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Tony Truand
64 abonnés
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4,5
Publiée le 19 août 2026
Ce film est une pépite. Il est très prenant, touchant et tout en musique. Il vous emporte dans le monde du miel et de l’humain. Les acteurs sont excellents. Merci pour ce film qui prends aux tripes comme au cœur…
Une fable moderne qui parle d'abeilles et de miel et surtout de gens authentiques. Mais tout n'est pas que sirop. La convoitise et le vol sont toujours là et les personnes aussi avec leurs vies, leurs passées et leurs actions présentes. Ce conte sur fond de musique fait du bien. A voir !
En Oklahoma, la vie a comme un arrière-goût de miel. C’est en tout cas ce que tente de nous faire ressentir Andrew Patterson avec Oklahoma Honey, porté par un Matthew McConaughey qu’on avait fini par oublier sur grand écran. Le film trouve sa pleine mesure lorsqu’il épouse la forme du conte, et bâtit alors un esprit de ruche irrésistible. Dommage que sa narration et ses ruptures de ton peinent à suivre le même mouvement.
"C’est l’Amérique dans toutes ses contradictions, et toutes ses merveilles. Même si ce n’est que son second long-métrage, on sent Patterson habité par l’envie de tout y mettre. Ce qui est d’autant plus logique pour un cinéaste dont l’attachement à l’Oklahoma est si profond qu’il filme la terre et les gens qui la peuplent comme un seul et même organisme. Le film a une âme profondément musicale, et une volonté farouche de restituer à ces contrées du Sud leur vitalité et leur authenticité, à commencer par le bluegrass, cette branche de la country qui rythme les pas et le quotidien d’un apiculteur aussi sociable que pédagogue. On est ici en pleine ruralité, dans ces territoires où la nature impose sa présence à chaque plan. Patterson prend soin de filmer cet environnement à travers le prisme de la communauté et du travail des fermiers. Un portrait ciselé jusque dans l’accent des personnages et jusque dans ces rituels de partage, plats maison à l’appui, lors d’événements festifs ouverts à tous."
"Et malgré cette longue absence, l’énergie de McConaughey à l’écran reste intacte. Patterson filme son entrée en scène comme une apparition, quelque part entre le cow-boy et le troubadour, avec une mandoline dégainée en guise d’arme, sur un montage clipesque et assumément kitsch. Sa puissance de feu émotionnelle est immédiate. On tombe en amour dès les premières minutes pour ce personnage et sa bande de laissés-pour-compte et de repentis, qui trouvent l’harmonie parfaite dans le chant et la musique, en attendant leur burger minute dans un fast-food routier. Il y a quelque chose de suspendu dans cette ouverture en fanfare et hypnotique. Un charme qui se désagrège peu à peu par la suite, mais qui, sur l’instant, tient véritablement du conte. McConaughey incarne ici Amziah King, apiculteur chevronné spécialisé dans le miel de trèfle blanc, qui met tout en œuvre pour vivre sa vie à fond, en parfaite cohabitation avec ses abeilles ouvrières."
"C’est cette même logique de rupture, dans le temps comme dans le ton, qui gouverne le glissement du récit vers une seconde moitié plus posée et plus didactique, parfois trop explicative aussi. Angelina LookingGlass y gagne en revanche davantage d’espace pour faire exister sa Kateri, apprentie d’Amziah et autrefois sa fille adoptive, en quête de justice. Entre vols de miel et une concurrence aussi rude que complexe incarnée par Kurt Russell, le versant thriller peine cependant à nous happer pleinement, jurant un peu avec l’approche onirique qui domine le reste du récit. [...] Il reste de ce voyage en terres apicoles une chaleur rare, une envie sincère de filmer l’Amérique par ses marges, son folklore et sa musique plutôt que par ses armes. Angelina LookingGlass a montré qu’elle pouvait en être l’ambassadrice, tout comme la galerie de personnages secondaires très attachants. Telle est la leçon du film : une famille se recompose toujours tant qu’il reste quelqu’un pour reprendre le miel là où on l’a laissé."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Oklahoma Honey d'Andrew Patterson transforme l'Oklahoma rural en territoire de nostalgie où le bluegrass, les ruches et l'entraide dessinent l'image séduisante d'une Amérique plus simple. Avec Matthew McConaughey et la révélation Angelina LookingGlass, le thriller fait progressivement éclater cette image d'Épinal pour dévoiler une société où la survie économique, la protection du groupe et une certaine conception libérale de l'individu imposent leurs propres règles.
Andrew Patterson arrive à nous emporter dans un film séduisant et captivant. Angelina LookingGlass est la révélation de ce thriller roots sur fond de bluegrass réconfortant. Ici, on ne vend pas simplement un bon film, mais une ambiance nostalgisante, celle d'une Amérique avant l'explosion des smartphones, où chacun connaît plus ou moins son voisin et où l'entraide semble encore structurer les rapports sociaux. Oklahoma Honey fonctionne pourtant en deux temps bien distincts, d'abord cette Amérique rurale idéalisée, puis la noirceur qui apparaît derrière l'image d'Épinal.
