblent éclairés par des secrets plutôt que par des bougies, et des extérieurs où la nature n’est jamais un décor neutre. La musique de Max Richter arrive comme une marée : souvent magnifique, parfois un peu trop insistante, comme si le film n’avait pas toujours confiance dans la puissance nue de ses images. Il y a des moments où la partition élève l’émotion avec une élégance indéniable, et d’autres où elle frôle cette zone délicate où l’on sent la main du film guider ce que l’on doit ressentir.

C’est là que Hamnet se situe dans une tension qui le rend à la fois passionnant et légèrement inégal. Quand il se contente d’être simple, il est redoutable : une table, une chambre, un chemin, un regard qui dure une seconde de trop, et tout s’ouvre. Mais lorsque la mise en scène insiste, lorsque le symbolisme devient plus appuyé, lorsque une idée est répétée au lieu d’être laissée en suspension, le film perd un peu de son mystère. On admire la cohérence, l’ambition, la délicatesse générale, tout en ayant parfois envie qu’il lâche prise, qu’il accepte de nous laisser seuls avec l’émotion. À certains moments, la beauté est si travaillée qu’elle en devient consciente d’elle-même — ce qui n’est pas un défaut rédhibitoire, mais empêche le film d’atteindre une forme de vertige constant.

Le scénario a néanmoins une qualité rare : il s’intéresse à la manière dont un drame se propage, pas seulement à ses conséquences visibles. La douleur ne se résume jamais à un personnage triste ; elle s’exprime dans l’organisation des journées, dans les paroles qu’on évite, dans les gestes qu’on n’ose plus faire, dans le temps qui s’allonge. Le film préfère le sous-texte aux explications, les silences aux démonstrations. Cette pudeur, admirable sur le principe, peut parfois créer une légère distance : on se sent profondément proche des personnages, puis soudain un peu à l’écart, comme si l’intimité devenait un filtre plutôt qu’une ouverture totale.

Les seconds rôles apportent une densité bienvenue, même si tous n’ont pas l’espace nécessaire pour exister pleinement. Emily Watson, notamment, impose une présence qui enrichit chaque apparition, avec cette façon de jouer l’ambivalence sans jamais la souligner. Mais Hamnet reste avant tout un film de foyer, de couple, de noyau familial, et il assume cette concentration, quitte à laisser certaines figures à la périphérie, comme des présences fonctionnelles plutôt que des trajectoires complètes. Ce choix est cohérent avec ce que raconte le film — un monde qui se resserre autour d’un manque —, mais il explique aussi pourquoi on peut ressortir très touché sans avoir l’impression d’avoir exploré toutes les strates possibles.

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est l’intelligence émotionnelle de l’ensemble. Le film parle du deuil sans chercher les grandes scènes obligatoires, de l’amour sans le transformer en slogan, de la création sans la sacraliser. Il y a là quelque chose de profondément moderne dans le regard : une attention à l’interdépendance, à la manière dont chacun tient grâce aux autres, jusqu’au moment où cela ne suffit plus. On sent une cinéaste qui cherche avant tout la justesse, même quand elle se laisse parfois emporter par une tentation lyrique un peu appuyée.

On comprend aussi pourquoi le film attire autant l’attention : il a ce mélange de sérieux, de prestige et de sincérité qui marque, et il offre une performance centrale qui reste longtemps en tête. Pourtant, malgré de vrais moments de grâce, il manque ce supplément de danger ou d’imprévu qui transforme une très belle œuvre en évidence absolue. À force de maîtriser son rythme, le film frôle parfois la démonstration ; à force de chercher l’épure, il se rapproche d’un “beau” qui peut lisser l’impact émotionnel.

Il n’en reste pas moins une expérience de cinéma solide, souvent émouvante, parfois bouleversante, portée par une mise en scène attentive aux visages et aux silences, et par une interprétation principale d’une intensité remarquable. Un film qui s’impose par sa sensibilité, sa cohérence et son humanité, même avec quelques fragilités visibles. Et, paradoxalement, ce sont peut-être ces fragilités-là qui l’empêchent d’être un chef-d’œuvre incontestable, tout en le rendant profondément digne d’être vu et discuté.
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 janvier 2026
On est partagé. La première partie est dans la lignée des grands films de Chloé Zhao, poétesse de la ruralité et des tourments intérieurs. La seconde partie est imprégnée de lourdeurs mélodramatiques (on est loin d'un Sirk) puis de didactisme surligné, musique emphatique à l'appui. Chloé Zhao mérite mieux que d'être la cheffe d'orchestre d'un produit à Oscars.
Mulatu
Mulatu

