Un frisson glacé a descendu notre colonne vertébrale lors de la scène-choc de La Jeune Femme à l'aiguille, rien ne nous y préparant franchement (donc réussie). Aussi, si vous avez des sensibilités quant à certains sujets sur les nourrissons, renseignez-vous sur le contenu du film. Pour notre part, on se pointait naïvement dans la première séance du Palais des Festivals, en n'ayant aucune info sur le film, et pensant que la fameuse aiguille était celle qui sert à cette couturière à confectionner ses broderies. L'erreur ne pouvait être plus grande. Et le film nous a donc vraiment (mais alors : vraiment) déniaisé de façon radicale. La Jeune Femme à l'aiguille, au travers de son histoire vraie terrifiante, aborde frontalement des sujets durs tels que spoiler: l'avortement sans matériel médical (la fameuse aiguille), l'abandon de nourrissons, l'infanticide (la scène de la poussette dans un coin, où l'on ne s'est pas méfié, et un recadrage du plan qui nous a fait découvrir la matrone qui tord le cou au bébé... Frisson)... Idem ce plan très graphique et choquant du petit tas de cendres au pied du poêle, d'où l'on voit percer quelques petites dents de bébé... Damned. Ajoutez à cela une ouverture un peu trop "arty" à notre goût (cela nous a rappelé quelques cours d'esthétisme du cinéma un peu pompeux), qui s'ensuit néanmoins avec une photographie stupéfiante en noir et blanc (le chef-op se fait plaisir à chaque plan !), qui donne toute la place nécessaire à deux actrices qui crèvent l'écran (Trine Dyrholm émouvante, et Victoria Carmen Sonne terrifiante), qui laisse le final nous prendre aux tripes. Une sous-intrigue de gueule cassée et freakshow est un peu plus dispensable, mais est loin d'être désagréable pour aérer un peu l'intrigue principale à fleur de femmes (et enfants). La Jeune Femme à l'aiguille est donc une histoire vraie glaçante, qui ne vous laissera certainement pas indemne en fin de séance, s'offre une superbe photo et un binôme d'actrices très impliquées. A ne surtout pas manquer !
Un de mes films préférés à Cannes cette année. Bien qu'il n'ait pas reçu de prix. L'histoire est basée sur des faits réels, les personnages attachants malgré leur cruauté ou désespoir. Le noir et blanc amène une ambiance particulière. A voir.
Certains échotiers cannois ont expliqué au bon peuple en quoi le titre du film de Magnus Von Horn, La jeune femme à l'aiguille, se trouvait confirmé par une scène insoutenable. Moyennant quoi, la susdite, certes peu agréable, n'est qu'une des nombreuses épreuves que devra subir l'héroïne dans un bout d'existence qui n'est pas une promenade de santé. Manifestement, après Sweat, le cinéaste suédois tenait à passer à la vitesse supérieure en intégrant le gratin auteuriste avec ce long-métrage en noir et blanc, se passant dans le Copenhague du lendemain de la première guerre mondiale. Une époque sordide, pour les populations les plus misérables, ce que le film montre avec parfois trop de complaisance. Zola ou Dickens, à côté, ressortiraient presque de la bibliothèque rose. Nonobstant, La jeune femme à l'aiguille, si l'on ne tient pas compte de ses excès dramatiques, chemine avec une certaine fluidité, nous immergeant dans son univers poisseux avec ce que l'on bien doit appeler un certain talent. Dans le rôle principal, Victoria Carmen Sonne révèle un tempérament impressionnant mais elle ne peut pas concurrencer Trine Dyrholm, époustouflante dans l'interprétation d'un personnage immonde.
Changement total de registre pour Magnus von Horn qui après avoir décrit les artifices des influenceuses avec "Sweat", nous plonge désormais dans un Copenhague en noir et blanc en 1918. Une jeune ouvrière lutte pour survivre sans le sou. Enceinte d'un homme qui ne veut plus d'elle, son chemin croise celui d'une gérante d'agence d'adoption. Très vite le drame se dirige vers une histoire cruelle et inhumaine. Plus conte cauchemardesque que pamphlet sur la condition des femmes danoise de l'époque, "La Jeune femme à l'aiguille" trouble et choque mais ne parvient jamais à véhiculer un message crédible.
Vu à Cannes, film excellent aussi bien dans son histoire importante, historique et politique que dans sa direction artistique magnifique et originale !
Karoline est une jeune femme qui enchaîne les malheurs dans sa vie. Son mari a disparu pendant la guerre mais sans certificat de décès, elle ne peut prétendre à une augmentation. Elle est expulsée de son logement et lorsqu'elle fait enfin la rencontre d'un homme riche et charmant, elle se fait jeter et licencier. Au bord du gouffre car tombant enceinte, Karoline fait la rencontre de Dagmar qui va l'aider à trouver une vie meilleure pour son nouveau-né. En salle le
spoiler: "La jeune femme à l'aiguille" est l'histoire glaçante d'une tueuse de bébés pendant la Première Guerre Mondiale. Le film ne ménage pas son spectateur en lui infligeant une ambiance régulièrement morbide et des scènes d'une rare violence qui ont suscité les émois dans la salle. Je pense que le réalisateur réussit à m'emmener exactement dans l'état dans lequel il souhaite m'enfermer : horrifié mais en attente de la suite. Petit regret de ma part sur quelques tiroirs de l'intrigue qui ne me semblent pas indispensables comme la relation entre Karoline et son amie Frida. Le cœur de l'histoire met trop de temps à arriver et prend presque une place de récit secondaire, ce qui est dommageable.
Dès sa première séquence cauchemardesque, La Jeune Fille à l'aiguille instaure une âpreté et une noirceur assez incroyable, tandis que la mise en scène de Magnus von Horn cite l'expressionnisme allemand pour conter une fable bien nihiliste dans le Copenhague post-1918. Karoline travaille à l'usine en attendant le retour de son mari, mais tombe enceinte lors d'une liaison à l'avenir impossible. Elle va ainsi faire la rencontre de Dagmar, une femme enigmatique dirigeant une agence clandestine d'adoption..
Passée une très bonne première heure, proposant là encore une fabrication qui force le respect, alliée à un sound design oppressant nous faisant flirtant avec l'horreur psychologique, le film abandonne des pistes narratives pour débuter un second arc. La co gruence se fait un peu au chausse-pied (jusqu'à un pay-off pas forcément 100% concluant), mais au final la proposition est telle qu'on en ressort difficilement déçu. La force tenant non-seulement dans sa magnifique photographie, sa reconstitution d'époque à la Murnau, son atmosphère anxiogène, des acmés filmiques (avec des bébés) et surtout 2 excellentes actrices au centre (Tryne Dirholm et Victoria Carmen Sonne).