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Olivier Branger
1 abonné
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0,5
Publiée le 30 juillet 2025
Je ne connaissais pas le réalisateur, j'aurais du m'y intéresser avant... alors si vous aimez la violence et l'hémoglobine, les thèses complicités et les états Unis profond, c'est pour vous... j'ai somnole la 1ere heure, le reste à été un calvaire.... j'étais cerné, obligé d'attendre...
Film difficile à digérer ; tant on se demande à la fin si c’est du lard ou du cochon. On se dit qu’il faudrait le revoir encore une fois dans x (longs) mois plus tard, histoire de se décider définitivement.
Il ne joue pas la facilité en brossant le public dans le sens du poil, alors qu'il pouvait largement s'offrir ce luxe, vu le potentiel d’acteurs sur le banc de touche top niveau, et question mise en scène ASTER touche sa bille. il ne se place pas non plus « au-dessus de la mêlée » des conflits qu'il nous présente pendant + de 2H avec des personnages incarnant les bonnes consciences éclairées contre les méchants complotistes égoïstes. En effet seuls les spectateurs contaminés par la mentalité bobo, bo tout court CSP+, ou affiliée, et Dieu qu’il n’en manque pas!, se positionneraient comme des individus supérieurs à toute la galerie de personnages embrouillés, satisfaits de ce simple constat en guise de simple conclusion, regrettant juste que le film ne les représente pas assez eux-mêmes pour guider le peuple ignorant. D’ailleurs une des premières scènes représente une vidéo tiktok où une ado danse (de ces mouvements de bras devenus mème) pour célébrer la fin de la lecture d’un bon bouquin de Baldwin, comme si Dominique Pagani twerkait de félicité après la dernière page d’un Heidegger : ASTER situe le spectateur dans la perte de sens, Totale comme un totalitarisme, plutôt que dans la séparation populo/élite intellectuelle.
La rareté du propos est qu’il est justement anormalement trop rare que les dérives des mesures anti-Covid soient encore absentes du cinéma, toute la période d’ailleurs, manifestations G. Floyd incluses. Le propos s’étend plus largement à l’humain moderne face à la quantité de temps passé sur écrans, dont réseaux sociaux, et donc sa qualité. Au centre, en proie aux différents égos des personnages agissant, il y a une vraie victime psychique (et physique) de pédophile, qui subsistera elle-même à la dérive, passant son destin entre diverses mains familiales ou amoureuses qui ne la prendront jamais en considération telle qu’elle est. Dans ce film celui qui est contre une forme de bêtise est le sujet d'une autre forme de radicalité simpliste stupide. Pas d'échappatoire, hors illusion.
La durée du film semble à un moment trop excessive, rythme creux, calme avant une tempête grand guignol, farandole de victimes, où éclaboussent cartouches et hémoglobines d’anti-héros, sans catharsis éclaircissant la situation d’une quelconque morale remplaçant les illusions par du bon sens humain, au contraire, rajoutant une surcouche de malaise dans son épilogue qui tire encore sur la corde de la durée jusqu’à l’élimer se dirait-on… Sauf que les thèmes modernes rarement abordés dans leur crudité, dans une cambrousse de nation ex phare du monde, mais encore hélas locomotive occidentale atlantiste le temps d’user les croyances qui l'animent encore durant la décennie à venir (+ ou – moins, mais chacun sait que ça viendra), font qu’on ne détourne ni le regard ni le cœur de cet Eddington, dont je salue l’originalité, moins accessible que celle du magnifique Brutalist début 2025, mais finalement à voir dans le désert morose des sorties cinéma d’été, et des 3 autres saisons, même pour ceux dont l'avis final patientera une seconde séance sur télévision.
