Eddington
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Artriste
Artriste

185 abonnés 2 369 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 janvier 2026
Néo-western politique écrit et réalisé par Ari Aster, Eddington est un bon film. L'histoire se déroule en mai 2020, durant la pandémie de Covid-19, à Eddington au Nouveau-Mexique, et nous fait suivre Joe Cross, le shérif local, qui va s'opposer au maire Ted Garcia en se présentant contre lui pour les futurs élections à venir. Mais cette décision va déclencher une véritable poudrière dans la petite ville paisible. Ce scénario s'avère plutôt plaisant à visionner tout du long de sa durée d'environ deux heures et demie. Une durée qui se fait tout de même légèrement ressentir et qui aurait gagné à être un peu raccourcie. L'intrigue débute de façon gentillette avant de petit à petit, au fil des minutes, s'enfoncer de plus en plus dans les profondeurs de l'âme humaine, ce qui va créer de nombreuses descentes aux enfers personnels. Le récit est un véritable fourre-tout traitant de nombreux sujets de sociétés de son époque, à commencer par le plus présent, à savoir la crise sanitaire et tout ce qui en découle. D'autres thématiques côtoient celle-ci comme la lutte raciale, sociale, l'abondance des réseaux sociaux et le fait de tout filmer, ou encore les différentes idéologies extrêmes de certaines communautés. Hélas, en brassant et en liant tous ces sujets, le métrage fini par ne rien raconter de pertinent, se contentant uniquement de les évoquer sans les approfondir. Tout cela donne lieu à des scènes toutes plus radicales les unes que les autres. Mais le principal fil rouge qui est la rivalité entre le maire en place et celui qui brigue sa place est malheureusement écourtée, ce qui est franchement dommage. Le ton se veut lui particulièrement satirique et jouit d'un humour absurde procurant quelques sourires, sans être profondément drôle. L'ensemble est porté par une grande galerie de personnes bénéficiant chacun de sa sous-intrigue mais pas tous du même temps de présence à l'écran. Des protagonistes pas vraiment attachants, hormis le shérif qui s'avère être un loser subissant son existence. Tous ces rôles sont joués par une distribution convaincante comportant entre autre Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone, Austin Butler, Luke Grimes, Miachael Ward, Deirdre O'Connell, Clifton Collins Jr., Amélie Hoeferle, William Belleau, Matt Gomez Hidaka, Cameron Mann ou encore Keith Jardine. Tous ces individus entretiennent des rapports conflictuels causant beaucoup de dommages autour d'eux. Des échanges qui font tout le sel de la narration et qui procurent de l'amusement, soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène est variée, nous offrant des angles et des plans vraiment intéressants. De plus, elle évolue dans des environnements agréables avec cette petite ville sans histoire isolée du reste du monde, qui va finir par accueillir les problèmes extérieurs, polluant ainsi son quotidien. Ce visuel soigné est accompagné par une bande originale cosignée par Bobby Krlic et Daniel Pemberton, dont les compositions collent bien à l'atmosphère, sans pour autant être marquantes. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Eddington qui, en conclusion, est un film méritant le coup d’œil, mais tout de même décevant au vu de son matériau de base qui aurait dû en faire un long-métrage mémorable.
Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 880 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 décembre 2025
Même si "Beau Is Afraid" m'avait un poil déçu, je restais très ouvert à l'arrivée du nouveau film d'Ari Aster. C'est un metteur en scène qui m'a toujours surpris par son travail et qui reste bien plus intéressant à suivre que beaucoup d'autres réalisateurs d'Hollywood. Cependant, "Eddington" m'a rapidement interrogé, notamment par son style. Alors que les films de ce dernier ont toujours beigné dans une approche étrange et mystérieuse, celui-ci semblait vouloir amener un ensemble bien plus terre-à-terre. Dans les grandes lignes, le film est une immense représentation de l'Amérique post-Covid, avec tous les sujets qui en découlent. On va donc évidemment parler de la pandémie, mais également du mouvement Black Lives Matter, de sexisme, de racisme en tout genre, etc... Et donc, même si le style paraît très éloigné de ce que l'on connaît d'Ari Aster, le scénario semble quand même proche de sa précédente production dans l'approche. Ici, on est encore face à quelque chose de très dense et qui veut parler d'énormément de choses. Et globalement, c'est encore une fois le problème, le film étant beaucoup trop rempli. Que l'on soit clair, le souci n'est pas de vouloir parler de ces choses, c'est même osé de le faire. C'est plutôt intéressant qu'un réalisateur comme lui se lance là-dedans, et on sent qu'il a un point de vue parfois très appuyé sur certains sujets. Personnellement, l'approche qui m'a le plus marqué va venir de sa mise en avant des complotistes, qui ont pris beaucoup de place durant la pandémie. Ari Aster y développe une communauté qui a perdu tout repère et qui se laisse donc guider par des théories toutes plus farfelues les unes que les autres, et honnêtement, j'aime la représentation qu'il en fait. Malheureusement, cette dernière est aussi l'exemple parfait de ce que je disais, à savoir que cela reste quand même assez sous-développé. Toute la relation avec la femme de Joe semble amenée à ça, mais hormis la séquence avec Austin Butler, on ne va pas plus loin. Et c'est donc un peu l'impression que me donne chaque élément, car chacun peut être intéressant si on le prend individuellement, mais ils sont tellement nombreux qu'aucun ne ressort véritablement. Tout est sous-développé, et on se retrouve donc à naviguer un peu à l'aveugle pour réellement comprendre de quoi l'histoire veut nous parler. Surtout que, dans le fond, je crois comprendre ce que voulait faire Ari Aster. En ouvrant et en fermant son film via un élément bien précis, il semble vouloir nous dire que tout est vain, qu'une seule chose a réellement de "l'importance" dans ce monde actuel. Et en vérité, je serai prêt à l'accepter, mais j'ai quand même beaucoup de mal avec cette approche. Si tout est si simple, pourquoi proposer un film aussi long ? Honnêtement, sur les plus de deux heures, je me suis ennuyé un bon paquet de temps. Et surtout, en sortant de son style habituel, on sent que le réalisateur a donc moins d'idées marquantes dans ses visuels. Certes, c'est très loin d'être mal mis en scène, mais c'est bien moins marquant que ce qu'il nous avait proposé avant. À la limite, le seul point vraiment très convaincant du film vient du casting, chacun étant très bon. Je regrette que beaucoup d'entre eux n'aient pas eu plus de temps d'écran, Joaquin Phoenix étant vraiment au centre de tout, même si cela ne les empêche pas de briller. En bref, je trouve que ce film est actuellement le projet le plus quelconque de sa filmographie. Honnêtement, il est très dense et il est loin d'être mal fait, mais je n'ai rien ressenti de particulier face à lui. Globalement, même le message principal est assez mal exprimé, ce qui offre donc un tout bien trop décevant. Pour conclure, une vraie déception.
Gregouille
Gregouille

