In The Summers
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Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 février 2025
Vicente reçoit chaque été pour quelques semaines ses deux filles, Violeta et Eva. Séparé de leur mère qui a la garde, il met beaucoup de sérieux et d'investissement à leur proposer des activités et un cadre agréable aux fillettes. Malheureusement, un certain comportement sous alcool vient perturber ce beau tableau. Sur plusieurs années, chronique des relations entre un père et ses deux filles fort différentes. En salle le 9 juillet.

spoiler: "In the Summers" est un joli panorama de la construction de deux jeunes femmes sur plusieurs années. Le film parvient à tenir un bel équilibre dans les relations père-filles, entre opposition, affection, tentative de rapprochement et imitation. Je ne sais pas si c'est fait exprès mais le personnage de Vicente ne vieillit presque pas sur la vingtaine d'années que dure l'intrigue, comme un roc ou un phare immuable de leur vie ? Ca m'a un peu gêné car on envoie ici le message que l'enfance et l'adolescence sont transformations et que l'adulte lui n'évolue pas et reste totalement coincé dans ses acquis et les traits qui le caractérisent. Mignon mais pas abouti selon moi.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2025
Las Cruces, Nouveau-Mexique. Là, vit un homme divorcé qui, l'été, retrouve la garde de ses deux filles. Avec beaucoup de délicatesse et un certain nombre de non-dits, le premier long métrage de Alessandra Lacorazza, qui a suivi l'itinéraire balisé du cinéma américain indépendant (Sundance, Deauville) entreprend de nous raconter, en 4 chapitres, la relation d'un père aimant et maladroit et surtout soumis à une forte addiction, avec sa progéniture. Au fil des étés, les rapports évoluent, les fillettes deviennent adolescentes puis jeunes adultes et leur regard passe par plusieurs phases, entre compréhension et rejet. In the Summers ne s'éloigne jamais de sa volonté d'expliquer peu, préférant installer une atmosphère émolliente d'où jaillissent parfois des éclairs de violence et des morceaux de tendresse, sur lesquels la réalisatrice, fidèle à son modus operandi, s'attarde peu, avant une ellipse temporelle. Ainsi, sans trop céder à l'émotion, hormis en son dénouement, le film suit sa route, avec bienveillance pour ses personnages, tous vulnérables. On y retient, au-delà de son ambiance, qui compense l'absence de scènes saillantes, la qualité globale de l'interprétation, dans le passage du temps et des sentiments.
FaRem

10 571 abonnés 11 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 novembre 2024
Eva et Violeta, deux sœurs, se rendent à Las Cruces, au Nouveau-Mexique, pour rendre visite à leur père. Des visites estivales, quatre en l'occurrence, étalées sur plusieurs années. Avec son premier long-métrage semi-autobiographique, Alessandra Lacorazza montre comment les années changent et façonnent les individus et surtout les relations. Un impact pas toujours visible malgré une distance dans les relations ou encore des cicatrices bien présentes. Des ressentiments, des traumatismes, mais aussi des moments de partage et de tendresse, car ils forment malgré tout une famille. Une dynamique familiale changeante avec des efforts, mais aussi une certaine forme de résignation par moment. Il y a pas mal de non-dits qui sont, je trouve, bien plus forts que les dialogues ou les actes. Les sauts dans le temps et les changements dans le casting impactent la connexion émotionnelle que l'on peut avoir, mais même s'il prend son temps, "In the Summers" est finalement un drame touchant et authentique.
Antonine
Antonine