12 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 janvier 2026
J’ai été super déçu par ce film vu en salle au Brésil. Tout juste un mauvais téléfilm, au scénario faiblard, très mal filmé : champs-contre-champs cadrés très serrés comme dans une sit-com, scènes ultra-mélo enrobées de violons dégoulinants, qualité de l’image très VHS des années 2000. Mention spéciale, toutefois, pour la belle Jessie Buckley, qui mériterait d'être mieux dirigée.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2025
Première heure très très bonne, la seconde plus classique car on en voit les coutures. Pourtant, Chloe Zhao propose 3 acmés émotionnels complètement dévastateurs dans ce Hamnet, retraçant l'histoire d'amour entre William Shakespeare et sa femme, avant que la tragédie soit catalyseur d'une catharsis par la fiction.
Du "Hamlet Origins" en un sens, mais d'une pureté lyrique telle que le film parvient à nous emporter dans cette romance vendue comme contraire à Dieu, tandis que la naissance et la mort dont traitées de manière égale en terme de processus alchimique.
Mon regret tiendra peut-être dans le fait que la seconde partie se concentre évidemment sur l'intimité du couple principal, en laissant justement peu de place au reste des personnages ou à l'éventualité d'un discours plus ample sur la naissance du théâtre moderne.
Paul Mescal est excellent, la réalisation sobre et maîtrisée, mais c'est Jesse Buckley qui emporte tout dans son passage dans une prestation assez exceptionnelle (j'ai rarement vu une séquence d'accouchement aussi bien jouée).

Bref, une réussite !
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2026
Quatre ans après l'incartade Marvel avec Les Éternels, Chloé Zhao revient à ses amours et reconnecte directement avec les marginaux accablés. Elle adapte le roman Hamnet de Maggie O'Farrell, qui livrait une interprétation très libre sur les germes de la tragédie légendaire signée Shakespeare. Mais ici, le poète et dramaturge passe au second plan car la lumière se destine à Agnès (Jessie Buckley, simplement prodigieuse), sa conjointe et mère de ses trois enfants. Le personnage renvoie à un mysticisme qui n'est pas sans évoquer Terrence Malick, en prise avec des choses qui échappent au commun des mortels. Sa communion avec un esprit aussi fécond que l'auteur de Hamlet coule de source. C'est d'ailleurs cette première partie qui ensorcelle. Un lyrisme étrange souffle alors que la réalisatrice évite les écueils du film d'époque compassé pour aller vers une forme à la fois directe (pas de circonvolutions, plusieurs ellipses) et abstraite. La photographie envoutante de Łukasz Żal et la composition des cadres sont à la fois raccord avec le naturalisme dont Zhao est coutumière tout en restreignant le champ comme si nous nous trouvions...devant une scène de théâtre. Ce qui va évidemment prendre une tout autre envergure lors de la deuxième partie d'Hamnet, hélas beaucoup plus convenue. Mais le film se rattrape dans ses dernières minutes où la notion de deuil sépare puis rassemble deux êtres qui n'ont eu de cesse de lutter face à lui, chacun à sa manière. Et dans cet instant de vulnérabilité, le besoin d'un récit cathartique. Chose qui sera là aux grands moments d'Agnès et de son mari, à leur rencontre jusqu'à leur acceptation de la mort. Ça fait du bien de retrouver Chloé Zhao.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 741 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2026
Après la parenthèse Marvel discutable, Chloé Zhao est de retour dans son registre et dans son style si singulier ! Hamnet est une claque absolue et son meilleur film !

Comme avec ses précédents films, Chloé Zhao te tient en haleine durant les 2/3 tiers du films et dès que cette montée atteint son paroxysme, l'émotion lâchée est extraordinaire... Tout le dernier acte, est symbolise son récit par les aspects et les sujets traités. C'est d'une puissance rare.

La mise en scène de Chloé Zhao est extraordinaire et ses images sont mémorables comme jamais. Si son travail du cadre est aussi forte, c'est notamment dû aux acteurs et actrices qui accompagnent le récit. Jesse Buckley mérite toutes les louanges qu'elle reçoient mais on ne parle pas assez de Paul Mescal... Comme avec Aftersun, son personnage est fragile et sensible ; Chloé Zhao réussit à transmettre cette sensibilité et à nous le faire comprendre.

Sans voix
Simoun
Simoun

18 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 janvier 2026
Ça fait longtemps que je n'ai pas vu un film aussi émouvant, aussi profond et aussi beau. Du début à la fin, nous sommes plongés dans une ambiance shakespearienne, sans parler de Jessie Buckley qui est époustouflante dans son rôle d'Agnès et qui mérite l'Oscar !
Pôpô passion ciné
Pôpô passion ciné

32 abonnés 332 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2026
"Hamnet" ou quand l'art peut aider à exprimer la douleur qu'on enfouit en nous.