2 abonnés 66 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 décembre 2025
Quelle déception. Pendant la première heure, il ne se passe pas grand-chose et puis ça s'emballe enfin mais bon, fallait-il faire un truc de 2h30 pour ça ? Peut-être qu'en tant que Français, je n'accroche pas à une n-ième vision des USA (très) profonds, dans une petite ville fictive du Nouveau Mexique où il ne se passe pas grand-chose. Pas de vie, rues désertes, ça ne fait pas rêver... Alors, quel est le message ? Dénoncer le conspirationisme ? Les excès de la liberté individuelle ? Les armes à feu dans les mains de tous ? Sans doute mais si les acteurs sont plutôt bons, je n'ai pas trouvé ça très palpitant.
Norbert Sautelles
Norbert Sautelles

19 abonnés 675 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 novembre 2025
À travers cette histoire au Nouveau-Mexique, où un Sheriff (Joachim Phoenix dans un rôle de geignard permanent) affronte le maire local (Pedro Pascal), mais aussi sa femme mentalement dérangée (Emma Stone en faire valoir et levier dramatique de l'évolution du personnage du shérif), sa belle-mère et ses adjoints. Ari Aster parle de l'Amérique du Nord profonde, entre superstition, racisme et immigration, amour des armes, affrontements politiques et affrontement de classes, complotismes et croyances. Sans aborder frontalement ces sujets. Avec l'élément plus intéressant du film, l'évolution du personnage de Joachim Phoenix, qui, s'il peut contenir des éléments d'empathie de la part du spectateur, évolue fortement pendant le film en devenant de plus en plus complexe plus le film avance, pour une certaine jubilation du spectateur, il faut reconnaître.

