Septembre 1939. Sigmund Freud a fui l’Autriche annexée par les nazis et s’est réfugié avec sa fille Anna en Angleterre. Il mourra d’ici la fin du mois d’un cancer du maxillaire qui le fait terriblement souffrir. L’octogénaire accepte de recevoir à son domicile londonien l’écrivain catholique . Lewis qui vient de brosser de lui un portrait peu amène dans son dernier livre.
La psychanalyse a si profondément marqué le vingtième siècle que son « inventeur », Sigmund Freud, est lui-même devenu une figure emblématique dont le cinéma s’est emparé. Montgomery Clift lui a prêté ses traits pour l’imaginer, encore jeune, poser les bases de la psychanalyse après sa rencontre à Paris avec Charcot (John Huston, "Freud passions secrètes"). Viggo Mortensen imagine quelques années plus tard sa rencontre avec Carl Jung (David Cronenberg, "A Dangerous Method").
"Freud’s Last Session" est inspiré d’une pièce de théâtre montée en 2009, elle-même tirée d’un livre écrit en 2002 par un psychiatre américain, Armand Nicholi, "The Question of God". Nicholi avait donné pendant trente-cinq ans un cours à Harvard sur Freud et sur Lewis. Il inventa de toutes pièces une rencontre apocryphe entre les deux hommes et rassembla ses notes dans un livre au sous-titre explicite : ". Lewis and Sigmund Freud Debate God, Love, Sex, and the Meaning of Life".
Le film pâtit de sa filiation théâtrale. C’est du (mauvais) théâtre filmé où la danse de Saint-Guy dont semblent être affligés les deux protagonistes, qui n’arrêtent pas de se déplacer d’une pièce à l’autre, essaie de compenser le statisme du scénario. En quoi consiste-t-il ? En une interminable logomachie entre deux hommes. L’un croyait au Ciel, l’autre n’y croyait pas. Freud se moque du sentiment religieux dans lequel il voit une consolation illusoire aux souffrances du monde terrestre. Lewis reproche à Freud d’avoir plongé dans les remugles du subconscient et d’avoir banni toute idée de transcendance.
Ce face-à-face n’avance pas et devient vite ennuyeux. L’interrompent quelques flashbacks pour évoquer la vie de Freud à Vienne et les traumatismes de Lewis dans les tranchées de la Première Guerre mondiale et quelques plans consacrés à la fille de Freud, Anna, qui ne réussit pas à s’affranchir de la figure envahissante de son père et à assumer sa liaison avec son amie de cœur Dorothy Burlingham.
Sorti dans un circuit limité de salles aux Etats-Unis en 2023 et au Royaume Uni en 2024, "Freud’s Last Session" ne vaut guère que par son interprétation, si l’on goûte le jeu d’Anthony Hopkins, que je trouve personnellement trop insistant, le charme so british de Matthew Goode ("Downton Abbey", "The Crown") et l’incandescence de Liv Lisa Friers découverte dans "Berlin Été 42".
J’ai été très déçu par ce film, qui, à mon sens, peine à trouver son public. Peut-être pourra-t-il intéresser quelques étudiants en psychanalyse, mais même pour des psychologues, il reste très limité. Malgré la présence d’acteurs aussi talentueux qu’Anthony Hopkins et Matthew Goode, le film apparaît très faible et manque cruellement de profondeur.
Le principal problème réside dans le rythme extrêmement lent et une mise en scène presque statique, où l’on assiste essentiellement à un débat interminable, entrecoupé de dialogues redondants et superficiels. Les échanges, qui auraient pu être passionnants, n’explorent jamais vraiment la complexité des thèmes abordés, ce qui rend l’ensemble assez ennuyeux et peu stimulant.
Par ailleurs, les personnages sont réduits à des caricatures figées : Freud, un homme aigri et narcissique, et Lewis, un puritain rigide, sans réelle évolution ni nuance. Cette absence de développement dramatique nuit à l’engagement du spectateur, qui reste spectateur d’un dialogue souvent stérile.
Enfin, certaines scènes, au lieu d’enrichir le récit, paraissent maladroites et gâchent le peu de dynamique que le film parvient à installer. Au final, malgré un sujet prometteur et des performances respectables, Freud, la dernière confession ne parvient ni à captiver ni à émouvoir, et se révèle une expérience plutôt décevante.
Je déconseille ce film, lent, long, malgré des acteurs formidables, c’est dommage ! Freud est caricaturé et Lewis manque cruellement de personnalité, pourtant Goodes est un excellent comédien.
