Séduisant sur le papier par sa satire au vitriol d'une certaine Amérique, ce thriller aux faux airs de "La soif du mal" de Welles ne tient pas toutes ses promesses. La faute à un récit souvent confus et à une mise en scène qui n'évite pas toujours la grandiloquence.
en voulant dénoncer l hystérie de ces concitoyens, ari aster n y va pas par 4 chemins. résultat, de bonnes idées, un discours parfois pertinent mais son besoin de surenchère tant sur le plan du scénario que de la mise en scène finit par nous perdre dans un film trop long et trop foutraque. dommage pour joaquim Phoenix une nouvelle fois impressionnant.
Que c’était long! Extrêmement mitigé en ce qui concerne Eddington d’Ari Aster. Le film a des intentions plus que louables sur certains sujets importants mais qu’est-ce que c’est lourdaud et martelé. J’ai vu 2h30 interminables de grosses ficelles bien vulgaires, mal rythmées et un récit qui veut traiter trop de thématiques différentes, s’y perdant et, fatalement, sans en approfondir aucune. Et ce n’est clairement pas le meilleur timing pour sortir une critique du COVID. J’ai bien aimé son point de vue à ce propos, c'était assez drôle et réel. J’y ai trouvé également de superbes idées de montage et certains plans mémorables. Joaquin Phoenix est très bon mais est aussi le seul qui sort son épingle du jeu. Il faut dire que tout le reste n’est quasiment pas développé. Donc non, toujours pas fan de ce cinéaste. 12/20
Difficile de faire plus ennuyeux. Ce film interminable et largement hermétique montre un shérif désireux de remporter une victoire électorale sur le maire sortant. On est dans l'Amérique profonde avec son cortège de manifestants de tout poil, les hypermarchés débordants , les rues poussiéreuses, des montagnes en arrière plan. La principale caractéristique de ce spectacle pénible est la lenteur. On se demande où veut en venir le réalisateur tant les choses tardent à se mettre en place. L'idée, en se creusant un peu le crâne, est la suivante : il a voulu faire un portrait "au vitriol" ( c'est l'expression classique) de l'Amérique profonde mêlant le racisme ordinaire au suprémacisme blanc, au noir victimisé, au culte des armes. Tout cela avec bien sûr les dernières élections américaines en toile de fond. C'est bien son droit mais pourquoi partir dans tous les sens, tourner en rond, étirer des scènes qui donnent envie de bailler. Le film, au dernier tiers, bascule dans la violence. Qui veut tuer qui ? Pourquoi ? Comment ? On finit par perdre les pédales et c'est avec un grand soulagement que l'on voit la lumière se rallumer.
Le climax anxiogène s'installe doucement dans un rythme lancinant où on se demande quand est-ce que l'intrigue va s'emballer, une question qui nous taraude quand on commence à déceler que le casting est trompeur et donc la promo également. En effet, seul le shérif alias Joaquin Phoenix est omniprésent et porte le film, les autres apparaissent tout au plus 10-15mn à l'écran. Le récit monte en puissance assez brusquement vers un jeu de massacre attendu mais surréaliste, qui aurait mieux fonctionné avec une satire plus fantaisiste alors que le style est réaliste et sérieux. L'épilogue finit de tuer toute vraisemblance... SPOILERS voir site !... Pourtant le réalisateur-scénariste décrit de façon judicieuse et lucide une Amérique en perdition ou chacun prêche pour sa paroisse (religion, Républicains vs Démocrates, Black Lives Matter... etc...) et dont le paramètre exponentiel commun est le pouvoir incontrôlable des réseaux sociaux. Ainsi, Ari Aster signe une fois encore une histoire passionnante et prenante mais traitée de façon pas toujours probante et sans aucun doute trop longue ; 20 bonnes minutes en moins auraient offert plus de densité et de force. Un potentiel énorme donc, mais pas toujours convaincant. Site : Selenie
Très bonne première partie d’un film drôle et incisif qui nous plonge dans l’atmosphère déroutante de l’émergence de la grande division de la société américaine. Puis à vouloir trop en dire et trop en faire, on passe d’un réalisme crédible à un burlesque qui en fait trop, qui s’essouffle et qui essouffle.