Ari Arster crée ici quelque chose de beaucoup plus digeste que son piètre film précédent, le pensum Beau Is Afraid (2023), mais reste dans le manque de subtilité et dans une lourdeur certaine. Il n'a pas la main légère. Mais cela est normal finalement, car l'histoire n'évolue pas auprès de personnages subtils.

Nous notons que les scènes d'actions sont très dynamiques et percutantes. Ari Aster devrait s'essayer à réaliser un action-movie, un film d'action en bonne et due forme, le résultat devrait être intéressant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 novembre 2025
Quand un film nous bouleverse comme ça, ce n’est pas seulement l’histoire, c’est aussi la présence d’un acteur qui porte tout sur ses épaules.
Joaquin Phoenix a ce don rare, il rend chaque rôle viscéral, humain, presque inconfortablement réel.
Quand il est dans un film, il devient un facteur déterminant, on regarde pour lui autant que grâce à lui.
Pour moi, ce film est une pure réussite.
Jean Dulis
Jean Dulis

1 abonné 79 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 novembre 2025
Scénario, inattendu qui nous fait revivre le COVID avec du recul très intéressant, excellent casting. Cela reste un scénario assez spécial sur un mélange de réseaux sociaux de Goureau de COVID qui peut nous faire péter les plombs. Tout se passe vers la fin, il ne faut pas lâcher, mais ça reste quand même très confus.
Johnny Smith
Johnny Smith

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 novembre 2025
Deux heures vingt-cinq pour ne rien raconter… Quand un film n’a ni structure ni propos, la longueur ne pardonne pas. C’est interminable.
Julien Vasquez
Julien Vasquez

44 abonnés 1 140 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 novembre 2025
Ari Aster livre une satire sociale où deux mondes s’opposent et se détestent, mais le résultat s’avère finalement assez chaotique.
Xavier VIRELY
Xavier VIRELY

8 abonnés 108 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2025
Face à ce film qui semble plus diviser que les précédentes œuvres du réalisateur, j’ai trouvé le mélange des genres et des thématiques très réussi et pertinent, sans radicaliser son discours, offrant même un crescendo partant d’un monde crédible jusqu’à la descente vers un paradigme qui paraît également étrangement familier ou possible.
fred c
fred c

6 abonnés 460 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 novembre 2025
C'est affreusement long, abrutissant même, bien sur il y' a un fond satirique mais je me suis largement ennuyer et c'est venu a bout de ma patience.
Michel Gandilhon
Michel Gandilhon

