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Florence E.
10 abonnés
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4,5
Publiée le 2 mai 2026
J’ai beaucoup aimé les plans paysages avec la musique … un très beau film mais j’avais presque hâte que ça s’arrête, tellement j’étais stressée pour les protagonistes.
Sergi Lopez est l'acteur par excellence pour interpréter ce genre de rôle troublant, dans ce film assez envoûtant. Il incarne à merveille le mystère de ce road movie, le contraste saisissant entre la lenteur de l'action et la déflagration brutale de certains événements qui ponctuent le film. La forme est sublime, entre les couleurs du désert marocain et le rythme entêtant de la musique de rave. Un choc.
Sirat nous plonge dans l’ambiance d’une rave party constante où plein de gens se réunissent dans le désert marocain pour faire la fête tout en étant réprimandés par la police. C’est filmé d’une manière brute, comme un documentaire, avec le bruit de la musique étourdissant.
Dans ce contexte, des personnages dont on ne sait rien sur le passé sont introduits : Luis, un père accompagné de son fils Esteban, cherchant désespérément sa fille partie dans ce genre de fête, rencontre un groupe de teufeurs nomades. On entre dans le récit en même temps que Luis, totalement étranger à ces pratiques, ne comprenant pas le départ de sa fille.
C’est un véritable choc entre deux mondes mais, après plusieurs réticences, Luis et Esteban rejoignent le groupe, devenant des marginaux, se perdant dans l’immensité du désert pour retrouver sa fille, le tout en pleine troisième guerre mondiale, en toile de fond, seulement évoquée par la radio. Ils s’incorporent dans le groupe et sympathisent mais, alors que la trame suit son cours, spoiler: un événement tragique change totalement la dynamique du film.
spoiler: En effet, la quête principale est totalement abandonnée et les personnages font donc face au deuil. La mort peut arriver sans prévenir et plus rien n’est sûr à partir de là. Luis entre dans une errance existentielle vide de tout espoir, entraînant tout le monde avec lui. Les personnages, voulant échapper à la réalité morbide, consomment de la drogue, amenant leur perte dans la scène étouffante des champs de mines. À partir de là, plus rien ne compte et seule la survie et l’instinct priment.
La fin est énigmatique : on ne sait pas si leur délivrance est réelle, où le train les emmène ou s’ils retrouvent la civilisation après avoir vécu ce traumatisme et dans un contexte de guerre.
Avec Sirāt, Oliver Laxe prolonge son cinéma de la traversée en le chargeant d’une dimension spirituelle et sensorielle d’une grande intensité. La mise en scène, épurée et immersive, fait du paysage un espace d’épreuve où le corps et l’âme sont mis à nu. Laxe privilégie la lenteur et l’attention aux éléments, laissant surgir une forme de mystique brute, presque minérale. Le film avance ainsi comme un cheminement intérieur, où chaque étape semble interroger la foi, le doute et la persistance. Une œuvre exigeante et habitée, qui confirme la singularité d’un regard profondément ancré dans le réel et le sacré.
Le film Sirat laisse une impression franchement décevante, et ce dès ses premières minutes. L’introduction, interminable, s’étire sans réelle justification, portée par une musique pesante qui se veut sans doute envoûtante mais finit surtout par devenir malaisante et fatigante. On attend qu’il se passe quelque chose, mais le film semble prendre un malin plaisir à retarder inutilement le moindre enjeu.
Côté interprétation, seul Sergi López tire son épingle du jeu. Comme souvent, il parvient à donner de l’épaisseur à son personnage, avec une présence naturelle et une justesse qui contrastent fortement avec le reste du casting. Les autres acteurs, en revanche, peinent à convaincre : jeu approximatif, manque de crédibilité, émotions forcées… difficile de s’attacher à qui que ce soit.
Mais le vrai problème reste le scénario. L’histoire paraît complètement bidon, sans véritable cohérence ni progression. On a l’impression d’une succession de scènes mises bout à bout sans vision d’ensemble, comme si le film hésitait constamment sur la direction à prendre. Résultat : un récit creux, qui n’embarque jamais le spectateur.
Au final, malgré la prestation solide de Sergi López, Sirat est un film qui s’enlise dans ses longueurs, ses choix artistiques discutables et un scénario trop faible pour soutenir l’ensemble. Une expérience plus frustrante que captivante.
J'ai beaucoup de mal à comprendre l'engouement pour ce film. Je connais le milieu qui y est dépeint, et je trouve qu'on est dans un stéréotypes pur du monde de la teuf. Pour ce qui est du scénario je me sens complètement à l'ouest, je ne trouve rien de logique dans toutes les décisions prises par les personnages. Donc on apprend vite que le papa et son fils cherche sa fille, puis on comprend qu'elle n'a pas disparue mais qu'elle est partie de son propre chef. Et donc un papa prend son fils, très jeune, pour l'emmener en vadrouille en plein milieu du désert pour aller chercher sa fille qui a probablement fuit le foyer ? Et il décide de suivre 2 camions vers une autre teuf parce qu'on lui a dit qu'elle serait peut-être là-bas ? Pardon, c'est lunaire pour moi. Il n'y a rien de crédible dans cette histoire. Et donc finalement, vu que je n'accroche ni aux personnages ni à l'histoire, rien ne m'a surpris dans ce film je suis restée de marbre. Malheureusement. Et j'ai vite compris où le film nous menait, et ce nul part. Le genre de film où tu te demandes pourquoi il a été fait, vraiment. En revanche, les paysages sont vraiment beaux et les camions aussi et le son est vraiment sympa, c'est la seule raison pour laquelle j'ai vraiment continué à regarder. Car tout le reste est long et décousu selon moi.
