La Condition
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Pascal
Pascal

256 abonnés 2 476 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2026
"La condition" c'est à la fois une description de la condition sociale, de ce que représente comme conditionnement et déterminisme l'appartenance à une classe sociale plutôt qu'à une autre, mais c'est aussi un regard sur de la condition de la femme au début du XX ème.

Pris au piège par la dépendance économique à un sale type ( mais quelqu'un de très bien sous les critères de son apparence sociale ) engoncé dans ses certitudes que lui donnent son statut privilégié ( je suis riche, donc je pense que j'ai tous les droits et surtout celui d'humilier, de rabaisser ), " la condition" est le scénario d'une révolte domestique, conduite par deux femmes qui se soutiennent et qui finissent par s'aimer.

Les personnages sont bien campés, dessinés en quelques traits bien sentis, le casting est uniformément excellent.

Alors certes on n' est pas en terme de maîtrise de la mise en scène chez Bergman, mais c'est tout de même de la belle ouvrage.

C'est malheureusement ce genre de film, qu'on ne voit pas suffisamment dans le cinéma français actuel.
Fiers R.
Fiers R.

206 abonnés 899 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 mai 2026
Première incursion de Jérôme Bonnell au sein du film d’époque et premier vrai faux pas de sa filmographie après tous ses sympathiques autres films, des chroniques entre comédies, drames et films romantiques (ou les trois à la fois). Pas que « La Condition » soit totalement raté mais il faut avouer que cette adaptation d’un roman de 2015 souffre d’un traitement formel bien trop académique et poussiéreux. En effet, visuellement c’est très austère, sentiment renforcé par un presque huis-clos pas toujours bien filmé ni éclairé. Rarement le cinéma français nous propose des œuvres aussi classiques (dans le mauvais sens du terme) à regarder. Si le film était sorti dans les années 80 comme « Madame Bovary » on aurait pu pardonner ce type de mise en scène poussiéreuse mais en 2025, c’est tout de même moins aisé à ignorer.

Heureusement, la seconde partie du long-métrage est (un peu) plus aimable que la première, très longue à démarrer. Durant une bonne demi-heure, il est difficile de déceler de quoi il en retourne et quels vont être les sujets proposés par « La Condition ». On a l’impression d’assister à un « film musée » qui reconstitue la vie des bourgeois et de leurs domestiques au début du siècle dernier (l’intrigue se déroule en 1908). En plus, il y a un côté très (trop?) théâtral dans le jeu des acteurs et les dialogues sonnent parfois faux ce qui déteint également sur certaines situations. On a le sentiment d’un film lent dont les enjeux ne sont pas clairement dépeints. Petit à petit, tout se met en place et cela s’améliore mais il aura fallu supporter une petite moitié de long-métrage assez pénible, molle et peu aimable.

C’est très étonnant qu’un tel sujet subisse un traitement aussi désuet puisque le propos est finalement assez moderne. En effet, il est question ici du droit de disposer de son corps pour une femme, de sororité et de patriarcat associé à la masculinité toxique. Bref, que des sujets finalement très contemporains que l’on pourrait mettre en perspective avec le mouvement MeToo actuel. Alors oui, depuis une petite décennie, on mange de ce type de sujets à toutes les sauces mais adapté en 1908, ça a une tout autre saveur. Et c’est là que le film est intéressant même si les personnages ne parlent pas beaucoup et que tout cela manque clairement de punch. « La Condition » est donc une déception de la part de son auteur et sa forme n’est aucunement adaptée à son fond (pourtant de qualité) mais la seconde partie rattrape quelque peu la mise et évite le raté total.

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Damien Vabre
Damien Vabre

187 abonnés 488 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 janvier 2026
Assez retors dans sa première partie pour décrire l'hypocrisie étouffante d'un milieu bourgeois étriqué, et c'est toujours un plaisir de voir Louise Chevillotte et Swann Arlaud, La Condition s'enlise un peu ensuite en racontant sans éclat une double émancipation féminine.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

114 abonnés 356 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 avril 2026
Avec La Condition, Jérôme Bonnell propose un drame d’époque intimiste, situé en 1908, qui s’attache moins aux grands événements qu’aux mouvements intérieurs de ses personnages. Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma français attentive aux relations humaines, aux silences et aux tensions invisibles.

Le récit se construit autour de deux figures féminines : Céleste, jeune domestique, et Victoire, épouse bourgeoise. Deux femmes que tout oppose socialement, mais que le huis clos de la maison rapproche inévitablement. À travers cette cohabitation, Bonnell explore les rapports de classe, mais aussi les attentes pesant sur les femmes au début du XXᵉ siècle.

Victoire incarne en apparence le modèle attendu de l’épouse : discrète, dévouée, inscrite dans un cadre social rigide. Pourtant, le film s’attache à montrer les fissures de ce rôle, les doutes, les décalages entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être. Face à elle, Céleste observe, apprend, mais développe aussi une forme d’autonomie, malgré sa position subalterne.