L'originalité de ce biopic est qu'il n'en ait pas un... La réalisatrice arrive à détacher l'artiste de l'histoire en se concentrant sur les personnages et leur vie en ne mentionnant leur nom que tard dans le film.

C'est un récit magnifique j'ai été en larme sur de nombreuses scènes et encore à la fin j'ai été marquée un moment...

C'est le genre de film qui me transporte : une lenteur contrôlée, centrée sur la nature, l'esthétique et les émotions des personnages.
J'ai assisté à un moment suspendu et à de la poésie pure.

Ce film m'a fait penser à "Ghostlight" dans son approche des non-dits dans une famille par l'art.
Plus on est proche de sa famille et plus on veut l'épargner de sa douleur.

Jessie Buckley est bouleversante ! Je comprends pourquoi elle a gagné autant de prix et je pense que la route pour les Oscars est toute tracée ! Cette mère courage est poignante et son parcours de deuil est un exemple !

Paul Mescal est encore une fois incroyablement ancré dans son personnage. Son regard vaut mille répliques : il n'a pas besoin de mots pour exprimer ce qu'il ressent. Il est d'une sensibilité rare et il confirme son statut d'acteur en vogue !

Et que dire des enfants : tellement justes et émouvants !

C'est un film empreint de beauté, de magie et d'une délicatesse rare !
Le rythme contemplatif peut dérouter mais il est nécessaire pour s'imprégner de l'atmosphère et pour aborder le thème déchirant de la perte d'un enfant !

C'est un immense coup de coeur pour moi et mon premier 5/5 de l'année !
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 février 2026
Nouveau film de Chloé Zhao, après l’excellent Nomadland et le décevant Les éternels, ici elle adapte un roman autour d’un moment de la vie de William Shakespeare qui lui a inspiré Hamlet.


La mise en scène est plutôt élégante, c’est beau et soigné techniquement. Mais je n’ai pas accroché : ni à l’histoire, ni aux personnages. J’ai trouvé ça long et assez ennuyeux, même si la dernière demi-heure relève un peu le tout. Un certain côté poétique tout de même mais pas vraiment d'émotion pour moi. Un brin trop austère sans doute. On me l'avait annoncé comme un tire-larme, j'ai pourtant la larme facile mais là rien. Heureusement niveau interprétation, rien à dire : Jessie Buckley et Paul Mescal sont parfaits, même s'ils en font parfois peut être un peu trop. Et on retrouve avec plaisir Emily Watson l'inoubliable Bess de Breaking the waves.


Bref, un film dont j’attendais beaucoup, mais qui m’a passablement déçu. Dommage
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2026
"Hamnet" est l'adaptation du roman de Maggie O’Farrell. Nommé dans de nombreuses catégories aux Oscars, BAFTA et Golden Globes, le film ne raconte pas l'histoire de William Shakespeare, mais se concentre sur son foyer et notamment sa femme Anne Hathaway, rebaptisée ici Agnes. Loin des faits historiques, le récit assume une large part de fiction et de romanesque, imaginant les silences, les absences et les fractures émotionnelles d’un couple confronté à la perte. La mise en scène est d’une grande beauté. Les décors, la reconstitution minutieuse des costumes et la lumière composent une photographie profondément incarnée. Dans ce cadre, Jessie Buckley impressionne. Elle habite son personnage avec une intensité brute, instinctive, donnant à Agnes une présence magnétique. Cependant, cette élégance se heurte à un choix de ton parfois trop appuyé. Le film insiste lourdement sur le drame, étire la douleur, et semble vouloir guider les émotions du spectateur jusqu’aux larmes.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 janvier 2026
Qui est le film ?
Après The Rider et Nomadland, films arrimés à une Amérique contemporaine et à ses corps errants, Zhao se détourne du présent pour affronter une matière historique et littéraire autrement périlleuse. Comment filmer Shakespeare sans l’ériger en monument. Comment approcher Hamlet sans le réduire à une origine explicative, sans l’enfermer dans une dramaturgie rassurante. Hamnet choisit une voie oblique, ne regardant pas l’œuvre mais ce qui la précède, ce qui la fissure et, peut-être, la rend possible. Ici, Hamnet ne propose ni reconstitution historique ni enquête érudite. Sa promesse est d'observer comment une perte désaccorde un monde, comment l’art surgit non comme réparation ni dépassement mais comme une forme de survivance. Tout est là. Faire éprouver, avant même de comprendre, ce que coûte réellement la perte et la naissance d’une œuvre.