2 abonnés 33 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2025
L'Amérique au temps du choléra. Eddington est une Amérique en miniature. A ma gauche, un maire, démocrate issu de la diversité, ami du big business, et qui souhaite moderniser sa ville en la transformant en paradis de la transition énergétique (éoliennes et panneaux solaires) et de la high tech (data center) ; à ma droite un brave sheriff vent debout contre les pouvoirs publics et dont l'entourage familial passablement détraqué baigne dans le complotisme bas de gamme qui règne sur les réseaux sociaux : spoiler:
le covid est une fabrication, les élites forcément pédocriminelles sont une émanation de Satan. spoiler:
Le film s'attache à la destinée de cet homme de bonne volonté, de prime abord attachant, incarné par un très bon Joaquim Phoenix, qui tente de maintenir la cohésion de la communauté en luttant contre les déchirements provoqués par le confinement et l'émergence du mouvement black lives matter dont, soi dit en passant, le réalisateur se moque avec une verve salutaire. spoiler:
Il défend un citoyen refusant le port obligatoire du masque, se porte au secours d’un SDF agressif, tente de ramener à la raison les militants woke qui veulent bloquer la ville et d'y faire régner la violence spoiler:
. Les élections municipales approchant, il décide de se présenter contre le maire sortant en incarnant une sorte de ligne populiste maga critiquant les GAFA et la politique sanitaire et "écologiste" des autorités. ][/spoiler]Et puis tout craque. Soumis aux pressions des uns et des autres, humilié, son univers se délite dans un contexte où toute une société sous l'emprise omniprésente des réseaux sociaux devient folle et bascule dans la violence. A qui profite cette guerre civile qui brise les fragiles équilibres de la communauté ? [spoiler][Ce film excellent renvoie dos à dos un establishment politique américain, qu'il soit démocrate ou républicain, qui pérennise sa domination en gouvernant par le chaos. Une partie de la critique bien pensante ne lui a pas pardonné et Cannes ne lui a rien décerné.
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2025
Névrose de l’Amérique profonde, embrassant beaucoup de sujets : usage des armes à feu, suprémacisme, fake news et réseaux sociaux, campagne électorale agressive, jeunesse dans la rue pour dénonciations des violences policières,...
PHOENIX est impressionnant.
Le rythme est étonnant qui s’emballe au bout de 1h30 pour aboutir à des comportements irrationnels et déraisonnés et à un jeu vidéo sanglant Tarantinesque (caméra embarquée au milieu de la fusillade).
L’épilogue est surprenant et déstabilisant, la veuve maire manageant le village avec son Datacenter.
A voir...
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 novembre 2025
Le Covid rend fou, pas le virus lui-même, mais tout ce qu'il engendre comme sentiment de crainte ou de paranoïa. Un sujet clivant qui exacerbe les tensions, les croyances et surtout les fausses croyances. La petite ville d'Eddington est peut-être épargnée par le virus, mais pas par la bêtise... Ari Aster nous fait revivre une période pas si lointaine transposée dans un endroit tranquille qui ne demande pourtant qu'à exploser. Il ratisse très large entre la pandémie, les élections, les manifestations contre les violences policières ou l'impact des réseaux sociaux. Des sujets traités à travers une galerie de personnages timbrés entre le shérif idiot, les complotistes, les charlatans ou les militants à deux balles. Le reflet d'une société malade qui cède à la violence et accepte de se laisser manipuler à partir du moment où ça les conforte dans leurs idées. Tout est là, mais le résultat n'est pas aussi amusant ou jubilatoire que je l'espérais. Les conflits mineurs le restent trop longtemps au point d'être ennuyeux tandis que l'humour pince-sans-rire sarcastique n'a pas eu beaucoup d'effet de mon côté. Heureusement, la dernière partie bien folle et jouissive donne quelque chose à apprécier. Tout ce qu'il y a avant est loin d'être mauvais, mais c'est beaucoup trop sage. Au final, c'est probablement le film d'Ari Aster que j'ai le moins apprécié jusque-là, mais ça reste pas mal.
Taahz
Taahz

2 abonnés 305 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2025
Eddington est un film politisé, ouvertement critique envers les travers de l'époque dans laquelle nous vivons, plus particulièrement aux États-Unis. Ari Aster synthétise sans détour, en la ville d'Eddington, les tensions américaines et leurs facteurs exacerbants.
Pour cela, il s'appuie entre autres sur Joaquin Phoenix, acteur parmi les plus talentueux de notre époque, incarnant ici un shérif à la morale incertaine.
Stéphane D
Stéphane D

174 abonnés 2 354 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2025
J'ai envie de commencer ma critique comme Midsommar du même réalisateur : je ne m'attendais pas à aimer un western mais c'est bien plus que ça. Certes le lieu est une petite ville américaine mais c'est un cadre pour partir dans le sens que l'auteur a décidé. D'abord la gestion du COVID et des libertés individuelles, (à nouveau) la crédulité face à un gourou ou des actualités gobées sans esprit critique, puis tout d'un coup la ville est le lieu central d'une révolte "Black lives matter", et encore tellement de choses.
Je suis vraiment emballé par cette façon de construire un film sans direction bien fléchée tout en sachant que l'auteur sait ce qu'il fait et c'est un voyage très intéressant.
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