Le film repose sur cette tension entre proximité et distance. Les deux femmes partagent un espace, des gestes du quotidien, mais restent séparées par des codes implicites. Progressivement, les non-dits s’accumulent, les regards se chargent de sens, et les frontières sociales deviennent plus poreuses.

Swann Arlaud, Galatea Bellugi et Louise Chevillotte portent cette dynamique avec retenue, dans un jeu qui privilégie la nuance et l’intériorité.

Jérôme Bonnell adopte une mise en scène sobre, centrée sur les corps, les espaces et les rythmes du quotidien. Le décor — une maison bourgeoise — devient un espace clos, presque étouffant, où chaque déplacement, chaque interaction prend une dimension significative.

La Condition interroge ainsi la place des femmes dans une société codifiée, mais aussi la possibilité de s’en affranchir, même de manière discrète. Le film évite les démonstrations frontales pour privilégier une approche sensible, où les transformations passent par des infimes déplacements.

Un drame délicat et maîtrisé, qui explore avec finesse les rapports de domination, les attentes sociales et les zones d’émancipation possibles, dans un cadre historique précis
Roger D
Roger D

107 abonnés 1 196 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 janvier 2026
Disons que le fond n'est pas déplaisant, cette histoire de cette femme qui marié de "force" qui voit l'opportunité d'avoir un peu de liberté contre son mari. Juste les circonstances... spoiler: comme elle ne veut pas de lui, il va voir la bonne qui couche avec, qui va être enceinte, hop la femme après sa colère d'être trompé
va profité de cela pour pose LA condition pour améliorer sa situation vis à vis de son mari. Puis ce qui devait arriver arriva au final, pas de grosse surprise...J'ai vu arrivé tellement gros comme une maison la suite que cela m'a gâché la suite et les circonstances qui s'alignent... dommage sympa mais sans plus.
NOTE : 5/10
Ninideslaux
Ninideslaux

106 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 décembre 2025

 Un film  intelligent et subtil que j'ai vu avec beaucoup de plaisir!
          Ca se passe dans les années 1910, dans un milieu de la bonne bourgeoisie provinciale; Monsieur, André, est notaire, il a une belle maison, deux domestiques, dont l'une, Céleste (Galatea Bellugi) est jeune et jolie. Monsieur et Madame, Victoire, forment un couple apparemment harmonieux....
            Sauf que Victoire (Louise Chevillotte) ne supporte pas que son mari la touche. Il est pourtant très amoureux, le pauvre! Et quand il se fait rabrouer, il se console dans le lit de Céleste.
         Etonnez vous que le couple n'ait pas d'enfant après plusieurs années de mariage, ce qui fait causer, bien sûr. Alors, quand Céleste tombe enceinte....
        J'ai lu certaines critiques présentant André (Swann Arlaud dans un rôle assez éloigné de ses personnalités habituelles) comme le prototype du machiste de la Belle Epoque; c'est vrai qu'il a quelques crises d'autoritarisme; mais en fait, et c'est ce qui en fait la valeur psychologique, André est un faible, un homme malheureux; d'abord élevé par une mère qui ne l'a jamais aimé, -maintenant impotente après une attaque Emmanuelle Devos compose un personnage absolument époustouflant de méchante vieillarde confite dans le fiel...; ensuite marié à une femme qui ne l'aime pas, bien qu'elle ait, en permanence, sue le visage, un sourire affable, à peine railleur...
          Homme faible donc, coincé entre des femmes fortes...

Paul B
Paul B

91 abonnés 1 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2025
Un bon film, illustration fidèle et juste d'une époque où les femmes étaient très mal considérées.

Les acteurs et actrices s'en sortent très bien, l'histoire a beau ne pas être originale elle est simple et efficace.

À part pour quelques longueurs et un peu d'ennui par moment c'est très réussi.
Pierre E
Pierre E

33 abonnés 252 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 décembre 2025
Magnifique évocation de la condition féminine dabs un milieu bourgeois à l'aube du vingtième siècle, pétri de faux-semblants, de mensonges et de secrets familiaux. C'est excellemment interprété avec finesse et je le suis laissé happé par les destins de ces deux femmes, la bourgeoise et sa servante, moins éloignés qu'il n'y parait au premier abord. Swann Arlaud est aussi vénéneux qu'Emanuelle Devos, sa mère, est machiavélique et tyranique même paralysée !
A voir, donc.
Coric Bernard

461 abonnés 852 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2025
Cette adaptation de l’histoire de cette famille et de sa bonne dans la bourgeoisie normande du début du siècle dernier est bien restituée par le réalisateur. Les mœurs de cette époque sont bien décrits dans ce film, à travers l’évolution de cette sorte de triangle amoureux peu banale avec une vision féministe qui s’invite dans le récit. Il faut noter la grande qualité de l’interprétation des principaux personnages de ce film avec notamment un Swann ARLAUD impeccable dans son rôle de notaire de province.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 19/11/2025 au Club Marbeuf à PARIS)
Arthur Brondy

