Olivia Wilde s'approprie ici une comédie espagnole, "Sentimental", (que je n'ai pas vu donc pas de point de comparaison) pour un film typiquement indé américain. Que ce soit du sujet en passant par la mise en scène ou même le grain apporté par la pellicule 35mm avec laquelle Wilde a voulue tourner ; nous sommes dans un film d'auteur appuyé et assumé tellement cliché que même le générique commençait à m'agacer. Et puis le film s'éloigne finalement assez rapidement de ces clichés pour construire quelque-chose de neuf, de frappant et de surprenant avec une dynamique qui pourrait, encore une fois, faire tomber le film dans l’écueil du déjà-vu ou de la facilité. Le film part d'une idée simple : opposer deux couples aux méthodes de vie bien distinctes. L'un est marié avec enfant et vient de rénover l'appartement, ce qui est intéressant puisque les deux époux n'ont alors plus d'autre échappatoire que de se voir et de se parler, ce qui entrainera évidemment des disputes (qui font d'ailleurs penser à celles de "Qui a peur de Virginia Woolf ?", autant que l'intrigue elle-même d'ailleurs) puisque le mariage arrive à bout. De l'autre, un couple aux mœurs plus libérées, avec certes des problématiques mais surtout plus jeune et qui va donc amener un peu de peps à la soiré et bousculer le premier couple. On a donc deux visions assez manichéennes du couple : la vie maritale qui tue la spontanéité et l'amour sincère peu à peu remplacé par un amour disons pratique n'étant là que pour entretenir l'illusion, rythmé par un quotidien monotone qui vire au morose et de l'autre, un couple léger mais sincère n'hésitant pas à explorer pour éviter de se noyer. Ce qui est intéressant, c'est que le film apporte cette dichotomie avec des dialogues tous plus savoureux les uns que les autres ou prenant toujours soin de déjouer les attentes du spectateur. Alors que le film amène vers le cliché, il le dévie de justesse pour amener une certaine fraicheur, une certaine authenticité, également apportée par d'excellents jeux d'acteurs. Parmi lesquels nous retrouvons Olivia Wilde, Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton. Tous portent le film sur leurs épaules, filmés par la caméra aiguisée de Wilde qui ne transforme pas son huis-clos en théâtre filmé mais qui joue notamment avec l’architecture de l'appartement pour dynamiser son intrigue et surtout apporter une lecture par l'image qui est assez riche. "L'Invitation" n'est donc pas film indé intello imbuvable. C'est certes bavard mais ça emporte le spectateur dès les premières minutes pour ne le lâcher qu'à la toute fin.
La bande annonce promettait du cinéma de couple , mais avec finalement les mêmes problématiques existentielles qu'on traine depuis Le Mépris, Une femme est une femme ou Et Dieu... créa la femme. On change les mots, les arrangements conjugaux, la manière de parler de sexualité, parfois avec ce sentiment assez amusant d'avoir tout inventé hier soir, pourtant le désir continue de poser une question vieille comme le couple : comment rester avec quelqu'un sans progressivement confondre amour, habitude et sécurité ? Le cinéma français travaillait déjà cette tension lorsque Et Dieu... créa la femme faisait de Juliette une figure féminine dont la liberté et le désir heurtaient directement les normes sociales de son époque.
L'Invitation déplace simplement le laboratoire. Plus besoin de Saint-Tropez, de révolution sexuelle ou du couple qui se délite à Capri, il suffit désormais d'un appartement, d'un dîner et de voisins qui font apparemment mieux l'amour que vous. C'est presque mesquin, donc terriblement humain. Angela et Joe reçoivent Hawk et Piña, un couple beaucoup plus libre dans son rapport à la sexualité, et la confrontation transforme progressivement l'autre couple en miroir. Ce qui dérange n'est alors pas uniquement ce que font les voisins, mais la possibilité qu'ils introduisent : « nous pourrions vivre autrement ». Et dès qu'une alternative devient imaginable, ce qui était jusque-là accepté peut soudain ressembler à un renoncement.
La comparaison sociale devient ainsi plus corrosive que la liberté sexuelle elle-même. Joe porte déjà une blessure narcissique, musicien ayant autrefois connu le succès, désormais enseignant et financièrement moins à l'aise. Hawk ne représente donc pas seulement un rival masculin ou sexuel potentiel, il matérialise tout ce que Joe peut utiliser pour mesurer sa propre existence. Le couple devient une chambre d'écho de l'estime de soi : ce qu'on reproche à l'autre appartient parfois à l'autre, parfois beaucoup moins.
C'est là que cette supposée version devient intéressante. Les normes ont bougé, la parole sexuelle s'est libérée, le couple peut théoriquement se réinventer, négocier ses frontières et refuser certains modèles hérités. Pourtant, l'être humain n'a pas reçu la mise à jour avec. Jalousie, peur de perdre l'autre, désir d'être désiré, besoin de sécurité, frustration face au temps qui passe et comparaison avec ceux qui semblent avoir réussi là où nous avons échoué restent obstinément compatibles avec toutes les époques. L'Invitation ne révolutionne donc pas le cinéma du couple, et heureusement peut-être. Il retrouve plutôt cette fonction ancienne du genre : enfermer quelques adultes ensemble et attendre que leurs beaux discours sur l'amour rencontrent leurs contradictions.