Film assez fascinant qui dresse un portrait peu glorieux de l’Amérique contemporaine (gestion de la pandémie, racisme, patriarcat, agressions sexuelles, désinformation via les réseaux, l’endoctrinement…tout y passe), dans un mélange Western/Satire/Thriller qui peut parfois surprendre. Joaquin Phoenix est excellent et porte le film mais on pourra regretter de ne pas voir énormément Emma Stone et Austin Butler alors que leurs personnages sont plutôt importants et intéressants. La mise en scène d’Ari Aster alterne entre plans-séquences et caméra portée pour les moments où l’agressivité des personnages explose. Très belle photo de Darius Khondji, surtout pour les scène nocturnes. Par contre comme d’habitude, je trouve qu’Ari Aster a du mal à terminer ses films, c’est un peu longuet et la fin n’est pas la partie la plus intéressante. C’est imparfait et ça divisera mais perso c’est une des meilleures expériences cinéma de 2025 pour l’instant (et ça fait du bien après les bouillies JW et Superman).
Pour son quatrième film, Ari Aster, nouvelle figure du cinéma d'horreur, sort de sa zone de confort et nous livre une satire de l'Amérique contemporaine. Il est clair que ce film va diviser, mais si pour certains le film ne sera pas à la hauteur de leurs attentes, pour d'autres il frôlera la perfection sur bien des aspects.
Mai 2020, Eddington, Nouveau Mexique. Dans ce village perdu dans le désert américain, deux hommes de pouvoir s'opposent : Ted Garcia, maire à cheval sur les règles sanitaires et Joe Cross, shérif qui n'en a que faire des dangers du Covid-19. C'est dans ce contexte que se déroule l'histoire, qui apparaît comme une véritable satire d'une Amérique divisée et au bord de l'explosion. Si le film est parfois hilarant grâce à une écriture fine et travaillée, cette Amérique paraît cependant authentique de par une histoire aux enjeux réels et intriguants. Mais comme tout bon film d'Ari Aster, Eddington prend une tournure choc et prend des allures de thriller. Comme promis par la simple présence du réalisateur au générique, Eddington devient un théâtre de violences et de tensions, sans jamais oublier ce qu'il est : une satire d'une Amérique profonde déchirée et parfois même stupide.
Le casting, quant à lui, est absolument parfait. Si Pedro Pascal rayonne encore une fois, Joaquin Phoenix, lui, crève l'écran du début jusqu'à la fin grâce à une interprétation parfaite d'un personnage nuancé et sombrant dans une dangereuse folie.
Eddington est le film choc de l'été et un nouveau coup de maître dans la carrière d'Ari Aster.
"Eddington" en compétition cette année au festival de Cannes (sélection officielle) est un western satirique qui se regarde. Bien que j'aie davantage apprécié l'authenticité de ses précédents longs métrages (Hérédité et Midsommar), le scénario présente également parfois des longueurs et des répétitions. Cependant, le réalisateur américain Ari Aster propose aux spectateurs une histoire qui débute par une satire sociale critiquant la politique de Donald Trump, en particulier sa gestion du Covid en 2020. Le film pivote ensuite vers un western horrifique, dénonçant une Amérique divisée, marquée par des inégalités sociales croissantes, le racisme, la violence policière et le recours massif aux armes à feu, avec un casting intéressant comprenant Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone et Austin Butler.
Je l'ai vu pendant le festival de Cannes 2025 et j'ai un peu changé d'avis en rédigeant ma critique 3 mois après. En fait j'avais pas top aimé cet Ari ASTER mais avec le recul je me ravise en me disant c'est pas si mal que ça ! Tout le monde par contre ne sera pas de cet avis car certains vont détester d'évidence. ... Le film s’ouvre sur une ville fictive du Nouveau-Mexique, EDDINGTON, frappée par "La Pandémie". Les rues sont vides, les regards soupçonneux, les écrans partouts. Le coronavirus plane comme une malédiction divine mais invisible ; Aster ne fait jamais du virus son sujet principal , non , Il s’en sert comme le révélateur d’une société au bord du goufre, où l’individu préfère la paranoïa au doute, la violence au dialogue. Le shérif Joe Cross (Joaquin Phoenix), figure désabusée et ringarde d’une autorité dépassée tente de maintenir tant bien que (plutôt) mal un semblant d’ordre. Face à lui, Ted Garcia (Pedro Pascal), maire populiste à la posture martiale (ça vous rappele pas quelqu'un??), manipule les peurs pour mieux affermir son emprise. Leur rivalité, grotesque et sinistre, fait basculer le film vers la comédie noire, un terrain inattendu mais parfaitement maîtrisé par Aster qui signe ici son film le plus risqué, et peut-être le plus abouti. Eddington est moins immédiat, moins frontal que ses précédents (Hérédité , Midsomar), mais il travaille en profondeur. Il dérange, questionne , à l’image de l’époque qu’il reflète ... A voir , ça fait réflêchir sur cette période ahurissante qui pourrait revenir à chaque instant !!
