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Taahz
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4,0
Publiée le 11 novembre 2025
Eddington est un film politisé, ouvertement critique envers les travers de l'époque dans laquelle nous vivons, plus particulièrement aux États-Unis. Ari Aster synthétise sans détour, en la ville d'Eddington, les tensions américaines et leurs facteurs exacerbants. Pour cela, il s'appuie entre autres sur Joaquin Phoenix, acteur parmi les plus talentueux de notre époque, incarnant ici un shérif à la morale incertaine.
J'ai envie de commencer ma critique comme Midsommar du même réalisateur : je ne m'attendais pas à aimer un western mais c'est bien plus que ça. Certes le lieu est une petite ville américaine mais c'est un cadre pour partir dans le sens que l'auteur a décidé. D'abord la gestion du COVID et des libertés individuelles, (à nouveau) la crédulité face à un gourou ou des actualités gobées sans esprit critique, puis tout d'un coup la ville est le lieu central d'une révolte "Black lives matter", et encore tellement de choses. Je suis vraiment emballé par cette façon de construire un film sans direction bien fléchée tout en sachant que l'auteur sait ce qu'il fait et c'est un voyage très intéressant.
Le début passe et puis on arrive encore plus dans le grand n’importe quoi du n’importe quoi. C’est inutilement long, c’est tellement caricatural que cela perd toute pertinence.
Si vous voulez un film pépère à regarder le soir, c’est à fuir totalement.
La vie est trop courte pour s'ennuyer... j'ai tenu 29min parce que je suis quelqu'un de persévérant. 1 étoile pour ce que j'ai vu et la moitié d'une autre pour ce que je n'ai pas vu.
Sa dimension néfaste tient surtout à ce qu’il naturalise et dépolitise la violence :
Il transforme des processus sociaux et politiques complexes (inégalités, exclusion, déshumanisation) en problèmes individuels ou psychologiques.
Il entretient l’illusion que les violences extrêmes sont « spontanées » ou incompréhensibles, plutôt que le produit d’un contexte social et historique.
Il peut renforcer des lectures fausses ou simplistes du monde, par exemple en donnant l’impression que toutes les violences se valent ou que les gens deviennent violents uniquement à cause des médias ou d’Internet.
En gros, c’est un film spectaculaire mais idéologiquement trompeur : il divertit en montrant le chaos, mais désinforme sur ses causes réelles, et à ce titre, il a un effet social négatif.
C’est le premier film d’Ari Aster qu’il m’est donné de voir, donc mon opinion n’est pas tellement de voir les liens entre ses films, mais plutôt de prendre celui-ci, Eddington, pour ce qu’il est.
On compare beaucoup le film à Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson. Et bien qu’ils aient des thèmes en commun, et même un but commun — montrer une Amérique chaotique, divisée et perdue idéologiquement —, ma préférence ira à Une bataille après l’autre, plus dans l’allégorie, la parabole (et vice versa) qu’Eddington. Cela dit, je trouve qu’Eddington frappe juste.
C’est devenu tellement difficile de faire plus gros que la réalité qu’Ari Aster ne grossit pas tellement le trait pour illustrer l’absurdité et l’hypocrisie du monde. Et c’est sans doute la limite du film. C’est très juste, mais ça ne fait que regarder dans le rétroviseur de l’époque du Covid-19, et ça ne pose pas la question : « Et maintenant ? » Tout cela manque de transgressivité, comme si Aster ne savait pas quoi dire de ce regard lucide.
Mais le film est très bien réalisé et beau visuellement, la photo étant de Darius Khondji ; on ne pouvait que s’attendre à de belles images. Et il faut reconnaître que la Arri Alexa 35 a un beau rendu pour du numérique.
Eddington retranscrit parfaitement l’idiocratie de l’époque du Covid-19. Il est à la fois drôle et malaisant, mais ne propose aucune réflexion là-dessus. Il est très bien réalisé, ce qui en fait un bon film, mais pas un chef-d’œuvre, ni un de mes films de cette année… ou par défaut, faute de mieux.
Découvrir Eddington d'Ari Aster après avoir vu Une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson pousse à la comparaison, inévitablement, car les deux films se ressemblent beaucoup. Tous deux sont des films en prise avec l'actualité immédiatement contemporaine, dans cette ère trumpiste complètement folle. Ils décrivent des États-Unis à feu et à sang, opposant réactionnaires et progressistes, en mêlant à la fois chronique sentimentale et intime, thriller, préoccupations politiques et sociales, humour et absurdité.
