Peacock a été présenté dans différents festivals internationaux tels que ceux de Venise, Marseille (Music & Cinema) ou encore celui des Arcs où il est reparti avec le Prix du public.
Il s’agit du premier long-métrage réalisé par le cinéaste autrichien Bernhard Wenger, après le succès de son court-métrage Excusez-moi, je cherche la salle de pingpong et ma petite amie, présenté dans plus de 120 festivals internationaux et lauréat d’une quarantaine de prix.
Le cinéaste a eu l’idée de son film en découvrant le phénomène des locations d’amis en lisant un article de presse sur ce sujet, en 2014. Quatre ans plus tard, en 2018, à l’occasion d’un séjour au Japon, il a fait la rencontre de plusieurs employés de ce type d’agences et a constaté que cela ne s’adressait plus uniquement aux personnes confrontées à la solitude. En effet, il est désormais possible de louer en toute légalité des personnes, contre rémunération, pour améliorer son image ou manipuler quelqu’un.
Privilégiant un humour pince-sans-rire et visuel, le réalisateur a souhaité faire naitre le rire davantage par la mise en scène, la direction artistique et les costumes plutôt que par les dialogues en eux-mêmes. Il cite ainsi parmi ses inspirations l’œuvre de Jacques Tati mais aussi le cinéma scandinave pour sa noirceur et sa liberté de ton ainsi que les comédies grinçantes britanniques.
Peacock s’ouvre sur l’image d’une voiturette de golf en feu. Un plan chargé de symbole puisqu’il représente la métaphore des gens de la haute société dont les valeurs sont peu à peu en train de se consumer.
Le rôle principal du film est interprété par le comédien allemand Albrecht Schuch, qui a souvent joué les héros (Benni, Berlin Alexanderplatz…). De manière à prendre le contre-pied de ces types de rôles qui jalonnaient sa carrière jusqu’à présent, Bernhard Wenger lui a donc proposé le rôle de Matthias, un "anti-héros" dans sa vie personnelle mais qui donne l’image d’un homme très sûr de lui dans ses différentes missions.
Plusieurs genres cohabitent dans le film, qui est à la fois une satire, une tragicomédie et un thriller.
Avec ce film, Bernhard Wenger retrouve plusieurs de ses collaborateurs comme son directeur de la photographie Albin Wildner et son monteur Ruppert Holler, présents à ses côtés sur tous ses courts-métrages. Les trois hommes se sont d’ailleurs rencontrés au moment de leurs études de cinéma.
Pour composer la personnalité de Matthias, Albrecht Schuch s’est inspiré du personnage principal du film Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher (2018), interprété par Adriano Tardiolo, notamment dans son rapport au monde, sa curiosité et son manque de jugement.