L'interprétation d'Anthony Hopkins, est magistrale, et les dialogues dans ce film, qui sont on l'imagine tous tirés de faits réels et en tout cas des états d'esprit de leurs auteurs, sont foisonnants par la diversité des thèmes abordés, et ils sont tous liés à notre condition d'être humain : Dieu, la science, l'affect, la sexualité sous toutes ses formes, l'imaginaire, les phobies, les sentiments refoulés, les relations familiales, la souffrance, tout y passe et le spectateur se retrouve bien souvent acculé et poussé dans ses derniers retranchements, pour ne pas dire dans une impasse, tant les arguments fusent et s'opposent les uns aux autres en se neutralisant, sans jamais trouver d'écho véritablement satisfaisant pour l'esprit. En ce sens, c'est bien entendu au spectateur de faire son propre cheminement, le film aborde ces nombreux thèmes existentiels sans jugement et nous laisse libre d'explorer davantage les méandres de la psyché et du mystère de nos existences tout en projetant un éclairage nouveau sur l'état d'esprit du père de la psychanalyse arrivé en fin de vie. Un film à garder en mémoire pour en apprendre un peu plus sur toutes les facettes existentielles de l'être humain, celles qui nous guident en projetant une lumière irisée et changeante tout au long de nos vies.
Pour fuir l'Allemagne nazie, Sigmund Freud et sa fille se réfugient à Londres à la veille de la seconde guerre mondiale. Agé et malade, le célèbre psychanalyste est amené à rencontrer le jeune auteur d'un livre sur la foi religieuse qui a sollicité audience. Dès lors, on assiste à une confrontation oratoire sur l'existence de Dieu, l'errance des humains dans la vie et l'angoisse de la mort. Chacun délivre ses arguments et on revisite la théorie freudienne qui a considérablement bouleversé le regard scientifique sur la psychologie de l'enfant en particulier. Anthony Hopkins est magistral dans le rôle d'un médecin en fin de vie mais encore capable de tenir un discours cohérent.
Pour une fois que l’on nous propose un film intelligent et ne traitant pas uniquement de problèmes sociaux… Des dialogues brillants et une interprétation exceptionnelle font facilement passer une réalisation manquant effectivement un peu de légèreté
Bien qu'intéressant et bien interprété, ce film pêche par une mise en scène sans créativité qui ne réveille pas un scénario assez confus et un propos bavard sans être complètement convaincant et qui s'avère même soporifique dans les moments les plus importants... Dommage car Anthony Hopkins et Matthew Goode sont tous deux excellents.
Peut-on critiquer un film qui n'en est pas vraiment un ? Hors de question de se référer à la pièce de théâtre ou au livre qui en est à l'origine. Hors de question d'abonder pour ou contre l'existence de Dieu (puisque que tel est le sujet du film, les autres sujets abordés n'étant que des sous-questions qui reviennent à lui). Mais félicitons les deux acteurs qui en débattent, aussi convaincants l'un que l'autre - le plus drôle, c'est au début quand ils ne savent plus pourquoi ils se rencontrent ! Enfin, hors de question d'opiner sur Anna, la fille de Freud, dont la présence est surprenante et inutile (un film entier devrait lui être consacré).
Vu le titre, on s'attendait toutefois à une réflexion originale sur la psychanalyse. Il n'en est rien, sauf (comme déjà dit) à débattre sur la créature créée ou pas par Dieu. D'ailleurs par Dieu, c'est de celui des Chrétiens dont on parle, pas un autre, sauf à invoquer un dieu antique païen, Momos, "dieu de de la dérision, de l'ironie, de la critique, du sarcasme". Pour le coup, c'est le seul moment original du film - gloire aux Grecs qui avaient des dieux réalistes, tangibles et palpables !
Le mérite de ce documentaire fiction est justement de faire un focus sur le dialogue. Cet art qui se perd à cause de Momos ! Car Freud et Lewis ont des convictions opposées : n'empêche qu'ils dialoguent. On voit bien les tentatives de Momos d'ailleurs (Freud se moque de l'humour anglais, autant que Lewis se moque de l'humour de Freud basé sur la logique, des mots par exemple comme "prendre un bain"). Le film entier n'est que des tentatives de Momos... jusqu'à la fin où Freud suggère que "Dieu n'est pas suffisamment bon" !
Il y a un autre mérite à ce film : c'est de déjargoniser. Si Freud (Antony Hopkins) parlait comme un scientifique, et Lewis (Matthew Goode) comme un théologien, ça serait incompréhensible et barbant. Là, c'est vulgarisé. On n'aurait pas réussi à vulgariser pareillement si, à la place de Freud et Lewis, on avait eu Einstein et Bohr débattant sur la certitude et l'incertitude en mécanique quantique - autre fiction qu'on pourrait bien voir un jour sur les écrans.