Mais la comparaison se fait clairement aux dépens d'Eddington. Tout ce que tente laborieusement Ari Aster est réussi par Paul Thomas Anderson. Si les deux films ont à peu près la même durée (2h30 pour Eddington, 2h40 pour Une bataille après l'autre), qui est conséquente, le film d'Aster paraît interminable et parfois ennuyeux, quand le film d'Anderson est prenant de bout en bout.
Il y a aussi chez Aster le sentiment déplaisant d'être face à un réalisateur qui manipule les spectateurs. C'est le premier long métrage que je vois de lui, mais je sais qu'il vient du film d'horreur. Et effectivement, il ne peut s'empêcher d'installer un climat de malaise et d'horreur sourde, et de se complaire dans le sanglant. La longue séquence finale, dans un tout autre registre que le reste du film, en mode jeu vidéo survival ultra violent, montre combien Ari Aster a un problème avec la représentation de la violence, qui semble bien plus l'emballer que d'autres aspects du film.
Les deux premiers tiers d'Eddington montrent un cinéaste pas vraiment doué, qui rame niveau mise en scène et rythme. Les prises de vues sont très quelconques et la musique semble plaquée artificiellement sur les images, pour donner un semblant d'énergie à un long métrage mollasson. Ce qui est intéressant, ce sont davantage les situations par lesquelles Aster décrit l'Amérique complètement tarée des années 2020, et la folie collective qui s'est accrue avec le Covid, le conspirationnisme et les réseaux sociaux. Il y a malgré tout quelques scènes réussies, comme celle de la fête chez le maire, qui est un des tournants du film.
La vraie force d'Eddington, c'est peut-être l'électrochoc qu'il procure. Une bataille après l'autre est presque un feel good movie, c'est à la fois sa force et sa faiblesse, car il dépeint des événements dramatiques qui devraient nous alarmer (ce qu'il fait tout de même en partie). Le film d'Ari Aster est comme son envers profondément sombre, un bad trip traumatisant, qui sans offrir quelque chose de profondément nouveau quand on connaît la situation aux US, met en images le cauchemar qui est en train de s'installer et de prospérer outre-Atlantique, et qui pourrait venir jusqu'en France... Une sorte d'invitation salutaire à être vigilant et à réagir sans tarder. La manière est très discutable, mais l'intention et le résultat doivent être pris au sérieux.
Ce film nous brosse le portrait du quotidien d'une petite ville américaine, se veut dense mais devient surtout confus, se perdant dans ses propos au point de divaguer entre diverses sous-intrigues qui embrouillent le spectateur et ne sont pas même intéressantes. On nous brasse en vrac une pandémie, des problèmes inter-ethniques, des luttes internes pour le pouvoir local, la dépendance permanente aux réseaux sociaux, de la magouille, du viol... tout cela en louvoyant en permanence entre une position et une autre sans jamais d'unanimité. On passe sans cesse d'un personnage à un autre - bien que le shérif soit l'élément central de toutes ces intrigues - sans jamais s'attarder sur les personnages qui du coup sont totalement étrangers au spectateur. Si la première demi-heure tient à peu près ses promesses, la suite se délite dans l'ennui et la dernière demi-heure couronnée par une chasse à l'homme ridicule et une fin grotesque est un supplice à suivre, l'ensemble durant plus de 2H20.
je ne connaissais pas le cinéma de ari aster. eddigton est plus que particulier. un shérif qui veut se faire élire maire de sa ville dans un climat de COVID dont il se fout complètement. le film doit avoir ses fans . j'ai trouvé plutôt long et sans grand intérêt.
Porté par des acteurs magistraux – Joachin Phoenix et Pedro Pascal en tête – ce western moderne est un concentré de toutes les angoisses de l’Amérique contemporaine. Portrait au vitriol d’un pays dans lequel plus personne ne se parle, plus personne ne se comprend, dans lequel les clivages sont énormes et les écrans omniprésents – tout est filmé, commenté, détourné, liké, en permanence – Eddington narre la rivalité du maire d’une ville fictive du sud des États-Unis avec son shérif en pleine période de confinement dû à la pandémie du Covid 19 – une discorde qui va prendre des proportions toujours plus gigantesques, sur fond de théories du complot à tous les étages. Ce film qui s’interroge aussi sur les ressorts personnels de l’engagement militant et politique – un sujet toujours passionnant, auquel Ari Aster répond simplement : des histoires de cœur et de rancœur – se termine par une séquence finale à la fois grotesque et terrifiante, qui clôt ce film poisseux - mais pas dénué d’humour – de manière tout à fait surprenante.
