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C'est un huit clos historique et symbolique sur les préoccupations bouillonnantes de notre époque, et de comment se cloisonne et se conditionne le rôle et la place des hommes et des femmes au sein de la société, et du foyer. Entre les mensonges, les secrets, les apparences, tout prend la forme de blessure, d'emprise qui se structure, dans des jeux de suggestion, de soumission, d'arrangement, d'aveuglement, destin du déclin des puissants.
C'est dans le hors champ que se noue une proximité, un sentiment refoulé, méprisé qui conduit pourtant à la beauté, expression de la sensibilité, de la maternité, un nouvel élan pour un nouveau-né, brisant les schémas de répétition. C'est une révolution silencieuse, consciencieuse, un récit intemporel sur l'émancipation, et la libération.
D'un autre côté, le film peut paraître un peu froid et austère, avec quelques longueurs, et des invraisemblances, parsemé de tout les clichés devenus acquis, ou l'homme n'est qu'un oppresseur et un dominateur, vicieux et coléreux, représentant tout les abus du pouvoir, et les injustices d'une époque, par opposition à la femme, victimisée, tourmentée, abusée, tout en etant que douceur, candeur et pudeur, bien que l'œuvre cherche la nuance, ou chacun est le prisonnier des conventions, et de leur propre condition.
L'on retiendra néanmoins, que si le roman est à sens unique à l'égard des femmes, le réalisateur tente de revitaliser un peu cette figure masculine, pour lui offrir quelques circonstances atténuantes, en faisant de lui une tragédie œdipienne, fragile et frustré, et dont le rôle de la mère, n'existe à l'origine pas dans le roman, tout comme l'aspect religieux est pratiquement évincé.
C'est dans le hors champ que se noue une proximité, un sentiment refoulé, méprisé qui conduit pourtant à la beauté, expression de la sensibilité, de la maternité, un nouvel élan pour un nouveau-né, brisant les schémas de répétition. C'est une révolution silencieuse, consciencieuse, un récit intemporel sur l'émancipation, et la libération.
D'un autre côté, le film peut paraître un peu froid et austère, avec quelques longueurs, et des invraisemblances, parsemé de tout les clichés devenus acquis, ou l'homme n'est qu'un oppresseur et un dominateur, vicieux et coléreux, représentant tout les abus du pouvoir, et les injustices d'une époque, par opposition à la femme, victimisée, tourmentée, abusée, tout en etant que douceur, candeur et pudeur, bien que l'œuvre cherche la nuance, ou chacun est le prisonnier des conventions, et de leur propre condition.
L'on retiendra néanmoins, que si le roman est à sens unique à l'égard des femmes, le réalisateur tente de revitaliser un peu cette figure masculine, pour lui offrir quelques circonstances atténuantes, en faisant de lui une tragédie œdipienne, fragile et frustré, et dont le rôle de la mère, n'existe à l'origine pas dans le roman, tout comme l'aspect religieux est pratiquement évincé.
Un très bon film. L'immersion dans cette maison du début 20e est parfaite : la femme soumise, le mari tyran (sauf devant les invités), les bonnes qui circulent en silence et beaucoup de non-dits. L'histoire est prenante et les acteurs sont très bons dans leur rôle. Surtout Swann Arlaud que l'on est pas habitué à voir dans ce genre de personnage.
spoiler: Les scènes où Céleste et Victoire se retrouvent la nuit avec le bébé sont belles : une complicité interdite mais touchante.
spoiler: Les scènes où Céleste et Victoire se retrouvent la nuit avec le bébé sont belles : une complicité interdite mais touchante.
Tout est juste dans ce film. La mise en scène, la photographie, les décors, les costumes, la direction d'acteurs, leur jeu, leurs émotions, le scénario, TOUT. Allez-y !
En tant qu'adepte des films d'époque, j'étais impatiente de voir ce film et je dois avouer que je n'ai pas été déçue. Je n'ai pas lu le roman mais j'ai trouvé l'histoire intéressante et superbement interprétée. Swan Arlaud, que je n'ai découvert que récemment (l'inconnu de la grande arche), joue à merveille. De surcroît, le dénouement est assez inattendu.