Donc pour nous, le film c'est ça : ce n'est pas adopter une position ou une autre ; c'est reconnaître que seul le dialogue est sain, que pouvoir changer d'avis est le signe d'un cerveau sain, que les certitudes c'est la Bête - "Grow up!" lance Freud à l'humanité, "grandissez!". Le reste est sans intérêt (uniquement à ce niveau bien sûr) : la violence de l'enfant ; la sexualité qui est l'essence de la psychanalyse ; le syndrome post-traumatique ; l'intérêt de ce que les gens taisent par rapport à ce qu'ils disent...
Il s’agit d’une après-midi de la toute fin de vie de Freud à Londres en pleine guerre, il est très souffrant , et de la visite d’un jeune intellectuel . Ce film traite de religion et de la forte relation entre Freud et sa fille . C’est un film sombre, austère mais non sans humour dans lequel l’acteur Antony Hopkins est magistral !
Le scénario repose sur une rencontre intellectuelle imaginaire entre le futur auteur de " le monde de Narnia " CS Lewis et Sigmund Freud, ce dernier en exil à Londres au moment du déclenchement de la seconde guerre mondiale.
La dédicace lue par CS Lewis éclaire la réflexion que propose " Freud la dernière confession" : " il faut commettre beaucoup d'erreurs avant de découvrir la vérité".
La vérité, les deux protagonistes sont certains de la connaître. L'existence de Dieu pour Lewis, le secret des labyrinthes de l'inconscient pour Freud.
Pourtant, comme le montrera le film, la vérité que pense connaître chacun des deux protagonistes peu être mise en doute par des arguments faisant office d'alcool fort.
Quid de la mort des enfants et de la présence du Mal, pour justifier l'existence d'un Dieu créateur, bon et omniscient ? Oppose Freud à Lewis.
Quid de la vérité de la théorie freudienne si lui même ne respecte pas certains aspects clef de la méthodologie de la cure psychanalytique.
Lewis soulève respectueusement l'attitude contradictoire de Freud qui à dirigé lui-même les séances de sa fille homosexuelle Anna.
L'autre paradoxe souligné délicatement par Lewis c'est que, selon Freud lui-même, le lesbianisme trouve son origine dans des failles comportementales du père. Les certitudes freudiennes sont ainsi à leur tour, sérieusement ébranlées.
Réflexion sur la vérité, les difficultés à la découvrir ( même si elle existe incontestablement. Tout n'est certainement pas qu'une question de point de vue. )
" La dernière confession" repose essentiellement sur ses dialogues. La photo est léchée, l'interprétation d'Anthony Hopkins est comme toujours formidable. Bref, de mon point de vue, c'est beaucoup mieux que ce que j' ai parfois pu lire.
Sigmund Freud est le médecin qui a franchi le Rubicon à l'aube du XXe, il a voué sa vie à l'explicitation de l'existence de l'inconscient puis il y a tous ceux après lui qui l'on suivi et ont pensé avec son champs théorique. A l'ère de l’Intelligence artificielle et des neurosciences, des neuropsychologues, et de ce fait de l'importance de rappeler au monde ce médecin de l'âme , je regrette que soit mis en scène un échange avec un hypothétique Lewis au sujet de Dieu et à la fin de la vie de Freud lorsqu'il s'est réfugié à Londres. Ce film a le mérite de mettre en avant le sujet de la psychanalyse, quelques bribes au sujet des phobies, des angoisses et la relation qu'il avait avec sa fille. Rien sur Marie Bonaparte, sur Lou Andreas Salomé, sur Fliess, Jones, Ferenczi. Je n'ai pas compris le travail de Matt Brown, trois films à l'affiche en même temps ....pff . J'imagine que des grains de sables dans le grand engrenage cinématographique américain, un montage financier rocambolesque....Allez savoir chers cinéphiles ?
Sorti il y plus d un et demie à l'étranger, ce biopic décalé de Freud - on est sur la fin de sa vie quand il part vivre à Londres avec sa fille - ronronne gentiment avec Matthew Boone comme contradicteur du psychiatre qui va réveiller ses cauchemars de guerre.
Il en va de Freud comme de tout un chacun face à l'ultime voyage. Démuni face à l'échéance, il a, dans ce film, l'occasion de revisiter ce qui l'a rendu célèbre auprès de la communauté des psychothérapeutes. Les dialogues reprènent l'écume des choses pour les rendre au grand public avec une teneur naturelle, ce qui les rend peut-être un peu fades. Ceci-dit, ce film est à voir et peut-être à revoir...