C'est peut-être le propre de tous ces films qui nous parlent d'un temps qu'on n'a pas connu, mais qui provoquent malgré tout la nostalgie d'un ailleurs. Du western à Tom Sawyer, le cinéma aime construire ces territoires mentaux. On s'accroche à une addition de codes musicaux, de paysages, de gestes et d'ambiances. On sait que beaucoup est faux, que la vie y est dure, pourtant elle semble plus simple que celle que l'on traverse au moment même où la nostalgie fait irruption dans notre esprit. C'est finalement assez proche, dans son mécanisme psychologique, de l'« Ostalgie » allemande : on ne regrette pas nécessairement la réalité historique, on investit affectivement certains objets, habitudes et représentations d'un monde disparu. Good Bye, Lenin! (2003, Wolfgang Becker) jouait précisément avec cette reconstruction d'un passé devenu presque plus cohérent dans la mémoire qu'il ne l'était réellement.
Andrew Patterson nous emporte aussi parce que le problème paraît d'abord manichéen. En grattant bien, les nuances de gris contaminent progressivement tout. Kateri, la protégée du propriétaire de la miellerie, se révèle aussi redoutable que ceux qui ont osé s'en prendre à elle et à son protecteur. Manger pour ne pas être mangé, rester vigilant quoi qu'il arrive, car il y aura toujours des vautours. Cette logique renvoie à une conception très libérale américaine de l'individu, celle que l'on retrouve dans des classiques comme L'Homme de la plaine : l'entraide existe, la communauté protège, jusqu'au moment où chacun doit être capable de défendre son territoire.
Si vous aimez Et au milieu coule une rivière (1992, Robert Redford) et Là où chantent les écrevisses (2022, Olivia Newman), Oklahoma Honey sera votre pépite estivale !
La révélation de ce film, ce n'est pas Matthew McConaughey (il est super, est-ce que ça surprend quelqu'un ?) mais bien Angelina LookingGlass, que l'on voit pour la 1ère fois au cinéma. Un très beau film musical (la bande originale est exceptionnelle) qui bascule dans sa 2e partie dans un revenge movie d'une efficacité redoutable. Excellent, vraiment. (projection presse)
Oklahoma Honey marque le retour d'Andrew Patterson avec un drame rural à la fois ample et intimiste, où les grands espaces de l'Amérique profonde servent de décor à une histoire de filiation, de transmission et de résilience. Entre chronique familiale, western contemporain et hommage à la culture bluegrass, le film compose une fresque profondément humaine.
Au cœur de l'Oklahoma, Amziah King règne sur la plus importante exploitation apicole de la région. Musicien passionné et figure respectée d'une communauté de marginaux, il mène une existence paisible jusqu'au retour inattendu de sa fille adoptive, avec laquelle il avait perdu tout contact. Convaincu qu'il est encore possible de reconstruire leur relation, il lui propose de reprendre à ses côtés l'entreprise familiale. Mais les rivalités économiques et les convoitises autour de son exploitation vont rapidement transformer ce rêve de réconciliation en une lutte pour la survie.
Le scénario dépasse le simple drame familial en proposant une réflexion sur l'héritage, l'appartenance et la préservation d'un mode de vie menacé. L'univers de l'apiculture, rarement exploré au cinéma, devient ici une métaphore de la solidarité, de l'équilibre fragile des communautés et de la nécessité de protéger ce qui donne un sens à une existence. La musique bluegrass irrigue également le récit, renforçant son identité profondément américaine.
Matthew McConaughey livre une composition tout en nuance, incarnant un homme partagé entre la force tranquille du patriarche et les regrets d'un père absent. Angelina LookingGlass impressionne par la sensibilité de son interprétation, tandis que Kurt Russell apporte son charisme naturel à une galerie de personnages ancrés dans une Amérique rurale rarement montrée avec autant d'authenticité.
La mise en scène d'Andrew Patterson séduit par son élégance. Les paysages de l'Oklahoma, les ruches baignées de lumière et les séquences musicales sont filmés avec un véritable sens du cadre, offrant au film une dimension contemplative sans jamais ralentir la progression dramatique. La photographie chaleureuse accompagne un récit où la nature devient un personnage à part entière.
Au-delà de son intrigue, Oklahoma Honey célèbre les liens familiaux, les traditions et la solidarité face aux bouleversements économiques. Le film rappelle que les véritables richesses ne se mesurent pas seulement en biens matériels, mais dans la capacité à transmettre un savoir, une passion et un héritage aux générations suivantes.
À la fois chronique rurale, drame familial et ode à l'Amérique profonde, Oklahoma Honey séduit par son authenticité et sa profondeur émotionnelle. Porté par un Matthew McConaughey remarquable et une mise en scène d'une grande élégance, le film s'impose comme une œuvre généreuse où l'humain demeure au cœur de chaque image.