J'ai toujours aimé le travail d'Ari Aster. Il est pour moi une figure importante du cinéma d'horreur contemporain. Même s'il m'avait un peu deçu avec "Midsommar", "Hérédité" est mon film d'horreur préféré et "Beau is Afraid" a laissé sur moi une impreinte importante. Lorsque j'ai appris que son prochain long-métrage serait une comédie, j'avoue avoir été surpris. Et pourtant, quel coup de maitre. Je pense pouvoir dire que "Eddington" est le film le plus pertinent sur l'année 2020 qu'on puisse espérer. Il parle de tellement de sujet sensible (covid 19, mouvement Black Live Matter, Santé mentale, extrémisme, ...) tout en conservant une justesse dans son propos. Melant comédie et drame satirique, "Eddington" fut pour moi l'une des meilleure séance de l'année (jusqu'à présent)
Eddington se rêve en fresque cosmique, mais finit comme un exposé de lycée sous acide : confus, pompeux, et irradié de CGI interstellaires mal digérés. Le pauvre Arthur Eddington, pionnier de la relativité, devient ici un héros de biopic new age, mi-savant, mi-gourou de yoga quantique. La mise en scène, tout en ralentis mystiques et flûtes éthérées, tente de faire passer des formules d’Einstein pour des mantras. Et pourtant… au milieu de ce délire cosmico-sirupeux, une fulgurance : l’idée que la foi et la science se frôlent, parfois, dans un même vertige. Une étoile morte, mais qui brille un peu.
Hypé par le cinéaste, je n'avais pourtant pas encore vu un seul de ces films. Hypé par Joaquin Phoenix depuis toujours, je me suis décidé à aller voir le film et découvrir ainsi le travail d'Ari Aster et je n'ai pas été déçu. Il y a du Paul Thomas Anderson dans ce film, une habile façon, magistrale même, d'entremêler des récits, des genres, des relations entre les personnages, des thématiques, du temps et de l'espace, quelque chose à la fois d'ample et de spectaculaire tout en travaillant l'intime. Une façon de surprendre aussi et la capacité rare de nous happer du début à la fin. Bien sûr, on peut parler de politique, du fond du film qui est peut-être trop dense, et pour certains détracteurs appuyé, me reste le plaisir de spectateur, le plaisir de cinéma, le plaisir d'être plongé dans un film virtuose qui ne cache pas sa virtuosité et qui pourtant semble fluide. Quand un cinéaste réussi à faire de la mise en scène virtuose et inventive au service de sa narration sans que le tout soit ampoulé, on peut parler de grand cinéaste et grand film. A voir cet été, seul film de ce gabarit !
Ce nouveau film d’Ari Aster marque un virage à 180° après trois longs métrages horrifiques et fantastiques marquants. Ici, il s’attaque au portrait d’une certaine Amérique, mais le résultat me laisse perplexe.
On ne sait pas vraiment où il veut en venir, tellement les thèmes s’accumulent : COVID, émeutes anti-racisme, complotisme, fake news… Au bout d’un moment, j’ai décroché, en attendant une fin qui tarde à arriver. Avec ses 2h25, le film finit par sembler interminable.
La mise en scène reste assez quelconque, parfois mollassonne, et même si l’interprétation est de qualité, elle ne sauve pas l’ensemble.
Pour moi, un ratage. Quel dommage de tomber ainsi dans la banalité après trois grands films. Grosse déception.
Un western modern très réussi qui pose son regard dans l'Amérique profonde pendant le Covid. Ari Aster nous dresse le portrait de personnages aux antipodes, du modéré aux extrêmes, à l'image des divisions profondes du pays. Les thématiques contemporaines sont efficacement traitées (covid, Black lives matter, racisme, wokisme). Et tout le monde en prend pour son grade. Le film va forcément diviser tant il peut laisser libre court à son interprétation. Ari Aster est un scénariste doué qui nous surprend ici et un directeur d'acteurs incroyables. Tout le cast excelle dans cette satire qui tire à balles réelles. Dommage que le film soit un peu trop long, les 15 dernières minutes sont un peu de trop. Une belle surprise après le ratage Beau is afraid.
Le Ari Aster d'hérédité change de genre à nouveau et se perd dans un film brouillon qui cherche le climax radical. Pourtant tout y est: un grand réalisateur, l'esthétisme, les acteurs, la photographie, tout ! Trop long peut-être et terriblement engagé pour que nous puissions toutes et tous suivre un fil conducteur en roue libre et finalement, profondément personnel.