UN GRAND OUI. Le visionnage se fait en deux étapes. La première est dominée par l'humour, la légèreté, le quotidien d'un couple. La deuxième apporte une lecture plus profonde, intelligente et psychologique. L'écriture des dialogues et le choix du casting sont les forces de ce film.
Ce film cache son manque terrible d'inventivité en faisant des cuts toutes les deux secondes, et ainsi s'éviter la "corvée" de créer une mise en scène sensée. Le jeu des acteurs est marrant, quoique celui d'Olivia Wilde semble un peu forcé.
J'ai beaucoup aimé cette comédie douce amère presqu'en huis clos avec 4 acteurs formidables. cela semble casse gueule mais le rythme et le ton sont bons. cette belle énergie porte le film et lui donne son côté attachant.
J'ai vu en avant première au cinéma The Invite (en VO), film qui avait rendu amoureux la critique aux Etats-Unis il y a déjà de ça plusieurs semaines/mois. Pour poser le contexte, pour l'avant première, la salle de 200/300 places était quasi pleine donc l'ambiance et les réactions étaient au rendez-vous, et pour une comédie c'est plutôt sympathique. J'ai vraiment adoré ce film, ça part d'un concept simple mais la réalisatrice (et actrice) Olivia Wilde le rend super intéressant grâce à ses dialogues et son humour croustillant et savoureux, ainsi que ses twists qui font basculer The Invite dans un film très surprenant mais tout autant appréciable. Tout est basé sur les dialogues, leur intensité, leur mise en scène, les mimiques faciales des acteurs... Et tout ça est si bien géré que le film en est extrêmement drôle, mais genre vraiment. C'est à la fois de l'humour de situation mais aussi dans les dialogues qu'ils soient subtiles ou non. Le mariage est moqué de manière tellement intelligente, on voit les défauts de chacun des personnages ressortir à chaque discussion et c'est très comique car on sait ce que l'autre pense, et c'est d'ailleurs ce que nous penserions dans la vraie vie. Pleins des situations décrites dans le film arrivent dans la vie de tous les jours dans les couples mariés, et je peux vous dire qu'il y en a pleins qui se sont reconnus dans ces situations dans la salle. Il y avait vraiment des gens qui hurlaient de rire donc j'imagine bien qu'il y avait un passif derrière. Je dois aussi parler des quatre acteurs principaux qui sont justes géniaux. Seth Rogen et Edward Norton qui sont des acteurs que j'adore sont excellents, mais petite mention spéciale à Seth Rogen qui était juste hilarant tout le film. Il n'a vraiment rien perdu de son humour, et il est la grande source de comédie du film sans en faire trop. Quand aux deux actrices Olivia Wilde et Pénélope Cruz elles sont aussi parfaites dans leur rôles. A quatre ils ont une super alchimie et à l'écran ça rend juste super bien car tout est basé sur le dialogue. En plus visuellement le film est plutôt beau, la musique est pas mal... Bref c'est vraiment un excellent film et je comprend totalement que la critique ait été élogieuse à son égard. Peut être la meilleure comédie de 2026 pour l'instant. Si vous pouvez le voir au cinéma allez y, car rien ne remplacera de rire avec les autres spectateurs.
alors nous l avons vu en avant premiere hier soir en vost ( a l aise en anglais) ce n est pas une comedie dite facile c est une introspection du couple et de ses non dits . nous sommes un couple solide donc cela nous a beaucoup fait rire (peut etre qu il peut etre malaisant quand ca va pas fort ). en tout cas les acteurs sont excellents les reparties percutantes c etait un pari osé mais on aime sortir des sentiers connus alors je peux dire qu on a bien aimé...et si nous etions les inviteurs de voisins comme ceux la je ne suis pas sure d avoir les memes reparties et attitudes. mais aucun temps mort et une interpretation fluide et efficace .
si vous avez vu "Sentimental" et/ou "Et plus si affinités", y a-t-il un quelconque intérêt à aller voir "L’invitation", qui reprend peu ou prou la même histoire ? Eh bien, oui. Et même, 2 fois oui. Tout d’abord parce que être confronté dans un film aux problèmes que rencontrent des couples est toujours intéressant et, ensuite, parce que, selon les pays, ici l’Espagne, la France, les Etats-Unis, il y a forcément des différences d’ordre culturel dans ce qui construit un couple et dans ce qui peut l’amener à vaciller, des différences aussi d’ordre purement cinématographique, ce qui fait que la « même histoire » ne sera pas tout à fait la même histoire. En fait, à la vision de "’invitation", loin d’être gêné par le fait de déjà connaître l’histoire que raconte le film, on en arrive, au contraire, à regretter de ne plus avoir, à des fins de comparaison, un souvenir précis de l’atmosphère dégagée dans les différentes étapes que traversent les autres films. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Un huit clos dans toute sa splendeur. De l’humour de tous les côté. Et une bonne progression et d’évolution scénaristique pour les personnages. Un beau montage successif de plans fixes et de cadres bien soignés.