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2,5
Publiée le 12 août 2026
Après de nombreux pays, dont la France avec « Et plus si affinités », c'est au tour des États-Unis de proposer un remake de « Sentimental » avec une version beaucoup plus longue que l'original et la majorité des remakes. Le point de départ reste le même avec un dîner entre voisins qui ne se connaissent pas vraiment alors même que l'intimité de Piña et de Hawk est un sujet de conversation régulier pour Angela et Joe en raison de leurs ébats bruyants. Une soirée de toutes les vérités où les reproches, les frustrations et les envies vont être mis à plat. Si Joe parle d'un environnement conflictuel, c'est souvent l'humour qui domine ces échanges francs et sarcastiques. On retrouve la fluidité des dialogues et le casting, logiquement plus connu que dans les autres versions, apporte quelque chose en plus, mais comme pour la version d'Olivier Ducray et Wilfried Méance, j'ai préféré l'original qui était plus concis, mais aussi plus drôle. Encore une fois, le fait de "connaître" l'histoire impacte mon ressenti, mais j'ai trouvé ça tout juste moyen.
La bande annonce promettait du cinéma de couple , mais avec finalement les mêmes problématiques existentielles qu'on traine depuis Le Mépris, Une femme est une femme ou Et Dieu... créa la femme. On change les mots, les arrangements conjugaux, la manière de parler de sexualité, parfois avec ce sentiment assez amusant d'avoir tout inventé hier soir, pourtant le désir continue de poser une question vieille comme le couple : comment rester avec quelqu'un sans progressivement confondre amour, habitude et sécurité ? Le cinéma français travaillait déjà cette tension lorsque Et Dieu... créa la femme faisait de Juliette une figure féminine dont la liberté et le désir heurtaient directement les normes sociales de son époque.
L'Invitation déplace simplement le laboratoire. Plus besoin de Saint-Tropez, de révolution sexuelle ou du couple qui se délite à Capri, il suffit désormais d'un appartement, d'un dîner et de voisins qui font apparemment mieux l'amour que vous. C'est presque mesquin, donc terriblement humain. Angela et Joe reçoivent Hawk et Piña, un couple beaucoup plus libre dans son rapport à la sexualité, et la confrontation transforme progressivement l'autre couple en miroir. Ce qui dérange n'est alors pas uniquement ce que font les voisins, mais la possibilité qu'ils introduisent : « nous pourrions vivre autrement ». Et dès qu'une alternative devient imaginable, ce qui était jusque-là accepté peut soudain ressembler à un renoncement.
La comparaison sociale devient ainsi plus corrosive que la liberté sexuelle elle-même. Joe porte déjà une blessure narcissique, musicien ayant autrefois connu le succès, désormais enseignant et financièrement moins à l'aise. Hawk ne représente donc pas seulement un rival masculin ou sexuel potentiel, il matérialise tout ce que Joe peut utiliser pour mesurer sa propre existence. Le couple devient une chambre d'écho de l'estime de soi : ce qu'on reproche à l'autre appartient parfois à l'autre, parfois beaucoup moins.
C'est là que cette supposée version devient intéressante. Les normes ont bougé, la parole sexuelle s'est libérée, le couple peut théoriquement se réinventer, négocier ses frontières et refuser certains modèles hérités. Pourtant, l'être humain n'a pas reçu la mise à jour avec. Jalousie, peur de perdre l'autre, désir d'être désiré, besoin de sécurité, frustration face au temps qui passe et comparaison avec ceux qui semblent avoir réussi là où nous avons échoué restent obstinément compatibles avec toutes les époques. L'Invitation ne révolutionne donc pas le cinéma du couple, et heureusement peut-être. Il retrouve plutôt cette fonction ancienne du genre : enfermer quelques adultes ensemble et attendre que leurs beaux discours sur l'amour rencontrent leurs contradictions.
L'Invitation (The Invite en VO) d'Olivia Wilde est une excellente comédie dramatique, portée par un quatuor de qualité (Olivia Wilde, Seth Rogen, Pénélope Cruz, Edward Norton), d'une mise en scène remarquable et de dialogues superbement écrits. Un super moment !
Toute cette énergie négative m'a saoulé. On rigole un peu parfois quand même, il y a des bons moments mais quand ça repart c'est pénible. Des moments parfois très longs dans ce film...
Réalisés et écrits pour les acteurs, les dialogues sont savoureux, ça va vite et les acteurs jouent bien. Mention spéciale à Olivia Wilde qui est impressionnante. Dommage que tout ça manque de comédie et que l'on trouve le temps long au bout d'une heure, on a l'impression que tout ça est étiré pour se réveiller dans le dernier quart d'heure.