Bon bah Ari Aster et son run imbattable (sans avoir vu Beau if Afraid pour l'instant). C'est beau c'est touchant c'est flippant c'est transcendant et surtout ça parle de tellement de choses. Un jeu d'acteur de fou et une mise en scène parfaite. Une tension maîtrisée. Je sais même pas comment décrire ce film. C'est un cafouillie de tellement trop de trucs mais c'est tellement intéressant. Envie de le voir le revoir et le rerevoir pour tou comprendre. Accrochez vu pour la première heure mais ensuite waouw. C'est pour ces sensations que je vais au cinéma.
Un film fourre-tout qui évoque plus d'une dizaine de sujets sur un ton qui se veut ironique mais qui ne fonctionne pas, notamment à cause des personnages auxquels on ne s'attache pas et de l'ennui qui nous assomme. Les Américains sont fous. Ok.
Un film très intéressant à analyser et qui ne plaira peut-être pas au public nourri aux blockbusters et au prêt-à-consommer...
Après Hérédité, Midsommar ou encore Beau is Afraid, Ari Aster a prouvé qu’il maîtrisait les codes de l’horreur et du malaise. Avec Eddington, il change de registre et s’attaque à une satire politique sombre et dérangeante.
Eddington est une satire violente et désabusée de l’Amérique contemporaine, qui dénonce aussi bien la cupidité que la radicalisation. Il illustre le chaos, mais avant tout l'ensauvagement moral et idéologique de la société américaine. Le récit se déroule pendant la pandémie de COVID-19, non pas pour parler du virus, mais pour utiliser cette crise comme cadre symbolique, durant lequel les tensions politiques, économiques et sociales se sont exacerbées et ont déchiré les États-Unis.
À travers une satire acide, Eddington critique les deux extrêmes du spectre politique : d’un côté, des démocrates corrompus qui ne pensent qu’à s’enrichir ; de l’autre, des républicains fanatisés, violents, armés et prêts à tout. Le maire de la ville, figure hypocrite par excellence, incarne cette obsession du profit qui ronge toute forme de responsabilité ou d’éthique.
Le film pousse ses personnages jusqu’à la caricature, mais ce choix semble volontaire : chaque figure est un miroir déformant de la réalité. Cette exagération assumée donne parfois au film un ton burlesque, presque grotesque, où l’absurde et le tragique se confondent. Le rire devient alors un outil de dénonciation : grinçant, amer, et profondément désespéré.
Les réseaux sociaux, eux, sont omniprésents, agissant comme un accélérateur de haine, de désinformation et d’endoctrinement. Ils deviennent notamment le terrain d’influence d’une figure charismatique à l’allure de gourou, qui exploite la détresse des individus pour asseoir son emprise. On y voit des manifestants embrigadés, des comportements sectaires, et une société qui glisse doucement vers la violence absolue.
L’anti-héros, témoin passif au début, devient meurtrier à mesure que la folie collective l’emporte.
Eddington dérange, questionne, et refuse de brosser qui que ce soit dans le sens du poil.
Un film difficile à suivre au début, très lent, peu d’actions des faits divers d’une ville de campagne dans l’ouest américain profond et désertique. C’est le contexte du Covid, les gens font la queue pour se ravitailler. Une question fait polémique : masque ou pas masque ? Un fou alcoolique hirsute, colérique et marmonnant sans cesse, surgit dans le paysage. Il rencontre un autre… excité marmonnant, policier en patrouille. C’est une rencontre fatale. Le maire de cette ville gère le désordre engendré par la pandémie et prépare sa réélection. Le policier ne trouvant plus de réconfort dans le lit conjugal se présente face au maire. Sa détresse et sa hargne s’accroît lorsqu’il découvre des liens sulfureux qu’ont entretenu son épouse et le maire dans le passé. Il entraîne dans sa tragédie deux collègues policiers un blanc et un noir. Cette petite ville sans intérêt devient le théâtre d’un massacre opéré par ce policier fou de jalousie, évoluant suprémaciste, raciste et assassin. Bon film !
Le début du film peut faire craindre la durée élevée. Mais c’est sans compter sur sa progression qui va crescendo dans l’action et la folie pour finir avant sa conclusion dans une espèce d’apothéose totalement déjantée. Tout cela au service d’une critique des dérives sectaires, complotistes, suprématistes, de la société et du pouvoir américain. Comme à son habitude, Joachim Phoenix excelle à incarner la marginalisation et la folie.