Pfiou.. Le rythme s’étire à s'en perdre, au point de rendre les enjeux assez maigres. Les retournements scénaristiques, souvent mal ficelés, tombent comme des cheveux sur la soupe : oui, ils font avancer l’histoire, mais sans véritable organicité.
Et pourtant, Eddington n’est pas dénué d’éclairs de lucidité. Ari Aster sait injecter dans son propos des fulgurances passionnantes, portées par un casting royal qui soutient le film du début à la fin. On sent une volonté de représenter l’éclatement de la société américaine, sans trop de parti pris, ce qui rend l’approche étonnamment agréable. Mais apprend-on quelque chose ? Le film propose une multiplicité de points de vue qui reflète bien la fracture contemporaine, et rien que pour ça, ce film vaut le détour.
Côté mise en scène, Aster prouve encore son talent : quelques séquences remarquables agitent les peurs comme lui seul sait le faire, et le tout premier plan, brillant, annonce formidablement la trajectoire du film. Visuellement, c’est beau, inspiré, parfois marquant. Mais malgré ces éclats, le scénario manque cruellement de liant, et finit par perdre en puissance ce que la mise en scène parvient à sauver.
Eddington est un film fiévreuxspoiler: , aussi malade que le sont les victimes de la Covid-19, aussi imprévisible que les réactions militantes diffusées massivement sur les réseaux sociaux, pourtant convenu voire conservateur dans sa représentation d’un ordre du monde qui demeure inchangé malgré les actions individuelles . En cela, il prend le contrepied de Young Mr. Lincoln (1939) signé John Ford, portrait élogieux d’Abraham Lincoln représenté dans ses premières années de combat politique pour les élections municipales : là où celui-ci s’intéresse à la construction d’une identité d’homme public mimétique d’un ordre social rétabli, le présent long métrage s’échine à déconstruire la tranquillité et la droiture initiales de Joe Cross pour le vider de sa substance humaine et lui substituer des discours, des actes et des postures empruntés à d’autres. L’intelligence d’Ari Aster tient ainsi à sa façon de détourner notre attention par les personnages secondaires, tous sous l’influence d’un groupe, dont les mutations expriment celles du candidat à la mairie asthmatique : il corrige ainsi le premier John Ford, rempli d’illusions nationalistes, par le John Ford vieillissant de The Last Hurrah (1958), dans lequel nous suivons la campagne d’un maire sortant peinant à composer avec la télévision et les médias. Le théâtre du monde, plein de bruit et de fureur, confond différents registres de façon à concevoir un western psychologique et grotesque à la forme aussi muable que les prises de décision de Joe Cross, et où se projettent spoiler: les névroses des États-Unis ; face à lui triomphe le grand capital, encadrant le film par l’image de cette entreprise technologique que personne ne pourra empêcher de s’installer, et que ses messages pacificateurs feront passer pour le nouveau souffle d’une terre soucieuse de retrouver son âme indienne. Un brûlot audacieux.
Eddington bénéficie d'un scénario solide et de personnages forts sans être charismatiques non plus. Ses 2h30 passent finalement rapidement quand on se plonge dans l'histoire de ce conflit entre le shérif et le maire de la petite ville d'Eddington en période covid. La réalisation est parfaite, capable de faire monter la pression, l’évolution des événements sans en dévoiler trop rapidement l'intrigue mais il faut être patient. Le film est appuyé par une inquiétante bande son qui participe à la douce pente que ces deux personnages principaux empreintes tout en se détestant sous les yeux de la population. Un film qui aurait pu être signé par Clint Eastwood au regard de sa réalisation.
Film très spécial qu'Eddington...débutant comme une fresque sociale des névroses américaine sur fond de folie covidienne...puis basculant sur un thriller plus classique. Mais plusieurs ressorts ne fonctionnent pas... Le scénario est brouillon, les acteurs moyens, à commencer par Joachim Phoenix qu'on a connu largement plus inspiré...et une fin en demi-teinte font de ce (trop) long-métrage une œuvre certes pas inintéressante mais somme toute dispensable.