Film vu ce soir du 4 janvier 2026 :
Dites-lui que je l’aime, de Romane Bohringer.
J’ai beaucoup aimé dans ce film, que soit rendu un hommage à des enfants très jeunes, petites filles qui ont perdu leur mère à l’âge de l’adolescence. Mères en grande difficulté affective et psychologique. Perdues. Droguées, alcooliques.
J’ai trouvé beau de rendre hommage à la douleur ressentie par ces enfants. Cette douleur a ravivé la mienne, quand mon père n’avait pas pu exprimer de joie en me retrouvant, après une longue séparation de ma famille à l’âge de 5 ans, empêchant d’exprimer la mienne à mon tour. Le Parent étant un miroir ou un modèle pour l’enfant, l’enfant l’imite. Mon père avait contrôlé sa joie, j’ai dû enfouir la mienne quand nous aurions dû pleurer de joie de nous retrouver. Nous nous étions tellement manqués. J’ai nourri une immense souffrance, immense frustration de ne pouvoir m’épanouir dans la joie de retrouver mon père.
De la même manière ces femmes Clémentine Autain, et Romane Bohringer ont pu rendre hommage à leur mère, les faire revivre en leur pardonnant, en allant rechercher leur amour, celui que ces pauvres mères blessées, souffrantes, leur portaient bien sûr. Mais qui leur aura tant manqué. En effet, comment peut-on imaginer qu’une mère puisse ne pas aimer son enfant? C’est juste une chose impossible. Et c’est pourquoi la vie reste toujours possible, même dans la perte de la mère. Car il doit être toujours possible d’avoir accès à l’amour qu’elle nous portait. Même si les preuves manquent. J’ai aimé la beauté des visages de ces femmes, mûres, simples, sobres, les décors, les ombres et lumières, le jeu de ces jeunes femmes, hurlantes, droguées, ivres, paumées… J’ai aimé l’hommage rendu à la beauté de ces vies, à la beauté de ces enfants et à la vie tout simplement, magnifique…
Dites-lui que je l’aime. Oui.
Car j’ai besoin de savoir qu’il ou elle m’aimait, même si il ou elle n’a pu me le dire en vrai.
Car je sais qu’il, elle m’aimait.
Ce film le certifie.