La Condition, comédie dramatique, historique, de Jérôme Bonnell (1h43)
Un film adapté d’un livre de Léonor de Récondo (« Amours » aux éditions S. Weispiser, 2015), c’est déjà un gage. Léonor de Récondo écrit, crie même, l’émancipation des femmes. Que ce soit en tant que romancière (ici) ou comme écrivaine de l’intime en récit, en subtile élégance. Ses textes portent une influence aussi discrète que durable. Son ouïe supérieure de violoniste l’aide sans doute à écrire juste et sensible. Un livre plusieurs fois récompensé (grand prix RTL, prix des libraires) rajoute de l’assurance même s’il posait un défi au réalisateur : donner envie de suivre une chronique de la société bourgeoise du 19ème siècle, aujourd’hui. Réussi. Une vague atmosphère chabrolienne, nimbée d’une brume turnérienne, pour cette histoire qui résonne moderne. Car les préoccupations d’hier demeurent, semblables. Autant de bonnes raisons d’aller voir « La Condition » de Jérôme Bonnell.
Les préoccupations d’hier et d’aujourd’hui ? l’enfermement, la domination sociale, devenir mère, le viol conjugal, l’adultère, le secret qui ronge et l’emprise familiale, le mensonge, le poids de la religion et tout ce qui limite.
Un film lent, qui prend le temps d’installer faits et gens et dont l’issue, redoutable et géniale, n’est à aucun moment perceptible. Comme un secret qui met des générations avant de se libérer. C’est d’ailleurs ce silence diffus que filme le réalisateur.
La condition, c’est un silence suffocant qui confine sur une dorsale épineuse. Un vertige et un malaise en huis-clos qui cloîtrent d’effroi.
Les acteurs bouleversent. Dans la famille aristocrate, Emmanuelle Devos, la mère, muette et alitée, inquiète étrangement. Swan Arlaud, le fils et mari, divise et terrifie, passant d’une humeur à l’autre, d’une décision à son contraire, de la colère au chagrin. Un homme tourmenté et écartelé, qui ne parvient pas à se situer. Ce grand acteur qu’est Arlaud explique « L’enjeu était d’arriver à l’humaniser sans le défendre ». L’épouse, Louise Chevillotte, quoique empêchée, conditionne. Se méfier de ses allures et sourires conformes. Conformiste ? en apparence. Face à elle, la petite bonne humiliée et manipulée : Galatea Bellugi. Se méfier des petites bonnes dociles aux yeux céruléens, aux joues couleur de rose et aux larmes de circonstance. D’autres personnages gravitent, chacun d’entre eux apportant un éclat indispensable à cette oppressante comédie humaine, aux codes si contemporains.
Rien de superflu dans ce film délicat et puissant, comme l’écriture de Récondo. Rien de surjoué ni d’affecté. Nulle morale. Ni gentils ni mauvais. De la complexité, des corsets et des non-dits. Autant que faire se peut.
Une chronique intimiste, filmée tout en pénombre, où chaque personnage évolue avec finesse, jusqu’au dénouement, libérateur et séditieux.
Un film adapté d’un livre de Léonor de Récondo (« Amours » aux éditions S. Weispiser, 2015), c’est déjà un gage. Léonor de Récondo écrit, crie même, l’émancipation des femmes. Que ce soit en tant que romancière (ici) ou comme écrivaine de l’intime en récit, en subtile élégance. Ses textes portent une influence aussi discrète que durable. Son ouïe supérieure de violoniste l’aide sans doute à écrire juste et sensible. Un livre plusieurs fois récompensé (grand prix RTL, prix des libraires) rajoute de l’assurance même s’il posait un défi au réalisateur : donner envie de suivre une chronique de la société bourgeoise du 19ème siècle, aujourd’hui. Réussi. Une vague atmosphère chabrolienne, nimbée d’une brume turnérienne, pour cette histoire qui résonne moderne. Car les préoccupations d’hier demeurent, semblables. Autant de bonnes raisons d’aller voir « La Condition » de Jérôme Bonnell.
Les préoccupations d’hier et d’aujourd’hui ? l’enfermement, la domination sociale, devenir mère, le viol conjugal, l’adultère, le secret qui ronge et l’emprise familiale, le mensonge, le poids de la religion et tout ce qui limite.
Un film lent, qui prend le temps d’installer faits et gens et dont l’issue, redoutable et géniale, n’est à aucun moment perceptible. Comme un secret qui met des générations avant de se libérer. C’est d’ailleurs ce silence diffus que filme le réalisateur.
La condition, c’est un silence suffocant qui confine sur une dorsale épineuse. Un vertige et un malaise en huis-clos qui cloîtrent d’effroi.