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2024
J'ai vu ce film au festival de Deauville. Je ne savais pas encore qu'il remporterait le Grand Prix. Quand j'ai appris qu'il avait été récompensé, j'étais à la fois heureuse et étonnée. Etonnée car ce n'est pas un film "grand public", mais heureuse parce que la justesse du ton et la mise en scène étaient épatantes. Le film ne m'a pas lâchée depuis. Je comparerais ce film à "Aftersun" de Charlotte de Charlotte Wells qui avait également récompensé à Deauville, en 2022.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2024
Le voilà, notre petit chouchou de la Compétition du Festival de Deauville, ce lointain cousin du très sensible Aftersun, auquel on avait déjà succombé. Voilà donc deux sœurs qui sont tout l'une pour l'autre (vous allez mettre deux minutes pour les adorer), qui reviennent passer chaque été chez leur père (qui a perdu leur garde à cause de son alcoolisme), et qui essaient de profiter de ses moments de sobriété, où ce dernier se révèle être un très bon père, rigolo, et surtout dingue de ses deux princesses... Les bières et les bourbons sont des parasites dans le bonheur de ces trois gais lurons, et on crève d'envie (autant que les gamines) que Papounet se décide à se faire soigner. Mais comment ne pas parler davantage des deux sœurs qui illuminent (encore plus que le soleil si superbement filmé) le récit, avec pas moins de trois actrices respectives qui se succèdent aux rôles d'Eva et Violeta, dont les versions adultes (Sasha Calle et Lio Mehiel) sont deux gueules qu'on aimerait bien recroiser au cinéma... Tandis que la grande sœur s'émancipe de cette famille très rapidement et radicalement, la cadette a tendance à suivre le modèle du patriarche, et spoiler: à noyer son chagrin au fond du verre de bourbon
... On adore suivre d'été en été les nouvelles péripéties des sœurs, leurs déceptions et leurs joies, comme des montagnes russes émotionnelles dont on ne veut pas descendre (même dans les moments tristes), et qui s'appuient sur les différentes actrices toutes formidables. À cela, on ajoute pêle-mêle un rôle du père défendu corps et âme par Residente (un rappeur portoricain : oui, vous avez bien lu), un chef-opérateur qui mérite son salaire (que c'est beau, visuellement... Voyez ce désert de sable blanc avec la famille qui porte chacun une luge de couleur, comme des champignons multicolores et de toutes tailles, voyez ce soleil capté au matin, au zénith et au crépuscule, qui annonce les moments de bonheur rayonnants avant les moments pénibles en début de soirée où l'alcool commence à couler), et aussi un sens du détail très poussé. On repense à cette scène où les sœurs font la rencontre spoiler: de la nouvelle fille de leur père, mal à l'aise, et demandent une bière pour briser la glace, ce à quoi le père répond qu'il n'en a plus. On voit immédiatement passer une lueur d'espoir dans les regards des sœurs ("Ça y est, il s'est enfin décidé à se faire aider !"), mais lorsqu'il revient de la supérette avec le pack de bières achetées sur l'instant, on voit les visages se fermer en une fraction de seconde. "On s'en va." lâche l'aînée. Et les deux sœurs décampent. Derrière nous, consternation d'une classe d'étudiants ("Mais, elles demandent des bières, et après elles s'en vont !"). Ce qu'ils ont raté : dans le pack de bières, ramenées en deux minutes de la supérette, il manque une bière... Il n'est absolument pas guéri, ne sait toujours pas contrôler son addiction, et l'absence d'alcool dans la maison n'était qu'une façade pour la venue des filles. C'est encore pire qu'avant : maintenant il leur ment.
En cinq minutes de film, on a su que ce In the Summers nous parlait vraiment de cinéma, avec un jeu d'actrices tout en finesse pour en dire plus, avec un petit détail qui influence toute la suite du récit, avec un respect pour le spectateur (il ne nous sur-explique rien). On pourrait parler des plombes (jusqu'au crépuscule) de ce si joli film sur les relations humaines compliquées entre père et filles, sur le lien entre personne toxique et addiction, mais aussi sur toutes les mains tendues qui soudent cette famille. On repart de cet été en emportant comme une carte postale ce dernier plan : un regard complice, plein d'amertume et de résilience, qui cherche à quatre yeux le rayon de soleil même en sachant que la nuit finira par arriver.
Alice025

1 887 abonnés 1 501 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2024
Un film particulièrement touchant concernant la relation entre un père aux différentes addictions et ses deux filles. Le film se déroule sur plusieurs étés (moment où le père à la garde), ce qui permet de voir l'évolution sur plusieurs années, les filles étant enfants, puis ados, puis jeunes adultes. C'est un mélange nuancé de souffrance et de tendresse tout au long du temps, quand on voit Vicente (le père) faire des efforts puis retomber dans ses travers, ayant une répercussion mentale sur ses enfants et ce jusqu'à l'âge adulte. Une relation à la fois dure et triste, mais aussi belle et attachante, bref un film qui touche.

http://cinephile-critique.over-blog.com
Lemagducine
Lemagducine

35 abonnés 53 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 septembre 2024
Premier film d’Alessandra Lacorazza, In the Summers traite des liens familiaux qui s’étiolent à travers le passage progressif à l’âge adulte de deux sœurs soudées. Le film propose un drame émouvant, qui doit beaucoup à l’interprétation juste de ses comédiennes, tout en surfant délicatement sur la vague du cinéma queer. Cohérent et structuré, le long-métrage fait plaisir à voir au sein d’une Compétition qui manque décidemment de maturité cette année.

https://www.lemagducine.fr/festivals/deauville-2024-in-the-summers-alessandra-lacorazza-samudio-10070671/
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