Ce film est présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025.
Le titre du film n’a pas été choisi au hasard. Contrairement à ses précédents films qui tournaient autour de personnages s’exprimant par le refus et la contestation (comme dans Le Genou d’Ahed – 2021), le réalisateur Nadav Lapid a cette fois-ci décidé de s’intéresser à un homme qui acceptait, quoi qu’il lui en coute, ce qui lui était demandé.
Y., le protagoniste du film, joué par Ariel Bronz, est de l’aveu même du réalisateur son 'premier personnage principal passif'. Contrairement aux héros de ses films précédents, il accepte tout et se donne sans condition.
Ce n’est pas la première fois que l’un des personnages d’un film de Nadav Lapid s’appelle simplement Y. C’était notamment déjà le cas de celui campé par Avshalom Pollak dans Le Genou d’Ahed.
OUI a été tourné entre Israël, Chypre et la France d'octobre à décembre 2024. En outre, le dernier acte du film a été tourné à Chypre.
Après Le Genou d’Ahed, Nadav Lapid dirige de nouveau ici la comédienne Naama Preis qu’il connaît bien puisqu’il est marié avec elle. Le couple vit à Paris depuis 2021.
Si Oui se déroule au lendemain de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, le scénario du film a quant à lui été écrit par Nadav Lapid au printemps de cette même année. Il a fallu une dizaine de jours, à la suite des terribles événements en Israël, pour que le réalisateur ait le courage de se repencher sur ce qu’il avait rédigé plusieurs mois avant. Le scénario original a alors connu quelques modifications sans être totalement transformé.
Oui marque les premiers pas au cinéma de Pablo Pillaud-Vivien, éditorialiste et journaliste français. Régulièrement invité sur les plateaux de télévision, il est notamment le rédacteur en chef de la revue Regards.
Dans le film, le drapeau israélien apparaît à de très nombreuses reprises. Pour le réalisateur, cela ne relève pas de l’exagération mais bien du strict reflet de la réalité dans le pays à l’heure actuelle. Depuis les attaques du 7 octobre 2023, les nuances ne sont plus vraiment à l’ordre du jour et les Israéliens vivent dans une certaine binarité. Le sentiment patriotique est très fort et cela se traduit donc par l’omniprésence du drapeau.
Grand admirateur de l’œuvre de Jackson Pollock dont il loue le mélange de hasard et de création, Nadav Lapid a cité explicitement en ouverture de son film un autre peintre, l’Allemand George Grosz et son tableau, Les Piliers de la Société, peint en 1926.
Pour la première fois de sa carrière, Nadav Lapid a dû faire face au refus de nombreux techniciens de travailler avec lui. Une décision qui était motivée par le sujet du film ainsi que par les opinions politiques du cinéaste. Chaque jour du tournage, l’un des membres techniques décidait d’abandonner. Le réalisateur a même dû engager un chef maquilleur serbe, Branislav Nikic, car tous les maquilleurs en Israël se distinguaient par leur patriotisme exacerbé.