Les acteurs bouleversent. Dans la famille aristocrate, Emmanuelle Devos, la mère, muette et alitée, inquiète étrangement. Swan Arlaud, le fils et mari, divise et terrifie, passant d’une humeur à l’autre, d’une décision à son contraire, de la colère au chagrin. Un homme tourmenté et écartelé, qui ne parvient pas à se situer. Ce grand acteur qu’est Arlaud explique « L’enjeu était d’arriver à l’humaniser sans le défendre ». L’épouse, Louise Chevillotte, quoique empêchée, conditionne. Se méfier de ses allures et sourires conformes. Conformiste ? en apparence. Face à elle, la petite bonne humiliée et manipulée : Galatea Bellugi. Se méfier des petites bonnes dociles aux yeux céruléens, aux joues couleur de rose et aux larmes de circonstance. D’autres personnages gravitent, chacun d’entre eux apportant un éclat indispensable à cette oppressante comédie humaine, aux codes si contemporains.
Rien de superflu dans ce film délicat et puissant, comme l’écriture de Récondo. Rien de surjoué ni d’affecté. Nulle morale. Ni gentils ni mauvais. De la complexité, des corsets et des non-dits. Autant que faire se peut.
Une chronique intimiste, filmée tout en pénombre, où chaque personnage évolue avec finesse, jusqu’au dénouement, libérateur et séditieux.
La condition des femmes : que ce soit d'une épouse ou d'une petite bonne face à son patron, le déséquilibre est là, perpétuel et cruel. Et pour s'en extraire, il faut s'allier.
Le film est pudique et violent à la fois, corsetté et libérateur. Swann Arlaud a le mauvais rôle, il le joue superbement bien.
Le film est pudique et violent à la fois, corsetté et libérateur. Swann Arlaud a le mauvais rôle, il le joue superbement bien.
excellent film, tant dans son scénario que dans le jeu des acteurs. une belle histoire. c est un des meilleurs films que j ai vu récemment.
Un film tout en finesse, mené avec une grande délicatesse, qui évite les clichés pourtant nombreux sur les thématiques traitées. La photographie est magnifique, la tension permanente et ténue, et le résultat est une franche réussite.
Film sympathique avec de très bons acteurs dans une ambiance 1900 ou les hommes de + bourgeois abusent de leur pouvoir. Mais le destin bascule lorsqu'un bébé arrive et la solidarité féminine prend le pas. Les décors et les costumes sont somptueux, la musique nous imprègne tout le long. La fin est un peu brutale et surprenante mais j'en ressors malgré tout conquis, j'ai passé un bon moment.
Vu en avant première au Poitiers film festival en présence du réalisateur Jérôme Bonnell et de la comédienne Galatéa Bellugi. Ce film est superbement réalisé, la maison bourgeoise lieu de secret et de jeu de pouvoir, renferme les personnages sur eux même et dans leur condition sociale et de genre. Les acteurices sont parfait. Galatéa Bellugi et son regard pénétrant. Louise Chevillotte et sa sensibilité. Swann Arlaud en homme destructeur, violent, à l'image de son époque.
Le film, et le réalisateur l'explique très bien, met en avant la double peine subit par la jeune bonne, être à la fois femme et de condition modeste. Un film important qui dénonce la masculinité et la société patriarcale, et surtout qui brosse le superbe portrait d'un duo feminin, tendre et puissant.
Le film, et le réalisateur l'explique très bien, met en avant la double peine subit par la jeune bonne, être à la fois femme et de condition modeste. Un film important qui dénonce la masculinité et la société patriarcale, et surtout qui brosse le superbe portrait d'un duo feminin, tendre et puissant.
Film vu à l'aveugle que j'ai bien aimé mais qui n'est pas est assez bien réussie même si la fin très décevante et le dialogue fragile.
Huis-clos familial lourd, rendu très crédible par le jeu des acteurs et la réalisation. Le fond sonore du film même nous plonge dans ces vies, jusqu'aux pas sur les parquets, au grincement des marches d'escalier. L'histoire est à la fois extrême et nuancée : oui, le phallocrate André est critiquable mais il est aussi victime, si seul, victime au cœur de d'une famille bourgeoise d'une époque qui paraît lointaine. C'est intéressant qu'un personnage aussi haïssable soit ainsi nuancé. Et les femmes ! Les deux héroïnes s'affirment dans ce très machiste début XXème. Elles le font avec dignité et finesse.
Très beau film; Les personnages sont mis en scène en 1907, mais leur jeu et la mise en scène sont d'une telle finesse qu'ils semblent tout à fait actuels; les lumières, les cadrages sont parfaits, de vrais tableaux.
Courez voir ce film
Courez voir ce film
Un film très bien construit. L’histoire nous emporte. Toutefois très académique et didactique. Le regard d’aujourd’hui posé sur une époque lointaine est instructif, mais finalement pas si subtil ou artistique.
Vu hier en avant-première avec la présence du réalisateur en début de séance,. Un très beau film à l’ambiance parfois pesantes, mais filmé avec justesse. À découvrir !
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