Avec The Invite, Olivia Wilde signe une œuvre aussi drôle qu’inconfortable, une comédie de mœurs qui prend plaisir à brouiller les pistes avant de révéler sa véritable nature. Derrière son point de départ délicieusement provocateur – un couple en crise qui invite à dîner ses voisins à la vie sexuelle débordante – se cache en réalité une réflexion étonnamment sensible sur l’usure du couple, les frustrations enfouies et les compromis qui finissent par étouffer les sentiments.
Ce troisième film de l’excellente actrice et réalisatrice Olivia Wilde après les tout aussi excellents « Booksmart » et « Don’t worry darling » confirme tout le bien que l’on pense d’elle-même. Même si « L’Invitation » est peut-être à la fois son plus affirmé mais aussi son moins bon (précisons donc que ses deux premiers films étaient vraiment très bons, la barre était donc haute). Mais il faut aussi déclarer ici que c’est la troisième fois que l’on voit cette histoire adaptée sur le grand écran. La première c’était le film original espagnol « Sentimental » de Cesc Gay. La seconde fut tricolore, avec le sympathique « Et plus si affinités » porté par Bernard Campan et Isabelle Carré. Ces deux versions allaient plus vers du vaudeville ou même de la comédie de boulevard. C’était distrayant et ils exploitaient leur génial point de départ plutôt bien mais ça restait des films légers. Alors on avait un peu peur d’une troisième version, américaine de surcroit. Et c’est de revoir encore cette histoire qui amoindrit peut-être un peu également notre appréciation en comparaison des autres films d’Olivia Wilde. On pourra néanmoins rétorquer que certaines histoires (comme celle du « Dîner de cons » adapté maintes fois au cinéma et sur les planches ou, dans un tout autre genre, le « Hamlet » de Shakespeare) sont reprises des dizaines de fois sans lassitude. Et avec « L’Invitation », Wilde emmène ce postulat plus loin. Son film est plus osé, plus coquin et surtout plus psychologique. Il analyse bien mieux les ressorts amoureux et relationnels extraits dudit postulat. Sans oublier de faire rire. Avec un casting royal. Et tout en imposant une mise en scène aux efforts notables et appréciés pour s’extirper du huis-clos, de manière assez remarquable.
Dès les premières séquences, le film impose le ton : avec le personnage de Seth Rogen blasé qui galère et râle à pédaler avec son vélo dans les rues de San Francisco pour rentrer chez lui, le ton est donné. Son arrivée dans l’appartement - dont on ne sortira plus jusqu’à la fin du film - cristallise toutes les rancœurs et les désaccords d’un couple en bout de souffle. Le montage est frénétique, les dialogues piquants et l’excellente musique stridente derrière appuie ce côté crise de nerfs particulièrement jubilatoire et drôle. Ce quart d’heure avant l’affichage du titre et l’arrivée des convives est excellent. Puis, les pions se mettent en place et les dynamiques entre les quatre personnages vont se préciser. Le scénario ici est plus osé et surtout plus cru et porté sur le sexe sans être graveleux. Cela apporte une valeur ajoutée, un peu dévergondée et très plaisante, à « L’Invitation ». La cinéaste décortique aussi de façon bien plus poussée le couple et ses variantes ainsi que la sexualité à notre époque. On parle ici de frustration, de déni et d’exutoire par le sexe à plusieurs. L’analyse est fine et le discours pertinent. Il y a certes quelques situations et réactions des personnages que l’on pourra trouver un peu poussives mais ça colle bien au climat hystérique de la situation, encore une fois amplifié par la musique très présente et presque angoissante qui donne du caractère au long-métrage. On fera abstraction aussi de quelques longueurs (une heure et trente minutes auraient suffi comme les autres versions). En revanche, on louera la mise en scène au cordeau de Wilde. Elle n’abuse pas des plans alambiqués pour casser la dynamique théâtrale de l’ensemble mais parvient à vraiment donner du pep à son huis-clos. Et comment ne pas s’extasier d’un quatuor de comédiens royal et très bien dirigé qui s’en donne à cœur joie pour nous faire rire (oui, on rigole beaucoup) mais aussi réfléchir. Encore une réussite pour la réalisatrice et l’actrice.
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Un plafond qui gémit toutes les nuits, un couple qui ne se touche plus : The Invite commence par une injustice acoustique que Joe (Seth Rogen), enseignant dans un conservatoire de la Baie ne supporte plus mais que sa femme Angela (Olivia Wilde), qui n'a plus d'autre exutoire que la rénovation de ces mêmes murs, prend plaisir à écouter. Au-dessus d'eux, Pína (Penélope Cruz), psychothérapeute et sexologue, et son compagnon Hawk (Edward Norton), pompier retraité, produisent chaque nuit la bande-son de ce que le couple du dessous a cessé de faire.