Par quels moyens ?
Hamnet ne se donne pas d’abord comme un film narratif mais comme une immersion perceptive. Zhao installe un état. Le film commence avant les événements, avant le drame, avant même l’idée de tragédie. Il commence dans un monde. Et ce monde est une forêt, presenté comme organisme. Les arbres respirent, la lumière enveloppe, le vent circule et les rapaces y volent comme des pensées. Le travail de Łukasz Żal à la photographie est fabuleux en tout point.

Agnes est le centre réel du film, bien plus que William. Elle n’est pas seulement une mère endeuillée ou une épouse abandonnée par l’ambition masculine. Elle est présentée non comme une sorcière au sens folklorique mais comme un corps accordé à ce monde. Elle ressent avant de comprendre. Elle pressent avant de savoir. Jessie Buckley incarne Agnes comme une présence avant d’être un personnage. Zhao ne la filme pas comme une femme de son temps mais comme un corps traversé par le temps. Agnes perçoit le lien secret entre les jumeaux comme une évidence sensorielle. Et cette intuition du lien invisible est essentielle car elle prépare la catastrophe sans la dramatiser.

Après la mort de Hamnet, ce n’est pas l’enfant qui devient un fantôme mais le père. Shakespeare est celui qui survit mais qui n’est plus vivant. Il erre, travaille, écrit mais son âme est au fond de lui-même. Le film inverse la logique habituelle du deuil. Ce n’est pas le mort qui hante les vivants, c’est le vivant qui hante le monde. Cette idée permet de penser l’écriture comme une cicatrice active : Shakespeare écrit Hamlet non pour comprendre la mort de son fils mais pour continuer à exister malgré elle.

La mise en abyme finale, la représentation de Hamlet, agit comme une révélation pour Agnes. Elle reconnaît dans la pièce quelque chose de son fils, une projection affective mais aussi quelque chose de William. La douleur qui traverse l’écriture de la tragédie n’est plus abstraite. Elle devient une douleur déplacée dans la langue, transfigurée par la fiction. William écrit depuis un manque qu’il ne peut formuler autrement. Sa souffrance ne s’exprime pas par le cri ou l’effondrement mais par la construction d’un monde où le deuil se rejoue sans jamais se résoudre. En comprenant cela, Agnes reconnaît un homme qui tente de survivre à l’inacceptable en le mettant en scène. La scène fonctionne moins comme une explication que comme une confrontation. Agnes ressent Hamlet. Elle perçoit dans ses silences, ses hésitations et sa mélancolie ce que son fils aurait pu devenir mais aussi ce que William est devenu. Le théâtre devient alors un espace de résurgence du possible, un lieu où la douleur circule entre les corps, se transmet sans se dire et où l’amour retrouve enfin une forme de compréhension.

Visuellement, l’écho entre le plan zénithal de la forêt au début et celui de la scène à la fin est remarquable. Zhao affirme que la nature et l’art sont deux formes d’un même souffle vital. La forêt et le théâtre sont des lieux de circulation entre les mondes. Cependant, certaines allusions en amont trop explicites, comme la récitation de To be or not to be, affaiblissent cette puissance.

Le film assume pleinement son caractère spéculatif. Il ne prétend pas expliquer Shakespeare. Il invente une origine émotionnelle possible et c'est une force. Hamnet ne cherche pas la vérité historique mais une vérité existentielle. Zhao transforme un vide biographique en espace poétique. Ce choix sert le film tant qu’il reste dans l’hypothèse sensible.

Quelle lecture en tirer ?
Hamnet ne cherche pas à expliquer pourquoi Shakespeare a écrit Hamlet. Il s’attarde sur ce que cela arrache de soi de continuer à respirer quand ce qui donnait forme, direction et nécessité au monde s’est effondré. La douleur s’installe et sédimente. Elle devient une fatigue de l’âme qui alourdit chaque instant. Survivre n’a rien d’héroïque. C’est un effort presque indécent, parfois vécu comme une faute, comme si persister à être là revenait à abandonner ceux qui ne le sont plus. Le film progresse dans cette zone d’incertitude où la création ne sauve pas, où l’art ne répare rien mais offre à peine un cadre pour que l’effondrement ne soit pas total.
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 422 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 février 2026
La romance est rapide. L’enfantement est rapide (peu réaliste dans la forêt). Le mariage est rapide (et pourtant non voulu par la famille). Mais la mort étouffe le film : pleurs, larmes, crises hystériques : mais quel ennui ! spoiler: Et Hamnet qui se sacrifie pour sa sœur et miraculeusement la peste change de camp.
Jusqu’à l’épilogue sur scène… mortifère lui aussi… Accrochez-vous si vous n’avez pas le moral !
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse