In The Summers
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "In The Summers" et de son tournage !

Une genèse profondément personnelle

Le projet est né d’un processus de deuil intime. Après la mort de son père, Alessandra Lacorazza a découvert des détails qu’elle ignorait sur lui – comme le fait qu’il les ait sorties, elle et sa sœur, des décombres d’un accident de voiture avant de marcher seul pour chercher de l’aide. Ce souvenir oublié, retrouvé après coup, l’a poussée à repenser son père non seulement comme une figure défaillante marquée par l’addiction, mais aussi comme un homme blessé et profondément aimant.

Ce déclencheur émotionnel a été le point de départ du film. Elle s’est alors posé une question centrale : peut-on vraiment se faire pardonner ? Et c’est autour de ce questionnement que le film s’est construit.

4 étés

La structure du film – en quatre étés – a été la toute première chose que Alessandra Lacorazza a imaginée. Un jour, en discutant avec sa sœur, elles ont tenté de reconstituer ensemble les souvenirs de leurs étés passés avec leur père : "Il s’agissait pour nous d’essayer de se rafraîchir la mémoire et de mieux comprendre. Cela m’a marqué parce que j’ai trouvé que c’était une manière intéressante d’examiner une vie c’est-à-dire de voir ce père à travers les yeux de ses filles, par étapes, sans savoir ce qu’il s’est passé entre-temps."

"C’est finalement assez proche de la réalité car, souvent, nous ne parlions pas du tout à mon père pendant les laps de temps où nous ne le voyions pas. La structure était donc presque la partie la plus facile à imaginer. Concevoir tout le reste, dans cette structure, s’est avéré plus difficile."

René “Residente” Pérez Joglar

René Pérez Joglar, connu mondialement comme Residente du groupe Calle 13, n’avait jamais joué dans un film. Pourtant, dès qu’Alessandra Lacorazza l’a envisagé, elle a été convaincue. Ce choix atypique vient de son aura : tatoué, figure virile typique du macho latino, il se révèle, à travers sa musique et sa personnalité, d’une grande sensibilité. C’est exactement cette dualité qu’elle voulait pour le rôle du père – à la fois fort, instable, mais tendre, poétique et vulnérable. Cette complexité rend le personnage de Vicente d’autant plus bouleversant à l’écran.

Un tournage éclaté et contraint

En raison des contraintes budgétaires, logistiques, et surtout du fait de tourner avec des enfants, le tournage n’a pas pu se faire dans l’ordre chronologique. Certains jours, il fallait filmer des scènes issues de chacun des quatre étés le même jour, ce qui représentait un défi énorme. La maison principale, décor central du film, devait être transformée d’un été à un autre (décors, accessoires, ambiance), ce qui exigeait une planification millimétrée.

Ce découpage complexe a demandé beaucoup de flexibilité de la part des comédiens, notamment pour conserver la cohérence émotionnelle malgré les sauts temporels constants.

Une direction d’acteurs fondée sur la sensation

Alessandra Lacorazza a refusé que les actrices incarnant un même personnage à différents âges se « copient ». Elle voulait éviter les stéréotypes ou une continuité artificielle. À la place, elle a encouragé chaque interprète à ressentir pleinement les émotions du personnage à son âge, dans son contexte, et à les vivre de manière authentique.

Par exemple, Dreya Castillo, qui joue Violeta enfant, s’est coupée les cheveux dans une scène symbolique… Alors que ce moment n’était pas autobiographique. Pour la réalisatrice, ce n’était pas important que ce soit « vrai » pour elle, mais que cela ait du sens pour le personnage à ce moment-là.

Immersion pour les acteurs

Pour nourrir leur jeu, les acteurs ont été invités à habiter la maison du tournage seuls, en silence, à différents moments de la préparation. Cette immersion devait leur permettre de ressentir l’évolution du lieu dans le temps – et dans leur mémoire fictive. Pour les scènes particulièrement chargées en émotion, Lío Mehiel (Violeta adulte) était parfois invité sur le plateau, même sans tourner, pour s’imprégner de l’atmosphère.

Cette approche quasi sensorielle de la direction d’acteurs visait à nourrir un jeu profondément incarné, où la mémoire (réelle ou fictive) devient matière vivante du récit.

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