Le meilleur du film tient dans ce qui précède le coup de sonnette. Joe rentre avec un mal de dos, s'étend sur le sol et découvre l'horreur du programme que lui a réservé sa femme — l'invitation des voisins du dessus. Dans cette petite demi-heure, on y voit le couple enchaîner les disputes en additionnant les vacheries avec la fluidité de gens qui ont douze ans d'entraînement. Le meilleur morceau est le désaccord sur la plainte à formuler — il veut réclamer le silence, elle refuse d'interrompre les orgasmes d'une autre femme, et l'argument qu'elle brandit est trop bien tourné pour ne rien dissimuler. Deux rapports au bruit du dessus, grief de propriétaire contre solidarité de convenance, et l'un comme l'autre évitent soigneusement de nommer ce dont il s'agit : ce vacarme leur manque. Le film promet une comédie adulte, sexuelle, sans châtiment, qui regarde le désir des quadragénaires.
Le couple arrive et le rire se délocalise vers la gêne. La mise en scène, elle, ne suit pas : ses gestes sont si peu tenus, si dépourvus de position, qu'on ne peut même pas les lire comme un commentaire — tout au plus comme une signature apposée au bas d'un texte écrit par d'autres. Reste alors ses quatre interprètes. Rogen évacue la bonne humeur qui a alimenté vingt ans de comédie américaine et la remplace par une coquille de rancune quinquagénaire, un homme qui a fait de son échec un régime de conversation. Wilde donne à Angela une peur physique de paraître inintéressante, un empressement de maîtresse de maison qui vire au sabotage à chaque phrase. Norton joue l'homme trop aimable jusqu'au point précis où l'amabilité devient une pression, et fait tenir dans deux monologues une existence entière que le scénario n'a pas su faire comprendre implicitement. Cruz laisse affleurer l'adolescente qui veut scandaliser sous la praticienne sereine. C'est une réussite collective, et c'est aussi le symptôme d'un film qui, dès qu'il faut penser, préfère faire jouer.
La proposition arrive comme un twist. Mais traiter une offre sexuelle en événement, c'est réduire l'ouverture d'esprit à une révélation au lieu d'en faire une réflexion ; un huis clos d'une nuit permettait justement cela — installer une négociation, la laisser buter, reprendre, se corriger, échouer sur un détail domestique. Le film pose sa bombe à l'heure dite et consacre le reste à gérer l'onde de choc. Rien n'est débattu, la comédie prend toute la place.
L'érotisme, lui, est sous-traité. Une scène de séduction confie à Sade le soin d'être excitante, méthode qui consiste ici à laisser une chanson faire le travail pendant que deux personnes dansent maladroitement en espérant que cela se produise. La réponse de l'autre personnage achève la conversion : on remercie. Voilà l'aboutissement d'un film sur le désir — l'attention sexuelle reçue comme une prestation dont on accuse réception.
Puis le dos lâche pour de bon, et le burlesque (encore une fois) prend la place de la délibération. Rogen est admirable dans ce registre — physicalité, gémissements de mauvaise foi, comique de corps encombrant — et c'est exactement le problème : la farce dispense le personnage de choisir et le spectateur de regarder un homme envisager sérieusement de partager sa femme.
Le dernier acte troque les rires contre une gravité conjugale. Le film se replie sur une zone de sécurité affective où le couple redevient l'unité de mesure. La nuit ne fut qu'une parenthèse où le couple en ressort grandit. Le film croit fabriquer une comédie adulte sur le désir ; il fabrique le procès-verbal d'une bourgeoisie qui a intégré tout le vocabulaire de l'émancipation sexuelle sans en accepter ou discuter la moindre conséquence pratique, et qui appelle liberté le fait d'avoir pu écouter l'offre jusqu'au bout avant de refermer la porte malgré eux.
Olivia Wilde signe un huis clos vénéneux où le malaise s’installe derrière les apparences. Élégant et cruel, L’Invitation joue avec les faux-semblants jusqu’à faire vaciller notre perception.
J’ai vu ce film a l’etranger ou il est deja sorti. C’est une piece de theatre, initialement adaptée au cinema espagnol. En voici la version US. Tres sympa! Rien rythmé, bien joué, jolie photographie, juste parfaitement prévisible et calibré. Ce b’est pas le film de l’année et je lmaurai deja oublié dans jne semaine mais c’est divertissant et l’on passe un bon moment.
Un film sympathique mais qui ne m’a pas totalement convaincu. L’idée de départ est intéressante et le huis clos fonctionne plutôt bien, notamment grâce aux dialogues et aux quatre acteurs qui sont convaincants dans leurs rôles.
Le film possède quelques scènes vraiment drôles et certaines situations assez gênantes qui fonctionnent bien. En revanche, j’ai trouvé que le rythme était parfois un peu lent et que le scénario tournait légèrement en rond.
Les acteurs sont clairement le gros point fort, avec une bonne alchimie entre eux, mais je m’attendais à quelque chose de plus percutant.
Au final, ça se regarde sans déplaisir, mais ça reste pour moi un film assez moyen qui avait pourtant le potentiel pour être beaucoup meilleur.