Le nouvel Ari Aster va diviser son public, un peu comme ses groupuscules de personnages extrêmes qui prêchent chacun pour leur église, s'enfermant peu à peu dans une spirale infernale de suffisance intellectuelle (les "savants-nés", ceux qui s'abreuvent de sources peu fiables qui corroborent leur seule version des choses) et d'escalade à la violence qui ne peut finir que par un drame. Bienvenue dans les États-Unis (et le monde) modernes, dont la pandémie de Covid a cristallisé le pire de cet humanité, et qui terrifie Aster plus que n'importe quel film d'horreur (pas besoin de monstre : la bêtise humaine est déjà bien flippante). Alors prenez votre ticket pour ce petit train touristique de tout ce qui ne va pas, à l'heure actuelle, des écologistes extrémistes aux climatosceptiques, des groupes violents pour la défense des minorités (avec ce jeune "blanc" qui s'interdit lui-même de participer à la manifestation pour les personnes de couleur, car "il n'a pas de légitimité au combat, il est blanc"... C'est complètement absurde, et ça souligne malheureusement le genre de discours déformé qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux) aux conservateurs intolérants, des hypocondriaques aux conspirationnistes du Covid, des accrocs aux réseaux sociaux qui filment (et sortent de leur contexte pour créer du buzz) absolument n'importe quelle phrase au vieux flic qui ne veut pas s'informer de ce qui ne concerne pas son village... Tout, vraiment tous les extrêmes actuels sont là, à s'écharper bruyamment, dressant un portrait du monde aussi inquiétant qu'il est réaliste. D'ailleurs, si l'on prend l'affiche d'origine, elle montrait trois bisons (symboles des États-Unis) dont les deux premiers (les deux partis opposés, quel que soit le sujet) sont déjà en train de chuter, et le troisième regarde les deux devant lui et entame lui aussi sa chute... Extrapolons une seconde : sommes-nous ce dernier bison, tellement grégaire (le bison est un animal aux réflexes de troupeau, comme le mouton) qu'il ne fait rien pour se sauver de cette déchéance ? N'est-ce pas un tacle de Ari Aster qui nous compare à des animaux qui meurent tous ensemble, plutôt que de réfléchir à se sauver ? Bref, le fonds du film nous a fait cogiter, inquiéter sur son réalisme (malgré une volonté de caricature, rattrapée par le quotidien...), et admirer une fois de plus le jeu transcendé de Joaquin Phoenix. A contrario, le rythme du film est très pantouflard, il met un temps considérable à atteindre l'escalade de violence, l'explosion qu'on attend tous, il adopte un ton tellement cynique qu'il pourra en agacer certains (ce n'est pas fin, ça y va avec de gros sabots dans la critique sociétale), et le casting est carrément mensonger. Ne venez pas pour voir quelqu'un d'autre que Phoenix, vous allez être déçu. Austin Butler : 30 secondes de temps d'écran. Emma Stone : 3 minutes. Pedro Pascal (qui s'en tire un peu mieux) : 10 minutes. Donc ne tenez pas compte de l'affiche qui vous vend un fantasme, seul Phoenix tient le pavé (poussiéreux du désert) durant 2h30, mais il le fait bien. Cet Eddington est nettement plus accessible que le précédent Beau is Afraid (qu'on n'apprécie pas franchement), mais vraiment moins bien écrit que Hérédité et Midsommar, sans conteste. Dans un ventre mou de la filmographie de Ari Aster, il se fait quand même sa place honnêtement, pêchant par son rythme mollasson et sa technique moins inspirée qu'auparavant, mais gagnant ses points avec sa critique ultra acerbe (car très inquiète, on le sent bien) du monde d'extrêmes opposés, sur-affirmés dans leurs opinions toutes prêtes, souvent jusqu'au ridicule, parfois jusqu'au drame. Ne faisons pas comme les bisons, soyons plus intelligents, plus bienveillants, car la chute est déjà entamée. Donc pas "bisons" : bisous.