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Maria Soto
1 abonné
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5,0
Publiée le 2 juin 2024
Encore une surprise, encore la mémoire qui s’enfuit, la douleur, la souffrance, la perte de repères, l’attachement, et les protagonistes sont très attachants, comme parfois, irritants, et même effrayants. Mais un bon film à la Coréenne avec tous les ingrédients déjà en marche dans des films comme le percutant et grandiose Parasite ou avant lui Old Boy. Pour moi en ce moment, le cinéma japonais, comme coréen ont de grand jour devant eux. J’en suis ravie !
À mi chemin entre le drama et le thriller, j’ai été très surpris (positivement) alors que je n’apprécie pas spécialement ce genre de film. Le suspense monte progressivement et on tient le souffle tout au long du film!
Et si les réalisateurs américains n’étaient plus les uniques experts en grands thrillers ? Les cinéastes coréens atteignent aujourd’hui une incroyable maîtrise dans la réalisation des films noirs. Ils s’affirment comme les nouveaux spécialistes des thrillers ambivalents où critique sociale, dérision et suspense captivent les spectateurs et enchantent les jurys des festivals. Nous connaissions Bong-Joon Ho (Mother, Parasite…), Park Chan-Wook (Old boy, Decision to leave), Lee Chang-Dong (Poetry, Burning). Aujourd’hui, la jeune réalisatrice Sol-Hui Lee, nous présente GREENHOUSE, une nouvelle petite pépite venue de Corée. Le film suit la trajectoire de Moon-Jung, aide-soignante auprès d’un couple de personnes âgées. Une héroïne du quotidien aussi touchante qu’effrayante qui est interprétée de manière magistrale par Seo-hyeong Kim, une comédienne célèbre en Corée du Sud, qui a obtenu l’équivalent du César coréen de la meilleure actrice. Le scénario écrit avec une précision toute asiatique nous embarque dans une multitude de rebondissements, de chaos, d’émotions. Il ne nous lâchera pas jusqu’à l’ultime image. La mise en tension progressive du récit n’épargne aucun protagoniste du film. Cependant la réalisatrice reste extrêmement focalisée sur l’humanité de ses personnages, sur la misère sociale et psychologique des laissés-pour-compte, plutôt que sur la mise en place d’un suspens implacable et froid. Elle construit une œuvre très prenante et complexe, entre douceur et violence, dévouement et destruction. GREENHOUSE possède l’intelligence des films qui demeurent accessibles et captivants même dans la noirceur la plus bouleversante.