302 abonnés 1 490 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2026
Céleste est employée de maison chez Victoire et André. Au début du XXème siècle, les conventions sociales exigent de ce couple d’avoir un enfant qui ne vient pas. Lorsque la bonne tombe enceinte, un deal est trouvé pour sauver les apparences. L’histoire est très bien écrite, la réalisation est soignée. C’est un joli film.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2026
Très beau film, d’une extrême élégance sur le plan formel ( costumes, décors, lumière, musique). Cet écrin soyeux est parfait pour dissimuler ce qui se passe dans cette maison bourgeoise où le non-dit oppresse et dissimule tout. Le récit avance d abord de manière assez classique, jusqu’à ce que la narration bascule vers un autre secret ( Lorsque se rapprochent les deux femmes liées par leur amour maternel). La suite, je la laisse découvrir au spectateur. Autre atout : le magnifique quatuor de comédiens et surtout comédiennes Louise Chevillotte, trop rare, Swann Arnaud, que l’on imaginait mal dans ce rôle toxique , pourtant formidable. Galatea Belluggi, très touchante, et enfin Emmanuelle Devos dans un rôle muet. Et pour finir, une très subtile mise en scène
De la belle ouvrage, du contenu, de grands acteurs. Ne boudons pas notre plaisir. ( malgre la fin, un peu trop explicative)
Boulanger_bernard
Boulanger_bernard

21 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2025
Un super moment un voyage dans le temps ,un classique du cinéma le mari,la femme et la soubrette mais une fin très actuelle .
Des décors,des lumières et des étoiles de cinéma.
J'adore
Jipéhel
Jipéhel

102 abonnés 625 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 décembre 2025
Le notaire et ses femmes

Le cinéma de Jérôme Bonnell mérite plus que la considération polie qu’on lui attribue généralement. Depuis le chignon d’Olga en 2001, je ne lui connais pas d’échecs ? Loin de là. Personnellement, des films comme Le yeux clairs ou A trois on y va, sont excellents. Et ce ne sont sûrement pas ces nouvelles 103 minutes qui me feront changer d’avis. C’est l’histoire de Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André, en 1908. C’est l’histoire de Victoire, de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être. Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits. Un quatuor d’acteur et d’actrices dans un huis clos oppressant qui dresse un portrait au vitriol de la bourgeoisie de province au début du XXème siècle. Formidable !
Cette adaptation du roman Amours de Léonore de Récondo – que j’avoue ignorer totalement -, réussit à joliment revisiter une vision féministe qui pervertit avec force et subtilité le classicisme inhérent à son sujet de départ. Virtuosité de la mise en scène, beauté de décors et des costumes, dialogues au vitriol, progression dramatique impeccable et un triangle amoureux pas comme les autres. Car chaque personnage est plus complexe qu’il pourraît apparaître au premier abord. Leur évolution surprend et nous emmène sur des chemins inattendus. La configuration narrative renforce la tension entre les classes sociales de l'époque, symbolisée par l'architecture même des demeures bourgeoises : le personnel en bas, les bourgeois au milieu, et les chambres de bonnes tout en haut. Paradoxalement, le contexte historique du film devient ainsi un miroir révélateur de notre société contemporaine.
Swann Arlaud à son sommet. Galatea Bellugi, - décidément très demandée est épatante, Louise Chevillotte, dans le grand rôle qu’elle mérite depuis longtemps et Emmanuelle Devos, irrésistible dans un rôle atypique, forment donc ce quatuor évoqué plus haut. Et c’est un pur régal. Si la logique est respectée, il y a là une mine à César. Il ya ici une manière rare de filmer les non-dits et l’ignorance. Une fresque sociale incommode et étouffante. Un film à voir sans attendre. Vous me remercierez après.
Jeanlucchichery
Jeanlucchichery

30 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2025
voila un film qui retrace bien les us et coutumes de l'époque , juste avant la première guerre mondiale. Trois personnages : un notaire évidemment vieille France, sa femme qui ne l'aime pas et une servante . Les personnages n'expriment pas ouvertement leurs sentiments mais la femme s'éloigne de plus en plus de sa mari, lui pose d'ailleurs un ultimatum et se rapproche de la servante. Grosse pesanteur puis dénouement final ou la femme part de chez elle avec "son enfant" et la servante la rejoint pour un départ au Canada.
Dommage à mon avis, qu'il y ait autant voire trop d'intriques entremêlées,, le film y aurait gagné à élaguer certaines parties du scénario.
J'ai aimé.
Rémy LE BIHAN
Rémy LE BIHAN

23 abonnés 101 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2025
Tres intéressant ce film , le pouvoir des aisés , sur leurs femmes et leur personnel ! Très bien interprété , Swan Arland est remarquable! Heureusement  la condition féminine a un peu évoluée! Ouf 
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