Mon film coup de cœur de l'année 2025. Un film puissant, qui marque durablement le spectateur, une véritable expérience de cinéma. Nous ressentons physiquement le film, rythmé par une BO intense. C'est, à mon avis, un film antimilitariste.
Un ovni cinématographique, qui répond de façon plus sombre au dernier film de Paul Thomas Anderson et montre une planète où l’on fuit vers un monde que l’on espère meilleur mais qui se révèle aussi inquiétant que dangereux. Paysages lunaires et désolés, personnages d’improbables exclus formant une communauté extravagante perturbée par l’arrivée d’un père et son fils, le tout sous fonds de musique électronique et de sound system assourdissant. Sergi Lopes, entouré de non-professionnels, est inoubliable dans le rôle d’un homme pour qui l’espoir se transforme en tragédie puis en catharsis.
La rave-party, puis la fuite à travers les paysages arides marocains me plongent dans une sorte d’état comateux. Je regarde ma montre, je soupire et envisage de couper court juste avant un brutal et imprévisible premier choc. Totalement abasourdi, je reste bouche bée et hypnotisé jusqu’aux déflagrations suivantes. Le générique de fin défile et je m’interroge sur ce que je viens de voir. Et ça, plusieurs heures et jours après encore. « Sirāt », un film étonnant, stupéfiant, déroutant.
Ce n’est pas une claque. C’est une gifle. Extrêmement Violente et par surprise. Et à la fin, longtemps encore après, il reste un sentiment de sidération. Et des questions. Que m’est il arrivé, qu’est ce que ce film dit de nous, de notre rapport au monde et à la vie. Sublimé par une photographie et une réalisation d’une beauté folle.
Un film fascinant autant par son histoire que sa photographie ou même sa bande son. C'est filmé d'une façon tres intelligente où chaque moment provoque une tension. Un de ces rare film où on reste jusqu'à la fin du générique pour s'enivrer une dernière fois de l'atmosphère. Chef-d'œuvre ? Pour moi qui est tutoyé ce monde pendant 15 ans, c'est bien possible.
« Sirāt » ou les routes de l’impossible au Maroc. Ici, les forçats de la route laissent place à un groupe d’amis raveurs (trois hommes et deux femmes de nationalité espagnole et française) auquel se raccroche Luis qui, accompagné d’Estéban, son fils de douze ans, cherche dans les raves sa fille aînée disparue. Ensemble, sous un soleil de plomb, ils s’enfoncent dans le désert pour rallier une nouvelle rave à la frontière mauritanienne.
En donnant dès le début la signification de « Sirāt » - un pont entre le paradis et l’enfer -, le réalisateur Oliver Laxe donne peu d’espoir quant à ce périple. L'écran s'imprègne de gros son et de transe sous acide, de sable et de poussière, d'une chaleur accablante et d'un jour éclatant. Dans leur immensité, les paysages d’une beauté brute, minéraux et hypnotiques, servent d’écrin à l’histoire. Le film, stylisé et envoûtant, tient en haleine, réservant de terribles surprises. Au-delà de la réussite visuelle, chacun se fera une idée de l'intention peu évidente du réalisateur. Dans ce voyage au bout de l’enfer qui fait penser au "Salaire de la Peur" de H-G. Clouzot et à "Twenty Nine Palms" de Bruno Dumont, la liberté (dont la marginalité des raveurs incarne une forme d'absolu) vient se fracasser contre toute la laideur et la brutalité du monde.
Au casting (qui donne lieu à une belle présentation au générique de début), Sergi López est parfait dans le rôle d’un père dévasté luttant avec l’énergie du désespoir, tout comme le jeune Bruno Nύñez Arjona dans celui d’un garçon solaire et attachant. Les cinq acteurs non professionnels, vraisemblablement raveurs eux-mêmes, jouent des personnages cabossés par la vie, épris de liberté et soudés par l’amitié.
Référence au pont sur l'Enfer, Sirât est un voyage sonore hypnotique au milieu du désert. Un film contemplatif, visuellement saisissant avec des paysages du sud du Maroc à couper le souffle. Bémol sur les personnages très lisses, à qui on laisse très peu de dialogue et qui ne m'ont donc pas convaincu, ni même emmenés avec eux. Un film simple, lent et répétitif qui a certes des qualités mais qui me laisse perplexe sur son scénario et sur ce qu'il veut implicitement transmettre. Comme dit Luis "J'ai avancé sans y penser" : une ode à la vie ou à la reflexion propre du film ? insta : maxfaitsoncinema
Un road-trip vraiment saisissant. Le film nous embarque dans un voyage presque physique où l’on ressent la route, la chaleur et la tension à chaque étape. La mise en scène rend le trajet hypnotique et on se laisse facilement porter par cette progression dans le désert. J’ai particulièrement apprécié l’atmosphère sensorielle du film : la musique, les paysages et le rythme donnent l’impression d’être plongé au cœur de l’expédition. Par moments, j’ai retrouvé des sensations proches de celles du film le salaire de la peur de Clouzot, avec ce sentiment que le voyage lui-même est l’enjeu principal. Un road-trip intense et immersif qui fonctionne très bien grâce à son ambiance et à sa mise en scène